Floc de Gascogne
| Floc de Gascogne | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1990 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Sud-Ouest |
| Sous-région(s) | piémont pyrénéen (Armagnac) |
| Localisation | Gers, Landes et Lot-et-Garonne |
| Saison | hivers doux et humides, étés chauds et orageux |
| Climat | océanique dégradé à tendance méditerranéenne |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 942 heures (à Mont-de-Marsan) |
| Superficie plantée | 66 hectares (en 2024)[1] |
| Cépages dominants | colombard B[2], ugni blanc B, gros manseng B, cabernet franc N, cabernet sauvignon N et merlot N |
| Vins produits | vins de liqueur 55 % rosés et 45 % blancs |
| Production | 3 572 hectolitres (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 3 300 ceps/ha[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 55 hl/ha en rosé et 51 en blanc (en 2024)[1] |
| Site web | floc-de-gascogne.fr |
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Un floc de Gascogne est un vin de liqueur élaboré par mélange de moût de raisin et d'armagnac jeune. Hérité d'une recette du XVIe siècle, il est reconnu depuis 1990[4] comme appellation d'origine contrôlée et produit sur une vaste partie des départements du Gers, des Landes et de Lot-et-Garonne.
Le floc de Gascogne est à la Gascogne, ce que le ratafia est à la Champagne, le pineau est aux Charentes, le pommeau est à la Normandie et le macvin est au Jura.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le terme « floc » est apparu dans les années 1950[5]. Il tient son nom de flòc (« bouquet de fleurs » en gascon) et de Gascogne, nom de l'ancienne province du Sud-Ouest de la France d'où il est originaire. Il provient d'une ancienne recette paysanne (2/3 de jus de raisin, 1/3 d'armagnac, pour 16 à 18 % d'alcool) réservée à la consommation familiale.
Le floc de Gascogne est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du [6] et une appellation d'origine protégée (AOP) de l'Union européenne, avec à chaque fois deux dénominations : « floc de Gascogne blanc »[7] et « floc de Gascogne rosé »[8]. Le cahier des charges de l'appellation est modifié en [3], puis en [9].
Vignoble
[modifier | modifier le code]Aire d'appellation
[modifier | modifier le code]| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |
Le vignoble de 780 hectares s'étale sur trois départements : le Gers (80 %), les Landes et le Lot-et-Garonne, entre les fleuves Adour et Garonne. Le floc de Gascogne peut être produit sur l'ensemble de l'aire d'appellation de l'armagnac (que se soient les dénominations Bas-Armagnac, Ténarèze ou Haut-Armagnac).
L'aire d'appellation du floc de Gascogne concerne les communes suivantes (selon le décret de 2011) :
- département du Gers : Aignan, Antras, Arblade-le-Bas, Arblade-le-Haut, Armentieux, Armous-et-Cau, Auch, Augnax, Aurensan, Auterive, Avéron-Bergelle, Ayguetinte, Ayzieu, Barcelonne-du-Gers, Barran, Bascous, Bassoues, Bazian, Beaucaire, Beaumarchés, Beaumont, Belmont, Béraut, Bernède, Berrac, Bétous, Bezolles, Biran, Blaziert, Bonas, Boucagnères, Bourrouillan, Bouzon-Gellenave, Bretagne-d'Armagnac, Le Brouilh-Monbert, Brugnens, Cahuzac-sur-Adour, Caillavet, Callian, Campagne-d'Armagnac, Cannet, Cassaigne, Castelnau-d'Anglès, Castelnau-d'Arbieu, Castelnau-d'Auzan, Castelnau-sur-l'Auvignon, Castelnavet, Castéra-Lectourois, Castéra-Verduzan, Castex-d'Armagnac, Castillon-Debats, Castillon-Massas, Castin, Caumont, Caupenne-d'Armagnac, Caussens, Cazaubon, Cazaux-d'Anglès, Cazeneuve, Céran, Cézan, Condom, Corneillan, Couloumé-Mondebat, Courrensan, Courties, Crastes, Cravencères, Dému, Duran, Durban, Eauze, Espas, Estang, Fleurance, Fourcès, Fustérouau, Galiax, Gavarret-sur-Aulouste, Gazaupouy, Gazax-et-Baccarisse, Gée-Rivière, Gondrin, Goutz, Goux, Haulies, Le Houga, L'Isle-de-Noé, Izotges, Jegun, Jû-Belloc, Juillac, Justian, Labarrère, Labarthète, Labéjan, Ladevèze-Rivière, Ladevèze-Ville, Lagarde, Lagardère, Lagraulet-du-Gers, Lahitte, Lalanne, Lamazère, Lamothe-Goas, Lannemaignan, Lannepax, Lanne-Soubiran, Lannux, Larée, Larressingle, Larroque-Engalin, Larroque-Saint-Sernin, Larroque-sur-l'Osse, Lasserade, Lasséran, Lasseube-Propre, Laujuzan, Lauraët, Lavardens, Leboulin, Lectoure, Lelin-Lapujolle, Lias-d'Armagnac, Ligardes, Loubédat, Loubersan, Louslitges, Loussous-Débat, Lupiac, Luppé-Violles, Magnan, Maignaut-Tauzia, Manciet, Mansencôme, Marambat, Marciac, Margouët-Meymes, Marguestau, Marsolan, Mascaras, Mas-d'Auvignon, Mauléon-d'Armagnac, Maulichères, Maumusson-Laguian, Maupas, Mérens, Miramont-d'Astarac, Miramont-Latour, Mirannes, Mirepoix, Monclar, Monguilhem, Monlezun-d'Armagnac, Montaut-les-Créneaux, Montégut, Montesquiou, Montestruc-sur-Gers, Montréal, Mormès, Mouchan, Mourède, Nogaro, Nougaroulet, Noulens, Orbessan, Ordan-Larroque, Ornézan, Panjas, Pauilhac, Pavie, Perchède, Pergain-Taillac, Pessan, Peyrusse-Grande, Peyrusse-Massas, Peyrusse-Vieille, Pis, Plaisance, Pouydraguin, Pouy-Roquelaure, Préchac, Préchac-sur-Adour, Preignan, Préneron, Projan, Puycasquier, Puységur, Ramouzens, Réans, Rejaumont, Riguepeu, Riscle, La Romieu, Roquebrune, Roquefort, Roquelaure, Roquepine, Roques, Rozès, Sabazan, Saint-Arailles, Saint-Aunix-Lengros, Saint-Avit-Frandat, Saint-Germé, Saint-Griède, Saint-Jean-le-Comtal, Saint-Jean-Poutge, Saint-Lary, Saint-Martin-d'Armagnac, Saint-Martin-de-Goyne, Saint-Mézard, Saint-Mont, Saint-Orens-Pouy-Petit, Saint-Paul-de-Baïse, Saint-Pierre-d'Aubézies, Saint-Puy, Sainte-Christie, Sainte-Christie-d'Armagnac, Sainte-Radegonde, Tudelle, Salles-d'Armagnac, Sansan, Sarragachies, La Sauvetat, Scieurac-et-Flourès, Séailles, Ségos, Sion, Sorbets, Tarsac, Tasque, Termes-d'Armagnac, Terraube, Tieste-Uragnoux, Toujouse, Tourdun, Tourrenquets, Urdens, Urgosse, Valence-sur-Baïse, Vergoignan, Verlus, Vic-Fezensac et Viella ;
- département des Landes : Aire-sur-l'Adour (partie rive droite de l'Adour), Arthez-d'Armagnac, Betbezer-d'Armagnac, Bourdalat, Castandet, Cazères-sur-l'Adour, Créon-d'Armagnac, Escalans, Le Frêche, Gabarret, Hontanx, Labastide-d'Armagnac, Lacquy (partie à l'est de la route Bordeaux-Pau), Lagrange, Lussagnet, Mauvezin-d'Armagnac, Montégut, Parleboscq, Perquie, Saint-Gein, Saint-Julien-d'Armagnac, Saint-Justin, Sainte-Foy (partie à l'est de la route Bordeaux-Pau), Le Vignau et Villeneuve-de-Marsan (partie à l'est de la route Bordeaux-Pau) ;
- département de Lot-et-Garonne : Andiran, Calignac (parcelles D. 224p, D. 225p, D. 226 et D. 228), Fieux, Francescas, Fréchou, Gueyze, Lannes, Lasserre, Lavardac (partie comprise entre la Gélise et la Baïse), Meylan, Mézin, Moncrabeau, Nérac, Poudenas, Réaup-Lisse, Saint-Pé-Saint-Simon, Sainte-Maure-de-Peyriac, Sos et Villeneuve-de-Mézin[3].
Géologie
[modifier | modifier le code]Au Miocène moyen, il y a entre 11 et 16 millions d’années, l’océan Atlantique envahissait le Bassin aquitain, et notamment le Bas-Armagnac. Les dépôts marins du Miocène moyen sont regroupés sous le terme général de « sables fauves ». Les dépôts continentaux, eux, sont représentés par un ensemble de terrains molassiques contenant de nombreux restes d’espèces terrestres.
L'Armagnac noir (ou Bas-Armagnac) présente des sols argilo-siliceux sur sables fauves et de boulbène (argile dure chargée de concrétions, appelée aussi terrebouc), qui donne les eaux-de-vie les plus élégantes et les plus finement bouquetées, avec notamment des nuances de pruneau.
En Ténarèze on trouve principalement des sols argilo-calcaires, donnant aux eaux-de-vie leur aptitude au vieillissement et un arôme caractéristique de violette.
Climatologie
[modifier | modifier le code]Ce terroir viticole possède un climat de type océanique aquitain dégradé, caractérisé par des hivers doux et humides, ainsi que des étés chauds, souvent orageux.
Encépagement
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Les flocs de Gascogne blancs sont produits avec, comme cépages principaux (au moins 70 %), le colombard B, le gros manseng B et l'ugni blanc B, complétés avec les cépages accessoires que sont le baroque B, la folle-blanche B, le mauzac B, le petit manseng B, le sauvignon B, le sauvignon gris G et le sémillon B.
Les flocs de Gascogne rosés peuvent être fabriqués avec du cabernet franc N, du cabernet sauvignon N, du côt N, du fer servadou N, du merlot N et du tannat N (de dernier limité à un maximum de 50 %)[3].
Vins
[modifier | modifier le code]Volumes
[modifier | modifier le code]Les données de production déclarées auprès du service des Douanes sont les suivantes[1] :
| Année | floc de Gascogne rosé | floc de Gascogne blanc | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2020 | 30,3 | 1 807 | 60 | 21,7 | 1 094 | 50 |
| 2021 | 27,6 | 1 181 | 43 | 27,6 | 1 380 | 50 |
| 2022 | 37,9 | 2 055 | 54 | 36,9 | 1 825 | 49 |
| 2023 | 46,7 | 1 998 | 43 | 39,1 | 1 909 | 49 |
| 2024 | 35,5 | 1 971 | 55 | 31,3 | 1 601 | 51 |
Élaboration
[modifier | modifier le code]Le floc de Gascogne se trouve sous deux couleurs : le blanc et le rosé (plus communément appelé rouge). C'est un mariage entre deux tiers de jus de raisin et un tiers d'armagnac. Le floc de Gascogne blanc est élaboré à partir de jus de raisin issu d'une légère pressée. Le floc de Gascogne rosé est obtenu par éraflage, foulage et extraction des substances colorées (couleur rouge du floc de Gascogne).
La suite de l'élaboration est identique aux deux couleurs de floc : le moût est alors additionné d'armagnac (deux tiers de moût et un tiers d'armagnac), le tout à l'abri de l'air. Après brassage on laisse reposer le floc de Gascogne jusqu'à la fin de l'hiver, puis les opérations de soutirage, collage, filtration et stabilisation seront effectuées par un œnologue. Le floc de Gascogne est ensuite conservé un minimum de dix mois dans un chai, puis conditionné en bouteilles et soumis à une commission d'agrément.
Cet agrément a été mis en place par les producteurs de floc de Gascogne en 1990, lorsque l'appellation d'origine contrôlée a été obtenue.
Dégustation
[modifier | modifier le code]Le floc de Gascogne se boit jeune ; c’est dans ses premières années qu’il va exprimer le plus intensément des arômes de fruits rouges, de fleurs, d'écorces d'oranges, d'épices ou de violette libéré par l'armagnac. Il se déguste très frais (5-7 °C) et peut se garder jusqu’à trois mois au réfrigérateur après ouverture[10]. La dégustation se décompose en trois étapes.

D'abord, il y a un examen visuel où l'on contrôle la couleur, l'intensité colorante, la limpidité et les larmes. Pour un floc de Gascogne blanc, le nuancier ira du jaune vert pour les vins (ou parfois les cépages) jeunes jusqu'au jaune or pour les vins plus évolués. L'assemblage de plusieurs cépages étant obligatoire en floc de Gascogne blanc, le choix de ces cépages est déterminant pour la couleur. Par exemple, le vin élaboré avec beaucoup de colombard sera plus clair que si on utilise du gros manseng tandis que l'ugni blanc est clair au départ mais évolue très vite vers le brun. L'intensité colorante, quant à elle, est indépendante de l'âge du floc de Gascogne rosé. Elle est seulement liée au cépage, au terroir, à la durée de macération donc essentiellement au choix de l'œnologue. Les larmes sont généralement grasses et généreuses, mais parfois plus fines, elles peuvent parfois annoncer un vin plus léger en bouche.
Ensuite l'examen olfactif (= nez) porte sur les arômes du vin. Jeunes, les floc de Gascogne portent plutôt sur des arômes floraux issus de l'armagnac. Après maturation, le floral va laisser sa place au fruité du jus de raisin. Pour le rouge, les principaux arômes présents sont des arômes de fruits rouges tels que le cassis, la framboise, la mûre, la fraise, etc. Pour le blanc, les principaux arômes présents sont des arômes de violette, prune, poire, litchis, coings, miel, etc.
Enfin se déroule l'examen gustatif (= bouche). En bouche, le floc de Gascogne est un produit à équilibre sucré : on ne retrouve pas ou peu d'acidité, d'astringence ou d'amertume. C'est pourquoi, le floc de Gascogne est servi à une température très basse qui rééquilibre ces perceptions et évite la lourdeur et le côté trop chaleureux.
Gastronomie
[modifier | modifier le code]Le floc se déguste à l'apéritif, frais et sans glace. La température optimale de dégustation est de 6 °C.
En entrée, il peut être servi dans un demi-melon ; avec du foie gras. Enfin, il peut accompagner un dessert, étant lui-même sucré.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Le code international d'écriture des cépages mentionne la couleur du raisin de la manière suivante : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
- « Décret n° 2009-1132 du 18 septembre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Pineau des Charentes » et « Floc de Gascogne » », publié au JORF no 0218 du .
- ↑ « Le floc de Gascogne AOC depuis 1990 », Sud Ouest, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le Comité Interprofessionnel du Floc de Gascogne », sur floc-de-gascogne.fr (consulté le ).
- ↑ « Décret du 27 novembre 1990 définissant les conditions de production des vins de liqueur à appellation d'origine contrôlée « Floc de Gascogne » », publié au JORF no 289 du .
- ↑ Fiche « floc de Gascogne blanc » sur le site de l'INAO
- ↑ Fiche « floc de Gascogne rosé » sur le site de l'INAO
- ↑ « Décret n° 2011-1620 du 23 novembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Floc de Gascogne » », publié au JORF no 0272 du .
- ↑ Floc de gascogne : conseils de degustation
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
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