Mousquet

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Mousquetaire, mousquet et fourquine.

Un mousquet (de l'italien moschetto) est une arme à feu portative à canon long, crosse d'épaule et platine à mèche ou à rouet.

Les auteurs et les manuels militaires français du XVIIIe siècle différencient bien le mousquet à mèche, en usage dans les armées jusque vers 1700, du fusil à silex qui lui succéda[1].

C'est l'ancêtre de notre fusil actuel. Le mousquet a été inventé pour pallier le manque de puissance des arquebuses. La longueur moyenne des canons des mousquets était de 1,20 m et les balles pouvaient avoir un calibre de plus de 20 mm. Puis, progressivement, les canons furent ramenés à environ 90 cm pour un calibre maximum de 18 mm.

Chine[modifier | modifier le code]

Les mousquets étaient utilisés dès le XIVe siècle en Chine, notamment sous la dynastie Ming (1368 – 1644). C'est sous le règne de Jiao Yu, fondateur de cette dynastie, que furent inventées différentes armes à feu et la platine à mèche. Ces technologies leur permirent de vaincre les Mongols qui dirigeaient la Chine sous la dynastie Yuan (d'environ 1234 à 1279 – 1368).

On trouve en 1598 les premières mentions de mousquets rechargeables à l'aide de cartouches, appelés « arme à feu tirant comme l'éclair » (掣电铳 / 掣電銃, chèdiànchòng).

Malgré cette supériorité technologique, les derniers Jin (1616 – 1636, Jurchen), Toungouses proches des Mongoles[pas clair], composé également de cavalerie légère utilisant des arcs, du 14 au 18 avril 1619, gagnent la bataille de Sarhu contre les Ming équipés d'armes à feu utilisant des platines à mèche. La dynastie Qing (1644 – 1912) née de la Jin, remplace alors la dynastie Ming, jusqu'en 1911, à sa chute et à la création de la République de Chine (1912-1949).

France[modifier | modifier le code]

Bandoulière de mousquetaire, année 1640, chaque étui (que l'on nomme "apôtre") contient la dose de poudre nécessaire pour amorcer et charger l'arme.

Introduit en France après la bataille de Pavie (1525), le mousquet était, jusqu'en 1650, appuyé sur une fourquine, fourche pour le tir (baguette de fer fourchue pour y poser le mousquet, d'un poids et d'un encombrement importants). Les fantassins armés d'un mousquet étaient nommés mousquetaires. On leur fournit d'abord un mousquet court, mousqueton servant aussi bien à cheval qu'à pied, puis un mousquet long ordinaire uniquement pour l'usage à pied.

L'armée française abandonne le mousquet en 1700 avec l'apparition du fusil à silex à âme lisse.

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Très utilisé par les Britanniques dès la mi-Renaissance, le mousquet était l'arme de prédilection des armées.

Article détaillé : Brown Bess.

L'emblématique Brown Bess n'est pas un mousquet, mais un fusil équipé d'une platine à silex ; la confusion vient du fait que le terme anglais musket n'a pas le même sens que mousquet. Le musket a notamment servi lors de la conquête du Canada durant la guerre de Sept Ans, durant les guerres napoléoniennes et durant la guerre de 1812.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Tir au fusil rayé à poudre noire, parfois nommé mousquet par analogie avec son nom anglais musket

Le premier fusil à canon rayé adopté par les États-Unis fut le Springfield Modèle 1855 (en). Il sera suivi par le Springfield Modèle 1861 qui était l'arme la plus courante lors de la guerre de Sécession. En outre, de nombreux fusils plus anciens à canon lisse seront en usage avant et pendant la guerre civile. Ces armes à chargement par la gueule seront remplacées par le Springfield Modèle 1865 à chargement par la culasse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

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  1. « Le mousquet diffère du fusil, en ce qu’au lieu de la pierre dont on se sert pour faire prendre feu à cette dernière arme, on se sert de mèche dans la première. », Encyclopédie Diderot, article « mousquet ».
  2. « Arquebuses et mousquets », dans Musée de l'artillerie, Notice sur les collections dont se compose le Musée de l'artillerie, 1839, p. 81.