Haïdar El Ali

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Haïdar El Ali
Image dans Infobox.
Haïdar El Ali à Dakar en 2008.
Fonctions
Directeur
Oceanium de Dakar
Ministre de la Pêche (d)
Sénégal
Ministre de l'Environnement
Sénégal
Directeur général
Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (69 ans)
LougaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
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Distinctions

Haïdar El Ali, né le à Louga, est un écologiste et homme politique sénégalais, « l'un des cent écologistes les plus influents de la planète »[1]. Il est membre honoraire de l'Oceanium de Dakar qu'il a présidé pendant plusieurs années.

Le , il est nommé ministre de l'Écologie et de la Protection de la nature dans le gouvernement d'Abdoul Mbaye. En , il est nommé ministre de la Pêche et des Affaires maritimes au sein du gouvernement d'Aminata Touré. Il démissionne de ce poste en .

Depuis 2019, il est directeur général de l'Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Haïdar El Ali, alors jeunes gens ne parlant pas français, quittent le Liban sous protectorat français en bateau pour Marseille. De là, ils montent dans une correspondance croyant partir pour l'Amérique, mais ils se trompent de bateau et débarquent au Sénégal. Haïdar El Ali raconte qu'en arrivant, ils s'étonnaient que tous les Américains soient noirs. N'ayant plus les moyens de payer un autre trajet, ils se résolvent à s'installer sur place et se mêlent à la population libanaise locale[2],[3],[4]. Haïdar El Ali naît à Louga en 1953. Jeune, il fait partie de l'équipe espoir de nage du Dakar[5]. À 17 ans, il est apnéiste. Après son bac, il travaille d'abord comme fabricant de meubles pendant 12 ans[6].

En 1984, il passe son diplôme de plongeur professionnel en France, et devient directeur de l'Oceanium de Dakar, qui n'était alors qu'une école de plongée[2]. L'Oceanium forme des militaires, des gendarmes, des agents des eaux et forêts et même les pompiers de Paris[7].

Militant écologiste[modifier | modifier le code]

Lors d'une plongée en mer, il tombe sur une pêche à l'explosif et s'horrifie du spectacle. Il filme et produit alors la scène, le début de la transformation de l'Oceanium de Dakar en association de protection de la nature[7].

En 2002, lors du naufrage du Joola qui fit près de 2 000 victimes, il est l'un des premiers sur les lieux de la catastrophe. Il plonge, filme et livre ses observations avec amertume[8],[9]. Il est élu « homme de l'année » par la Radio-télévision sénégalaise

Très actif contre la surpêche, Haidar El Ali a donné à son groupe de plongeurs un objectif de dépollution de l'océan au large du Sénégal : récupérer les quelque 3 000 filets de pêches abandonnés qui continuent à emprisonner les poissons. L'équipe en a déjà enlevé 1 000[10].

En 2004, accompagné des collectivités locales, Haïdar El Ali entreprend la reconversion de l'économie de pêche en écotourisme dans le delta de Saloum[7].

Par ailleurs, cet écologiste convaincu sensibilise toutes les couches de la population à la nécessité de vivre en harmonie avec la nature. Ainsi, les populations comprennent de plus en plus l'importance du respect de l'environnement et luttent contre les déséquilibres engendrés par l'homme, en particulier dans la mangrove. En 2009, Haidar El Ali y a insufflé une dynamique qui a permis de replanter 30 millions de palétuviers en Casamance. Un de ses nombreux objectifs pour l'année 2010 est de replanter 100 millions d'arbres[10].

En 2008, à la tête de l'Oceanium, Haïdar El Ali mène dans la forêt de Casamance une opération de replantation de 3 millions de palétuviers[11]. Mais en , un drone piloté par l'équipe de l'Oceanium met à nu le chantier d'une exploitation illégale de bois de vène dans la même forêt. Haïdar El Ali annonce que ce pillage, actif depuis 2010, pourrait transformer la forêt en désert dans les 2 ans[12].

En 2018, il plante des propagules dans les mangroves sénégalais pour relancer les poussées végétales[13]. Il est poursuivi en diffamation par le président des exploitants forestiers Ablaye Sow pour avoir associé l'assassinat de 13 personnes dans la forêt de Baffa Bayotte à une mauvaise gestion liée à la société d'exploitation forestière[14].

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Après avoir soutenu Ousmane Tanor Dieng lors de l'élection présidentielle sénégalaise de 2012, il est nommé en ministre de l’Écologie et de la Protection de la nature dans le premier gouvernement formé après l'accession de Macky Sall à la présidence de la République[15],[6]. Il est reconduit dans ses fonctions ministérielles en au sein du gouvernement d'Aminata Touré, mais chargé de la Pêche et des Affaires maritimes[16].

Début 2014, Haïdar El Ali révise l'accord thonier avec l'Union européenne, une révision qui rend payant l'accès à la pêche dans les eaux sénégalaises. Face aux messages de contestation de cette décision par Greenpeace, Haïdar El Ali rappelle qu'avant la révision de cet accord datant de 2006 et gardé secret jusqu'alors, les pêcheurs européens se servaient gratuitement dans les eaux sénégalaises[17]. Durant la même période, il décide d'arraisonner un bateau de pêche russe, le Oleg Naydenov, qui venait pêcher illégalement dans les eaux sénégalaises. La diplomatie russe le tague alors de « sous-marin de Greenpeace »[18].

Puis toujours en 2014, il se lance dans la course des élections locales sous la bannière de la FEDES (Fédération démocratique des écologistes du Sénégal) à Ziguinchor. À la suite de sa défaite face à Abdoulaye Baldé, il démissionne en de son poste de ministre de la pêche et des affaires maritimes, Oumar Guèye lui succédant[19]. Dans une interview avec le magazine Jeune Afrique, Haïdar El Ali affirme qu'il souhaiterait se présenter à la présidentielle sénégalaise mais qu'il ne bénéficie pas des fonds nécessaires car il refuse toute forme de corruption[20]. En , il approuve la décision de Macky Sall d'effectuer un septennat et non un quinquennat[21].

Directeur général de l'Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte[modifier | modifier le code]

En 2019, il est nommé directeur général de l'Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte par le président Macky Sall, avec pour tâche de mener le projet à son terme au Sénégal et de le pérenniser[22].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Hervieu-Wane, Dakar l'insoumise, cf. bibliographie, p. 207.
  2. a et b Olivier Herviaux, « Haïdar el Ali, vert combattant exemplaire », sur Africamix.blog.lemonde.fr, .
  3. « Haïdar El-Ali, militant courageux de l'océan », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Fanny Pigeaud, « Libanais d’Afrique (2) : Sénégal : Haïdar El Ali, « homme de l’année 2002 » », sur rfi.fr, .
  5. « Haïdar El Ali », sur Leaders-afrique.com.
  6. a et b Nicolas Michel, « COP 21 – Sénégal : Haidar El Ali, l’infatigable lutteur », sur Diasporas.fr, .
  7. a b et c Bernadette Gilbertas, « Sénégal : Saloum, le delta du cœur », sur Lefigaro.fr, .
  8. Almamy Mamadou Wane, Le Sénégal entre deux naufrages ? : le Joola et l'alternance, L’Harmattan, Paris, 2003, p. 15-16.
  9. Olivier Herviaux, « Joola : neuf mandats d’arrêt délivrés par la justice française », sur Lemonde.fr, (consulté le ).
  10. a et b Les héros de la nature : Sénégal épisode 13, in Vu du ciel, émission de Yann-Arthus Bertrand.
  11. Olivier Herviaux, « Sénégal : cinq millions de palétuviers pour la Casamance », sur Lemonde.fr, (consulté le ).
  12. Amadou Oury Diallo, « Sénégal : Haïdar El Ali sonne l’alerte sur le pillage des forêts de la Casamance », sur Jeuneafrique.com, (consulté le ).
  13. Anne de Rancourt, Les petites propagules font les grandes mangroves, www.lasemaine.fr, (consulté le ).
  14. Le procès de Ali Haïdar renvoyé au 13 prochain, www.leral.net, (consulté le ).
  15. Olivier Herviaux, « Sénégal : Haïdar el Ali, le vert combattant, est devenu ministre de l’écologie », sur Lemonde.fr, .
  16. Sénégal : Youssou Ndour out, Sidiki Kaba entre dans le nouveau gouvernement de « Mimi Touré », Jeune Afrique, .
  17. « Accord de pêche : Ali Haïdar dit avoir régularisé une "situation anormale" avec l’Union européenne », sur Leral.net, .
  18. Christophe Boisbouvier, « Haïdar el-Ali, ministre sénégalais de la Pêche et des Affaires maritimes », sur Rfi.fr, .
  19. « Haidar El Ali : 'J'ai servi mon pays, je pense avoir fait mon devoir' », sur Senxibar.com, .
  20. Mathieu Olivier, « Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique » », sur Jeuneafrique.com, .
  21. El Bachir Ndiaye, « Mandat Présidentiel : Haïdar El Ali soutient la décision du Président Macky Sall », sur Senews.com, (consulté le ).
  22. « Sénégal : le militant écologiste Haïdar El Ali chargé de la Grande muraille verte », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  23. « Distinction : Ali Haïdar élevé au grade d'Officier de la Légion d’honneur français », sur Leral.net, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernadette Gilbertas, Haidar El Ali. Itinéraire d’un écologiste au Sénégal, Éditions Terre vivante, .
  • Fabrice Hervieu-Wane, « Haïdar el-Ali. La sentinelle de l’écologie », dans Dakar l’insoumise, Paris, Éditions Autrement, , 30-37 ; 207
  • Olivier Herviaux, « Haïdar El-Ali, militant courageux de l’océan », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Matteo Maillard, « Haïdar El Ali, « l’homme qui enrichit la terre » du Sénégal », Le Monde,‎ (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]