Dodik Jégou

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Dodik Jégou
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Naissance
Nom de naissance
Marie-Charlotte Le Berre
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Maître
Jos Le Corre, Robert Paulo Villard
Distinctions

Dodik Jégou, née Marie-Charlotte Le Berre le à Quimper (Finistère), est une artiste peintre, céramiste et poète, fondatrice et directrice de la Maison internationale des poètes et des écrivains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née, dans le vieux quartier de la cathédrale, dans une famille de brodeurs, de tisserands et de créateurs du pays bigouden[1], ses arrière-grands-parents avaient lancé le picot d'Irlande dans les ateliers de Pont-L'Abbé, Locronan et Quimper. La famille Pichavant, dont elle descend, brodait pour des académiciens et pour le tsar de Russie[2].

Elle est la fille et l'aînée de neuf enfants dont le père, Marc Le Berre[3], tenait le magasin À la Ville d'Ys à Quimper[4]. Son père a été l'inventeur du Kabig (sorte de veste à capuchon). Il rachètera plus tard les vieux métiers à tisser de Coco Chanel[5]. Sa mère Anne-Marie Kerloc'h, lui apprit l'art de tenir une maison. Dans le magasin paternel elle y rencontra les artistes qui exposaient leur production : René-Yves Creston, Georges Géo-Fourrier, Robert Micheau-Vernez, René Quillivic et la céramiste Berthe Savigny (1882-1958)[4].

Son père, le soir à la veillée, initie Dodik Jégou aux contes et légendes bretonnes[1] et lui offre les contes de François-Marie Luzel qui inspireront son œuvre[6]

Attirée par les arts, elle s'inscrit à l'école régionale des beaux-arts de Quimper[1]. Dans le cadre de ses études, elle fréquente la faïencerie Keraluc. Pendant ses vacances, elle fréquente aussi la Manufacture Henriot, qui lui loue un local et lui fournit le matériel pour ses œuvres[4]. Elle sera l'élève de Jos Le Corre (1925-1979). Elle rencontre Gwen Jégou (1931-2011) à l'école des beaux-arts, celui-ci deviendra son époux en 1955. De cette union naîtront Gaïde Jégou[7] et le graveur Tugdual Jégou, [8].

Ils ouvrent leur premier atelier de céramique à Saint-Malo en 1956[1], dans une petite boutique intra-muros, place de la Poissonnerie.

En 1979, avec Gwen Jégou, elle crée les Rencontres chez Gwen et Dodik au no 4 rue Chateaubriand pour promouvoir des artistes et des écrivains de Bretagne, dans ce que les malouins appelaient Le Petit Théâtre de Gwen et Dodik, salle d'une grande simplicité avec une estrade où furent reçus une pléiade d'artistes, poètes, écrivains, chanteurs. Organisant jusqu'à 25 rencontres par été, ils y firent venir plus de 2 500 écrivains du monde entier entre 1979 et 1984.

Dans leur atelier malouin, Gwen Jégou sculpte la terre et le fer, et Dodik Jégou réalise des céramiques pseudo-naïves dans un style très daté des années 1960. Son travail est inspiré des légendes et contes bretons, notamment dix sept céramiques Ventre-à-terre l'aventurier. Elle s'inspire également et des vieux contes celtiques du Voyage de saint Brendan et des chants du Barzaz Breiz.

La ville de Cancale lui commandera la réalisation d'un panneau en céramique qu'elle réalise avec les élèves du collège d'enseignement général de la ville. Cette œuvre est par la suite détruite pour agrandir l'établissement, et elle délaissera la céramique pendant une dizaine d'années.

En 1981, elle organise les Rencontres poétiques de Bretagne[3], aussi appelées Rencontres poétiques internationales de Bretagne, qu'elle préside depuis 1982[9]. En 1984, elle participe au congrès mondial des poètes à Marrakech, présidé par Léopold Sédar Senghor[10]. Ainsi, lors de ces rencontres en 1986 au Mont-Saint-Michel, elle reçoit notamment Léopold Sédar Senghor, Pierre-Jakez Hélias et Gérard Le Gouic[3]. Pour elle, « la culture n'existe que comme échange, lien, ouverture sur le monde »[9].

En 1990, avec l'aide de la ville de Saint-Malo, elle ouvre la Maison internationale des poètes et des écrivains, inaugurée par Federico Mayor Zaragoza, le directeur de l'UNESCO[11], le député-maire de Saint-Malo, René Couanau, de Camilo José Cela, prix Nobel de littérature qui en est le parrain, d'Édouard J. Maunick, de Pierre-Jakez Hélias, le . Depuis, elle dirige et anime cette maison comme elle le faisait pour le petit théâtre qu'elle monta, et où elle recevait écrivains, chanteurs et artistes. Plus de 2 000 écrivains et artistes de différentes nationalités y sont passés entre 1990 et 2002. Elle y organise des ateliers d'écriture et des promenades littéraires. Cette maison est présidée depuis août 2014 par le journaliste Pascal Verdeau, mais Dodik Jégou, fondatrice, la dirige encore de fait[12].

En 1995, elle fut l'invitée d'honneur au congrès de l'Organisation mondiale des poètes à Sintra au Portugal. En 2003, la ville de Saint-Malo l'a choisie pour présider le jury du festival international des contes et légendes dont la première édition eu lieu en 2004.

Elle est également cofondatrice et membre de la Maison des métiers d'art français.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

Tapisseries[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

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Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1981 : dix sept fresques sur l'œuvre d'Angèle Vannier au Parlement de Bretagne ;
  • du 15 au 27 septembre 1985 : Paris, maison de l'Unesco, Contes et légendes des pays celtiques, quarante fresques de céramiques. Exposition inaugurée par Henri Lopes, directeur de la Culture et de la Communication de l'UNESCO) ;
  • août 1989 : Rennes, bibliothèque municipale, Les tombées de la nuit, douze fresques sur le chant des séries du Barzaz-Breiz. Également exposées au musée des beaux-arts de Quimperlé[Informations douteuses] [?] pour le 150e anniversaire de la publication de Barzaz-Breiz[14] ;
  • 2001 : Saint-Malo, inauguration de la Maison des légendes au no 4 rue Chateaubriand, qui rassemble des fresques de Dodik Jégou ayant été exposées dans des capitales européennes ;
  • Dans toute l'Europe: Barcelone, Bruxelles, Cannes, Deauville, Florence, Francfort, Londres, Lyon, Munich, Paris, Prague, Salonique, Strasbourg, Stuttgart[15],[16].

Publications[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

En 1985, l'UNESCO lui rend hommage lors d'une exposition de ses œuvres autour du thème des Légendes des pays celtiques et une soirée rassemblant les personnalités les plus marquantes de Bretagne sur le plan artistique, littéraire, auteurs, compositeurs, musiciens, chanteurs[17].

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Les récits de Dodik sont des visions symboliques du monde de l'esprit, et la représentation qu'elle en fait par ses céramiques est un univers merveilleux, où la puissance du rêve se manifeste avec éclat »Pierre-Jakez Hélias, cité dans le film Le Légendaire de Dodik (1984) de Franco Calafuri, France 3 Pays de la Loire.
  • « Dodik est un grand poète naif au sens étymologique et élogieux du terme nativus “à l'état naissant” car elle est un de ces êtres privilégiés qui savent demeurer ouverts en permanence au mystère et à la beauté secrète des choses. Elle crée, pour notre délectation et notre ravissement le plus pur, un royaume d'allégresse candide qui nous laisse la tête éclaboussée de songes » - Luce-Claude Maître, journaliste au Conseil de l'Europe[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Dodik, une artiste aux multiples étiquettes », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 13 février 2016).
  2. Dodik Jégou et Christophe Penot, La Maison international des poètes et des écrivains, Saint-Malo, Éditions Cristel, 2002, p.28, 57 p.
  3. a, b et c Pelletier 1990, p. 336.
  4. a, b et c « Jégou [Dodik Le Berre-Jégou dit Dodik] », sur abceramique.com (consulté le 14 février 2016).
  5. Le Pays Malouin, 20 mars 1992.
  6. Erwan Chartier, Armor Magazine, no 146, p. 56-57.
  7. La fille de Gaïde Jégou, Raphaëlle Barquissau, est également peintre céramiste, artiste peintre, élève de sa mère et de sa grand-mère
  8. Pelletier 1990, p. 329.
  9. a et b Pelletier 1990, p. 441.
  10. Dodik Jégou et Christophe Penot, La Maison internationale des poètes et des écrivains, Saint-Malo, Éditions Cristel, 2002, p.15, 57 p. (ISBN 2-84421-023-6)
  11. Migliorini Robert, « Le lieu. Une maison de légendes à Saint-Malo », La Croix,‎ , p. 15
  12. « La Maison des poètes lance sa nouvelle saison », Ouest-France, (consulté le 14 janvier 2016).
  13. Katell Morin, « Dodik, une artiste aux multiples étiquettes », Ouest-France, 25 septembre 2014.
  14. Armor Magazine[réf. incomplète].
  15. Ouest-France, Saint-Malo, 25 septembre 2014.
  16. Dodik Jégou, et Christophe Penot, La Maison internationale des poètes et des écrivains, Saint-Malo, éditions Cristel, 2002,p.22/57 p. (ISBN 2-84421-023-6)
  17. Pierre Le Goff, Armor Magazine, n°188, septembre 1985.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yannick Pelletier, Histoire générale de la Bretagne et des Bretons: Culture et mentalités bretonnes, Nouvelle librairie de France, , p. 327, 329, 336, 439, 441 [extraits en ligne].
  • Christophe Penot, La Maison internationale des poètes et des écrivains, Éditions Cristel, l'aventure du Livre à Saint-Malo, décembre 2002.
  • « Dodik, une artiste aux multiples étiquettes », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 13 février 2016).
  • Mario Vargas Llosa Entretien avec Dodik Jégou, Éditions Terre de Brume, 2003.
  • Erwan Chartier, « Les émaux pour le dire, Dodik, une imagière de la culture populaire bretonne », Armor Magazine, n°146 , pp. 56 et suivantes.

Reportages télévisés[modifier | modifier le code]

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  • Avec… Gwen et Dodik, 1980, film de Pierre Desagneaux, France Régions 3 Rennes, 12'33 (en ligne) ;
  • Une famille d'artistes, 1981, FR3 ;
  • Deux heures avec Gwen, Dodik,et leurs amis, 1984, FR3 ;
  • Le légendaire de Dodik, 1984, de Franco Calafuri, FR3 Pays de Loire ;
  • La Ruée vers l'air, 2005, TV5, documentaire d'une heure où Dodik Jégou et trois autres invités racontent la Rance.

Émissions radiophoniques[modifier | modifier le code]

  • Nombreuses émissions radiophoniques en Europe et dans le monde : URSS, Japon.[réf. nécessaire]

Liens externes[modifier | modifier le code]