Gustave Trouvé

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Gustave Trouvé
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Portrait de Gustave Trouvé.
Biographie
Naissance
Décès
(à 63 ans)
Paris
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Domaine
Génie électrique, applications multiples - Transport, médical, théâtre, inventeur
Distinction
signature de Gustave Trouvé
signature

Gustave Pierre Trouvé, né le à La Haye-Descartes (Indre-et-Loire) et mort le à Paris, est un ingénieur électricien et inventeur français du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Gustave Trouvé est né dans une famille de petite bourgeoisie, son père, Jacques Trouvé, étant marchand de bétail[1]. En 1850, il commence ses études au collège de Chinon. Il apprend aussi le métier de serrurier, puis entre en 1854-1855 à l'École des Arts et Métiers d'Angers[2]. Ses études étant restées incomplètes à cause d'une mauvaise santé, il quitte la Touraine pour Paris où il obtient un emploi chez un horloger[3].

Premières inventions[modifier | modifier le code]

À partir de 1865, Gustave Trouvé met en place un atelier dans le centre de Paris, où il brevette de nombreuses applications très diverses dans le domaine de l'électricité, inventions décrites régulièrement par les magazines de vulgarisation scientifique de l'époque telles que La Nature[4]. Pour alimenter ses automates électriques miniatures, il invente une batterie de poche carbone-zinc qui devient rapidement très populaire[5]. Une batterie similaire a été inventée et largement commercialisée par Georges Leclanché.

Les années 1870[modifier | modifier le code]

Gustave Trouvé participe à l'amélioration des systèmes de communication avec plusieurs innovations notables. En 1872, il développe un télégraphe militaire portatif dont la ligne auto-déroulante permet une communication rapide jusqu'à une distance d'un kilomètre, pour la transmission instantanée dans les deux sens des ordres et des rapports[4]. En 1874, il développe un dispositif de localisation et d'extraction d'objets métalliques tels que des balles logées dans les corps des blessés, prototype du détecteur de métal d'aujourd'hui[6]. En 1878, il améliore l'intensité sonore du système de téléphone d'Alexander Graham Bell en y intégrant une double membrane et il invente un micro portable très sensible. La même année, en utilisant une batterie développé par Gaston Planté, et une petite lampe à incandescence dans le vide, il crée le polyscope, premier prototype des endoscopes d'aujourd'hui[7]. Trouvé sera bientôt connu et respecté pour son talent dans le domaine de la miniaturisation.

Les années 1880[modifier | modifier le code]

Le tricycle électrique de Gustave Trouvé, premier véhicule électrique de l'histoire qui fut exposé au public.

En 1880, Gustave Trouvé améliore l'efficacité d'un petit moteur électrique développé par Siemens. Il l'alimente avec un accumulateur récemment développé par Starley et le monte sur un tricycle anglais de marque Coventry, inventant ainsi le premier véhicule électrique au monde[8],[9],[10]. Bien qu'il l'ait été testé avec succès le dans la rue de Valois dans le centre de Paris, Gustave Trouvé n'arrive pas à le faire breveter[11],[12]. Il adapte donc rapidement son moteur à accumulateurs à la propulsion maritime. Pour faciliter le transport du système de propulsion maritime entre son atelier et la Seine, Gustave Trouvé le rend portatif et amovible, inventant ainsi le moteur de hors-bord[13]. Le , le prototype de 5 m de long construit par Trouvé et baptisé « Le Téléphone » atteint une vitesse de 1 m/s (3,6 km/h) vers l'amont et 2,5 m/s (9 km/h) vers l'aval[14].

Gustave Trouvé expose son bateau (mais pas son tricycle) et ses instruments électro-médicaux à l'Exposition internationale d'Électricité de Paris et reçoit peu de temps après la Légion d'honneur[15],[16]. Il miniaturise également son moteur électrique pour mouvoir un modèle réduit de dirigeable, une fraise de dentiste, une machine à coudre et un rasoir[17]. Gustave Trouvé crée aussi son « Photophore », ou lampe frontale à batterie, qu'il développe pour un client, le Dr Paul Helot, oto-rhino-laryngologiste de Rouen. Le système d'éclairage portable de cet appareil libère les mouvements de la tête et rend disponibles les mains de son porteur. Un dossier de correspondance entre ces deux hommes permet de dater cette invention de 1883. Gustave Trouvé modifie ensuite leur lampe frontale à la fois pour une utilisation par les mineurs, les secouristes, et plus tard par les spéléologues. Mais il teinte aussi les ampoules avec des couleurs différentes, ce qui donne lieu à des bijoux de théâtre, utilisés avec grand effet par les troupes de ballet à Paris et dans toute l'Europe. Cette dernière application, connue sous le nom de « bijoux électriques lumineux », a été un précurseur des technologies portables d'aujourd'hui[18].

En 1884, Gustave Trouvé modifie un bateau électrique en le pourvoyant à la fois d'un klaxon électrique et d'une lampe frontale à l'étrave. C'est la première fois que de tels accessoires électriques sont montés appliqués simultanément à un mode de transport[19]. Il développe ensuite une lampe de sécurité électrique portative[20]. En 1887, Trouvé, qui fabrique sous sa propre marque Eureka (en grec : εὕρηκα = j'ai trouvé), met au point son auxanoscope, un projecteur électrique de diapositives destiné à être utilisé par des enseignants itinérants (1887).

Autour de la même période, Trouvé, un célibataire endurci indifférent à la commercialisation de ses inventions, convaincu que l'avenir appartient aux machines plus lourdes que l'air, fait voler un modèle électrique d'hélicoptère captif. Il construit ensuite un oiseau mécanique dont les ailes battent en utilisant une succession rapide et bruyante de cartouches d'armes à feu, ce qui lui permet de faire un vol de 80 mètres[21].

En 1889, il équipe également le fusil électrique à batterie, qu'il avait développé en 1866, avec une lampe frontale permettant la chasse nocturne. Il a également développé un système d'alarme électrique à batterie pour la pêche nocturne.

Les années 1890[modifier | modifier le code]

Gustave Trouvé au travail.

En 1891, Gustave Trouvé développe les fontaines multicolores électriques à usage domestique et extérieure. Voyant les limites de l'alimentation électrique sans le soutien fiable d'un réseau national, il s'intéresse en 1895 à la découverte récente de la lumière à acétylène et travaille à sa maîtrise pour un usage domestique[22]. Parmi ses 75 innovations (voir ci-dessous), il a également développé une machine de massage électrique, un instrument de musique électrique à clavier basé sur la roue de Félix Savart, un gilet de sauvetage portable alimenté par batterie, un jet d'eau bateau propulsé et un vélo simplifié, ainsi que plusieurs jouets.

En 1902, Gustave Trouvé travaille sur sa dernière innovation, un petit appareil portable qui utilise la lumière ultra-violette pour traiter les maladies de la peau, le prototype de la PUVA-thérapie, lorsqu'il se coupe accidentellement le pouce et l'index. Négligeant sa plaie, une septicémie se déclare qui nécessite des amputations à l'hôpital Saint-Louis de Paris. L'inventeur meurt le à l'hôpital Saint-Louis dans le 10e arrondissement de Paris, âgé de 63 ans[23],[24].

Un notaire est chargé de liquider son atelier et ses biens personnels. Gustave Trouvé n'ayant pas d'héritier déclaré ni personne capable d’entretenir, la carrière de cet inventeur sombre totalement dans l’oubli[25].

Disparition et réhabilitation[modifier | modifier le code]

Lorsque la concession de sa tombe dans le cimetière de sa ville natale de La Haye-Descartes arrive à échéance, les restes de Gustave Trouvé sont jetés dans la fosse commune[26].

Ses archives ont été détruites en à la suite de l'incendie accidentel de la mairie. En 2012, à la suite d’une biographie de l'historien des transports anglais Kevin Desmond, une plaque commémorative est dévoilée sur le site de sa ville natale[27]. Le , une deuxième plaque est dévoilée sur le mur extérieur de son ancien atelier, 14 rue Vivienne, dans le 2e arrondissement de Paris par Kevin Desmond et Jacques Boutault, maire de l'arrondissement[28].

Une exposition célébrant le 180e anniversaire de sa naissance, intitulée « Gustave Trouvé, le De Vinci du XIXe siècle », a eu lieu à son lieu de naissance à La Haye-Descartes, en France, au mois de . Seize de ses instruments originaux ont été rassemblés, des voitures électriques, des bateaux, des drones et des vélos modernes ont été rassemblés en son honneur[29].

Inventions et innovations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Barral, L’Histoire d’un inventeur. Exposé des découvertes et des travaux de M. Gustave Trouvé dans le domaine de l’électricité, Paris, Georges Carré, 1891
  2. Référence ETP 812, Archives départementales de Maine-et-Loire
  3. Archives de Paris
  4. a et b http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY28.6/396/100/432/0/0
  5. Abbé Moigno, Les Mondes, volume XL, no 14, 1er août 1878
  6. Le XIXe Siècle, 12 août 1874
  7. Alain Ségal, « Place de l’ingénieur Gustave Trouvé dans l’histoire de l’endoscopie », t.  XXIX, Histoire des sciences médicales, Organe officiel de la Société française d’histoire de la médecine, no 2, http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1995x029x002/HSMx1995x029x002x0123.pdf 1995
  8. Ernest Henry Wakefield, History of the Electric Automobile, 540 p., Society of Automobile Engineers, USA, 1993
  9. Site paleo-energetique.org, page "Le tricycle électrique de Trouvé, consulté le 1er juin 2020
  10. Site logicites.fr, article " Les oubliés de la mobilité, acte 1 Gustave Trouvé, consulté le 1er juin 2020
  11. Jacques Cattelin, « Gustave Trouvé (1839-1902), l'Edison français ? », Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, vol. 25,‎ , p. 67-92 (lire en ligne)
  12. La Nature,
  13. Desmond, Un siècle de Hors-Bord, Van de Velde Maritime, 2000.
  14. Communication de Trouvé à l'Académie des sciences de Paris, 1881
  15. « Cote LH/2635/26 », base Léonore, ministère français de la Culture
  16. Le Panthéon de la Légion d’honneur, janvier 1882
  17. Exposition internationale de l’électricité 1881, Administration-jury-rapports, tome Premier, 1883, Paris
  18. Bijoux électriques lumineux Trouvé http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY28.13/233/100/436/0/0
  19. Lettre de Trouvé à Paul Hélot, 25 juillet
  20. Trouvé, « Lampes électriques portatives », communication à l'Académie des sciences, 10 novembre 1884
  21. Mémoire présenté par G. Trouvé, le 24 août 1891, Académie des Sciences, Paris, référence arch-2007/26
  22. Journal mensuel de l’Académie nationale de l’Industrie agricole manufacturière et commerciale, décembre 1895.
  23. Site lacc37160.com, page sur Gustave Trouvé, consulté le 1er juin 2020], consulté le 1er juin 2020
  24. Archives de Paris 10e, acte de décès no 3302, année 1902 (vue 28/29)
  25. Site clionautes.org, page "Gustave Trouvé, un inventeur oublié de la seconde révolution industrielle", consulté le 1er juin 2020.
  26. Site lanouvellerepublique.fr, article "L’homme qui a retrouvé l’inventeur Gustave Trouvé", consulté le .
  27. Google livre, "Gustave Trouve: French Electrical Genius (1839-1902)" de Kevin Desmond page 177, consulté le 1er juin 2020
  28. Dévoilement de la plaque en l’honneur de Gustave Trouvé
  29. Site lanouvellerepublique.fr, article "On a tout Trouvé à Descartes", consulté le 1er juin 2020.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Barral, Histoire d'un inventeur : exposé des découvertes et des travaux de M. Gustave Trouvé dans le domaine de l'électricité, Paris, Georges Carré,
  • Kevin Desmond, À la recherche de Trouvé : la quête d'un génie français oublié, Bordeaux, Pleine Page, (présentation en ligne)
  • Kevin Desmond, Gustave Trouvé French Electrical Genius (1839–1902), Jefferson, McFarland Books, (présentation en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]