Dewoitine D.520

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Dewoitine D.520
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Un Dewoitine D.520 exposé au musée du Bourget
Un Dewoitine D.520 exposé au musée du Bourget

Constructeur Drapeau : France Société aéronautique Dewoitine
Rôle Avion de chasse
Statut retiré du service
Premier vol
Mise en service 1940
Date de retrait 1953
Nombre construits 900
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Hispano-Suiza 12Y45 ou 12Y49
Nombre 1
Type 12 cylindres en V à refroidissement liquide
Puissance unitaire 935 ch
Dimensions
Dewoitine D.520.svg
Envergure 10,18 m
Longueur 8,75 m
Hauteur 2,57 m
Surface alaire 15,97 m2
Masses
À vide 2 090 kg
Avec armement 2 670 kg
Maximale 2 780 kg
Performances
Vitesse maximale 540 km/h
Plafond 11 000 m
Vitesse ascensionnelle Jusqu'à 6 000 m :de 800 à 690 m/min
Rayon d'action 1 250 km
Armement
Interne Canon Hispano-Suiza HS-404 de 20 mm avec 60 obus
4 mitrailleuses MAC 34-M39 de 7,5 mm avec 675 cartouches par arme, soit un total de 2 700 projectiles
Avionique
Dewoitine

Le Dewoitine D.520 est un avion de chasse français de la Seconde Guerre mondiale, réputé de nos jours comme le meilleur que la France ait pu aligner contre l'Allemagne lors de la bataille de France.

Conception[modifier | modifier le code]

Profil d'un D.520

Conçu à partir de 1936 par Émile Dewoitine, pour répondre à un appel d'offres de l'armée de l'air française recherchant un chasseur succédant au Dewoitine D.510, et capable d'atteindre 520 km/h, le projet sera mené à terme par la nouvelle Société nationale des constructions aéronautiques du Midi (issue de la nationalisation des ateliers Dewoitine). Trois prototypes furent construits : le premier, qui vola la première fois le , équipé d'un Hispano-Suiza 12Y21 de 890 ch, ne parviendra pas à dépasser 480 km/h. Remotorisé par un 12Y29 et équipé d'une hélice à pas variable, à la suite d'un accident, il atteindra alors, piloté par Léopold Galy, la vitesse de 825 km/h en piqué.

Les deux autres prototypes suivirent au cours de 1939, équipés, eux, de leur armement, et en mars, 200 exemplaires furent commandés, suivis de 600, par la suite réduits à 510 supplémentaires en juin 1939 . En septembre 1939, avec l'ouverture des hostilités, le total des commandes passa à 1 280 et, en avril 1940, à 2 250.

Le D.520 de série, dont le premier exemplaire fut produit en , était équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Y45 de 935 ch et armé de quatre mitrailleuses MAC34 Mod39 dans les ailes, approvisionnées de 675 coups, et d'un canon de 20 mm HS-404 avec 60 coups tirant à travers l'axe de l'hélice. Son assemblage demande 8000 heures de travail[1].

Il commença à équiper l'armée de l'air à partir de janvier 1940, mais ne fut véritablement opérationnel qu'à partir du 13 mai 1940. À l'armistice, 437 exemplaires avaient été produits et 351 livrés.

En avril 1941, la production reprit pour équiper l'armée de l'air du régime de Vichy, qui en commanda 550 exemplaires. Il servit aussi d’avion d’entraînement à la future escadrille « Normandie Niemen »[réf. nécessaire][2].

En 1944, les D.520 repris aux armées d'occupation équipèrent le 1er groupe de chasse FFI, sous le commandement de Marcel Doret, pour effectuer des missions sur la région de Bordeaux et la poche de Royan.

775 exemplaires au total furent produits.

Engagements[modifier | modifier le code]

Bien qu'un peu moins rapide que le Messerschmitt Bf 109, il était plus maniable, et il fut l'un des seuls appareils capables de lui résister en mai-juin 1940 durant la bataille de France. Toutefois, construit en trop petit nombre et arrivé trop tard dans les divers groupes de chasse qu'il équipait, il ne suffit pas à renverser le cours de l'histoire.

La première unité à en être équipée fut le groupe de chasse I/3, qui reçut des exemplaires non armés en janvier et 34 avions de série, en avril et mai ; au déclenchement de l'offensive allemande, ce groupe est la seule unité à en être pourvue, avec 34 avions opérationnels. Les appareils de ce groupe obtinrent leurs premières victoires, le 13 mai, en abattant trois Henschel Hs 126 et un Heinkel He 111, sans aucune perte. Le GC II/3 suivit le I/3 presque immédiatement (engagé le 15 mai). Par la suite, les GC II/2, GC III/3, GC III/6 et GC II/7 en reçurent aussi, ainsi que les GC II/6 et GC III/7, mais qui, eux, rééquipés trop tard, ne purent participer aux combats sur D.520. L'escadrille de chasse no 1, de l'aéronavale, en reçut quelques-uns.

Le Dewoitine D.520 est cependant crédité de 147 victoires (108 confirmées et 39 probables) en combat aérien contre la Luftwaffe et la Regia Aeronautica, pour 54 avions (D.520) perdus[réf. nécessaire].

En 1941, les Dewoitine de l'Armée de l'Air (G.C III/6, II/ et de l'Aéronavale (Escadrille 1.A.C) participèrent à la campagne de Syrie.

Le Dewoitine D.520 du Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, vu de face en 2010.

Le 8 novembre 1942, les Dewoitine du G.C III/3 de l'Armée de l'Air et de la Flottille 1.F de l'Aéronavale de Port-Lyautey combattirent lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (« opération Torch »). Le G.C. III/3, basé à Tafraoui, abattit 9 avions de l'US Navy pour la perte de 7 des siens[3].

Certains appareils capturés par l'armée allemande, lors de l'invasion de la zone non occupée en novembre 1942, furent utilisés comme avions d'entraînement par la Luftwaffe et d'autres puissances de l'Axe. Ils furent aussi vendus en grand nombre à la force bulgare, environ 150 appareils qui luttèrent contre les appareils américains.

À la libération, le D.520 reprit du service au sein du groupe de chasse FFI de Marcel Doret (et au corps franc Pommiès), qui devint le 30 novembre 1944, le groupe G.C. 11/18 « Saintonge », et qui combattit lors des opérations au-dessus de la poche de Royan.

À la fin de la guerre, les appareils restants furent utilisés pour l'entraînement des pilotes français, et ce jusqu'en 1953.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • D.520 : Version de production principale, parfois désignée « D.520 S » (pour « Série ») ou « D.520 C1 » (pour « chasseur » – monoplace).

Variantes directes[modifier | modifier le code]

En 1940, la SNCAM avait plusieurs projets pour adapter à la cellule du D.520 des moteurs plus puissants. Ces développements ont été interrompus par l'armistice de juin 1940[4].

  • D.521 : Moteur remplacé par un Rolls-Royce Merlin III, 1 seul exemplaire construit, mais le projet est annulé ;
  • D.522 : Moteur remplacé par un Allison V-1710 C-1, projet abandonné après l'armistice (22 juin 1940) ;
  • D.523 : Moteur remplacé par différentes légères sous-variantes d'un Hispano-Suiza 12Y-51 de 1 100 ch, avec suralimentation Szydlowski-Planiol. Le prototype D.523 a achevé ses essais de pré-production en juin 1940 ;
  • D.524 : Version alimentée par un moteur Hispano-Suiza 12Y-89ter. 1 seul exemplaire construit, qui n'a jamais volé ;
  • D.525 : Développement du D.523 ;
  • D.530 : Version prévue avec un moteur Rolls-Royce Merlin de 1 400 ch ou Hispano-Suiza 12Y de 1 800 ch.

Projets d'avant-guerre[modifier | modifier le code]

  • HD.780 : hydravion à flotteurs dérivé du D.520 : un prototype est construit, mais il ne vole pas. Le développement est annulé à l'armistice ;
  • D.790 : Projet d'avion de transport de charges. Aucun n'est construit ;
  • D.550 : Avion de record de vitesse. La cellule est inspirée du D.520 avec une construction allégée. Un exemplaire est construit, mais n'effectue aucune tentative de record ;
  • D.551 et D.552 : Développements militaires du D.550. Douze exemplaires sont construits, mais aucun ne vole. Le développement est repris en 1941, mais est rapidement arrêté par les Allemands. À ce propos Marcel Doret dira, en bon amateur de chevaux, que comparer le D-520 au D-550, reviendrait à comparer un Mérens à un Mustang[5]. Une association prévoit de faire voler une réplique en 2018[6].

Développements post-armistice[modifier | modifier le code]

Plusieurs projets ont été lancés après l'armistice de juin 1940. Ils ont tous été arrêtés à la suite de l'occupation allemande de la France méridionale en novembre 1942.

  • D.520 amélioré : Production unique expérimentale du D.520, équipée d'améliorations mineures devant augmenter la vitesse tout en conservant le même moteur ;
  • D.520 Z : Cellule du D.520 avec le moteur Hispano-Suiza 12Z de 1 600 ch (prototype) et améliorations mineures. Un exemplaire a été construit. Le développement a repris après la guerre (comme SE.520Z), mais a finalement été annulée en 1949 ;
  • M.520 T : Cellule différente vaguement basée sur celle du D.520. Aucun construit.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

  • D.520 DC : (version à double commande en tandem) Conversion en avion d'entrainement à deux places, au moins 13 construits.

Opérateurs[modifier | modifier le code]

Opérateurs principaux

Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
Drapeau de la France France
Flag of Free France (1940-1944).svg
Flag of the German Reich (1935–1945).svg
Flag of Italy (1861-1946).svg

Opérateurs prévus

Drapeau de la Roumanie Roumanie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Avec l’impression 3D, il sera possible de faire voler un avion de la Seconde Guerre Mondiale », sur Zone Militaire (consulté le 26 mars 2017)
  2. La bibliographie sur le Normanide-Niemen permet de contester cette affirmation. Il convient de rectifier ! Le D520 n'a jamais été utilisé comme avion d'entrainement pour les futurs pilotes du NN. La plupart des pilotes avaient volé sur D520 ou MS406, au sein de l'Armée de l'Air française. Certains ont affronté victorieusement des as allemands. L'avion d'entrainement du Normandie-Niémen a été le Yak 7 double commandes. Les avions Yak ont été délibèrément choisis à cause de la similitude du moteur Klimov M.105PF3 2 avec le moteur Hispano-Suiza HS 12Y21.
  3. Paul A. Ludwig et Michel Bénichou, « Americaan D.520 », Le Fana de l'Aviation, no 255,‎ (ISSN 0757-4169)
  4. Belcarz 2005, p. 8
  5. Marcel Doret, Trait d'Union avec le ciel, éditions France-Empire, Paris, 1954.
  6. « Le Dewoitine D551 - Réplic'Air », sur replicair.fr (consulté le 26 mars 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lefebvre 1973a : Jean-Michel Lefebvre, 4e escadre de Chasse, Le Fanatique de l'aviation, no 46, août 1973, p. 16
  • Lefebvre 1973b : Jean-Michel Lefebvre, 4e escadre de Chasse, Le Fanatique de l'aviation, no 48, octobre 1973, p. 10
  • Lefebvre 1976 : Jean-Michel Lefebvre, Escadron 2/7 Argonne, De la Bataille de France aux chasseurs à réaction, Historique - 4e partie, décembre 1976, p. 20
  • Cuny, Danel 1980 : Jean Cuny et Raymond Danel, Le Dewoitine D. 520, éd. Larivière, Docavia, 1980, 332 p.
  • Botquin 1981a : Gaston Botquin, Marques et camouflages de l'Armée de l'Air 1935 1945, 2e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 141, août 1981, p. 10
  • Botquin 1981b : Gaston Botquin, Marques et camouflages de l'Armée de l'Air 1935 1945, 3e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 142, septembre 1981, p. 32
  • Botquin 1981c : Gaston Botquin, Marques et camouflages de l'Armée de l'Air 1935 1945, 4e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 143, novembre 1981, p. 32
  • Botquin 1981d : Gaston Botquin, Marques et camouflages de l'Armée de l'Air 1935 1945, 5e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 144, novembre 1981, p. 32
  • Fruchart 1982 : Guy Fruchart, L'histoire du premier D 520 converti. Dewoitine 520 DC, Le Fanatique de l'aviation, no 148, mars 1983, p. 4
  • Lombaert 1982 : Raphael Lombaert, J'ai piloté le D 520 DC, Le Fanatique de l'aviation, no 148, mars 1982, p. 9
  • Nowarra 1982 : Heinz Nowarra, Quand les D 520 se battaient contre leur camp, Le Fanatique de l'aviation, no 150, mai 1982, p. 22
  • Rivière 1983 : Pierre Rivière, Les Forces Aériennes de l'Atlantique 1944/45, Retour à l'envoyeur, Le Fanatique de l'aviation, no 150, mai 1982, p. 22165, août 1983, p. 18
  • Morareau 1986a : Lucien Morareau, La 1re flotille de chasse, 6e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 202, septembre 1986, p. 20
  • Morareau 1986b : Lucien Morareau, La 1re flotille de chasse, 7e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 203, octobre 1986, p. 14
  • Morareau 1986c : Lucien Morareau, La 1re flotille de chasse, 8e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 204, novembre 1986, p. 39
  • Morareau 1986d : Lucien Morareau, La 1re flottille de chasse, 9e partie, Le Fanatique de l'aviation, no 205, décembre 1986, p. 44
  • Baudru 1993 : Rémi Baudru, Quand l'Armée de l'Air partit en Syrie, combattre la RAF. Ce que racontent les photos, Le Fanatique de l'aviation, no 287, novembre 1993, p. 16
  • Baudru 1996a : Rémi Baudru, Histoire, Les premiers Dewoitine 520 de la France Libre, Le Fanatique de l'aviation, no 314, janvier 1996, p. 32
  • Baudru 1996b : Rémi Baudru, Histoire, Les avions des FFI de Châteauroux, Le Fanatique de l'aviation, no 337, décembre 1997, p. 42
  • Spick 1999 : Mike Spick, Histoire. Une petite histoire du combat aérien, Le Fanatique de l'aviation, no 354, mai 1999, p. 42
  • Bénichou 1999 : Michel Bénichou, Les rapports des pilotes français dénonçant les carences de 1940, Le Fanatique de l'aviation, no 354, mai 1999, p. 52
  • Promé 1999 : Jean-Louis Promé, Les combats fratricides de l'été 1941, Le Fanatique de l'aviation, no 358, septembre 1999, p. 12
  • Tuslane 2004 : François Tuslane, Une vie pour la "grande bagarre". Jean Tuslane, 1912 - 1943, Le Fanatique de l'aviation, no 413, mars 2004, p. 46
  • Dominique, Jouineau 2005 : Dominique Breffort, André Jouineau, L'aviation française, de 1939 à 1942. Chasse, bombardement, reconnaissance et observation. Volume 2. De Dewoitine à Potez, Avions et pilotes no 8, éd. Histoire et collections, ISBN 978-2-9152-3948-5, 2005, 81 p.
  • Giancardo 2010 : Garello Giancardo, Ces Dewoitine qui défendaient Mussolini. Les avions français capturés par l'Italie, Le Fanatique de l'aviation, no 483, février 2010, p. 16, Histoire. Une petite histoire du combat aérien, Le Fanatique de l'aviation, no 354, mai 1999, p. 42
  • Comas, Le Gal 2013 : Matthieu Comas et Yann Le Gal, Histoires d'avions. Dewoitine 520. Morane 406. Potez 631. septembre 1939/ juillet 1940, Hors-série Avions no 34, éd. Lela Presse, 2013, 80 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]