Escadron (Gendarmerie nationale française)

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L'escadron est un type de formation que l'on trouve dans les trois principales subdivisions de la Gendarmerie nationale[1] : la gendarmerie départementale, la gendarmerie mobile et la garde républicaine.

Dans la hiérarchie des unités, l'escadron est l'équivalent de la compagnie, comme dans l'armée de terre, mais, contrairement à cette dernière, la Gendarmerie utilise souvent les deux types d'unités au sein de la même subdivision (voir ci-dessous).

Dans la gendarmerie mobile et la garde républicaine, un escadron regroupe environ cent dix personnes. Dans la gendarmerie départementale, l'effectif dépend de la taille du département d'implantation et de l'importance de son réseau routier et autoroutier.

Placé sous le commandement d'un(e) capitaine ou d'un(e) chef d'escadron, un escadron est subdivisé en pelotons[2].

L'échelon supérieur est un groupement dans la gendarmerie départementale ou la gendarmerie mobile. Dans la garde républicaine, c'est un régiment.

Escadron de cavalerie de la garde républicaine

Escadrons et compagnies dans la gendarmerie[modifier | modifier le code]

La Gendarmerie, comme l'Armée de terre, comporte des escadrons et des compagnies mais alors que, dans l'Armée de terre, l'escadron est une unité appartenant aux armes dites « à cheval » et la compagnie une unité appartenant aux armes dites « à pied », dans la Gendarmerie, cette règle n'est pas toujours respectée.

En effet, si les grades de la Gendarmerie sont bien ceux des armes dites "à cheval" (chef d'escadron, maréchal des logis-chef), la gendarmerie départementale, bien qu'elle en porte les galons blancs (argentés), comprend surtout des compagnies alors que la gendarmerie mobile, qui porte les galons jaunes (dorés) des armes dites " à pied ", comprend des escadrons. Quant à la garde républicaine, toutes ses unités - y compris ses escadrons - portent les couleurs des armes à pied.

Mais l’étude de l’historique de l'Arme montre que les compagnies de la gendarmerie départementale étaient, lors de leur formation, des subdivisions d’escadrons (comme c'était le cas sous l’Ancien Régime) et que les escadrons de la gendarmerie mobile étaient à l’origine des compagnies !

Rappel historique[modifier | modifier le code]

Lors de sa création en 1791, la gendarmerie départementale est organisée en divisions, départements et compagnies. En 1801, elle est réorganisée en légions, escadrons et compagnies[3] mais la subdivision intermédiaire constituée par l’escadron est supprimée une première fois en 1810 puis rétablie, puis de nouveau supprimée en 1817[4]. Jusqu'en 1958, la compagnie correspondait à l'échelon départemental (aujourd'hui c'est le groupement de gendarmerie départementale) et la section à l'échelon de l'arrondissement (aujourd'hui c'est la compagnie)[5] . Dans l'organisation actuelle, la compagnie s'intercale entre la brigade (ou la communauté de brigades) et le groupement.

On trouve également des escadrons dans la gendarmerie départementale : les escadrons départementaux de sécurité routière. Créés au XXe siècle, ils sont rattachés à l'échelon du groupement. Le choix de l'appellation d'escadron semble être dû à la motorisation de ce type d'unités.

Quant à la gendarmerie mobile, elle s'appelle à l'origine garde républicaine mobile (GRM) et comprend des compagnies mais, lors de l'armistice de 1940, la GRM est dissoute, remplacée (en zone libre) par la Garde et rattachée à la direction de la cavalerie et du train de l'armée. À cette occasion ses compagnies deviennent des escadrons, appellations qui seront conservées lors de son retour dans le giron de la gendarmerie en 1944 sous le nom de garde républicaine (elle ne prendra son nom actuel de gendarmerie mobile qu'en 1954).

Enfin, la garde républicaine comporte des compagnies dans ses régiments d’infanterie et des escadrons dans son régiment de cavalerie. L’escadron motocycliste appartenait à l’origine au régiment de cavalerie mais il a été rattaché au 1er régiment d'infanterie en 1978. L'ensemble de la garde porte les galons dorés des armes à pied.

Les formations spécialisées de la gendarmerie (la Gendarmerie maritime, la Gendarmerie de l'air, la Gendarmerie des transports aériens, la Gendarmerie de l'armement, la Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires ne comportent que des compagnies.

L'escadron dans l'organisation actuelle[modifier | modifier le code]

De nos jours, la Gendarmerie utilise l’appellation d’escadron pour quatre types d’unités :

Les escadrons de cavalerie de la garde républicaine[modifier | modifier le code]

Escadron de cavalerie de la Garde républicaine sur les Champs-Élysées, Paris)
Article détaillé : Garde républicaine (France).

Le régiment de cavalerie de la garde républicaine, qui est la dernière unité à cheval de l'armée française, comprend un escadron hors rang - dont fait partie la fanfare de cavalerie - et trois escadrons de marche.

Chaque escadron, commandé par un capitaine ou un chef d'escadron, compte un effectif d’environ 115 hommes et femmes, répartis en trois pelotons. Lors des défilés, on voit généralement des pelotons de 24 cavaliers - ou 24 sabres.

En dehors des services d’honneur, cérémonies et autres défilés, les cavaliers du régiment participent aux autres missions de sécurité de la gendarmerie, notamment – mais pas exclusivement - dans les espaces boisés et les parcs de la région parisienne. Pour ces missions, les escadrons mettent en œuvre des patrouilles équestres, des escouades (6 cavaliers) ou des pelotons d’intervention à cheval.

Les escadrons de gendarmerie mobile (EGM)[modifier | modifier le code]

Escadron de gendarmerie mobile lors d'une manifestation
Article détaillé : Gendarmerie mobile.

Ce sont des unités autonomes entraînées pour le maintien et le rétablissement de l’ordre et, plus généralement, pour les situations demandant des effectifs nombreux (par exemple services d'ordre, battues lors de recherches de personnes etc.).

Les EGM fournissent également des renforts ponctuels ou saisonniers à la gendarmerie départementale et assurent, par roulement, des missions permanentes de sécurité (par exemple en région parisienne ou dans les DOM-COM).

Depuis 2012, la gendarmerie mobile compte 109 escadrons[6], commandés chacun par un capitaine ou un chef d'escadron. L'échelon supérieur est le groupement de gendarmerie mobile qui comprend entre quatre et dix escadrons, sous les ordres d'un lieutenant-colonel ou d'un colonel.

Un escadron compte environ 110 militaires, répartis entre un peloton hors rang et quatre pelotons de marche dont un peloton d'intervention[7]. Sur le terrain, un escadron déploie en général un groupe de commandement et trois ou quatre pelotons de seize gendarmes.

Chaque escadron dispose d'un véhicule PC de type Renault B110 et de huit véhicules de transport de groupe de type Irisbus (deux par pelotons). Les escadrons du groupement blindé de Gendarmerie mobile de Satory sont également dotés de véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG).

Les escadrons de marche[8] interviennent sur l’ensemble du territoire métropolitain et outre-mer et ils participent assez régulièrement aux opérations extérieures (OPEX) à côté des autres forces armées.

Lorsque la situation nécessite l'emploi coordonné de plusieurs escadrons, ceux-ci sont regroupés dans un Groupement Tactique de Gendarmerie ou GTG[9] (plus de 2 escadrons) ou un Groupement opérationnel de maintien de l'ordre ou GOMO (2 GTG ou plus), commandé par un commandant de groupement de gendarmerie mobile.

L'escadron motocycliste de la garde républicaine[modifier | modifier le code]

Membres de l'escadron motocycliste de la garde républicaine
Article détaillé : Garde républicaine (France).

La Garde républicaine a comporté un embryon d’unité motocycliste dès 1935[10] mais la création de l’escadron motocycliste remonte à 1952 lorsque la mise en service du nouvel aéroport d’Orly, trop loin de la capitale, impose le remplacement du cheval pour l’escorte des chefs d’États et autres visiteurs de marque.

Commandé par un capitaine ou un chef d'escadron, et composée d’un peloton hors rang et de trois pelotons d’escorte, l’escadron, d’un effectif de 98 personnels est basée à la caserne de Rose, à Dugny en Seine-Saint-Denis. Il était à l’origine rattaché au régiment de cavalerie mais fait actuellement partie du 1er régiment d’infanterie de la Garde républicaine.

La mission principale de l’escadron est l’escorte du chef de l’État mais il remplit également d’autres missions spécialisées (escortes, convoyages, etc.) et il accompagne traditionnellement le Tour de France cycliste ainsi que d’autres épreuves sportives.

L’escadron comporte une équipe d’acrobatie qui présente des évolutions non conventionnelles et très spectaculaires lors des manifestations publiques. Il présente également un carrousel motocycliste inspiré par les carrousels équestres.

Les escadrons départementaux de sécurité routière de la gendarmerie départementale (EDSR)[modifier | modifier le code]

Motocyclistes d'un EDSR de la gendarmerie départementale

Depuis 1999, chaque groupement de gendarmerie départementale compte un EDSR, dont les composantes sont réparties sur l’ensemble du département concerné. Le commandement est assuré par un capitaine ou un chef d’escadron.

L’équipement comprend des véhicules d’intervention et des motocyclettes.

La composition de chaque escadron, comme ses effectifs, varient avec la taille du département et de l’importance de son réseau routier et autoroutier. En fonction de ces spécificités, l’escadron peut comprendre des brigades motorisées mais également des pelotons d’autoroute et des brigades rapides d’intervention.

Par exemple, pour le département du Loiret, l’Escadron Départemental de Sécurité Routière d’Orléans comprend une brigade rapide d'intervention à Orléans, deux pelotons d'autoroute à Orléans et à Pannes ainsi que quatre brigades motorisées basées à Orléans, Pithiviers, Montargis et Briare.

À noter qu’avant 1999, les unités d’autoroutes étaient regroupées au sein d’escadrons d’autoroutes mais ces derniers ont disparu avec la création des EDSR.

Unités dissoutes (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

  • les escadrons d'autoroute de la gendarmerie départementale (remplacés par les EDSR à partir de 1999 - voir ci-dessus).
  • l'escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN 1984-2007), intégré dans le nouveau GIGN en 2007.
  • l'escadron parachutiste de la gendarmerie mobile (EPGM 1971-1983), qui était l'ancêtre direct de l'EPIGN.
  • Les escadrons dérivés de gendarmerie mobile (EDGM – 1962-1998), unités largement constituées de réservistes créées dans le cadre de la Défense opérationnelle du territoire (DOT) pendant la guerre froide. Chaque escadron de marche devant constituer un EDGM lors de la mobilisation des réserves.
  • Les escadrons de réserve de la gendarmerie mobile (ERGM 1998-2015). Ces 46 unités étaient constituées de réservistes qui n'étaient pas autorisés à servir au maintien de l'ordre mais employés sur des missions de service d'ordre lors de grands événements ou en renfort d'unités de la Gendarmerie départementale. Les ERGM ont été dissous en 2015 dans le cadre de la réforme de la réserve opérationnelle de la Gendarmerie et les réserves des gendarmeries départementale et mobile ont été fusionnées pour constituer 367 compagnies de réserve territoriales ou CRT (dont 19 outre-mer)[11].

À noter également que différentes unités prévôtales ont porté l'appellation d'escadron, notamment à Berlin (escadrons de sécurité) et en Indochine (escadrons prévôtaux).

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot « gendarmerie », lorsqu'il désigne l'organisme d’État à caractère unique, e.g. dans les expressions « la Gendarmerie » ou « la Gendarmerie nationale », prend une majuscule comme cela est préconisé dans l'article sur les Wikipédia:Conventions typographiques, notamment au § Organismes uniques et au § Unités militaires ; dans les autres cas, il garde la minuscule, comme pour la « gendarmerie mobile » ou les « forces de gendarmerie ».
  2. Les escadrons départementaux de sécurité routière (EDSR) de la gendarmerie départementale comportent également des brigades.
  3. Dans l'armée (de terre) de l'époque, un escadron était une formation tactique regroupant deux compagnies sous le commandement du plus ancien de leurs deux capitaines.
  4. Voir l’article : "L’histoire de la gendarmerie" sur le site du Service Historique de la Défense (SHD), notamment p. 891 et 895 - en référence externe ci-dessous:
  5. Général Besson : Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale tome II p. 186 à 190 Éditions SPE Barthelemy Paris 2007
  6. Le nombre d'escadrons a varié assez fréquemment au cours des années suivant la deuxième guerre mondiale, augmentant pendant la guerre d'Algérie, puis diminuant après la fin de cette dernière pour ré-augmenter après les événements de mai 1968. De la fin des années 1980 jusqu'à la réorganisation de 2010-2011, il y avait 123 escadrons.
  7. Cette structure, dite quaternaire, est similaire à celle des Compagnies républicaines de sécurité, de la Police Nationale (CRS) et a été adoptée depuis le début des années 2000 afin de favoriser la modularité et la « sécabilité » des escadrons sur le terrain. Auparavant, les escadrons comptaient un peloton hors rang et trois pelotons de marche.
  8. C'est-à-dire tous les escadrons à l’exception de quelques escadrons de la région parisienne qui assurent des missions de sécurité et de soutien. Ces dernières unités ne se déplacent pas et ne sont pas engagées au maintien de l’ordre comme les escadrons de marche.
  9. Cette appellation a remplacé celles de Sous-Groupement Opérationnel de maintien de l'ordre (SGOMO) qui était auparavant employée.
  10. Un peloton motocycliste avait été créé au sein du groupe spécial autonome de la garde républicaine mobile de Satory pour assurer les escortes du président de la République.
  11. Source : site Resgend consulté le 13 avril 2015 http://www.resgend.fr/flash-nouvelle-reserve-territoriale/

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]