Gueorgui Plekhanov

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Georges Plekhanov
Georgi Plekhanov.jpg

G. V. Plekhanov

Naissance
Décès
(à 61 ans)
Terijoki
Drapeau de la Finlande Finlande
École/tradition
Principaux intérêts
Œuvres principales
La Conception matérialiste de l'histoire
Les Questions fondamentales du marxisme
Le Matérialisme militant
Influencé par
A influencé

Gueorgui Valentinovitch Plekhanov (en russe : Георгий Валентинович Плеханов), né le et mort le , est un révolutionnaire et théoricien marxiste russe qui fonda le mouvement social-démocrate en Russie et contribua à l'expansion du marxisme dans ce pays. Il participa également aux réflexions sur la présence de l'art et de la religion dans la société.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Goudalovka en 1856 dans une famille aristocratique, Gueorgui Valentinovitch Plekhanov est élève au corps des cadets de Voronej. Il milita d'abord auprès des narodniki notamment dans l'organisation Terre et Liberté (Zemlia i Volia), puis après la scission de ce mouvement en 1879, fonda avec d'autres militants l'organisation Tcherny Peredel, (en russe : Чёрный передел ; en français : le Partage noir), mouvement populiste russe.

En 1883, il fonda à Genève le groupe Émancipation du Travail avec Pavel Axelrod, première cellule marxiste de Russie. La lecture des textes de Plekhanov contribua fortement à gagner Lénine au marxisme. Friedrich Engels reprocha en 1893 à Plekhanov de beaucoup écrire et peu construire, contrairement aux populistes qui, eux, agissaient en Russie même[1]. Contraint à l'exil pour 40 ans, il participa à la fondation du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) en 1898. Il collabora aussi au journal Iskra, en collaboration avec Martov et Lénine, entre 1900 et 1903.

Plekhanov soutint la révolution russe de 1905 mais devint critique envers celle d'octobre 1917, dirigée par son ancien disciple Lénine. Les deux hommes entrèrent en conflit dès 1903. Hostile au bolchevisme, il rejoignit les mencheviks[2] alla en Finlande, province russe à l'époque, avant la révolution de 1917.

Pendant la Première Guerre mondiale, il prit une position défensiste. Dans son Histoire de la révolution russe, Trotsky écrit que Plékhanov, « se survivant lamentablement », publia à la veille de la Révolution de Février 1917 dans un journal américain un article déclarant qu'il serait criminel pour les ouvriers russes de se mettre en grève au risque d'affaiblir militairement la Russie[3]. C'est la raison pour laquelle il le qualifiait à cette date de chauvin et le classait à l'extrême-droite de la social-démocratie russe. Après le renversement du tsarisme, Plékhanov resta sur des positions patriotiques mais, cette fois, au nom de la défense de la démocratie russe contre l'impérialisme allemand.

Sans être adversaire du coup d'état révolutionnaire d'Octobre Plekhanov en prévoyait des conséquences catastrophiques.

Dans le journal Iedinstvo (unité) du 28 octobre 1917 il a publié un article intitulé :

"Otkrîtoie pisma k petrogradskim rabochim

(Lettre ouverte aux ouvriers de Pétrograd)

Le fondateur du mouvement social-democrate en Russie, dont est issu le parti bolchévique, y dit :

"Si les événements des derniers jours m'affligent (le coup d'état bolchévique), ce n'est pas parce que je ne veux pas le triomphe de la classe ouvrière en Russie, mais justement parce que je l'appelle de toutes les forces de mon être.

Il convient de se rappeler la remarque d'Engels selon laquelle il ne peut y avoir pour la classe ouvrière de pire catastrophe historique que la prise du pouvoir à un moment où elle n'y est pas prête.

Cette prise du pouvoir la fera reculer loin des positions acquises en février et mars de cette année".

La dernière phrase est "prophétique" mais ce "prophétisme" ne vient pas d'un inspiration médiumnique mais d'un simple raisonnement, ici en fait un raisonnement d'Engels que Gueorguiy Plekhanov reprend à son compte.

Plekhanov mourut de tuberculose en 1918. Entretemps, la Finlande était devenue indépendante, ayant proclamé son indépendance le , indépendance prévue par le gouvernement de Kerenski et que les Finlandais craignaient de voir supprimée par les bolcheviks. En dépit de sa rupture avec Lénine et la révolution communiste, il conserva une certaine estime en Union soviétique en tant que fondateur du courant marxiste russe. Il est d'ailleurs cité par Staline dans un discours à l'occasion du vingt quatrième anniversaire de la révolution d'octobre. Ce discours prononcé en octobre 1941 promettait de soumettre les armées nazies, « ces gens à morale de bête fauve [qui] ont l'impudence d'appeler à exterminer la grande nation russe, la nation de Plekhanov, de Lénine, [...][4] ».

Il est enterré au cimetière Volkovo, à la Passerelle des écrivains.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Alors que Karl Marx semble mettre de côté la philosophie à partir de L'Idéologie allemande, texte où il règle ses comptes avec le mouvement philosophique des jeunes hégeliens de gauche, pour se consacrer de plus en plus à l'étude scientifique des lois de l'évolution de la société, Plekhanov consacre plusieurs de ses œuvres à expliciter les bases philosophiques de la doctrine de Marx.

Il écrit notamment La Conception matérialiste de l'histoire, où il montre l'évolution de notre conception de l'histoire depuis la conception théologique jusqu'à la conception de Marx, la conception matérialiste de l'histoire. Plus connue, Les Questions fondamentales du marxisme explicite les bases philosophiques de la conception marxiste du monde ainsi que sa méthode d'analyse de la société.

Le Matérialisme militant, recueil de trois lettres publiées entre 1908 et 1910, est une défense vigoureuse du matérialisme dialectique contre les conceptions idéalistes d'Alexander Bogdanov qui cherchait à faire des émules au sein de la social-démocratie russe. Cet ouvrage procède de la même démarche que celui de Lénine, Matérialisme et empirio-criticisme, publié à la même époque.

La citation suivante résume les critiques de Plekhanov envers Bogdanov :

« Ceux qui affirment que sans sujet il n'y a pas d'objet confondent tout simplement deux notions tout à fait différentes : l'existence de l'objet « en soi » et son existence dans la représentation du sujet. Nous n'avons pas le droit d'identifier ces deux modes d'existence. Ainsi vous, Monsieur Bogdanov, vous existez tout d'abord « en vous-même » et, ensuite, dans la représentation, mettons, de M. Lounatcharski, qui vous prend pour un penseur profond. La confusion de l'objet « en soi » avec l'objet tel qu'il existe pour le sujet est justement à l'origine de ces sophismes inextricables à l'aide desquels les idéalistes de toutes couleurs et de toutes nuances « réfutent » le matérialisme. »

— Plekhanov, Les questions fondamentales du marxisme - Le matérialisme militant[5].

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Le Socialisme et la lutte politique (1883)
  • Anarchisme et Socialisme (1895)
  • Essai sur le développement de la conception moniste de l'histoire (1895)
  • La Conception matérialiste de l'histoire (1897)
  • Les Questions fondamentales du marxisme. Le matérialisme militant, Éditions Sociales.

Pseudonyme[modifier | modifier le code]

Il a utilisé le pseudonyme de « Volguine », en référence au grand fleuve Volga, ce qui est peut-être à l'origine de choix du pseudonyme de « Lénine », par analogie à la Léna, le fleuve de Sibérie, car le futur Lénine était alors très influencé par Plekhanov.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Marie, Lénine, Balland, (ISBN 2-7158-1488-7), p. 62
  2. - réponse à Mme Plekhanov
  3. Léon Trotski, Histoire de la révolution russe, tome 1, Éditions du Seuil, Points politique, ISBN 2-02-000315-5, p. 272
  4. Joseph Staline, Œuvres, Tome 16, 1941-1949, Nouveau Bureau d'Edition, Paris, 1975, p. 31
  5. Plekhanov, Les questions fondamentales du marxisme - Le matérialisme militant, Éditions sociales, 1974, p. 128

Liens externes[modifier | modifier le code]