Anton Pannekoek

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Anton Pannekoek est un astronome, astrophysicien et militant marxiste néerlandais ( à Vaassen à Wageningue). Il participa au développement du mouvement communiste aux Pays-Bas et en Allemagne et devint dans les années 1920 une figure du communisme de conseils opposé aux conceptions de Lénine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Militant de l'aile gauche de la IIe Internationale, ses positions le rapprochent de Rosa Luxemburg. Son courant de pensée a été appelé « Gauche germano-hollandaise »[2].

Opposant résolu à la Première Guerre mondiale, il rejoint dès 1919 la IIIe Internationale, dont il est exclu en 1921 en raison de ses positions de « communiste de gauche » et de son opposition à l'autoritarisme de Lénine.

Conseilliste, il rejette le stalinisme dès son apparition, comprenant d'emblée que ce courant n'a plus de rapport avec le marxisme. Il considère le régime de l'URSS non comme une forme de socialisme, même déformée, mais comme un capitalisme d'État. Il estime, comme Karl Marx et Rosa Luxemburg, que le communisme ne peut résulter que d'un processus révolutionnaire, aboutissant à un accroissement considérable de la démocratie et à la collectivisation des moyens de production. Il propose notamment d'étendre les libertés, de responsabiliser les individus afin de prévenir les dérives autoritaires d'une minorité (que serait l'avant-garde prônée par Lénine)[3].

En 1938 il publie Lénine comme philosophe sous le nom de John Harper. Pendant la Seconde Guerre mondiale il rédige son ouvrage majeur, Les Conseils ouvriers, publié en 1946 en deux parties sous le pseudonyme de P. Aartsz. En 1944, alors qu'il rédige cet ouvrage, la plus grande partie de ses archives brûle lors de la bataille d'Arnhem. Pannekoek restera fidèle à ses convictions et correspondra par exemple avec Cornelius Castoriadis[4]. Son autobiographie Souvenirs est parue 22 ans plus tard aux Pays-Bas.

Il a suivi des études scientifiques, obtenant son doctorat en 1902. Professeur au sein de l'université d'Amsterdam, il y a fondé un Institut d'astronomie qui porte aujourd'hui son nom[5]. Docteur honoris causa de l'université Harvard, il a reçu en 1951 la médaille d'or de la Royal Astronomical Society. Un cratère lunaire de 71 km de diamètre porte son nom, ainsi que l'astéroïde (2378) Pannekoek. Il est également l'auteur d'une Histoire de l'astronomie, publiée en néerlandais puis traduite en anglais.

Associant photographies, annotations, diagrammes et dessins, il a développé une méthode permettant de représenter la Voie lactée. Considérant qu'aucune représentation ne nous rapproche mieux de la vérité que si l'on prend conscience que notre perception nous trompe, il préférait mettre à distance la photographie sans pour autant la négliger comme outil d'observation. Cette recherche aboutit à des planches d'une beauté plastique et poétique indéniable, alors qu'elles sont menées avec la plus grande rigueur scientifique[6].

Quelques textes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://hdl.handle.net/10622/ARCH01030 » (consulté en )
  2. Philippe Bourrinet, La Gauche communiste Germano-hollandaise : des origines à 1968, partiellement disponible en ligne, ce livre est cité par Christophe Bourseiller, Histoire générale de l'Ultra-gauche, Denoël, 2003.
  3. Cécile Denis, Continuités et divergences dans la presse clandestine de résistants allemands et autrichiens en France pendant la Seconde Guerre mondiale : KPD, KPÖ, Revolutionäre Kommunisten et trotskystes, (thèse de doctorat réalisée sous la direction d’Hélène Camarade, soutenue publiquement le 10 décembre 2018 à l’université Bordeaux-Montaigne) (lire en ligne)
  4. Correspondance Chaulieu-Pannekoek.
  5. Site de l'institut Pannekoek.
  6. Marxist Astronomy. The Milky Way According to Anton Pannekoek, Lauren Collee, The Public Domain Review, 27 octobre 2021.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]