Amerigo Vespucci

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Amerigo Vespucci

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait d'Amerigo Vespucci.

Naissance
Florence, République florentine
Décès (à 57 ans)
Séville, Espagne
Nationalité Italienne
Pays de résidence Italie (1454 - 1490)
Espagne (1490 - 1501)
Portugal (1501 - 1505)
Espagne (1505 - 1512)
Profession Navigateur

Amerigo Vespucci (ou Americo Vespucci)[1], né le [2] à Florence en Italie et mort le à Séville en Espagne, est un navigateur florentin qui travailla au service du Royaume de Portugal et de la Couronne de Castille. Il est considéré comme le premier européen à comprendre que les terres découvertes par Christophe Colomb faisaient partie d'un nouveau continent ; c'est pour cette raison que le cartographe Martin Waldseemüller, dans son planisphère de 1507 utilisa le nom d'"Amérique" en son honneur comme appellation pour le Nouveau Monde. L'histoire souvent fantaisiste et contradictoire de ses voyages l'indique comme une des figures les plus controversées de l'ère des Grandes découvertes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Florence[modifier | modifier le code]

Plan de la ville de Florence en 1493.

Il est le troisième fils de Nastagio Vespucci, un notaire et commerçant résidant à Florence, et de Lisa di Giovanni Mini[3]. Son oncle était le moine dominicain humaniste Giorgio Antonio Vespucci, propriétaire d'une des principales bibliothèques de la ville, qui prit en charge l'éducation du jeune homme[4]. Giorgio avait donné en 1450 sa collection de livres à la ville et à la même époque il avait ouvert une école pour les fils des aristocrates florentins dans son couvent de Saint Marc[5]. Ici, il formait les jeunes aux sciences, spécialement aux enseignements d'Aristote et de Ptolémée sur l'astronomie, la cosmographie et la géographie, à la lecture des classiques et particulièrement dans le domaine de la langue savante, le latin (il existe à la Bibliothèque Riccardiana un manuscrit dont il est l'auteur, intitulé Dettati da mettere in latino, écrit dans cette langue). Amerigo y acquiert une préférence pour Virgile, Dante et Pétrarque[6]. Les écrits du voyageur Marco Polo exercèrent aussi une grande influence sur la curiosité et intérêt d'Amerigo pour les nouveaux horizons[7].

La famille Vespucci appartenait au cercle sélectif des amis des Médicis et ses membres formaient le gros de l'élite culturelle florentine[4]. Comme preuve de la position financière solide du clan, Nastagio commanda au célèbre peintre de la ville Domenico Ghirlandaio un portrait de la famille qui occuperait un mur d'une église construite par d'autres membres de la famille Vespucci en 1483. À ce moment-là, Amerigo avait 19 ans[4].

Dessin de Paris vers la fin du XVe siècle.

En 1478 la réaction énergique des Médicis à la Conjuration des Pazzi précipite l'affrontement de Florence avec le pape Sixte IV et cause la guerre avec Naples. Compte tenu de la confusion qui règne, Laurent le Magnifique décide d'envoyer un ambassadeur permanent à la cour de Louis XI à Paris afin de renforcer les alliances contre un ennemi commun. Il choisit pour cela Guidantonio Vespucci, un autre des oncles illustres d'Amerigo. Ce dernier, qui avait alors 24 ans, assista son parent comme giovane (serviteur et secrétaire personnel).

La France était alors immergée dans diverses guerres et intrigues politiques contre des pays rivaux et/ou ennemis, et l'activité politique des Vespucci fut ainsi très intense. Là-bas, Amerigo fait des études avancées, apprend les subtilités de la diplomatie et écrit des nombreux rapports à la Signoria (Seigneurie de Florence) sur ses activités, qui sont aujourd'hui conservés à l'Archivio di Stato di Florencia. Après la signature de la paix avec Naples et la normalisation des relations avec la Papauté, oncle et neveu rejoignent Florence en 1480[8].

Depuis quelques décennies, la fortune des Vespucci était en lente décadence, et Nastagio voyait en Amerigo l'entrepreneur qui sauverait le destin de la famille ; il voulait que le jeune homme se consacre uniquement aux affaires du clan[9]. Finalement il obtint que son fils cesse ses études à l'Université de Pise et, grâce aux efforts de Guidantonio, qu'il aille à la place à Florence, sous les ordres de Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis et de son frère Giovanni. Amerigo travailla pour eux pour les dix-huit années suivantes[10].

Le plus grand érudit de son temps était Paolo Toscanelli, directeur de la bibliothèque du couvent San Marco dans lequel Amerigo avait étudié, et était devenu un collectionneur et fabricant prolifique de cartes[11]. Bien qu'il n'y ait pas de preuves concrètes, il est presque sûr qu'ils furent en contact[12], et que ce fut Toscanelli qui planta dans l'esprit du garçon l'idée de naviguer jusqu'à l'occident à la recherche de nouvelles terres[12]

Le père d'Amerigo mourut en avril 1483, époque à laquelle Florence commençait à se convulser pour l'éloquente dénonciation morale du moine Girolamo Savonarola. En accord avec le testament de son père, le jeune homme devint le principal responsable des finances familiales[10]. Il avait de l'expérience dans ce domaine : il avait été nommé récepteur des biens confisqués aux conspirateurs Pazzi et il était sur le point d'accéder au poste de notaire de la Signoria. Ses deux frères, Girolamo et Bernardo, n'étaient pas, au contraire, à la hauteur de la responsabilité : ils étaient de caractère vagabond et bohème, et ils avaient trouvé d'autres caps très éloignés de la ville[8].

On peut déduire de l'étude de la correspondance de Vespucci à cette époque qu'il fut le père d'une fille, bien que l'on ne connaisse pas son nom ni celui de la mère. Par exemple, un de ses amis lui écrivit depuis l'Espagne :

« Dis-moi comment vont la fille et la mère, et cette femme appelée Francesca. Mille baisers à toutes. J'aimerais savoir si la Lisandra va bien. Pas parce que je l'aime, mais pour savoir si elle est vivante ou décédée. Elle a une pauvre idée de moi, et moi d'elle encore pire. Mes salutations à tous chez Lorenzo, et spécialement au maître Giacomo, le cordonnier »

— Archive de l'État Florentin, M. A. P., F. LXVIII, c. 650.

Pendant ces années il put avoir contacté quelques-uns des nobles amis de Giorgio Antonio, parmi lesquels l'humaniste Johannes Reuchlin et le navigateur et cartographe en avance sur son temps Martin Behaim.

Séville[modifier | modifier le code]

Dessin de la Séville du XVIe siècle.

Avec le temps, Amerigo gagna la confiance et l’admiration de ses employeurs, qui l'assignèrent à une nouvelle mission : à partir de 1489, Vespucci[13] servit comme commissaire aux comptes et administrateur de la banque Médicis à Séville, dont les comptes avaient jusque là été tenus de manière peu claire[14]. La péninsule Ibérique était à cette époque centre commercial prospère et elle offrait de grandes opportunités de profits[15]. L'incorporation dans la Castille du Royaume de Grenade était imminente : Málaga et Almería étaient déjà tombées ; la prise de Grenade ne paraissait pas loin.

Le trône était sous la main de fer du roi Ferdinand II d'Aragon et de son épouse Isabelle Ire de Castille[16]. Suivant les instructions de Pierfrancesco, Amerigo enquêta sur les antécédents financiers d'un autre Florentin : Juanoto Berardi, fournisseur d'esclaves et préparateur d'expéditions maritimes, avec qui il entra plus tard en partenariat commercial et de qui il devint ami. La société dura jusqu'à la mort de Berardi en décembre 1495. Le commerce était en relation avec l'armée et l'approvisionnement de navires, une activité qui avait considérablement crû tout au long du XVe siècle et qui se localiserait plus tard en Guinée, appelée Mina de Oro (Mine d'or)[8]. La toute nouvelle entreprise des Italiens participa comme sous-traitante aux préparatifs de tous les voyages de Christophe Colomb au Nouveau Monde. Berardi, qui connaissait l'amiral, contribua au financement du premier et par son intermédiaire Vespucci et Colomb entamèrent une amitié qui perdura. Avec l'essor des expéditions aux Indes, l'entreprise des Florentins fut si bénéficiaire qu'elle eut bientôt besoin d'un engagement presque total de Vespucci, si bien que les travaux aux ordres de Pierfrancesco durent être assignés à quelqu'un d'autre[8].

Voyage en Amérique[modifier | modifier le code]

Amerigo Vespucci douta que Christophe Colomb ait trouvé un chemin vers l'Asie et se dit par la suite que cette terre était peut-être une contrée nouvelle, il proposa alors une expedition au nouveau monde pour confirmer ses suppositions.

Après ce voyage « imprévu », le roi Ferdinand II d'Aragon, qui avait confiance en lui, nomma le nouveau continent (qui finit par le nom actuel) par le nom de Amerigo Vespucci, « Amérique » (détail sous les paragraphes suivants).

Premier voyage 10 mai 1497 au 15 octobre 1498[modifier | modifier le code]

Dans un premier voyage sous pavillon espagnol il laissera l'Espagne et Séville en mai 1497 pour y revenir en octobre 1498. Cela dit, les spécialistes modernes ont mis en doute que ce voyage ait réellement eu lieu, et considèrent que cette lettre diffusé par la suite serait un faux. De nombreuses lettres des différentes compagnies maritimes existent mais sont toujours centrées sur les relations commerciales. Quant aux marins souvent ils ne savaient pas lire et les livres de bords ne donnaient que des longitudes et latitudes en relatant les faits à bord des bateaux. Quelle que soit la personne qui a écrit cette lettre, elle fait plusieurs observations de coutumes natives, incluant l'utilisation de hamacs et de huttes de sudation. Les noms des vaisseaux d'Amerigo Vespucci y sont répertoriés comme San Antiago, Repertaga, Wegiz, et le Girmand.

Second voyage 16 mai 1499 au 8 septembre 1500[modifier | modifier le code]

Vers 1499–1500, Vespucci rejoint une expédition au service de l'Espagne, avec Alonso de Ojeda (ou Hojeda) comme commandant de flotte. L'intention était de mettre voile vers l'extrémité sud du continent Africain jusqu'à l'Océan Indien. Après avoir jeté l'ancre sur la côte de ce qui est à présent connu sous le nom de Guyane, les deux personnages semblent s'être séparés. Vespucci fait voile vers le Sud, découvrant la gorge de l'Amazone et atteignant 6°S, avant de faire demi-tour et de voir Trinidad et le fleuve Orinoco, pour enfin retourner vers l'Espagne en faisant escale à Hispaniola. La lettre, à Lorenzo di Pierfrancesco de' Medici, prétend que Vespucci a déterminé sa longitude par la voie des étoiles le 23 août 1499, durant le voyage même. Cela dit, cette prétention pourrait être frauduleuse, levant le doute sur la crédibilité de la lettre.

Troisième voyage du 10 mai 1501 au15 octobre 1502[modifier | modifier le code]

Sous pavillon portugais c'est à la suite de ces voyages que seront décrits dans les feuillets en latin puis traduits en italien, intitulés Mundus Novus, publiée en 1504 prétend être un compte rendu par Vespucci, écrit à Soderini gouverneur de Florence, d'une longue visite au Nouveau Monde,

Quatrième voyage du 10 mai 1503 au 18 juin 1504[modifier | modifier le code]

ll partit pour le compte des portugais. Ces 4 voyages ont valu à Amerigo de figurer parmi les grands navigateurs et explorateurs de son temps

Notes et références I Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il existe une thèse antique exposée par Alexander von Humboldt et d'autres qui prétend démontrer que le vrai nom du navigateur est « Albéric » (ou « Alberico » en italien), et qu'après avoir découvert dans des cartes précolombiennes que le nouveau continent était appelé « Amérika », un mot aztèque qui signifierait « pays avec des montagnes en son centre », il changea son nom en Amerigo afin de s'approprier le mérite de sa découverte. Contrairement à cette spéculation, son nom figure dans le registre officiel des naissances comme « Amerigho ».
  2. L'Encyclopédie Catholique indique 1451 en se basant sur l'Ufficio delle Tratte, préservé au Reale Archivio di Stato de Florencia, où figure : « Amerigo, fils de Ser Nastagio, fils de Ser Amerigo Vespucci, le IXe jour de mars MCCCCLI »(1451).
  3. Wills:35
  4. a, b et c Pohl:14
  5. Lester y Foster:58
  6. Pohl:17-18
  7. Ober
  8. a, b, c et d Arciniegas
  9. Pohl:18
  10. a et b Pohl:27
  11. Pohl:23
  12. a et b Pohl:25
  13. Dans les registres de Séville son nom figure comme Despuche, Espuche, Vespuche et Vespucio (Arciniegas)
  14. Pohl:29
  15. Pohl:36
  16. Pohl:34

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stefan Zweig (trad. Dominique Autrand), Amerigo Récit d'une erreur historique [« Amerigo : die Geschichte eines historischen Irrtums »], Le Livre de poche,‎ 1992
    écrit en 1941
  • Jean-Paul Duviols, Le Nouveau Monde. Les voyages d’Amerigo Vespucci (1497-1504), Chandeigne,‎ 2005
  • (es) Germán Arciniegas (es), América, 500 años de un nombre. Vida y época de Amerigo Vespucci, Colombia : Villegas Editores,‎ 2005.
  • (en) C. Edwards Lester et Andrew Foster, The Life and Voyages of Americus Vespucius, New York: New Amsterdam Publishing,‎ 1903
  • (en) Frederick A. Ober, Amerigo Vespucci, London: Harper & Brothers Publishers,‎ 1907
  • (en) Frederick J. Pohl, Amerigo Vespucci Pilot Major, New York: Octagon Books,‎ 1966
  • (en) Garry Wills, Foreward. Letters From A New World, New York: Marsilio Publishers,‎ 1992

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]