Mousquet

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Mousquetaire, mousquet et fourquine.

Un mousquet est une arme à feu portative[1],[2],[3],[4] au long canon[3],[4] à âme lisse[4], crosse d'épaule[4] et platine à mèche ou à rouet[3],[4], en usage dans l'infanterie[2] aux XVIe et XVIIe siècles[1],[4].

Le mousquet est utilisé, pour la première fois, par les Espagnols, lors du siège de Parme de [5].

Les auteurs et les manuels militaires français du XVIIIe siècle différencient bien le mousquet à mèche, en usage dans les armées jusque vers 1700, du fusil à silex qui lui succéda[6].

C'est l'ancêtre de notre fusil actuel. Le mousquet a été inventé pour pallier le manque de puissance des arquebuses. La longueur moyenne des canons des mousquets était de 1,20 m et les balles pouvaient avoir un calibre de plus de 20 mm. Puis, progressivement, les canons furent ramenés à environ 90 cm pour un calibre maximum de 18 mm.

La mousqueterie désigne le maniement du mousquet et le décharge simultanée ou feu roulant de mousquets.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le substantif masculin[1],[2],[7],[8],[9] mousquet est un emprunt[1],[2],[9],[10] à l'italien moschetto[1],[2],[7], substantif masculin[2],[11] formé sur le féminin moschetta[1],[2] (proprement « petite mouche », puis « flèche (d'une arbalète) »), dérivé, avec le suffixe diminutif -etta (« -ette »), de mosca (« mouche »).

En italien, le féminin moschetta, au sens de « flèche (d'une arbalète) », est attesté dès le début du XIVe siècle[2] ; et le masculin moschetto, au sens d'« arme à feu portative », dès la première moitié du XVIe siècle[2],[11].

En français, mousquet est attesté dès le XVIe siècle : d'après le Trésor de la langue française informatisé, sa plus ancienne occurrence connue (graphie ‹ mosquet ›) se trouve dans un registre daté de et conservé aux Archives municipales de Bayonne[2].

Chine[modifier | modifier le code]

Les mousquets étaient utilisés dès le XIVe siècle en Chine, notamment sous la dynastie Ming (1368 – 1644). C'est sous le règne de Jiao Yu, fondateur de cette dynastie, que furent inventées différentes armes à feu et la platine à mèche. Ces technologies leur permirent de vaincre les Mongols qui dirigeaient la Chine sous la dynastie Yuan (d'environ 1234 à 1279 – 1368).

On trouve en 1598 les premières mentions de mousquets rechargeables à l'aide de cartouches, appelés « arme à feu tirant comme l'éclair » (掣电铳 / 掣電銃, chèdiànchòng).

Malgré cette supériorité technologique, les derniers Jin (1616 – 1636, des Jurchen, peuple toungouse proches des Mongols), composé également de cavalerie légère utilisant des arcs, du 14 au 18 avril 1619, gagnent la bataille de Sarhu contre les Ming équipés d'armes à feu utilisant des platines à mèche. La dynastie Qing (1644 – 1912) née de la Jin, remplace alors la dynastie Ming, jusqu'en 1911, à sa chute et à la création de la République de Chine (1912-1949).

France[modifier | modifier le code]

Bandoulière de mousquetaire, année 1640, chaque étui (que l'on nomme "apôtre") contient la dose de poudre nécessaire pour amorcer et charger l'arme.

Introduit en France après la bataille de Pavie (1525), le mousquet était, jusqu'en 1650, appuyé sur une fourquine, fourche pour le tir (baguette de fer fourchue pour y poser le mousquet, d'un poids et d'un encombrement importants). Les fantassins armés d'un mousquet étaient nommés mousquetaires. On leur fournit d'abord un mousquet court, mousqueton servant aussi bien à cheval qu'à pied, puis un mousquet long ordinaire uniquement pour l'usage à pied.

L'armée française abandonne le mousquet en 1700 avec l'apparition du fusil à silex à âme lisse.

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Très utilisé par les Britanniques dès la mi-Renaissance, le mousquet était l'arme de prédilection des armées.

Article détaillé : Brown Bess.

L'emblématique Brown Bess n'est pas un mousquet, mais un fusil équipé d'une platine à silex ; la confusion vient du fait que le terme anglais musket n'a pas le même sens que mousquet. Le musket a notamment servi lors de la conquête du Canada durant la guerre de Sept Ans, durant les guerres napoléoniennes et durant la guerre de 1812.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Tir au fusil rayé à poudre noire, parfois nommé mousquet par analogie avec son nom anglais musket

Le premier fusil à canon rayé adopté par les États-Unis fut le Springfield Modèle 1855 (en). Il sera suivi par le Springfield Modèle 1861 qui était l'arme la plus courante lors de la guerre de Sécession. En outre, de nombreux fusils plus anciens à canon lisse seront en usage avant et pendant la guerre civile. Ces armes à chargement par la gueule seront remplacées par le Springfield Modèle 1865 à chargement par la culasse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Entrée « Mousquet » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 7 janvier 2018].
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Définitions lexicographiques et étymologiques de « mousquet » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 7 janvier 2018].
  3. a, b et c Chantal Grell et Robert Halleux, Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés en Europe (France, Angleterre, Italie, Pays-Bas) : du XVe siècle au XVIIIe siècle, Malakoff et Paris, A. Colin, coll. « Horizon / histoire-géographie », , 1re éd., 1 vol., 464 p., 17 × 24 cm (ISBN 978-2-200-61475-1, EAN 9782200614751, OCLC 958829773, notice BnF no FRBNF45091747, SUDOC 195171039, présentation en ligne, lire en ligne), chap. 10 (« Sciences et techniques de la guerre »), [sect.] 2 (« L'art de la guerre »), [§ 1] (« Les progrès de l'artillerie »), p. 315 (lire en ligne [consulté le 7 janvier 2017].
  4. a, b, c, d, e et f Guillaume Lécuillier, « Quand l'ennemi venait de la mer : les fortifications littorales en Bretagne de à  », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 124, no 4 « Varia »,‎ , partie 2 (« Des descentes britanniques sur les côtes de l'Ouest aux rapports trans-Manche (XIVeXIXe siècle) : nouvelles approches »), art. no 2.4, p. 149-165 (DOI 10.4000/abpo.473, résumé, lire en ligne), § 16, n. 21 (lire en ligne) [consulté le 7 janvier 2018].
  5. Patrice Bret, « Artillerie et armes à feu portatives : repères chronologiques », dans l'Encyclopædia Universalis [en ligne] [consulté le 7 janvier 2018].
  6. « Le mousquet diffère du fusil, en ce qu’au lieu de la pierre dont on se sert pour faire prendre feu à cette dernière arme, on se sert de mèche dans la première. », Encyclopédie Diderot, article « mousquet ».
  7. a et b Entrée « mousquet » des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 7 janvier 2018].
  8. Entrée « mousquet [1] », dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. 3 : I – P, Paris, L. Hachette, , 1396 p., gr. in-4o (32 cm) (OCLC 457498685, notice BnF no FRBNF30824717, SUDOC 005830079, lire en ligne [fac-similé]), p. 652, col. 2 et 3 (lire en ligne [fac-similé]) [consulté le 7 janvier 2018].
  9. a et b Entrée « mousquet », dans Alain Rey (dir.), Marianne Tomi, Tristan Hordé et Chantal Tanet (avec collaboration de), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaires Le Robert, (réimpr. ), 4e éd. (1re éd. ), 1 vol., XIX-2614 p., 22,4 × 29,5 cm (ISBN 978-2-84902-646-5 et 978-2-84902-997-8, EAN 9782849026465, OCLC 757427895, notice BnF no FRBNF42302246, SUDOC 147764122, présentation en ligne, lire en ligne) [consulté le 7 janvier 2018].
  10. David Trotter, chap. 12 (« Contacts linguistiques et migration ») « Contacts linguistiques intraromans : roman et français, occitan », dans Gerhard Ernst, Martin-Dietrich Gleßgen, Christian Schmitt et Wolfgang Schweickard (éd.), Histoire linguistique de la Romania : manuel international d'histoire linguistique de la Romania, t. 2, Berlin et New York, W. de Gruyter – Mouton, coll. « Manuels de linguistique et des sciences de communication » (no 23/2), , 1re éd., 1 vol., LXIX-1153-2318 p., 19 × 27 cm (ISBN 3-11-017150-3 et 978-3-11-017150-1, OCLC 496809936, notice BnF no FRBNF39086385, SUDOC 098978896, présentation en ligne, lire en ligne), partie 2, art. no 155, p. 1776-1785, § 1 (« Français ») / 1.3 (« Modèles culturels venus d'Italie (depuis le 16e siècle »), p. 1778 (lire en ligne) [consulté le 7 janvier 2018].
  11. a et b (it) Entrée « moschétto [1] » (sens 1) du Vocabolario Treccani [en ligne], sur le site de l'Istituto dell'Enciclopedia Italiana [consulté le 7 janvier 2018].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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