Haïdar El Ali

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Haïdar El Ali
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Haïdar El Ali à Dakar en 2008.

Naissance à Louga, Afrique-Occidentale française (AOF)
Nationalité Drapeau du Sénégal Sénégal
Pays de résidence Sénégal
Profession
Directeur de l'Oceanium de Dakar
Activité principale

Ministre de l'Écologie et de la Protection de la nature (2012-2013)

Ministre de la Pêche et des Affaires maritimes (2013-2014)
Autres activités
Président de la Fédération des partis écologistes et verts de l’Afrique de l'Ouest

Haïdar El Ali, né le à Louga, est un écologiste sénégalais, « l'un des cent écologistes les plus influents de la planète »[1]. Il est membre honoraire de l'Oceanium de Dakar qu'il a présidé pendant plusieurs années.

Le , il est nommé ministre de l'Écologie et de la Protection de la nature dans le gouvernement d'Abdoul Mbaye. En septembre 2013, il est nommé ministre de la Pêche et des Affaires maritimes au sein du gouvernement d'Aminata Touré. Il démissionne de ce poste en juillet 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille libanaise qui immigre au Sénégal dans les années 1940 (à la suite d'une erreur, ses parents pensaient se rendre à Marseille[2]), il est né à Louga. Jeune, il fait partie de l'équipe espoir de nage du Dakar[3]. A 17 ans, il est apnéiste. Après son bac, il travaille d'abord comme fabricant de meubles pendant 12 ans[4].

En 1984, il passe son diplôme de plongeur professionnel en France, et devient directeur de l'Oceanium de Dakar, qui n'était alors qu'une école de plongée[2]. L'Oceanium forme des militaires, des gendarmes, des agents des eaux et forêts et même les pompiers de Paris[5].

Militant écologiste[modifier | modifier le code]

Lots d'une plongée en mer, il tombe sur une pêche à l'explosif et s'horrifie du spectacle. Il filme et produit alors la scène, le début de la transformation de l'Oceanium de Dakar en association de protection de la nature[5].

En 2002, lors du naufrage du Joola qui fit près de 2 000 victimes, il est l'un des premiers sur les lieux de la catastrophe. Il plonge, filme et livre ses observations avec amertume[6],[7]. Il est élu « homme de l'année » par la Radio-télévision sénégalaise

Très actif contre la surpêche, Haidar El Ali a donné à son groupe de plongeurs un objectif de dépollution de l'océan au large du Sénégal : récupérer les quelque 3 000 filets de pêches abandonnés qui continuent à emprisonner les poissons. L'équipe en a déjà enlevé 1 000[8].

En 2004, accompagné des collectivités locales, Haïdar El Ali entreprend la reconversion de l'économie de pêche en écotourisme dans le delta de Saloum[5].

Par ailleurs, cet écologiste convaincu sensibilise toutes les couches de la population à la nécessité de vivre en harmonie avec la nature. Ainsi, les populations comprennent de plus en plus l'importance du respect de l'environnement et luttent contre les déséquilibres engendrés par l'homme, en particulier dans la mangrove. En 2009, Haidar El Ali y a insufflé une dynamique qui a permis de replanter 30 millions de palétuviers en Casamance. Un de ses nombreux objectifs pour l'année 2010 est de replanter 100 millions d'arbres[9].

En 2008, à la tête de l'Oceanium, Haïdar El Ali mène dans la forêt de Casamance une opération de replantation de 3 millions de palétuviers[10]. Mais en mai 2016, un drone piloté par l'équipe de l'Oceanium met à nu le chantier d'une exploitation illégale de bois de vène dans la même forêt. Haïdar El Ali annonce que ce pillage, actif depuis 2010, pourrait transformer la forêt en désert dans les 2 ans[11].

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Après avoir soutenu Ousmane Tanor Dieng lors de l'élection présidentielle sénégalaise de 2012, il est nommé en avril 2012 ministre de l’Écologie et de la Protection de la nature dans le premier gouvernement formé après l'accession de Macky Sall à la présidence de la République[12],[4]. Il est reconduit dans ses fonctions ministérielles en septembre 2013 au sein du gouvernement d'Aminata Touré, mais chargé de la Pêche et des Affaires maritimes[13].

Début 2014, Haïdar El Ali révise l'accord thonier avec l'Union européenne, une révision qui rend payant l'accès à la pêche dans les eaux sénégalaises. Face aux messages de contestation de cette décision par Greenpeace, Haïdar El Ali rappelle qu'avant la révision de cet accord datant de 2006 et gardé secret jusqu'alors, les pêcheurs européens se servaient gratuitement dans les eaux sénégalaises[14]. Durant la même période, il décide d'arraisonner un bateau de pêche russe, le Oleg Naydenov, qui venait pêcher illégalement dans les eaux sénégalaises. La diplomatie russe le tague alors de "sous-marin de Greenpeace"[15].

Puis toujours en 2014, il se lance dans la course des élections locales sous la bannière de la FEDES (Fédération démocratique des écologistes du Sénégal) à Ziguinchor. À la suite de sa défaite face à Abdoulaye Baldé, il démissionne en juillet 2014 de son poste de ministre de la pêche et des affaires maritimes, Oumar Guèye lui succèdant[16]. Dans une interview avec le magazine Jeune Afrique, Haïdar El Ali affirme qu'il souhaiterait se présenter à la présidentielle sénégalaise mais qu'il ne bénéficie pas des fonds nécessaires car il refuse toute forme de corruption[17]. En février 2016, il approuve la décision de Macky Sall d'effectuer un septennat et non un quinquennat[18].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Hervieu-Wane, Dakar l'insoumise, cf. bibliographie, p. 207
  2. a et b Olivier Herviaux, « Haïdar el Ali, vert combattant exemplaire », sur Africamix.blog.lemonde.fr,‎
  3. « Haïdar El Ali », sur Leaders-afrique.com
  4. a et b Nicolas Michel, « COP 21 – Sénégal : Haidar El Ali, l’infatigable lutteur », sur Diasporas.fr,‎
  5. a, b et c Bernadette Gilbertas, « Sénégal : Saloum, le delta du cœur », sur Lefigaro.fr,‎
  6. Almamy Mamadou Wane, Le Sénégal entre deux naufrages ? : le Joola et l'alternance, L'Harmattan, Paris, 2003, p. 15-16
  7. Olivier Herviaux, « Joola : neuf mandats d’arrêt délivrés par la justice française », sur Lemonde.fr,‎ (consulté le 26 juin 2016)
  8. héros de la nature : Sénégal épisode 13, in Vu du ciel, émission de Yann-Arthus Bertrand
  9. héros de la nature : Sénégal épisode 13, in Vu du ciel, une émission de Yann-Arthus Bertrand
  10. Olivier Herviaux, « Sénégal : cinq millions de palétuviers pour la Casamance », sur Lemonde.fr,‎ (consulté le 26 juin 2016)
  11. Amadou Oury Diallo, « Sénégal : Haïdar El Ali sonne l’alerte sur le pillage des forêts de la Casamance », sur Jeuneafrique.com,‎ (consulté le 26 juin 2016)
  12. Olivier Hervaux, « Sénégal : Haïdar el Ali, le vert combattant, est devenu ministre de l’écologie », sur Lemonde.fr,‎
  13. Sénégal : Youssou Ndour out, Sidiki Kaba entre dans le nouveau gouvernement de "Mimi" Touré", Jeune Afrique, 3 septembre 2013
  14. « Accord de pêche : Ali Haïdar dit avoir régularisé une "situation anormale" avec l’Union européenne », sur Leral.net,‎
  15. Christophe Boisbouvier, « Haïdar el-Ali, ministre sénégalais de la Pêche et des Affaires maritimes », sur Rfi.fr,‎
  16. « Haidar El Ali : 'J'ai servi mon pays, je pense avoir fait mon devoir' », sur Senxibar.com,‎
  17. Mathieu Olivier, « Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique » », sur Jeuneafrique.com,‎
  18. El Bachir Ndiaye, « Mandat Présidentiel : Haïdar El Ali soutient la décision du Président Macky Sall », sur Senews.com,‎ (consulté le 26 juin 2016)
  19. « Distinction : Ali Haïdar élevé au grade d'Officier de la Légion d’honneur français », sur Leral.net,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernadette Gilbertas, Haidar El Ali. Itinéraire d'un écologiste au Sénégal, Éditions Terre vivante, 2010
  • Fabrice Hervieu-Wane, « Haïdar el-Ali. La sentinelle de l'écologie », Dakar l'insoumise, Éditions Autrement, Paris, 2008, p. 30-37 ; 207
  • Olivier Herviaux, « Haïdar El-Ali, militant courageux de l'océan », Le Monde, 6 janvier 2009, en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]