Missions espagnoles de Californie

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Les Missions espagnoles de Californie (ou plus simplement les Missions de Californie) sont une série d'établissements religieux, dont l'établissement est confié aux franciscains, créées entre 1769 à 1823 par la couronne espagnole avec le double objectif de convertir au christianisme les peuples autochtones et de participer au controle politique de ce territoire.

À l'époque coloniale, la Haute-Californie est une lointaine possession dont la couronne espagnole ne se préoccupe qu'à partir du moment où l'empire russe commence à y établir des colonies. À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, elle utilise le système qui combine des « presidios » (établissements militaires), des missions (fondations religieuses) pour contrôler le territoire et des ranchos, des concessions de terrains, réputés appartenir à la couronne à des bénéficiaires qui sont supposés les mettre en valeur.

Abondament romantisées par les historiens ecclésiastiques d'abord, par le marketing territorial et mémoriel ensuite[1], par la littérature[2] et le cinéma, et enfin par les industries de l'immobilier[3] et du tourisme, les missions franciscaines de Californie ont été globalement un triple échec, du point de vue humain, économique et politique.


Les problèmes de l'historiographie[modifier | modifier le code]

L'histoire des missions espagnoles de Californie comporte deux grandes phases : une première période, entre 1770 et 1810, où elles participent aux structures et aux entreprises de réforme de l'Espagne et de son empire colonial, et une seconde période, entre 1810 et 1850, où elles se trouvent confrontées à la crise de l'empire colonial, et aux péripéties de la construction de deux projets de constructions étatiques : le Mexique et les États-Unis.

À la suite de Frederick Jackson Turner, les historiens américains se sont fortement polarisés sur le concept de Frontière, supposé constituer l'expérience centrale et explicative du caractère américain : la frontière était le lieu par excellence où le pionnier se défaisait de ses vieux oripeaux européens et forgeait son caractère américain entreprenant, égalitaire, démocratique. Herbert Eugene Bolton, un élève de Turner, enseignant à l'Université de Berkeley développe, de son côté, le concept de « borderlands » supposé couvrir l'aspect espagnol de l'expérience coloniale. Les conclusions de Bolton le conduisaient à définir un sous champ d'études, placé sous la dépendance d'institutions comme la monarchie ou l'église plutôt que dans les mains de courageux aventuriers sans peur et sans reproche[4].

À partir des années 1960, mais surtout de débats et de polémiques pendant les années 1980, un certain nombre de chercheurs ont remis en cause ces visions ethnocentrées qui font, certes, une bonne part à la légende noire de l'empire espagnol, vu comme une construction dont la culture catholique, absolutiste et liberticide aurait été transmise à ses héritiers mexicains, mais qui ignorent surtout les amérindiens et de nombreux autres groupes implicitement voués à ne jouer que des rôles passifs et écrits d'avance par la « The Frontier thesis » (la thèse de la Frontière). Ces travaux démontrent que la Frontière n'était pas un lieu d'accomplissement d'une la destinée manifeste, mais un lieu de rencontre, d'affrontement et de négociation, un théâtre de violences et non pas la scène de l'épanouissement des destinées pacifiques et égalitaires, des communautés dépendantes des capitaux qu'elles attiraient, des décisions de l'État qu'elles suscitaient et non des havres en autarcie économique, sociale, culturelle et politique où les libertés individuelles prospéraient[4].

Du point de vue de l'historiographie mexicaine, l'histoire de la Haute Californie durant la période coloniale et pendant la phase comprise entre le traité de Córdoba et le traité de Guadeloupe Hidalgo est dans un angle mort. La fédération mexicaine naissante a su faire, tant sous sa forme libérale que sous sa forme centraliste, des deux Californie et du Nouveau-Mexique, des états souverains sur le papier seulement, et les a plus ou moins administré comme des territoires sous la dépendance directe du gouvernement fédéral. La solution institutionnelle n'est trouvée, pour la Basse-Californie en 1954[5], et pour la Basse-Californie du Sud, en 1974 seulement[note 1], et sous l'influence de processus complexes qui n'ont plus grand-chose à voir avec ceux de l'époque coloniale.

La bureaucratie de la monarchie des Bourbons a produit une quantité de documents dont certains éclairent de manière indirecte la civilisation des indigènes des régions côtières de la Haute-Californie auxquels ils laissent, au fond, assez peu la parole. Mais le travail des chercheurs a longtemps été et reste gêné par la dispersion des fonds d'archives. Les archives de l'administration vice-royale, puis celles de l'administration de la province puis du territoire, après l'indépendance du Mexique, sont conservées par les Archives générales de la nation à Mexico[8].

Les archives générales, relatives à l'activité de franciscains au Mexique et dans une partie de l'Amérique-centrale[note 2] sont conservées par la bibliothèque de l'Institut national d'anthropologie et d'histoire à Mexico[9]. Certains documents relatifs à leurs rapports avec la vice-royauté et certains incunables sont conservés aux Archives générales de la nation à Mexico, les documents relatifs à leurs rapports directs avec la couronne espagnole, pour la plupart, sont conservés aux Archives générales des Indes à Séville.

Les archives produites par l'administration provinciale puis territoriale pour leurs besoins spécifiques sont restées en Californie. Certains originaux ont brûlé avec San Francisco lors du tremblement de terre et du grand incendie de 1906, mais des copies avaient été réalisées par l'historien et ethnologue Hubert Howe Bancroft. Ces copies sont conservées aujourd'hui par la Bibliothèque Bancroft (en) de l'Université de Californie à Berkeley[10].

L'essentiel des archives des missions sont conservées par l'archevêché de San Francisco sous le nom de « Taylor Papers collection », au séminaire Saint Patrick (en) à Menlo Park. Une autre partie des archives des missions est conservée à Santa Barbara. La Bancroft Library détient des copies de ces deux fonds[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Californie
1 - San Diego de Alcalá - 1769
2 - San Carlos Borromeo de Carmelo - 1770
2 - San Carlos Borromeo de Carmelo - 1770
3 - San Antonio de Padua - 1771
3 - San Antonio de Padua - 1771
4 - San Gabriel Arcángel - 1771
4 - San Gabriel Arcángel - 1771
5 - San Luis Obispo de Tolosa - 1772
5 - San Luis Obispo de Tolosa - 1772
6 - San Francisco de Asís - 1776
6 - San Francisco de Asís - 1776
7 - San Juan Capistrano - 1776
7 - San Juan Capistrano - 1776
8 - Santa Clara de Asís - 1777
8 - Santa Clara de Asís - 1777
9 - San Buenaventura - 1782
9 - San Buenaventura - 1782
10 - Santa Barbara - 1786
10 - Santa Barbara - 1786
11 - Exaltación de la Santa Cruz - 1786
12 - La Purísima Concepción - 1787
12 - La Purísima Concepción - 1787
13 - Nuestra Señora de la Soledad - 1791
13 - Nuestra Señora de la Soledad - 1791
14 - San José - 1797
14 - San José - 1797
15 - San Juan Bautista - 1797
15 - San Juan Bautista - 1797
16 - San Miguel Arcángel - 1797
16 - San Miguel Arcángel - 1797
17 - San Fernando Rey de España - 1797
17 - San Fernando Rey de España - 1797
18 - San Luis Rey de Francia - 1798
18 - San Luis Rey de Francia - 1798
19 - Santa Inés - 1798
19 - Santa Inés - 1798
20 - San Rafael Arcángel - 1817
21 - San Francisco Solano - 1823

Les franciscains en Nouvelle-espagne[modifier | modifier le code]

Le premier évêché créé au royaume de Nouvelle-espagne est celui de Tlaxcala, qui est déplacé à Puebla en 1543. L'évêché de Mexico est pourvu d'un titulaire, Juan de Zumárraga, qui prend ses fonctions le . De nouveau évêchés apparaissent rapidement au sud et au sud est de la capitale : Diocèse de Trujillo/Comayagua en 1531, Santiago de los Caballeros de León (es) le , Antequera (aujourd'hui Oaxaca de Juárez) en 1535, San Cristóbal de Las Casas en 1539, Yucatán (es) en 1543[note 3], La Vera Paz (es), le .

Les débuts de la colonisation[modifier | modifier le code]

Le principal maître d'œuvre du mouvement de création des missions de Haute Californie, est le frère franciscain Junípero Serra, un religieux originaire de Majorque, doté à la foi d'une formation théologique et d'une expérience de l'activité missionnaire dont il acquis l'expérience à Jalpan de Serra, dans la Sierra Gorda, au Mexique, pendant huit ans. En 1769, il accompagne Gaspar de Portolà dans son expédition en Haute-Californie[note 4].

L'expédition comprend un volet terrestre et un volet maritime. La flotte se compose de deux bateaux : le San Carlos et le San Antonio. Le premier bateau quitte La Paz Le , et le second le suit deux semaines plus tard. Leur objectif consiste principalement à convoyer vers San Diego les fournitures nécessaires à l'établissement de deux avant postes. L'expédition terrestre de Gaspar de Portolà part au printemps et atteint la baie de San Diego au début du mois de juillet. Le , les missionnaires érigent une croix sommaire sur une colline pour marquer la fondation de la mission de San Diego de Alcalà[12].

Le , Gaspar de Portolà quitte San Diego pour partir à la recherche du site de Monterey. Il y revient le . Il a reconnu la baie de San Francisco, mais n'est pas parvenu à identifier le site de Monterey.

Dès 1775, les Kumeyaay qui habitent les alentours de la mission San Diego, et que les Espagnols appellent par conséquent Diegueños attaquent la mission, détruisent l'église, incendient ses structures profanes et tuent le frère Luis Jaime. Cette révolte provoque l'abandon temporaire de la mission San Juan Capistrano qui vient tout juste d'être créée[13].

Les séismes de 1812[modifier | modifier le code]

Le , une série de secousses telluriques détruisent la coupole de la mission San Juan Capistrano alors que l'on y dit une messe et y tuent une quarantaine de néophytes. Le , un autre séisme majeur détruit l'église de la mission de La purísima concepción, et l'église et une partie des bâtiments de la mission Santa Bárbara. Un navire ancré près de la mission subit des dommages causés par les secousses sous marines.

L'évènement affecte autant les Chumash que les agents de l'ordre colonial espagnol. Le solstice d'hiver est l'une des dates les plus importantes pour les indigènes parce que les « 'antap », l'élite des officiants de leur religion, y dressent, dans le cadre d'une cérémonie qui conclut plusieurs jours de rituels et de réjouissances, un « sunstick », un monument rituel de petite taille, un mat surmonté d'un disque de pierre peint, chargé d'indiquer au soleil la direction de la terre[14].

La révolte des Chumash[modifier | modifier le code]

La révolte des Chumash est l'un des épisodes les plus importants de la résistance des autochtones à la colonisation espagnole. Elle éclate le à la mission Santa Inès, et s'étend rapidement aux missions voisines de la Purissima concepción et de Santa Bárbara. La révolte est exceptionnelle, car elle ne concerne pas les membres d'une tribu ou les habitants d'un village qui oppose une résistance à leur embrigadement par une mission, mais les néophytes de plusieurs d'entre elles. Elle aurait été déclenchée par la bastonnade qu'aurait subi un néophyte de la Purissima concepción qui rendait visite à un parent détenu dans la prison de Santa Inès[15].

À Santa Inès, les Chumash attaquèrent les soldats avec leurs arcs et incendièrent certains bâtiments, le prêtre, les soldats et leurs familles se barricadèrent en attendant que, le lendemain, les troupes envoyées depuis le presidio de Santa Bárbara, les libèrent et forcent les insurgés à se retrancher dans un quartier du village des néophytes que la troupe incendie pour les déloger. Les Chumash révoltés de Santa Inès rejoignent alors ceux de la Purissima concepción[15].

Dès le commencement de la révolte, un messager est envoyé à Santa Bárbara où le chef des Chumash lance un appel aux armes. Après un combat entre les insurgés et la troupe du présidio, une partie des néophytes révoltés s'enfuient dans les montagnes et une soixantaine, d'entre eux, originaires de l'île de Santa Cruz, s'emparent des deux Tomol (en) de la mission et retournent à leurs villages d'origine[15].

Le frère Ripoll qui jouit de la confiance et du respect des Chumash effectue une médiation et obtient une amnistie des actes de rébellion. Dans l'été, la plupart de ceux qui ont fui Santa Bárbara, y reviennent[15].

À la mission de la Purissima concepción, les néophytes, guidés par un chef charismatique nommé Pacomio, se sont emparés des lieux. Les affrontements ont provoqué la mort d'un Chumash et celle de quatre voyageurs qui n'avaient rien à voir dans la question. Le , les insurgés autorisent les soldats présents à la Purissima concepción et leurs familles à la quitter pour se réfugier à Santa Inès et se fortifient en prévision d'un inévitable assaut. Près d'un mois plus tard, une troupe d'une centaine d'hommes, envoyée de Monterey, et dotée de quatre canons, assiège la mission. Une matinée de combats tue seize Chumash et un soldat. Le frère Antonio Rodriguez qui est resté avec les insurgés négocie un cessez-le-feu et les Chumash insurgé se rendent. Une autre troupe arrive de Santa Bárbara et les autorités procède à une sorte de pacification judiciaire : sept personnes jugées responsables du meurtre des voyageurs sont exécutées, quatre meneurs et huit autres personnes sont condamnés à effectuer des peines de huit à dix ans à Monterey. Ce processus marque la fin de la révolte[15].

Echec ou succès ?[modifier | modifier le code]

Aspects humains[modifier | modifier le code]

La vision et les pratiques des franciscains[modifier | modifier le code]

Junípero Serra croyait que son travail missionnaire avait été préparé par Maria d'Agréda, une mystique espagnole qui prétendait que ses extases ou ses visions lui conféraient un don d'ubiquité et la capacité de prêcher et de convertir les populations autochtones des colonies espagnoles[16],[note 5]. Quoique l'on pense des affirmations de Maria d'Agréda, ses relations personnelles avec Philippe IV, Marie-Anne d'Autriche et Charles II, lui confère une énorme influence politique qui fait de la monarchie des Habsbourg d'Espagne, l'une des premières puissances coloniales officiellement abolitionnistes en matière d'esclavage[18]. Junípero Serra emporte avec lui un exemplaire de « La Cité mystique de Dieu », dans lequel Maria d'Agréda raconte ses expériences mystiques, et son compagnon Frère Francisco Palou en détient aussi un exemplaire pendant leur mission en Haute-Californie [17]. Lorsqu'il inaugure la mission San Antonio de Padua, en 1771, Junípero Serra rencontre une vieille femme de la tribu des Salinan qui lui raconte que ses parents lui ont parlé de deux hommes habillés comme les franciscains qui avaient parcourrus leur territoire de nombreuses années auparavant. Lorsqu'il constate que cette croyance est fortement partagée aux abords de la mission, il y voit la confirmation d'un récit de Maria d'Agréda qui parle de deux martyrs franciscains qui auraient convertis de nombreux indigènes[13].

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

Durant les premières années, Junípero Serra presse ses frères de créer de nouvelles missions, mais n'encourage pas la multiplicité des baptèmes et des accueils de néophytes, à part ceux qui sont nécessaires pour édifier l'établissement parce qu'il faut que celles-ci développent l'infrastructure agricole qui permet de les nourrir[19].

En 1773, Juan Bautista de Anza qui est alors capitaine du presidio de Tubac, reçoit du Vice-roi Antonio María de Bucareli y Ursúa la commission d'explorer une liaison terrestre vers Monterey. Accompagné notamment de Frère Francisco Garces, il quitte Tubac le , atteint la mission de San Gabriel Arcángel le et Monterey le . Il escorte un second groupe l'année suivante. Junípero Serra s'oppose à la mise en place d'un tel itinéraire, estimant qu'elle augmenterait le coût des transports et qu'elle buterait sur le nombre de mules nécessaires pour la faire fonctionner qu'il estime entre 1100 et 1500. Il prend activement la défense des intérêts des promoteurs du Département Naval de San Blas, allant jusqu'à dire redouter les exemples moraux que les muletiers risquaient de donner aux néophytes[20]. Il est difficile d'évaluer la part du réel et celle du politique dans son intervention : la route terrestre remet en cause les fragiles compromis économiques qu'il est parvenu à mettre au point en se basant sur les qualités et les défauts de la route maritime entre San Blas et Monterey, elle menacerait l'autonomie du projet californien en le rendant dépendant des autorités du Nouveau-Mexique, Juan Bautista de Anza, enfin est un détracteur des méthodes et des prétentions des Franciscains, et quoique lui-même un laïc affilié à l'Ordre franciscain, fréquemment en conflit avec l'ambitieux Antonio Maria de Los Reyes qui aspire à devenir le premier évêque de Sonora, et avec le frère Brtolomé Ximeno qui dirige la mission Mission San José de Tumacácori (en), située près de Nogale que son presidio est chargé de protéger[note 6].

Les missions sont flanquées de « pueblo » ou « villa » (Los Angeles, San José, et Villa de Branciforte (en)) qui peinent à attirer des Mexicains parce qu'il leur est difficile d'être compétitifs à cause du coût extrêmement bas dont les missions bénéficient et qu'elles entretiennent, à cause aussi du coût et de l'irrégularité des relations maritimes avec le port Mexicain de San Blas. Ce dernier est jusqu'en 1810, le seul port avec lequel la Haute-Californie a des relations commerciales.

Aspects politiques[modifier | modifier le code]

Les missions occupent de manière nominale tout le territoire côtier, sauf l'espace réservé aux presidio qui sont des postes militaires, et l'espace qui dépend de l'une jouxte celui de l'autre. Néanmoins, du point de vue du droit, elles sont des institutions du gouvernement royal érigées sur des terres qui appartiennent à la couronne, qui sont réservées aux indigènes et dont la gestion est confiée aux missionnaires. Selon le premier rapport annuel qu'ils font parvenir au vice-roi, à Mexico, en 1773, chaque mission, sauf celle de San Luis Obispo de Tolosa, est construite près d'une agglomération amérindienne, que les Espagnols appellent « rancheria », dont il est toujours difficile de savoir si elle préexistait lors de la création de la mission ou si les indigènes s'y sont installés après. À partir de 1784, la couronne concède une trentaine de zones à des laïcs espagnols que l'on nomme « rancho ». Ces concessions sont des essentiellement des droits de pâture en faveur de militaires vétérans qui ne doivent pas s'exercer au détriment des autochtones qui y vivent, ni de celui des missions voisines. Les actes de concession interdisent notamment aux bénéficiaires de porter atteinte aux ressources hydriques que les agglomérations amérindiennes utilisent.

Les mythes[modifier | modifier le code]

Les mythes économiques[modifier | modifier le code]

Beaucoup, qu'ils décrivent favorablement le succès ou l'échec économique des franciscains en Haute Californie, reposent sur une version du mythe du Bon sauvage.

« Avant l'établissement des Espagnols, les Indiens de la Californie ne cultivaient qu'un peu de maïs et vivaient presque exclusivement de pêche et de chasse »

— Jean-François de La Pérouse, Voyage de La Pérouse autour du monde 1785-1788

Ce cliché de l'explorateur français qui décrit une société de chasseurs cueilleurs sert parfois de référence à des diamétralement visions opposées des aspects économiques des missions.

  • La thèse favorable aux colonisateurs consiste à dépeindre cette société comme perpétuellement menacée par la disette alimentaire. L'introduction des plantes et des techniques de culture européennes auraient permis aux indigènes de sortir de cette situation[22].
  • La thèse opposée tend à dépeindre un environnement dans lequel les indigènes de Californie, les espèces animales et végétales auraient atteint une forme d'équilibre que l'introduction d'espèces étrangères aurait détruit, et qui serait la cause de la saignée démographique que les peuples amérindiens ont subie.


L'idée selon laquelle les amérindiens auraient été sauvés de la famine par l'importation des espèces et des techniques agricoles méditerranéennes résiste assez peu à l'examen. D'abord parce que les missionnaires ne sont pas des experts agricoles et la plupart sont nés dans des régions dans lesquelles prédomine l'organisation latifundiaire qui privilégie les monocultures spéculatives au détriment d'une agriculture qui assurerait de manière efficace la subsistance de la population locale. D'autre parce que la fin du XVIIe siècle et le XVIIIe siècle peuvent être décrits selon une formule provocatrice comme « l'époque où le Mexique a entrepris de nourrir le monde » : les colonisateurs des Caraïbes et de l'Amérique importent en Europe des espèces, principalement végétales, dont l'efficacité du rendement les a frappés. Mais les Européens n'apprennent pas toujours bien : ils acclimatent le maïs, mais ignorent la nixtamalisation et le hominy et créent une maladie, la pellagre qui est quasi inexistante outre Atlantique[note 7].

Le mythe épidémique[modifier | modifier le code]

De nombreux auteurs évoque les épidémies comme les principaux facteurs du déclin des peuples indigènes des côtes de Haute-Californie. Les registres de catholicité de missions comme celle de Santa Ines suggèrent que pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle et le premier quart du XIXe siècle, les épidémies qui se sont propagée depuis Sonora ou la Basse Californie vers la Haute Californie ont été rares. Les plus graves ont eu lieu après 1800.

L'histoire démographique de la mission Santa Ines comprend deux grandes périodes : celle pendant laquelle les Chumash sont très activement recrutés et installés à la mission entre 1804 et 1819, et celle du déclin de la population, à partir de 1820.

Pendant la première période, le nombre des hommes et des femmes y sont équilibrés. Après 1815, le nombre des femmes en âge d'avoir des enfants a diminué : leur taux de mortalité était plus élevé que celui des hommes et la part des femmes dans la population globale a décliné provoquant une baisse du nombre des naissances.

On ne connait pas d'exemple, dans lesquelles des populations européennes auraient été frappées par des épidémies qui tuent plus les personnes d'un sexe que d'un autre. Les épidémies de variole ou de rougeole tuent surtout les personnes jeunes qui n'y ont jamais été exposées. La cause des taux de décès élevés des néophytes des missions de Haute-Californie doit être recherchée dans les maladies endémiques, principalement importées, mais parfois aussi anciennes auxquelles le mode de vie imposé aux autochtones par les Franciscains, exposait les résidents des missions. Les études relatives à l'effondrement démographique de Sinaloa et de Sonora au XVIe siècle et XVIIe siècle mettent en évidence les mêmes faits.

Le mythe touristique[modifier | modifier le code]

En 1884, Helen Hunt Jackson publie son roman Ramona[note 8] qui décrit, dans un cadre plutôt imaginaire, la culture hispanique et mexicaine de Californie. L'objectif d'Helen Hunt Jackson consistait à attirer l'attention du public sur les violences et les injustices dont les amérindiens étaient victimes, et ceci est l'un des grands engagements de la dernière partie de sa vie. Mais pendant la période qui suit la Bataille de Little Bighorn (1876), le public est peu réceptif à l'égard du sujet et ne retient que l'aspect romantique de l'histoire et les côtés séduisants de la culture hispano-mexicaine. Helen Hunt Jackson s'est probablement inspirée d'une courte visite qu'elle avait faite au Rancho Camulos (en), qui avait été attribué à Antonio del Valle, l'administrateur de la mission San Fernando Rey de España après la sécularisation par le gouverneur Juan Bautista Alvarado pour dépeindre la résidence de la famille fictionnelle des Moreno dans son roman. Elle n'a jamais rencontré les propriétaires.

L'œuvre de Charles Fletcher Lummis suit de près celle d'Helen Hunt Jackson. Charles Fletcher Lummis a occupé de multiples fonctions et exercé de multiples métiers : tour à tour éditeur des magazines Out West et Land of Sunshine, Los Angeles Times, bibliothécaire de la ville de Los Angeles, ethnologue, philologue, créateur du Landmark club qui entreprend de restaurer les missions dont toutes ou presques tombent en ruine depuis 1848. Charles Fletcher Lummis avait une vision romantique de prêtres bienveillants venus apporter le christianisme et civiliser des amérindiens "primitifs". Elle contrastait avec les témoignages des rares visiteurs européens ou américains qui décrivaient un système d'exploitation des autochtones semblable à l'esclavage, l'absence de liberté dans le cadre de la discipline imposée par les frères, et la violence des châtiments corporels que les récalcitrants subissaient.

Néanmoins, personne ou presque, en Californie, vers 1880, n'était au fait de l'histoire des missions. La popularité de Ramona et des activités de Lummis sont contemporaines de l'ouverture des trajets de la compagnie Santa Fe Railway qui rejoignent la Californie par le Sud et pour des coûts modiques. Ramona devint un argument publicitaire pour le tourisme, le sujet de parades, de pièces de théâtre, de concors, le nom de bières et d'à peu près tout ce qui pouvait rappeler le roman. Les missions que Lummis restaurait, devenaient des destinations touristiques. On commence à la même époque à développer le style architectural appelé « Mission Revival Architecture ».

Le roman national californien[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, la littérature populaire apologétique à l'égard des missions est devenu un genre en lui-même dont les plus célèbres représentants sont George Wharton James (Old Missions and Missions Indians of California - 1895, In and Out of California's Missions - 1905, Through Ramona Country - 1908), Charles Francis Saunders (The Californians Padres and their Missions - 1915), Nellie Van de Grift Sanchez (Spanish Arcadia - 1929), Cora Baggerly Older (en) (California Missions and their Romances - 1938).

Le mythe des missions a eu un impact évident, qui reste peu étudié, sur l'histoire que l'on enseignait dans les écoles publiques en Californie. Dans son ouvrage, « California - beginnings », publié en 1933[24], Lola B Hoffman dépeint la période des missions comme un âge d'or pendant lequel « everyone was happy and busy » (tout le monde (indigènes et missionnaires) était heureux et avait un emploi). L'ouvrage est réédité dès 1936 par l'éditeur original, puis en 1948, par le Ministère de l'Éducation de l'État de Californie[25],[note 9].

Pendant les années 1940, l'Université Stanford publie une série de livres de lecture, destinés aux enfants scolarisés dont l'âge est à peu près neuf à dix ans (4th grade reading level), écrits par Helen M. Roberts (en), regroupés sous le titre « Mission tales : stories of the historic California missions » (Contes de la mission : récits des missions historiques de Californie)[26] dont chacun est consacré à une mission différente[note 10]. Dans l'une de ces nouvelles « Clemente's Christmas: A Tale of Mission Soledad », l'auteur présente le missionnaire résident comme un homme qui procure aux indigènes « les meilleurs soins et le plus grand dévouement », eux en retour « adorent le gentil père au bon fond »[27].

Inexactitudes communes et diverses[modifier | modifier le code]

De nombreux ouvrages[28] mentionnent les jésuites et les dominicains en tant que créateurs de missions en Californie. Ces deux ordres ont certainement créé des missions ou ce qui y ressemble en Californie, mais seulement après l'annexion de celle-ci aux États-Unis. À l'époque coloniale espagnole, Les missions que les jésuites avaient créées en Basse Californie sont reprises, après leur expulsion par la couronne espagnole par les dominicains et par les franciscains, et les seconds s'en déchargent au profit des premiers afin de se désengager de situations destinées à devenir conflictuelles.

Les missions[modifier | modifier le code]

Sélection du site et installation[modifier | modifier le code]

Chaque mission devait pouvoir se suffire à elle-même puisque les moyens de ravitaillement étaient à l'époque insuffisants pour maintenir une colonie de n'importe quelle taille. La Californie était en effet à des mois de route de la base la plus proche située au Mexique et les bateaux de l'époque étaient encore trop petits pour transporter assez de rations pour que les missions subviennent à leurs besoins entre deux passages. Pour que la mission soit permanente, les pères avaient besoin de l'aide de colons ou d'Amérindiens convertis (appelés néophytes) pour cultiver la terre et élever assez de bétail pour subvenir aux besoins des missions. La rareté des matériaux importés et le manque d'ouvriers talentueux forcèrent les Pères à utiliser des matériaux et des méthodes de construction simples.

Bien que les missions fussent considérées comme hasardeuses par la hiérarchie espagnole, le développement d'une colonie n'était pas simplement un « caprice de prêtre ». La fondation d'une mission n'était possible qu'après de nombreuses procédures, les papiers à fournir demandaient des mois avant d'être obtenus, quelquefois des années de correspondance et l'attention de presque chaque niveau de la bureaucratie. Une fois habilitées à ériger une mission dans une zone donnée, les personnes mandatées devaient choisir rigoureusement le lieu où serait installée la mission. Les pères bénissaient le site et avec l'aide de leur escorte militaire, mettaient en place des abris dont le toit était fait de paille ou de roseaux. Ce furent ces simples huttes qui donnèrent naissance aux bâtiments de pierre qui existent aujourd'hui.

On construisait d'abord l'église (iglesia), dont la plupart étaient orientées sur un axe est-ouest approximatif conformément au principe liturgique qui veut que l'autel soit situé à l'est et ainsi la messe célébrée en direction du soleil levant, le Christ étant le « Soleil de justice » ; l'alignement exact dépendait des caractéristiques géographiques du lieu. Une fois l'endroit sélectionné, sa position était marquée et le reste des bâtiments s'étendait autour. Les séminaires, cuisines, quartiers d'habitation, entrepôts et les autres salles étaient habituellement regroupées sous la forme d'un quadrangle à l'intérieur duquel les célébrations religieuses et les autres évènements festifs prenaient place. Le cuadrángulo était rarement un rectangle parfait parce que les Pères n'avaient pas d'instruments à leur disposition et mesuraient les dimensions le plus simplement possible, en enjambées.

Les missions de l'Alta California[modifier | modifier le code]

Les 21 missions septentrionales furent établies le long du Camino Real de Californie (la Route du Roi, baptisée en l'honneur du roi Charles III), dont le tracé a été approximativement suivi par celui de l'U.S. Route 101 aux États-Unis. Fray Junípero Serra dirigea l'entreprise (il avait pris le contrôle d'un groupe de missions en Baja California auparavant administrées par les jésuites). Le travail fut achevé en 1823, mais à la suite du décès de Serra en 1784, ce fut le Père Fermín Francisco de Lasuén qui acheva le projet en établissant neuf sites supplémentaires entre 1786 et 1798.

Mission San Antonio de Padua.

Les missions sont l'élément historique le plus connu des régions côtières de l'État de Californie. Sept des 21 missions ont été nommées National Historic Landmark, 14 sont listées dans le Registre national des lieux historiques américain pour leur importance historique, architecturale et archéologique. La popularité des missions californiennes est aussi due au roman de Helen Hunt Jackson, Ramona (1884), et des efforts importants de Charles Lummis, William Randolph Hearst et d'autres membres du Landmarks Club of Los Angeles effectués pour restaurer les missions au début du XXe siècle. Les missions ont une place importante dans la conscience historique californienne et de nombreux touristes viennent du monde entier pour les visiter.

Plusieurs missions sont sensiblement les mêmes qu'elles étaient il y a 200 ans, mais certaines (comme San Rafael, dans la baie de San Francisco) ont dû être reconstruites car il n'était pas possible de sauver les édifices originaux dégradés au cours de l'histoire par des incendies, des tremblements de terre, ou autres érosions temporelles. San Juan Capistrano est un excellent exemple de mission ayant subi de nombreuses catastrophes, les dommages étant encore bien visibles en 2012.

Cette église minuscule dédiée à Notre-Dame est le plus ancien lieu de culte dans la ville de Los Angeles, elle sert encore à la communauté locale comme paroisse. À partir de cette petite église, une ville gigantesque est née, et, aujourd'hui, les rues du centre-ville de Los Angeles dowtown continuent de se former autour de ce point sur Olvera Street.

Aujourd'hui, un grand nombre de missions sont encore ouvertes au public et opérationnelles sous l'égide de l'Archidiocèse de Los Angeles et l'Archidiocèse de San Francisco : (pour n'en citer que quelques-unes) Mission Dolores, Mission San Luis Obispo, Nuestra Señora Reina de los Ángeles, la mission de Santa Barbara, ou encore Mission San Diego de Alcalá.

Des 25 missions et asistencias encore debout (2 ne sont pas fonctionnelles), seulement Santa Barbara et San Miguel sont encore gérées par les Franciscains, les autres ont été mises sous la direction de différentes institutions : le gouvernement américain, le diocèse local, le National Park Service, et certains ordres religieux comme les Clarétains et les Capucins.

Liste des établissements[modifier | modifier le code]

Type Nom Lieu Dépend de Date de création Coordonnées
Mission San Diego de Alcalá San Diego   X
Mission San Luis Rey de Francia Oceanside   X
Asistencia San Antonio de Pala (en) Réserve Pala (en) San Luis Rey de Francia 1810 X
Asistencia Santa Ysabel (en) Santa Ysabel (en) San Diego de Alcalá X
Estancia Las Flores (es) Camp Pendleton San Luis Rey de Francia 1823 X
Mission San Juan Capistrano San Juan Capistrano   X
Mission San Gabriel (es) San Gabriel   X
Asistencia Nuestra Señora Reina de los Ángeles (en) Los Angeles San Gabriel Arcángel X
Estancia San Bernardino de Sena (en) Redlands San Gabriel Arcángel 1819 X
Mission San Fernando Rey de España (es) San Fernando   X
Mission San Buenaventura (es) Ventura   X
Mission Misión Santa Bárbara Santa Barbara   X
Mission Santa Inés (en) Solvang   X
Mission La purísima concepción (es) Lompoc   X
Mission San Luis Obispo de Tolosa (es) San Luis Obispo   X
Asistencia Santa Margarita de Cortona (en) Santa Margarita (en) San Luis Obispo de Tolosa 1787 X
Mission San Miguel Arcángel (es) Paso Robles   X
Mission San Antonio de Padua (es) Jolon   X
Mission Nuestra Señora de la Soledad (es) Soledad   X
Mission San Carlos Borromeo de Carmelo Carmel-by-the-Sea   X
Mission San Juan Bautista (en) San Juan Bautista   X
Mission Santa Cruz Santa Cruz   X
Mission Santa Clara de Asís (es) Santa Clara   X
Mission San José (es) Fremont   X
Mission San Francisco de Asís San Francisco   X
Mission San Rafael Arcángel San Rafael   X
Mission San Francisco Solano Sonoma   X

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Kurt Baer, Architecture of the California Missions, University of California Press, Los Angeles, California,
  • (en) Carillo, J. M., O.F.M., The Story of Mission San Antonio de Padua, Paisano Press, Inc., Balboa Island, California,
  • (en) M. Camphouse, Guidebook to the Missions of California, Anderson, Ritchie & Simon, Los Angeles, California, (ISBN 0-378-03792-7)
  • Juan Crespí, A Description of Distant Roads: Original Journals of the First Expedition into California, 1796-1770, édité et traduit par Alan K. Brown, San Diego State University Press, 2001, 848 p., (ISBN 978-1879691643).
  • (en) S. Crump, California's Spanish Missions : Their Yesterdays and Todays, Trans-Anglo Books, Del Mar, California, (ISBN 0-87046-028-5)
  • (en) K. Drager et C. Fracchia, The Golden Dream : California from Gold Rush to Statehood, Graphic Arts Center Publishing Company, Portland, Oregon, (ISBN 1-55868-312-7)
  • (en) P. Johnson, The California Missions, Lane Book Company, Menlo Park, California,
  • (en) Max L. Moorhead, The Presidio : Bastion Of The Spanish Borderlands, University of Oklahoma Press, Norman, Oklahoma, , 304 p. (ISBN 0-8061-2317-6, lire en ligne)
  • (en) J. Rawls et W. Bean, California : An Interpretive History, McGraw-Hill, New York, (ISBN 0-07-052411-4)
  • (en) W.W. Robinson, Panorama : A Picture History of Southern California, Anderson, Ritchie & Simon, Los Angeles, California,
  • (en) Karen J. Weitze, California's Mission Revival, Los Angeles, Hennessy & Ingalls, Inc., Los Angeles, California, , 160 p., poche (ISBN 978-0-912158-89-1, OCLC 10071287, LCCN 83022580)
  • (en) Ralph B. Wright, California's Missions, Lowman Publishing Company, Arroyo Grande, California, .
  • (en) Elizabeth Kryder-Reid, California Mission Landscapes: Race, Memory, and the Politics of Heritage, University of Minnesota Press, , 368 p. (ISBN 978-1-4529-5207-9, OCLC 957656495).
  • (en) Alan Gowans, « The spanish colonial revival style », Old-House Journal, New York City, The Old-House Journal Corporation, vol. X, no 10,‎ , p. 28 (ISSN 0094-0178, lire en ligne).
  • (en) Edna E. Kimbro, Julia G. Costello et Tevvy Ball, The California Missions: History, Art, and Preservation, Los Angelès, Getty Publications, , 273 p. (ISBN 978-0-89236-983-6).
  • Maury, P (junior négociant à San Francisco), La Californie en février 1852, Bordeaux, Durand, , 34 p. (notice BnF no FRBNF30913234, lire en ligne).
  • Andrés Reséndez (trad. Bruno Boudard), L'Autre esclavage : La véritable histoire de l'asservissement des Indiens aux Amériques [« The Other Slavery : The Uncovered Story of Indian Enslavement in America, , Houghton Mifflin Harcourt, Boston, 2016 »], Albin Michel, , 544 p. (ISBN 978-2-226-45111-8).
  • (en) Langdon Smith, The Bells of Capistrano: A Romance of the California Missions, Los Angeles, The Grafton Publishing Corporation, .
  • (en) David Hurst Thomas, « The Life and Times of Fr. Junípero Serra: A Pan-Borderlands Perspective », The Americas, New York, Cambridge University Press, vol. 71, no 2,‎ , p. 41 (lire en ligne).
  • (en) Lynne Doti, « Spanish California Missions: An Economic Success », Economics Faculty Articles and Research, Orange, Californie, Chapman University Digital Commons,‎ , p. 38 (lire en ligne).
  • (en) Robert Archibald, The Economic Aspects of California Missions,, Washington D. C., Franciscan Publications, Academy of American Franciscan History, , 215 p. (ISBN 978-0-883-82063-6, OCLC 4152035, lire en ligne)
  • (en) John L. Kessell, « Anza damns the missions a spanish soldiers criticism of indian policy, 1772 », The Journal of Arizona History, Tuscon, Arizona Historical Society, vol. 13, no 1,‎ , pp. 53-63 (11 pages) (ISSN 0021-9053, JSTOR 41695041, lire en ligne).
  • (en) Lola B Hoffman (ill. Maurice Hudkins), California's beginnings, San Francisco, Harr Wagner publishing company, , 235 p. (OCLC 346474).
  • (en) Lola B Hoffman (ill. Maurice Hudkins, Margery Ragle Wahler), California's beginnings, Sacramento, California State Dept. of Education, , 276 p. (OCLC 9846197).
  • (en) Helen Marguerite Roberts, Mission tales : stories of the historic California missions, Stanford, Stanford University Press, 1947-1948 (OCLC 590259937).
  • (en) James J. Rawls, « The California Mission as Symbol and Myth », California History, San Francisco, University of California Press & California Historical Society, vol. 71, no 3 « Indians of California »,‎ , p. 342-361 (20 pages) (DOI 10.2307/25158648, JSTOR 25158648, lire en ligne).
  • (en) Robert H. Jackson, « Patterns of Demographic Change in the Alta California Missions: The Case of Santa Ines », California History, San Francisco, University of California Press & California Historical Society, vol. 71, no 3 « Indians of California »,‎ , p. 362-369 (8 pages) (DOI 10.2307/25158649, lire en ligne).
  • (en) Evan Hadingham, Early Man and the Cosmos, Norman, University of Oklahoma Press, Walker Publishing Company, , 271 p. (ISBN 9-780-8027-0745-1, lire en ligne).
  • (en) James A. Sandos, « Christianization among the Chumash: An Ethnohistoric Perspective », American Indian Quarterly, Lincoln, University of Nebraska Press, vol. 15, no 1,‎ , pp. 65-89 (25 pages) (DOI 10.2307/1185216, lire en ligne).
  • Emmanuelle Perez, « Entre Mexique et États-Unis, la Californie dans une perspective hémisphérique (1815-1850). Le défi des frontières historiographiques au sein de la thèse », Colloques Nuevo Mundo Mundos Nuevos,‎ (DOI 10.4000/nuevomundo.65622, lire en ligne).
  • Emmanuelle Perez Tisserant, « Nuestra California » Faire Californie entre deux constructions nationales et impériales (vers 1810-1850), Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales, École doctorale de sciences sociales., , 812 p..
  • (es) Maria Eugenia Altade (Editeur du volume), Edith González Cruz (Coordination générale) et Al., Historia general de Baja California Sur: Los procesos políticos, Ciudad de México, Plaza y Valdes, (ISBN 970-722-199-2).
  • (es) Adolfo Chávez et Antonio Pimentel Rosado, « Estudio epidemiologico de la pelagra en una comunidad rural », BOLETIN DE LA OFICINA SANITARIA PANAMERICANA, Washington, D.C., Pan American Health Organization,‎ , p. 7 (ISSN 0030-0632, lire en ligne).

Ressouces en ligne[modifier | modifier le code]

Références et notes[modifier | modifier le code]

Références


Notes
  1. L'état de Basse-californie du Sud a été créé par le décret présidentiel du qui transformait le territoire fédéral en état libre et souverain[6]. Les processus politiques, entamés au moins depuis les années 1930, ont pris beacoup plus de temps [7].
  2. Les archives de la Province du Saint Évangile de Mexico, de la Province du Saint Évangile de Saint Pierre et Saint Paul en Michoacán, et Saint Jacques-apôtre en Jalisco, de Saint François en Zacatecas, de Saint Joseph en Yucatán et Guatemala. Mais aussi des provinces des Philippines, de Cuba, du Nicaragua, du Honduras et des deux Californies. Les textes peuvent être en espagnol, en latin, en maya, en náhuatl et en tagalog[9].
  3. Une création tout à fait théorique car les espagnols ne contrôlent politiquement pas le territoire du Yucatán à cette époque. L'évêque du Yucatán s'installe à Tlaxcala, et l'évêque de cette dernière à Puebla.
  4. L'administration coloniale espagnole du Mexique distingue alors la Alta California, la « Haute-Californie » (qui est de nos jours le sud-ouest américain) et la Baja California, et la « Basse-Californie », la Péninsule de Basse-Californie).
  5. Marie d'Agréda n'a jamais quitté physiquement son couvent, mais elle raconte qu'au cours de ses visions, habillée en franciscain, elle s'envole portée par les archanges Michel et Gabriel, et va exhorter, dans leur langue, les amérindiens afin qu'ils prennent contact avec un franciscain pour se faire baptiser[17].
  6. The worst of it is that in both areas although the natives used to number thousands today they are reduced to a few hundred whose decline proceeds at such rate that, based on what I have observed in twenty years in this parts, I estimate that within ten or fifteen years if it continues this way very few Inians de la nation des Pima will remain.

    — Juan Bautista de Anza,
    transcrit de l'espagnol par John L. Kessell[21].

    « Le pire dans tout ça est que dans ces deux zones quoiqu'il y eût habituellement des milliers d'indigènes, ils sont réduits aujourd'hui à quelques centaines et que le déclin de leur nombre va à une telle allure que, selon ce que j'y ai observé depuis vingt ans, j'estime que dans dix ou quinze ans, si les choses continuent ainsi, il ne restera que quelques Indiens de la nation des Pimas. »

  7. Il existe des exceptions dont toutes n'ont peut-être pas fait l'objet d'études détaillées. Elle a été identifiée dans le Yucatán où encore que la nixtamalisation est traditionnellement pratiquée, l'excès de lavages répétés du maïs lui font perdre plus de 30 % des protéines qu'il contient[23].
  8. Ramona raconte la vie d'une héroïne imaginaire, mi-écossaise et mi-autochtone qui vit dans la rancheria de la famille Moreno, dans le Comté de Ventura. Elle tombe amoureuse d'Allesandro, un berger autochtone, mais sa famille s'oppose à son mariage, et le couple prend la fuite, vit un certain nombre de péripéties jusqu'à ce qu'un Américain tue Allesandro. Ramona revient à la rancheria où elle épouse le fils des Moreno. Ils doivent à leur tour s'exiler au Mexique à cause des empiétements d'Américains sur leurs biens.
  9. « California - beginnings » a été constamment réédité depuis.
  10. Listes des volumes de la série « Mission tales[26]»
    1. The miracle ship (Mission San Diego).
    2. Juan of Carmel (Mission San Carlos).
    3. The bear hunter (Mission San Antonio).
    4. The artist of San Gabriel (Mission San Gabriel).
    5. The tilemaker (Mission San Luis Obispo).
    6. Chamis and Lilote (Mission San Francisco de Asís)
    7. The two-tailed comet (Mission San Juan Capistrano).
    8. Little lost girl (Mission Santa Clara).
    9. The gardener of San Buenaventura (Mission San Buenaventura).
    10. The lone woman of San Nicolás (Mission Santa Barbara).
    11. The anger of Chupu (Mission Purisima).
    12. Miguel and the pirates (Mission Santa Cruz).
    13. Clementes̓ Christmas (Mission Soledad).
    14. The music-maker (Mission San José).
    15. The magic barrel organ (Mission San Juan Bautista).
    16. The wishing chair (Mission San Miguel).
    17. A gift for the padre (Mission San Fernando Rey).
    18. Father Peyris̓ shadows (Mission San Luis Rey).
    19. Pasquala of Santa Inés (Mission Santa Inés).
    20. The warrior of San Rafael (Mission San Rafael).
    21. Big Chief Solano (Mission San Francisco Solano).

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