Melon (plante)

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Cucumis melo

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Le Melon (Cucumis melo) est une plante herbacée annuelle originaire d'Afrique intertropicale, appartenant à la famille des Cucurbitacées et largement cultivée comme plante potagère pour son faux-fruit comestible. Le terme désigne aussi le fruit climactérique lui-même très savoureux, sucré et parfumé.

À ne pas confondre avec le « melon d'eau » (pastèque), mais cette expression désigne aussi certaines variétés de melons à chair blanche.

Botanique[modifier | modifier le code]

Classification[modifier | modifier le code]

Nom scientifique : Cucumis melo L. subsp. melo, famille des Cucurbitacées, sous-famille des Cucurbitoideae, tribu des Melothrieae, sous-tribu des Cucumerinae.

Le melon cultivé appartient à la sous-espèce Cucumis melo L. subsp. melo dont le faux-fruit est très polymorphe. Le fruit sauvage d'origine ne dépassait pas 30 à 50 g mais il a servi de base à la définition de très nombreuses variétés[1]. Celles-ci sont diversement rassemblées selon les auteurs en groupes, dont les plus importants sont :

  • Parmi les melons consommés comme fruits (récoltés à maturité) :
    • le groupe cantalupensis, melon cantaloup (ou melon musqué) à durée de conservation brève ;
    • le groupe reticulatus, melon brodé, à durée de conservation moyenne ;
    • le groupe inodorus, melon d'hiver, à durée de conservation longue.
  • Parmi les melons consommés comme légumes (récoltés avant maturité) :
    • le groupe flexuosus, melon serpent (en) ;
    • le groupe momordica, melon phut (Inde).

Il existe un melon sauvage appelé localement « melon tsamma », présent dans le désert du Kalahari (voir aussi le Parc transfrontalier de Kgalagadi), qui avec les concombres sauvages est la seule source d'eau de la région pendant la période de sécheresse annuelle[2].

Le terme « melon » est issu vers 1256 du bas latin melonem, accusatif de melo, « fruit d'une cucurbitacée ». Ce terme est l'abréviation du latin classique melopepo emprunt au grec mêlopepôn, de mêlon, « fruit, pomme ou coing » (mot méditerranéen qui s'est substitué au nom européen de la pomme qui se dit malum en latin)[3].

Description[modifier | modifier le code]

Feuille, vrille et fleur du melon.

Le melon est une plante herbacée annuelle à longues tiges sympodiales (pouvant atteindre 3 m) munies de vrilles simples (non ramifiées), rampantes ou grimpantes selon les variétés. La racine-pivot se ramifie en de nombreuses racines secondaires et tertiaires superficielles[4].

Les feuilles simples, alternes, à pétioles mais sans stipules, sont généralement entières. Elles sont faiblement palmatilobées (généralement 5-7 lobes), ont un limbe orbiculaire ou ovale à réniforme[4].

Les plantes sont monoïques (elles portent à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles) ou andromonoïques (elles portent des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites). La corolle jaune des fleurs est campanulée avec des pétales presque orbiculaires. L'inflorescence mâle est en fascicules de 2-4 fleurs et apparaît la première sur les 5e-12e nœud des rameaux primaires. Les fleurs femelles ou hermaphrodites sont solitaires, à corolle ovoïde et à ovaire infère. Elles apparaissent sur les rameaux tertiaires formés à partir du 14e nœud sur les rameaux primaires. Les fleurs ne s'ouvrent qu'une seule journée et sont à pollinisation principalement entomophile[5].

Le fruit est une fausse baie généralement volumineuse qui se développe selon une sigmoïde. De forme ovale ou ronde, il porte sur sa peau des divisions nettement dessinées. Sa peau est plus ou moins lisse, ou bosselée, côtelée, brodée ou galeuse, sa couleur varie de tous les tons du vert au jaune en passant par le blanc. La pulpe de couleur jaune à orangé est très juteuse et très parfumée à maturité. La cavité centrale, fibreuse, renferme de nombreux pépins, graines ellipsoïdes comprimées.

Culture[modifier | modifier le code]

Le melon est une plante allogame qui se cultive aussi bien pour ses graines (consommées grillées ou utilisées pour leur huile comestible) que pour son légume-fruit, doux ou non doux (cas du melon serpent) qui s'emploie cru, cuit ou confit). Le semis en place ou en pots (les racines des cucurbitacées sont assez fragiles, rendant la transplantation à racines nues difficile) de deux ou trois graines, afin de sélectionner le meilleur plant, se fait tous les mètres car le melon a tendance à s'étaler. Il apprécie un emplacement chaud, ensoleillé et un sol riche (type fumier). En l'absence de fumier et pour faciliter le développement, on pourra apporter un engrais riche en potassium (la 3e lettre de la formule standard NPK). Le melon est particulièrement sensible à la carence en calcium et la culture en serre à haut rendement, qui provoque chez le fruit une vitrescence ou un cœur aqueux[6].

Pincer au-dessus des deux premières vraies feuilles. Puis, sur les deux tiges ainsi formées, repincer au-dessus de la 4e feuille. Pincer ensuite à trois feuilles après chaque melon. Ne conserver que trois à quatre fruits maximum par plant. Veiller également à supprimer les feuilles masquant les fruits.

Lorsque le melon commence à faire une certaine taille, on peut le poser sur une tuile ou un tapis de gravier pour le protéger de l'humidité du sol et de façon que ce support lui apporte un maximum de chaleur propice à la maturation du fruit.

Le melon est mûr lorsque ses feuilles et son écorce commencent à jaunir et sa peau et son pédoncule à craqueler.

Il y a quatre facteurs qui jouent sur la qualité d'un melon : variété, ensoleillement, irrigation et maturité du fruit le jour de la récolte. Important : il faut récolter le melon après une bonne période d'ensoleillement et plutôt le soir que le matin (le matin, les sucres sont plus bas avec l'utilisation du sucre de la plante comme aliment pendant la nuit où la plante respire sans photosynthèse).

Le taux de sucre minimal pour être commercialisable est de 10 sur l'échelle de brix. En dessous de 9, c'est une courge.

Dans certains cas, le melon est greffé[7]. Le greffage en culture de melon a pour objectif de protéger les cultures contre certains agents pathogènes : • Verticillium dalhiaePhomopsis sclerotioidesFusarium oxysporum f. sp. melonis. Le greffage permet également de cultiver en conditions limites de sol (température basse, salinité élevée, etc.), défavorables à la culture du melon. Enfin, dans certaines conditions, le greffage permet d’augmenter la productivité des plantes, voire la qualité des fruits.

Maladies[modifier | modifier le code]

Le melon est sensible à l'oïdium. Il a besoin d'un apport en eau régulier mais un arrosage à la base en évitant de mouiller les feuilles et un bon paillage limitent l'infection par l'oïdium.

Il peut être sujet à la coulure et à la vitrescence.

Il est également sensible au Fusarium oxysporum, au mildiou et au virus mosaïque du concombre, de la pastèque et de la courgette, tous trois transmis par le même puceron (Aphis gossypii)[8].

Variétés cultivées[modifier | modifier le code]

Melon brodé
Melon cantaloup.
Melon Honeydew : à maturité, la couleur dominante de l'écorce est blanche, le couleur secondaire est répartie en de fines ponctuations vert clair.

En 2015, plus de 960 variétés de melons sont inscrites au catalogue européen des espèces et variétés cultivées.

Il existe plusieurs types de melon se distinguant par leur forme (ronde, ovoïde, elliptique), couleur (blanche, jaune crème, verte, ocre…), aspect de la surface (sillons[9], broderies[10], plis), par la présence ou non d'un pédoncule déhiscent :

  • Melon brodé (Cucumis melo reticulatus) : forme ronde, écorce liégeuse en relief, chair orangée. Sa peau épaisse avec du relief le caractérise.
  • Melon cantaloup : chair orangée, forme ronde, écorce lisse. Originaire d'Asie mineure et introduit en Italie à la Renaissance puis largement cultivé en France (Charentes, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Gers, Vaucluse et Bouches-du-Rhône) à partir du XVIe siècle. Le fruit est rond, l'écorce lisse ou « écrite » (c'est-à-dire présentant une formation liégeuse de faible intensité) vert clair, jaunissant légèrement à maturité, avec des lignes de suture (sillons) plus foncées, il pèse environ 1 kg. La chair est orangée, sucrée, juteuse et très parfumée. La maturation est climactérique. Les variétés anciennes sont à faible durée de conservation alors que certaines variétés récentes ont une plus longue durée de conservation.
  • Melon Galia : forme ronde, peau brun orangé, chair émeraude.
  • Melon hami
  • Melon Sucrin
  • Melon inodore (Cucumis melo inodorus), caractérisé par une peau lisse et inodore.
  • Melon d'Espagne
  • Melon Honeydew : Aussi appelé melon miel. Le fruit est rond, l'écorce est lisse, blanc gris. Il pèse 2 kg. La chair est verdâtre (parfois orangée dans certaines variétés récentes). Ce type à maturation non climactérique produit un fruit de bonne conservation. Il est cultivé aux États-Unis, en Amérique, en Australie et en Asie. Il dérive de l'ancienne variété « Blanc d'Antibes d'hiver ».
  • Melon Ogen
  • Melon Piel de sapo (« peau de crapaud » en espagnol). Le fruit est ovale, l'écorce verte mouchetée de jaune avec des taches vert foncé. La chair est blanc verdâtre, sucrée, juteuse, peu aromatique. La maturation est non climactérique. C'est le type le plus cultivé en Espagne et en Turquie (sous le nom de Kirkagac).

Certaines variétés aromatiques et à faible durée de conservation sont climactériques et d'autres peu aromatiques mais de longue conservation ne le sont pas.

En France

En 2014, plus de 265 variétés sont inscrites au Catalogue officiel, dont 15 sur la liste SVI (anciennes variétés destinées aux amateurs)

Quatre types variétaux sont principalement cultivés : le « cantaloup charentais », le « charentais brodé » , le « vert olive » (écorce vert olive, forme ovale) et le « galia » .

La grande majorité des ces variétés sont hybrides afin de les rendre plus vigoureuses et plus résistantes aux maladies mais quelques variétés non hybrides sont encore produites telles que : Boule d'or, Charentais, Cristel, De Cavaillon espagnol à chair rose, Jaune canari, Petit-gris de Rennes, Santon, Védrantais, Vert olive d'hiver,...

Appellations locales[modifier | modifier le code]

Voatango est un vocable malgache qui désigne le melon cultivé à Madagascar. Il est odorant mais sa chair est blanche et fade.

En France, trois productions bénéficient d'une IGP (indication géographique protégée), les melons du Haut-Poitou, ceux du Quercy et, depuis 2012, le melon de Guadeloupe[11].

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

La production mondiale de melons s'élève à 28,3 millions de tonnes[12].

Les principaux pays producteurs sont la Chine (qui produit à elle seule plus de 50 % de la production mondiale soit 15,1 millions de tonnes), la Turquie et l'Iran (1,2 million de tonnes chacun), l'Espagne, les États-Unis, la Roumanie, l'Égypte et l'Inde.

Le rendement moyen est de 211 quintaux par hectare, mais il atteint 333 q/ha aux Pays-Bas (cultures en serres) et 346 aux Émirats arabes unis, pays toutefois de faible production.

En Europe, les principaux producteurs sont l'Espagne (un million de tonnes), l'Italie (580 000 t), puis la France.

La France en produit environ 300 000 tonnes (13e rang mondial, rendement moyen 192 q/ha), mais n'est pas autosuffisante. Elle en importe 90 000 tonnes par an principalement en provenance d'Espagne, du Maroc et d'Israël.

Au Japon, à Yūbari, lors de ventes aux enchères, le prix de vente des melons peut varier de 30 euros à plusieurs milliers d'euros[13]la paire.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Melon associé au jambon de Parme

Les fruits mûrs se mangent crus, soit en entrée, soit en dessert. On peut aussi les cuire pour en faire des compotes et des confitures.

Un bon melon doit être lourd (signe qu'il est gorgé de sucre : le taux de sucre doit dépasser 10 degrés Brix pour être commercialisé, en dessous il est classifié comme courge), exhaler une odeur typée (le humer du côté de l'auréole) qui est signe de maturité. Trop forte, cette odeur est signe de surmaturité. Au toucher, son écorce doit être souple mais pas molle. Dans le cas du melon de Cavaillon la présence d'une craquelure voire d'un détachement du pécou (pédoncule déhiscent qui se caractérise par un anneau translucide autour de la queue, son décollement ou son détachement, par le phénomène d’abscission, qui laisse une cicatrice pédonculaire caractéristique[14]), est un signe de maturité, mais cela ne concerne pas tous les types de melons. Un bon melon lisse ou brodé doit avoir des tranches bien marquées par un trait vert bleuté. La plupart des melons commercialisés en France ont un taux de sucre garanti, grâce notamment à la mesure de leur indice réfractométrique . Le melon se conserve mieux dans un placard ou une cave fraîche qu'au réfrigérateur.

Pour certains gastronomes, la présence d'une petite aréole à la base du fruit, est un signe de qualité, indiquant un melon « femelle ». La largeur de l'aréole est selon une légende en rapport avec l'érotisation de ce légume, un indicateur selon lequel il serait meilleur et bien plein[15]. En réalité, il s'agit seulement d'un indicateur concernant la variété. À noter que les recherches du CNRS publiées en 2008, ont trouvé un gène qui contrôle le sexe chez le melon. La majorité des variétés ont une andromonoécie, et possèdent des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites (avec les organes des deux sexes) sur un même plant. Le gène CmACS-7 a permis cette mutation du melon qui lui donne son andromonoécie. Ce gène provoque l'arrêt de la synthèse de l'éthylène ce qui a pour conséquence le développement des deux organes, de fleurs hermaphrodites qui se suffisent à elles-mêmes (pas d'insectes) pour produire des fruits.

Le melon est un thème iconographique fréquent et ambivalent dans les natures mortes : associé aux oignons et concombres, il symbolise le désir et la convoitise. En raison de ses nombreux pépins, il symbolise également la fécondité, d'opulence. Sa capacité de régénération peut être une allégorie de la force aveugle et incontrôlable. Inversement, la pourriture rapide du fruit peut symboliser la fragilité des biens terrestres[16].

Apport nutritionnel[modifier | modifier le code]

En général, le melon ne dépasse pas les 40 kilocalories (Kcal) aux 100 grammes[17]

  • Le melon cantaloup est une bonne source de potassium, de vitamine A et d'acide folique. Il est également riche en bêta-carotène et en vitamine C.
    Le potassium est utile dans la prévention des calculs rénaux. Le cantaloup est en général un bon laxatif grâce à ses fibres.
  • Le melon Honeydew est réputé contenir peu de nutriments et de modestes quantités de potassium et de vitamine A.
    Sa teneur en vitamine varie selon le type de cultivar, la taille du fruit, et surtout le type de sol de culture. Une étude[18] portant sur les teneurs en acide ascorbique total (AAT), en acide ascorbique (AA), et en Acide déshydroascorbique (DAA), ainsi qu'en acide folique (AF) et potassium (K) a été déterminée à pleine maturité dans les fruits de taille commerciale (tailles standardisées 4 à 9) pour 3 cultivars commerciaux ; Mega Brew, Morning Ice and TAM Dew Improved (TDI) à partir d'échantillons provenant de cultures de ces variétés et d'hybrides TDI × Green Ice sur deux types de sols (argileux et sableux). Le taux d'acide ascorbique total a augmenté avec la taille des fruits, jusqu'à un maximum (taille 6 ou 5), avant de diminuer quand le fruit était plus gros[18]. L'acide ascorbique total et le contenu en acide folique étaient peu liés à la taille, mais plus élevés dans les fruits venant de sols argileux (par rapport au substrat sableux). L'hybride expérimental était plus riche en AAT et significativement plus en AF indépendamment de la taille de fruits ou de type de sol[18]. L'acide ascorbique libre et le taux de DAA étaient généralement plus élevés à partir de fruits cultivés sur sol argileux que sableux mais le contenu en AA a été élevé dans de petits fruits et restait stable avec l'augmentation de la taille des fruits jusqu'à la taille 6 ou 5, avant de diminuer, tandis que le contenu DAA augmentait linéairement avec une augmentation de la taille des fruits.
    La teneur en potassium (1,7 mg/g de poids frais en moyenne) n'était pas affectée par la taille des fruits, du type de sol ou l'époque)[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

Nature morte au melon, Claude Monet (ca 1872)

La région d'origine du melon n'est pas connue, mais il provient probablement d'Afrique intertropicale de l'Est où existent encore des variétés sauvages[19]. Ce qui est attesté, c'est qu'il est domestiqué en Égypte 2700 ans avant notre ère et cultivé en Mésopotamie 2000 ans avant notre ère. 5 siècles av. J.-C., sa production du delta du Nil est renommée. De là, sa production passe en Grèce, puis en Italie au Ier siècle ap. J.-C.. Les Grecs désignent divers cucurbitacées à chair douce par le nom « pepon » (de peptein, « cuire », d'où le sens littéral « cuit par le soleil » - le soleil est sous entendu, « mûr »). De là découle « mêlopepôn » en grec (littéralement pomme-courge cuite au soleil, de « melo » qui veut dire pomme, et « pepon ») et donc « melopepo » en latin, abrégé en « pepo » qui désigne ce concombre mûri par le soleil. Le nom français dérive donc plus du mot qui désigne la pomme en grec, « melon »[20].

Il fait partie des plantes potagères énumérées dans le capitulaire De Villis par Charlemagne au début du IXe siècle et reste connu au XIIIe siècle grâce aux écrits des botanistes et savants arabes. En 1495, le roi Charles VIII de France, de retour des guerres d'Italie, le réintroduit en France. Cependant, les variétés d'alors cultivées, ovoïdes et aqueuses, étaient peu sucrées et consommées en salades.

Au siècle suivant, des moines ramènent à Rome depuis l'Arménie turque, une variété ronde à chair orangée et savoureuse, qui est cultivée dans les jardins de la résidence d'été des papes à Cantalupo (en), aux environs de Rome. Cette variété prend le nom en France de « Cantaloup » et dès le XVIe siècle sa culture se propage en Provence, dans la vallée du Rhône, dans le Languedoc, puis rejoint le Val de Loire, l'Anjou et la Touraine[21]. De là, il approvisionne la Cour et les marchés de Paris. Ce n'est que plus tard qu'il se propage en Charente, où par sélection, les célèbres « cantaloups charentais », puis le « charentais brodé », seront créés bien plus tard.

Ce légume est alors un mets aussi bien apprécié pour son goût que décrié pour les désagréments intestinaux qu'une consommation excessive procure. Au XVIe siècle, l'humaniste Jean La Bruyère-Champier accuse les melons d'engendrer le pire des sucs et de causer le choléra. Au XVIIe siècle, le médecin romain Dominique Panaroli parle du fruit comme une « humeur putride de la terre ». Jacques Pons, conseiller et médecin du roi Henri IV, est le premier à écrire un traité dessus[22]. À la fin de ce siècle, sept variétés de melon sont cultivées en France, la plupart dans le potager de Versailles à la demande de Louis XIV qui en est friand[23].

Au XVIIIe siècle, les melons modernes (ronds et musqués) sont connus en Europe de l'Ouest. La marquise de Sévigné en villégiature à Grignan en devient friande et Voltaire les décrit comme une « outre de jus, un boulet de lumière, un chef d'œuvre de l'été ».

Alexandre Dumas qui apprécie les melons et en particulier ceux de Cavaillon demande, en échange du don de la totalité de son œuvre publiée (près de 400 volumes) qu'il fait en 1864 à la bibliothèque de la ville, une rente viagère de 12 melons par an. Ce que le conseil municipal accepte et lui sert jusqu'à sa mort en 1870. C'est ainsi qu'est créée la confrérie des Chevaliers du melon de Cavaillon[24].

Galerie[modifier | modifier le code]

Usages du mot[modifier | modifier le code]

Le mot melon a, par métonymie, plusieurs usages dérivés.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 3e jour du mois de Thermidor est dénommé jour du Melon[25].

Au deuxième dimanche d'août chaque année a lieu le jour du melon (en) au Turkménistan dont le légume est une des spécialités[26].

Idiotisme[modifier | modifier le code]

En français, l'expression « avoir le melon » signifie « avoir la grosse tête »[27].

Couleur[modifier | modifier le code]

On trouve dans certains nuanciers un nom de couleur melon, qui se réfère à la couleur jaune ou orangée de la chair du fruit.

Le nuancier RAL indique RAL 1028 jaune melon[28].

Dans les nuanciers commerciaux on trouve 3824 melon[29].

La couleur de la chair du melon est en fait assez variable, et a fait, comme ses autres caractéristiques, l'objet d'études[30].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Delahaye et Pascal Vin, Le melon et la pastèque, illustrations de Fabien Seignobos, Collection Chroniques du potager, éditions Actes Sud, Arles, 2002 (ISBN 2-7427-3476-7)
  • Cl. Chaux et Cl. Foury, Productions légumières, tome 3, légumineuses potagères, légumes fruits, chap. 7 Melon, Collection Agriculture d'aujourd'hui, éditions Lavoisier Tec & Doc, Paris, 1994 (ISBN 2-85206-975-X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées" de Claire Doré, Fabrice Varoquaux - 840 pages - Éditions Quae, 2006 - (ISBN 978-2-7380-1215-9)
  2. Parc de Khal-agadi, pas si désert, article dans Science & Vie n° 1130, novembre 2011, pp. 18-21.
  3. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert,‎ 1999, p. 2197
  4. a et b G. J. H. Grubben, Légumes, PROTA,‎ 2004, p. 273
  5. G. J. H. Grubben, Légumes, PROTA,‎ 2004, p. 274
  6. G. J. H. Grubben, Légumes, PROTA,‎ 2004, p. 275
  7. Le greffage du melon
  8. Amélioration des espèces végétales cultivées: objectifs et critères de sélection de André Gallais, H. Bannerot - Éditions Quae, 1992 - 768 pages - (ISBN 978-2-7380-0383-6).
  9. Dépressions de la surface du fruit, souvent d’une couleur différente du reste du fruit, partant de l’insertion du pédoncule et allant jusqu'à la cicatrice de l’attache pistillaire.
  10. Ornementations liégeuses de l’épiderme.
  11. Communiqué de l'Institut National de l'Origine et de la Qualité.
  12. Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) chiffre 2005.
  13. Site Journal des Femmes.
  14. Il peut également être entouré d'une fine crevasse laissant parfois perler une « goutte de sang », du sucre cristallisé rougi.
  15. Vincent Noce, « Le melon gagne du galon. Depuis peu, la qualité est préférée au rendement », sur liberation.fr,‎
  16. Olivier Le Bihan, Philippe Richard, Goûts & saveurs baroques : images des fruits & légumes en Occident, Musée des beaux-arts,‎ 2004, p. 130
  17. Melon : un fruit gorgé d'eau et de soleil, Le Point, le 12 juin 2012.
  18. a, b, c et d G.E. Lester, K.M. Crosby, 2004, Human wellness compounds in Honeydew fruit : influence of cultivar and environment ; ISHS Acta Horticulturae 639: XXVI International Horticultural Congress: Expanding Roles for Horticulture in Improving Human Well-Being and Life Quality (Résumé, en anglais)
  19. (en) John Griffith Vaughan, Catherine Geissler, The New Oxford Book of Food Plants, Oxford University Press,‎ 2009, p. 134
  20. Michel Pitrat, Claude Faury, Histoires de légumes, Editions Quae,‎ 2003, p. 295-296
  21. Selon la tradition, Rabelais au retour d'une ambassade à Rome aurait ramené en Touraine le melon rond, appelé pompon.
  22. Jacques Pons, Traité des melons où il est parlé de leur nature, de leur culture, de leurs vertus, de leur usage, chez Antoine Cellier Fils, 1680
  23. Olivier Le Bihan, Philippe Richard, Goûts & saveurs baroques : images des fruits & légumes en Occident, Musée des beaux-arts,‎ 2004, p. 129
  24. Nicole Tonelli, François Gallouin, Des fruits et des graines comestibles du monde entier, Lavoisier,‎ 2013, p. 422
  25. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 29.
  26. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Turkménistan, CNRS,‎ 2010, p. 433
  27. Liste d'idiotismes botaniques français#M
  28. « RAL classic Farben ».
  29. « Nuancier DMC numéros et noms », sur sd-g1.archive-host.com.
  30. (en) « Quality evaluation of melon cultivars grown in greenhouse », sur cat.inist.fr.