Anacardier

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 Cet article concerne l'acajou à pommes. Pour les autres espèces d'acajous, voire acajou.

Anacardium occidentale

L'anacardier (Anacardium occidentale), ou pommier-cajou, est une espèce de petit arbre de la famille des Anacardiaceae, originaire d'Amérique du Sud, et cultivé sur plusieurs continents pour sa production de noix de cajou et de pomme de cajou.

Description[modifier | modifier le code]

Détail d'un tronc d'anacardier
Détail de fleurs d'anacardier

C'est un arbre à la cime évasée mesurant de 6 à 12 m de haut, parfois davantage (jusqu'à 15 m[1]). La racine principale est pivotante et s'enfonce à grande profondeur ; les racines latérales, très développées, s'étendent souvent loin autour de l'arbre.

Les feuilles simples de couleur vert foncé sont persistantes, alternes, ovales et coriaces. Elles mesurent de 10 à 20 cm de long et peuvent atteindre 10 cm de largeur[1]. Elles présentent une nervure centrale bien visible et de 6 à 10 paires de nervures latérales[1].

Les fleurs blanches teintées de rose apparaissent au cours de la saison sèche ; elles sont de petite taille, parfumées et réunies en inflorescences terminales.

Les fruits se forment à la fin de la saison sèche. Ils ont une coque âcre et toxique qui abrite une amande blanche, comestible, la noix de cajou. Ils se forment sous un pédoncule gonflé, charnu et juteux nommé « pomme de cajou », qui ressemble à un poivron de couleur jaune, orange ou rouge, de taille variable.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Anacardiers au Brésil

Originaire des Caraïbes et du Nord-Est du Brésil, il est aujourd'hui largement cultivé dans toutes les zones tropicales, comme en Afrique, aux Antilles, dans le Nordeste brésilien, en Asie du Sud-Est et en Inde. La noix de cajou est la principale exportation de Guinée-Bissau, même si le premier producteur africain et premier exportateur mondial est la Côte d'Ivoire.

Cette espèce peut pousser très vite, et peut supporter une pluviométrie allant de 500 à 4 000 mm de pluie par an. Il exige cependant de 1 000 à 2 000 mm de précipitations annuelles et une saison des pluies durant de quatre à six mois pour produire des fruits de façon satisfaisante[1].

Il préfère les sols friables (sable, gravier, voir éboulis) et ne supporte pas les sols durcis.

Rôle écologique[modifier | modifier le code]

Les jeunes feuilles d’anacardier peuvent être consommées cuites, comme un légume.

Sa couronne à feuillage dense fournit un bon ombrage au cours de la saison sèche et la grande étendue de ses racines secondaires permet de réduire l'érosion des sols. Ses rameaux et ses feuilles sont une source de nourriture pour les herbivores.

L'anacardier et l'homme[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

L'anacardier se propage souvent par semis mais les plants greffés, bouturés ou marcottés offrent un meilleur rendement. Les semis donnent des résultats assez variables à pommes rouges ou jaunes[2]. On trouve des cultivars différents dans chaque zone de culture.

Le délicat système racinaire de l'anacardier supporte mal les transplantations.

Pour bien se développer et bien fructifier, l'anacardier a besoin d'être planté en plein soleil. On recommande de planter les arbres sur un maillage de 10 m x 10 m.

Un semis ou un jeune plant greffé peut fructifier dés sa troisième année mais la pleine production commence vers 7 à 8 ans.

La récolte des noix est manuelle et fastidieuse. Elle nécessite des gants en raison de la présence d'urushiol sur les fruits. Une fois les noix récoltées, elles doivent subir de nombreuses étapes avant d'être prêtes à consommer.

Dans certaines régions, les plantations subissent des vols de fruits plus ou moins murs pour la revente sur le marché local. Pour éviter cela, certains producteurs développent l'apiculture dans leur verger. Les abeilles effraient les voleurs, augmentent les rendements grâce à une meilleure pollinisation des fleurs et produisent un revenu complémentaire grâce à la vente du miel produit[3].

Usages alimentaires[modifier | modifier le code]

Noix de cajou[modifier | modifier le code]

Noix de cajou proposées à la vente

L'usage le plus connu est la consommation de l'amande du fruit : la noix de cajou, qui fait l'objet d’un commerce international.

Pomme de cajou[modifier | modifier le code]

Le pédoncule gonflé, ou faux-fruit, peut être mangé frais, séché, cuit pour confiture ou sirop, voire utilisé pour parfumer des boissons alcoolisées[1].

Autres[modifier | modifier le code]

Les jeunes rameaux et feuilles peuvent être consommés comme légume.

Usages domestiques et industriels[modifier | modifier le code]

L'anacardier est une source de bois de chauffe, de charbon de bois, mais aussi de bois de menuiserie. L'écorce est utilisée comme source de tannins ou de teinture jaune. L'huile extraite de la coque toxique du fruit peut servir à produire des vernis, des insecticides ou une encre indélébile[1]. Cette huile, toxique et irritante pour la peau, doit être manipulée avec précaution. Les rameaux et les feuilles de l'arbre peuvent être mangées par le bétail.

Usages dans la pharmacopée moderne ou traditionnelle[modifier | modifier le code]

La pomme de cajou est utilisée en Afrique pour repousser les moustiques sous forme de pomme coupée dans la pièce ou dans la mare contre les larves de moustique. Elle est aussi utilisée en monodiète contre les maladies les plus graves comme la lèpre[4].

À Madagascar, les feuilles d'anacardier (mahabibo) sont utilisées sous la forme de bains de vapeur localisés pour le traitement des crises hémorroïdaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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