Environnement au Sénégal

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La Corniche-Ouest à Dakar

L'environnement au Sénégal est l'environnement (ensemble des éléments - biotiques ou abiotiques - qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins) du pays Sénégal.

Il fait l'objet de préoccupations croissantes. La forte croissance démographique du pays a diminué par 4 sa biocapacité en 50 ans, de 1961 à 2011. L'empreinte agricole est légèrement supérieure à sa capacité. Les pollutions (air, eau, sites) sont importantes et préoccupantes pour la santé des populations. La gestion des déchets est encore embryonnaire, les rejets ou incinération à feu ouvert (à basse température, avec émissions de polluants toxiques) encore trop importants.

Le gouvernement ainsi que le niveau local s'organisent afin de mettre en place une politique environnementale. Des engagements internationaux sont pris. Le concours des associations et fondations est important (électrification et développement des énergies renouvelables ; collecte de déchets, tri et valorisation ; nettoyage de sites pollués par les déchets solides ; reboisement de forêts et mangroves).

Environnement et ressources naturelles[modifier | modifier le code]

Vetiver au champ à Sebikotane

La façade maritime s’étend sur 700 km. Le Sénégal est de plus une zone de transition entre le désert au nord et la forêt humide au sud. Il présente donc des écosystèmes variés, qu'on peut répartir en quatre grand types :

  • arides et semi-arides,
  • subguinéens,
  • fluviaux et lacustres,
  • marins[1].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le Sénégal compte environ 2 000 espèces d'insectes, ainsi que 1 000 espèces de mollusques et poissons, et plusieurs mammifères de la savane[1].

La flore est constituée de 2 500 espèces environs. Trente-et-une espèces sont identifiées comme endémiques, majoritairement des herbacées. La biodiversité forestière est mieux conservée que la biodiversité agricole[1].

Protection de la nature[modifier | modifier le code]

Le Sénégal compte 6 parcs nationaux, 9 réserves, 3 sites au patrimoine mondial de l'Humanité, et 93 forêts classées[1].

Enjeux environnementaux[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réchauffement climatique.

Le Sénégal connait un cycle de sécheresses erratiques depuis quelques décennies[1].

En 2002, le Sénégal était le 110e pays le plus émetteur en dioxyde de carbone, avec environ 4,18 millions de tonnes de CO2 (gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique).

Pollutions[modifier | modifier le code]

Pollution atmosphérique à l'entrée de Dakar

La prise en compte de la qualité de l’air dans les secteurs des transports et de l’industrie est faible. Certaines zones de la région de Dakar sont confrontées à des niveaux de Pollution atmosphérique au-delà des limites définies par la norme NS-05-62. Les polluants concernés sont particulièrement, le SO2, les BTX, l'ozone et les particules (PM10 et PM2.5)[2]. Par ailleurs, les déchets sont parfois brûlés tels quels, sans tri préalable, ni système de filtration des fumées. Cela peut alors engendrer une pollution de l’air par des émissions de substances toxiques.

La pollution de l'eau est problématique ; elle engendre des risques sanitaires accrus (propagation de maladies comme le choléra, l'amibiase, la giardiase, etc.). Elle a des causes multiples, de l'assainissement insuffisant voire inexistant dans certaines zones, aux rejets de déchets (qu'ils soient solides - ménagers - ou liquides - industriels - et parfois toxiques) perturbant la pêche. Par ailleurs, les pesticides sont utilisés de manière intensives ; dont certains pesticides toxiques[3].

En 2008, une intoxication au plomb a tué 18 enfants en bas-âge dans le quartier de Ngagne Diaw à Dakar. Elle était liée à une grosse production, illégale, de recyclage de piles, à forte teneur en plomb[4].

Biodiversité et sols[modifier | modifier le code]

Évolution des sols[modifier | modifier le code]

Le littoral connait une érosion. À titre d'exemple, depuis 1937, le littoral recule à un taux moyen de 1,30 m par an à la hauteur de Rufisque, à l'entrée de Dakar. Ce phénomène s'explique seulement en partie par l'élévation du niveau marin dû au réchauffement climatique. La faible épaisseur des sédiments de plage y contribue également.

La déforestation et les sécheresses erratiques favorise la désertification de certains milieux[1].

Un mauvais drainage a entrainé une salinisation de certaines terres[1].

Agriculture, pêche et exploitation des forêts[modifier | modifier le code]

La Surpêche n'est pas tant le fait de la pollution locale, mais plutôt d'usines chinoises, coréennes, russes, qui produisent de la farine de poisson destinée à l'aquaculture et à l'élevage asiatique et européen[5].

L'élevage est développé, avec un cheptel important de volailles, ovins-caprins et bovins, mais aussi équins-asins, porcins, camelins[1]. Près de 60 % de la population résidaient en milieu rural, dans les années 2000, mais 88 % vivaient d'agriculture ou d'élevage[6].

La déforestation est liée aux fluctuations climatiques et à la croissance démographique[1]. Il existe un important trafic de rôniers entre le Sénégal et les pays limitrophes, comme la Gambie et la Guinée-Bissau[7].

Énergie[modifier | modifier le code]

Les énergies traditionnelles (bois, charbon de bois, déchets végétaux et animaux) représentent 49 % de la consommation finale d’énergie dans le pays. Dans les zones rurales, 80 % de la population a ainsi recours au bois énergie pour la cuisson et au pétrole lampant ou aux lampes à piles pour l’éclairage. Dans le cadre de la politique nationale d’électrification, certains villages s'équipent en énergies renouvelables, avec l'aide de la Fondation Énergies pour le Monde[6].

Eau[modifier | modifier le code]

Gestion des déchets[modifier | modifier le code]

Chèvres au milieu des détritus à Yoff

La gestion des déchets domestiques est problématique au Sénégal, encore plus dans les régions rurales. L’État agit seulement pour Dakar. Ailleurs, des initiatives locales se mettent doucement en place dans les années 2010 : ramassage adapté (abonnement abordable, collecte par charrette tirée par un âne là où des camions ne pourraient pas circuler...), tri, mise en décharge ou valorisation[8].

Politique[modifier | modifier le code]

Campagne en faveur de la protection de l'environnement sur l'île de Gorée

Évaluation environnementale globale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Sénégal.

En 2015, l'organisation Global Footprint Network (GFN) indique que le Sénégal a une réserve en biocapacité qui s'équilibre avec l'empreinte écologique, à environ 1 gha (hectare global par habitant). Néanmoins, si la pêche préserve la réserve en poisson, et si la consommation de bois préserve la capacité forestière, l'empreinte agricole est légèrement supérieure à sa capacité[9]. De plus, la biocapacité a été divisée par trois en 50 ans, de 1961 à 2011[10]. Cela s'explique par l'explosion démographique de ce pays.

Politique gouvernementale[modifier | modifier le code]

Le Sénégal a mis en place un cadre juridique de protection de la nature (code forestier, décrets...) et prolongé la protection de certaines zones héritée du colonialisme. Il a également ratifié plusieurs conventions comme la convention de Ramsar sur les zones humides, la convention de Washington sur les espèces menacées d'extinctions, la convention sur la désertification et la convention sur la biodiversité[1].

Du 6 juillet 2007 à 2012, le Ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature est Djibo Leyti Ka[réf. souhaitée]. Il existe une Agence sénégalaise pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie (AEME) .

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Initiatives associatives et communautaires[modifier | modifier le code]

Chaque année, des opérations de nettoyage des fonds marins (opérations filets perdus), des plages et des quais de pêche sont organisées par une association écologiste qui mobilise les associations de quartiers, les communautés de pêcheurs et les écoles[11]. L’Oceanium de Dakar mène également depuis 2006 des reboisements de grande ampleur avec les populations. À ce jour, plus de 150 millions de palétuviers ont été plantés dans 500 villages des deltas du Sine Saloum et du fleuve Casamance. Ce bilan constitue le plus grand reboisement de mangrove au monde[12].

Promotion d'un tourisme responsable[modifier | modifier le code]

Le Sénégal souhaite s'engager dans une démarche de tourisme durable ; un atelier national sur le Tourisme et l’Environnement s’est tenu du 1er au 3 juillet 2002[13].

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Ministère du développement et de la protection de la nature, République du Sénégal, « Rapport national biodiversité », sur agora21.org,‎ (consulté le 10 octobre 2015).
  2. « La pollution de l'air à Dakar », sur Centre de gestion de la qualité de l'air au Sénégal (consulté le 1er novembre 2015).
  3. Jennifer Maherou, « Risques sanitaires et environnementaux au Sénégal », sur Association Santé Environnement France,‎ (consulté le 1er novembre 2015).
  4. Lauranne Provenzano, « Pollution mortelle au Sénégal », sur afrik.com,‎ (consulté le 1er novembre 2015).
  5. Martine Valo, « Au Sénégal, la ruée des Russes et des Asiatiques sur la pêche artisanale », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. a et b « De l'électricité verte pour 35 000 ruraux au Sénégal », sur energies-renouvelables.org (consulté le 1er novembre 2015).
  7. « Les reboisements forestiers et les pépinières communautaires », sur Oceanium Dakar (consulté le 1er novembre 2015).
  8. Petunia James, « Les déchets sénégalais, un problème national », sur 20minutes.fr,‎ (consulté le 1er novembre 2015).
  9. Nicolas Enault, « CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne).
  10. Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie, Atlas de l'empreinte écologique et de la biocapacité des pays membres de la francophonie : Préparer les économies pour la concurrence globale sur les ressources naturelles, Organisation internationale de la Francophonie, coll. « rapport préliminaire »,‎ (ISBN 978-2-89481-118-4, lire en ligne).
  11. « La lutte contre la pollution », sur Oceanium Dakar (consulté le 1er novembre 2015).
  12. « Le reboisement du rhizophora : plante ton arbre ! », sur Oceanium Dakar (consulté le 1er novembre 2015).
  13. « Tourisme et Environnement, Sénégal, 2002 », sur UNITAR,‎ 2006 (consulté le 1er novembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Senegal Ecology & Nature Protection Handbook, USA International Business Publications, 2007 (6eédition), 300 p. (ISBN 1-4330-4412-9)
  • (en) Cheikh Oumar Ba, Joshua Bishop, Moustapha Deme, Hamet Diaw Diadhiou, Alioune B. Dieng, Omar Diop, Pedro Andres Garzon, Bara Gueye, Moustapha Kebe et Oumou K. Ly, The Economic Value of Wild Resources in Senegal, IUCN, 2006, 73 p. (ISBN 2-8317-0938-5)
  • (en) L. Zimmering, Integration of Ecological Concerns in the Site Planning of a New Town in Senegal (Africa), University of Waterloo, 1972 (M.A.)
  • Journalisme et conflits dans la vallée du fleuve Sénégal. Séminaire "Environnement et gestion de l'espace frontalier dans la Vallée du fleuve Sénégal : quelles responsabilités des journalistes", Saint-Louis du Sénégal, 8-18 août 1994, Paris, L'Harmattan, 1996
  • Alain Blot, L'altération climatique des massifs de granite du Sénégal, Paris, Travaux et documents de l'ORSTOM, no 114, 434 p. (ISBN 2-7099-0561-2)
  • Luc Descroix (dir.), Frédéric Lasserre (dir.) et Anne Le Strat, L'eau dans tous ses états : Chine, Australie, Sénégal, États-Unis, Mexique, Moyen Orient, Paris, L'Harmattan, coll. « Ressources renouvelables »,‎ (ISBN 978-2-7475-4902-8)
  • Maya Leroy, Gestion stratégique des écosystèmes du fleuve Sénégal : Actions et inactions publiques internationales, Paris, L'Harmattan, 623 p. (ISBN 2-296-01764-9)
  • Jean-Baptiste Ndong, L'évolution du climat au Sénégal et les conséquences de la sécheresse récente sur l'environnement, Université de Lyon III, 1996 (Thèse)
  • Isabelle Niang-Diop, Érosion côtière sur la petite côte du Sénégal à partir de l'exemple de Rufisque. Passé. Présent. Futur, Université d'Angers, 1995, 2 vol., 475 p. (Thèse)
  • Xavier Van der Stappen, Sénégal, l'homme et la mer, Réunion des musées nationaux, Paris, 2007, 40 p. (ISBN 2-7118-5372-1) (édité à l'occasion de l'exposition Sénégal, l'homme et la mer présentée à l'Aquarium du palais de la Porte Dorée du 18 décembre 2007 au 22 juin 2008)
  • Tony Cissé, Islam, environnement et usage du Vétiver, 2008, http://www.vetiver.com/SEN-Islam_vetiver_fr.pdf
  • Projet Vétiver Naac Baal, Le vétiver comme system de protection et renforcement des bassins de rétention http://www.vetiver.org/SEN_CISSE.PDF
  • Projet Vétiver Naac Baal, Le ‘Vetiver’ – un herbe pour les jardins, décoration, et les espaces vert. http://www.vetiver.org/FRENCH_trans_on_creative_vetiver.pdf

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • La Baie poubelle, film documentaire de Marième Aimée Diouf et Fabacary Assymby Coly, Sénégal Sénégal, 1999, 11'

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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