Bataille de Cajamarca

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Bataille de Cajamarca
Description de cette image, également commentée ci-après
La Capture d'Atahualpa par Juan Lepiani (es)
Informations générales
Date .
Lieu Cajamarca, Empire inca (actuel Pérou).
Issue

Victoire espagnole décisive.

  • Capture d'Atahualpa.
  • Chute de l'Empire Inca.
Belligérants
Flag of Cross of Burgundy.svg Empire espagnol
Conquistadors espagnols
Empire inca
Commandants
Flag of Cross of Burgundy.svg Francisco Pizarro
Flag of Cross of Burgundy.svg Hernando Pizarro
Flag of Cross of Burgundy.svg Gonzalo Pizarro
Flag of Cross of Burgundy.svg Juan Pizarro
Flag of Cross of Burgundy.svg Hernando de Soto
Flag of Cross of Burgundy.svg Hernando de Aldana (es)
Flag of Cross of Burgundy.svg Pedro de Candie (es)
Atahualpa
Seigneur de Chincha
Seigneur de Cajamarca
Forces en présence
106 hommes d'infanterie
62 cavaliers
4 canons
12 arquebuses[1]
3000 à 8000 préposés personnels non armés et gardes légèrement armés[2]
Pertes
1 Espagnol blessé
1 esclave tué.
2000 morts
5000 prisonniers

Conquête de l'empire inca

Batailles

Bataille de Cajamarca — Bataille de SacsayhuamánSiège de CuzcoBataille d'OllantaytamboBataille de HuarinaBataille de Jaquixahuana
Coordonnées 7° 05′ 43″ sud, 78° 18′ 14″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Pérou

(Voir situation sur carte : Pérou)
Bataille de Cajamarca

Géolocalisation sur la carte : Amérique du Sud

(Voir situation sur carte : Amérique du Sud)
Bataille de Cajamarca

La bataille de Cajamarca (aussi appelée capture d'Atahualpa) est une attaque-surprise menée par Francisco Pizarro contre l'entourage de l'Inca Atahualpa. Déclenchée au soir du 16 novembre 1532, sur la grand-place de Cajamarca, l'embuscade parvint à ses fins : la capture d'Atahualpa, coûtant la vie à plusieurs milliers de ceux qui étaient à ses côtés.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le , Pizarro arrive dans la cité alors que l'Inca Atahualpa se trouve à une demi-lieu à Pultumarca avec 40 000 guerriers. Pizarro envoie De Soto et Felipillo l'inviter à une rencontre pacifique en feignant de lui proposer son aide dans la lutte qui l'oppose à son frère Huascar lors de l'entrevue de Pultumarca (es). Après s'être placés tout autour de la place centrale, les Espagnols attendent pendant seize heures que l'Inca daigne à venir.

Finalement, le lendemain, Atahualpa arrive, porté sur une litière d'or, entouré de guerriers, de danseurs et de nobles, souhaitant impressionner les étrangers car son véritable plan est de capturer les Espagnols en pensant qu'il lui suffisait de montrer son pouvoir pour qu'ils se rendent d'eux-mêmes. Trouvant la place vide, l'un de ses hommes lui dit alors que les Espagnols se cachent dans les bâtisses parce qu'ils ont peur. Envoyé par Pizarro, le prêtre Vicente Valverde, accompagné du conquistador Hernando de Aldana (es) et de l'interprète indigène Martinillo, s'approche de l'empereur, commence à lui lire le Requerimiento (« injonction »), lui demande de suivre la « parole du Dieu unique » et lui offre un exemplaire de la Bible. Ne trouvant aucun sens à ce cadeau car ne connaissant pas l'écriture, Atahualpa se saisit du livre et le porte à son oreille avant de s'exclamer qu'il n'entend aucune parole et de jeter le livre à terre. Puis il dit à Valverde que les Espagnols doivent payer pour tout ce qu'ils ont volé dans leur empire. Le prêtre, effrayé, s'enfuit alors, suivi par Aldana et l'interprète indigène, en criant à Pizarro : « Que faîtes-vous, votre Grâce ? Atahualpa est un Lucifer ! ». Observant la scène, Pizarro utilise l'incident comme prétexte et donne aussitôt le signal de l'attaque.

Peinture représentant Pizarro s'interposant entre Atahualpa et un soldat espagnol s'apprêtant à l'attaquer.

Sortant des maisons de la ville, les Espagnols en armes se ruent alors sur les Incas, venus désarmés. En quelques minutes, tous les officiers de l'Inca sur la place centrale sont tués. Ayant attaché des grelots aux pattes de leurs chevaux et tirant dans tous les sens avec leurs fusils, ils créent une véritable panique chez les Incas qui tentent de s'enfuir de la place dont les issues sont trop petites, formant des pyramides humaines pour atteindre le sommet des murs entourant la place et beaucoup meurent asphyxiés les uns sur les autres. Finalement, un mur finit par s'effondrer sous l'énorme pression et les survivants fuient dans la campagne. Jusqu'à la nuit tombée, les Espagnols vont pourchasser les indigènes dans toute la vallée, laissant derrière eux des milliers de cadavres dont une grande partie de la noblesse et de l'élite incas venue en paix. Pendant le massacre, Atahualpa est toujours resté sur sa litière soutenue par ses serviteurs. Quand l'un d'entre eux est tué, un indien se précipite alors pour le remplacer. Un soldat espagnol essaie d'attaquer l'Inca au sabre, mais Pizarro s'interpose (en se faisant blesser à la main) avant d'ordonner que « Personne ne blesse l'Indien sous peine de mort ».

Au soir du , la destruction totale des principales forces militaires incas et la capture de l'Inca par traîtrise met fin à l'indépendance du Tawantin Suyu (l'Empire Inca).

Analyse de la confrontation[modifier | modifier le code]

Cette bataille est considérée par Jared Diamond dans son essai De l'inégalité parmi les sociétés comme emblématique des inégalités technologiques entre Européens et Amérindiens. En effet, 168 conquistadors espagnols ont vaincu une armée inca forte de plusieurs milliers d'hommes sans subir presque aucune perte. Les causes immédiates de ce désastre seraient :

  • l'utilisation par Pizarro d'armes en acier, rendant futiles les armures des soldats incas.
  • l'utilisation d'armures en acier par les Espagnols, rendant inefficaces les gourdins et les frondes des incas.
  • l'utilisation de cavalerie par les Espagnols, cavalerie dont les armées amérindiennes n'arriveront jamais à contrer les charges.
  • une guerre civile dans l'empire due à la mort par maladie du précédant empereur, maladie fulgurante originaire d'Europe qui décimera des peuples entiers dans toute l'Amérique (avec des taux de mortalité pouvant atteindre 95%).
  • l'ignorance des Incas, qui pensaient que les Espagnols n'oseraient pas attaquer sans l'avantage du nombre (alors que l'Empire aztèque avait été vaincu dix ans plus tôt par un effectif similaire). Cette ignorance étant due à l'absence de circulation des informations au sein du Nouveau-Monde.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kim MacQuarrie, The Last Days of The Incas, p70., Hachette, (ISBN 9781405526074)
  2. Jared Diamond Guns, Germs And Steel, Random House 2013 (p76), states that the Inca personnel were purely Atahualpa's personal attendants and nobles, whereas John Michael Francis (2006, Iberia and the Americas: Culture, Politics, and History: a Multidisciplinary Encyclopedia, v1, Santa Barbara, Ca.; ABC-CLIO, p322) states that they were "ceremonially armed guards".