Désert des Agriates

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Vue satellite des Agriates.

Le désert des Agriates ou les Agriates (L'Agriate en langue corse) est un territoire de Corse partagé entre les micro-régions de Balagne[1] à l'ouest et du Nebbio[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Ostriconi, limite occidentale des Agriates.

Situation[modifier | modifier le code]

Les Agriates sont un territoire bordé au sud par un massif montagneux, la Serra di Tenda, et partout ailleurs par la mer Méditerranée. Ce territoire se partage d'ouest en est, entre les communes de Palasca, San-Gavino-di-Tenda, Santo-Pietro-di-Tenda et Saint-Florent. Les Agriates ont pour seul lieu habité le village épars de Casta.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

D'une superficie d'environ 15 000 ha, les Agriates sont délimitées géographiquement :

Situées sur les contreforts de la Serra di Tenda au sud, les Agriates s'étendent jusqu'à la mer au nord. Elles se partagent en deux parties, à peu près égales, séparées par la rivière Liscu :

  • Le secteur occidental

Un chaînon secondaire au nord, indépendant de l'axe principal du massif de Tenda, délimite une région bien individualisée et non visible depuis la route départementale 81. Les rhyolites et les tufs donnent des formes arrondies au relief de la montagne située dans le Désert des Agriates et s'étendant de la Cima d'Ifana (479 m) jusqu'à Bocca di Sordali (198 m)[3]. La majeure partie, celle occidentale, est en zone protégée ;

  • Le secteur oriental

Le secteur oriental moins accidenté, composé de roches anciennes granitiques, présente des parties plus planes, aujourd'hui encore cultivées par endroit avec des plantations de vigne en coteaux. Dans les années 1800, l'Agriate était considérée comme le grenier à blé de la Corse. Le monte Genova (421 m) est son culmen. À l'est où se situe le champ de tir de Casta, un petit chaînon indépendant comporte le monte Revincu (356 m). La zone comportant deux dolmen classés MH, est protégée.

Façade maritime
Rencontres insolites sur le parking desservant la plage.

Sa façade maritime est constituée d'une côte déchiquetée, comportant une série de caps et de plages de sable fin. Elle est baignée à l'est par le golfe de Saint-Florent.
Elle est longée par un sentier du littoral, dit « sentier des douaniers ».Trois tours génoises aujourd'hui ruinées : les Tour de Mortella (en) et Fornali à l'est et celle de l'Ostriconi [4](au nord des bergeries ruinées d'I magazini) à l'ouest, ont été édifiées aux extrémités pour en assurer la surveillance. D'autres tours étaient projetées et pour certaines débutées le long de la côte entre la Punta di Paraghiola à l’ouest et la Punta Vecchiaia (Patrimonio) à l’est[5]

D'est en ouest, on rencontre :

  • la Plage de la Roya (Saint-Florent) ;
  • l'anse de Fornali, sa tour paoline[6] et son pharei ;
  • la Punta Mortella, sa tour génoise et son phare ;
  • l'îlot voisin de la Pignata ;
  • la plage du Loto partagée entre les communes de Saint-Florent et de Santo-Pietro-di-Tenda ;
  • la Punta di Curza la plus au nord ;
  • l'anse de Faghjula avec la plage de Saleccia ;
  • la Punta di Mignola ;
  • la plage de Trave ;
  • la Punta Negra ;
  • la plage de Ghignu ;
  • la Punta di Pietra Alta avec la plage d'Alga Putrica ;
  • l'anse de Malfalcu, la base de sa tour et sa plage ;
  • la Punta di Malfacu ;
  • l'anse de l'Arghiaghiu avect la marine d'Alga du nom du ruisseau éponyme (San-Gavino-di-Tenda) ;
  • la Punta di Solche ;
  • la baie de l'Acciolu avec une plage au fond de l'anse de Recisa ;
  • la Punta di l'Acciolu (Palasca) ;
  • l'anse de Pinzuta ;
  • l'anse de Vana ;
  • la Punta di Paraghiola ;
  • l'anse de Peraiola avec la plage de l'Ostriconi.

Une zone marécageuse se situe entre la plage de Saleccia et la plage du Loto : marais de Padulella, marais de Pardinela et marais de Cannuta. Elle se prolonge avec l'étang de Panecalellu (Saint-Florent) et l'étang de Loto (Santo-Pietro-di-Tenda).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

De nombreux ruisseaux s'écoulent dans les Agriates ; d'est en ouest, les principaux sont :

  • le ruisseau de Valdolèse[7], long de 2,3 km, alimenté par le fiume Buggiu[8], long de 10,1 km ;
  • le fiume Santu long de 9,9 km est le nom du ruisseau de Monticellu en aval[9] ;
  • le ruisseau de Panecalellu[10], qui verse dans l'étang éponyme, avant de se jeter en mer à la plage du lotu ;
  • le ruisseau de Niolincu[11] qui traverse le marais de Cannuta puis l'étang de Loto avant d'arriver à la mer au nord de la plage du même nom ;
  • le Liscu, 10,7 km qui termine sa course sur la plage de la Saleccia après avoir traversé le marais de Padulella ;
  • le ruisseau de Scalavita[12] ; il a son embouchure dans la petite cala di Scalavita, à l'ouest de la plage de Saleccia ;
  • le ruisseau de Toccone[13], long de 5 km ; il traverse l'étang de Ghignu avant son embouchure ;
  • le ruisseau de Scruchiella[14], long de 3 km ; il a son embouchure dans la cala di Malfacu ;
  • le ruisseau de l'Alga, 1,2 km[15] qui se jette dans l'anse éponyme (cala di l'Arghiaghiu) ;
  • ruisseau de Tettu[16], 6 km qui se jette dans la cala di l'Arghiaghiu et sépare le littoral de Santo-Pietro-di-Tenda et de San-Gavino-di-Tenda ;
  • le ruisseau de Sualelli[17], long de 6,7 km ; il a son embouchure dans la cala di Vana ;
  • le ruisseau de Tafonatu[18], long de 1,7 km ; il a son embouchure peu au nord de la plage de l'Ostriconi, au lieu-dit i magazini.

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Les Agriates ont longtemps été une terre de culture et d'élevage. Les colonisateurs génois (1299-1778) firent de cette région leur grenier à blé et olives. Jusqu'au début du XXe siècle, outre les deux cultures historiques, on produisait figues, citrons et amandes.

La transhumance y était pratiquée ; on dénombrait encore une centaine de troupeaux de moutons ou brebis à la fin du XIXe siècle.

Les Agriates, dont l'étymologie du nom évoque des terres agraires, propices à la culture, sont aujourd'hui appelés abusivement "désert". Or, contrairement à l'image qu'on se fait d'un désert, la végétation locale, adaptée aux conditions climatiques locales, est bien présente. Elle est composée d'essences traditionnelles du maquis (arbousiers, bruyères, myrtes, cistes, lentisques, chênes verts, oliviers…) ainsi que de pins maritimes, réminiscence de plantations réalisées au milieu du XXe siècle.

Le climat se caractérise par des températures très élevées durant l'été pendant lequel souffle un vent sec et chaud. Les précipitations sont rares mais souvent à caractère orageux.

Accès[modifier | modifier le code]

La route D 81 traverse le territoire d'Est en Ouest, de Saint-Florent à la vallée de l'Ostriconi, où elle rejoint la Balanina (RT 30 ex RN 1197) au lieu-dit Petra Moneta, en passant par le col de Vezzu (Bocca di Vezzu) à 311 mètres d'altitude. Comme dit précédemment, la route départementale 81 délimite le sud du désert des Agriates.

Outre le sentier du littoral qui suit la côte, plusieurs entrées et pistes permettent l'accès aux principaux sites des Agriates. De la route D 81 partent deux pistes principales[19], en direction du nord. La première, longue de 13 km, débute à Bocca di Vezzu et mène à la crique de Malfalcu ou aux paillers et à la plage de Ghignu. La seconde part du relais hertzien de Casta et conduit, en 12 km, à Saleccia (auberge) et sa plage. De la RT 30, au niveau du Domaine de l'Ostriconi, part la piste de Terricie qui aboutit en une dizaine de Kilomètres à la Cala di l'Arghiaghiu.

Des panneaux de prévention et d'information sont en place pour chacune d'elles : Ostriconi, sentier menant aux bergeries de Terricce (San-Gavino-di-Tenda), Bocca di Vezzu d'où part la piste menant à Malfalcu/Alga Putrica, Casta (piste de Saleccia) et Saint-Florent (piste de Fornali). Ces panneaux préviennent les visiteurs du degré des risques incendie qui peut aller jusqu'à la fermeture des pistes décidée en cas de risque exceptionnel.

Des navettes maritimes offrent l'accès aux plages du Loto et de Saleccia au départ de Saint-Florent.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Casta, village de la commune de Santo-Pietro-di-Tenda et seule localité du désert, est traversée par la route D81. Des maisons et quelques rares commerces sont dispersés de part et d'autre de la route, sur près de quatre kilomètres. Au milieu, en bordure de route, se trouve la chapelle San Pancraziu bâtie en pierres de taille de granit blanc.

Au milieu du XXe siècle, une grande partie occidentale des Agriates, propriété des familles Casabianca (ex-propriétaire de la société Casanis à Bastia) et Rothschild, était convoitée pour y développer le tourisme. Un projet de 1 000 lits avait même été étudié aux abords de la marina de Malfalcu. Des pistes avaient commencé à être aménagées dans le désert. C'était sans compter sur le Conservatoire du littoral qui a patiemment racheté l'ensemble des côtes de ce territoire, protégeant ainsi plus de 5600 hectares et 37 km de côtes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pagliaghju (en français « pailler »)

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le site a été occupé depuis le Néolithique, comme en témoignent les fouilles archéologiques et les dolmens du Monte Revincu[20], présents sur le terrain militaire de Casta-nord et classés Monument historique depuis 1889.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

De Mgr Agostino Giustiniani, nommé à l'évêché de Nebbio, le 11 septembre 1514, une description de L'Agriate est donnée dans son Dialogo :

« Après la Mortella vient la plage de la Cavallata, le petit port, Peralto, la pointe de la Corsa, la plage de Saleccia avec un ruisseau, la pointe de la Mignola, la plage de Trave, la pointe de Giunepreto, la plage de Giugno, la pointe de Timoni, le petit port de Malfalco, la plage d'Alga, la pointe des Solche, la calangue des Suppe, la pointe de Lacciuolo, la calangue de Gueno, enfin la plage de la Porraggiola. De cet endroit à la Mortella, il y a environ vingt milles. Ce pays est appelé l'Agriata et se rattache au Nebbio, parce que l'église cathédrale de Nebbio et beaucoup d'autres paroisses de ce diocèse y perçoivent les dîmes. Sur la côte, comme dans l'intérieur des terres, l'Agriata est un pays complètement inhabité. Il y a beaucoup de terres à blé ou, comme disent les Corses, de prese, cultivées par les gens du Nebbio ou ceux du Cap-Corse. Les productions de l'Agriata sont très savoureuses ; le blé, la viande, les poissons même sont les plus exquis de toute la Corse. »

— Agostino Giustiniani, traduction de l'abbé Abbé Letteron in Histoire de la Corse Tome I, Description de la Corse - Bastia Imprimerie et librairie Ollagnier - 1890 p. 16

.

En 1584, l'île est touchée par la famine, toutes les ressources manquaient. « La cause unique, ou du moins la cause principale de la famine qui régna pendant ces tristes années, doit être attribuée à l'abandon qu'avaient fait, de leurs riches et opulents villages les habitants de la côte, lesquels, afin d'échapper aux attaques des barbares, s'étaient retirés pendant les guerres précédentes dans des montagnes arides et stériles »[21]. Ainsi, le village d'Agriata et une partie d'Ostricone furent abandonnés.

Durant des siècles, avant de retourner à l'état sauvage vers la fin du XIXe siècle, les Agriates ont constitué le « grenier à blé de la Corse ». La République de Gênes, faute d'un arrière-pays suffisamment développé, l'utilisait également pour cultiver de quoi nourrir sa population métropolitaine. Il fut longtemps exploité de juin à octobre par des cultivateurs venus, par mer sur de petites embarcations du Cap Corse (Nonza, Farinole, Centuri), ou de la Balagne. Ceux-ci restaient jusqu'aux moissons et s'en allaient après les défrichages, labours et semailles d'automne. Ils laissaient alors la place aux éleveurs de chèvres et de moutons, descendus des montagnes pour l'hiver. Au moment de leurs rencontres, les agriculteurs échangeaient leurs produits : du fromage contre du blé ou de l'huile.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début du XXe siècle, on y cultivait encore le blé, les agrumes (cédrats, citrons, mandarines), l'olivier, le figuier… Cependant, l'écobuage et les incendies propagés par les vents forts ont eu raison de cette plaine fertile.

L'habitat humain a laissé de nombreuses traces dans le désert des Agriates. Pour se loger, les agriculteurs et éleveurs avaient construit des pagliaghji (en français « paillers»). Un pagliaghju est une cabane en pierre sèche, au toit arrondi ou en terrasse, qui servait d'habitation, de bergerie ou d'entrepôt pour le blé, le foin ou les outils. Ces abris contiennent une pièce unique fermée par une seule porte. Certains sont encore en bon état. D'autres ont été restaurés et aménagés en gîtes d'étape pour la location comme à Alga Putrica, à l'ouest de la plage du Guignu.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1958, le désert des Agriates fut envisagé comme site d'essais nucléaires [22].

À l'est des Agriates, le champ de tir de Casta comprend deux zones, séparées par la route D81. Il est toujours opérationnel et est utilisé par les militaires du 2e régiment étranger de parachutistes basé à Calvi. Deux dolmens se trouvent dans la partie nord du champ de tir, à 700 mètres à vol d'oiseau au sud-ouest du Monte Revincu (356 m - Santo-Pietro-di-Tenda). Ces dolmens sontt classés Monument historique[23].

Économie[modifier | modifier le code]

Route des vins à Casta

Les quelques commerces et établissements hôteliers et/ou de restauration se situent le long de la traversée routière de Casta. Sur tout le littoral des Agriates, Le seul commerce de restauration se situe à Saleccia.

La viticulture et l'agropastoralisme restent de nos jours encore les principales activités agricoles. Au nord de Casta, sont deux domaines viticoles, des exploitations de 35 ha de vigne chacune, situées dans le périmètre du Patrimonio (AOC). Les quelques fermes qui s'y trouvent sont desservies par une piste démarrant au nord de Casta. Un berger a été autorisé par le Conservatoire à exercer dans le désert des Agriates. Un deuxième devrait l'être prochainement.

Au lieu-dit Bartolacciu existe un petit barrage édifié sur le cours du ruisseau de Bartolacciu (celui-ci prend en aval successivement les noms de Piedi Calvi, de Monticellu, enfin de Fiume Santu.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Conservatoire du littoral[modifier | modifier le code]

Agriate
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Type
Catégorie UICN
IV (aire de gestion des habitats ou des espèces)
Identifiant
Adresse
Coordonnées
Superficie
55,63 km2[24]
Création
1979
Administration
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Vue des Agriates depuis Bocca di Vezzu

Depuis 1979, 5 532 hectares, représentant 35 kilomètres de côtes, ont été acquis par le Conservatoire du littoral dans l'Agriate. Environ 10 000 autres hectares sont propriété des quatre communes précitées. Le site fait l'objet de la fiche FR1100014 - Agriate[25].

Le Conservatoire assure la maîtrise foncière de ce vaste domaine public terrestre et maritime. Il est le garant sur le long terme de la préservation des paysages et de l'évolution naturelle des sites.

À la suite de concertation, le Conservatoire et le Conseil général ont élaboré un projet de territoire et un plan d'aménagement soutenu financièrement par l'Office de l'Environnement de la Corse. C'est le département à qui en a été confiée la gestion qui doit assurer la surveillance, l'entretien, les petits travaux, l'accueil des publics, l'animation et la valorisation du territoire.

Depuis 2008[26] huit gardes départementaux du littoral assurent la gestion des terrains. Un de ces agents assure l'accueil aux refuges de Ghignu en été. Leurs missions sont nombreuses, entre autres l'entretien et le nettoyage des plages et des sentiers. En été, ils sont intégrés au dispositif de prévention des incendies ; ils préviennent les visiteurs de la fermeture de la piste de Saleccia les jours de risque exceptionnel. Agents commissionnés (ou dotés de pouvoirs) et assermentés pour la plupart, ils combattent des pratiques interdites par la loi comme le camping sauvage, l'allumage de feux et la circulation motorisée hors des voies ouvertes à cet effet ; ils peuvent dresser procès-verbal. Pour effectuer leurs missions, ils se déplacent à pied, à cheval, en 4x4 et en bateau.

Une maison des gardes existe à Saleccia. Il s'agit d'un ancien pagliaghju restauré par le Conservatoire.

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Il existe trois ZNIEFF de 2e génération concernant le désert des Agriates :

Dunes, plage et zone humide de l'Ostriconi

La zone couvre 373 ha communaux. Elle correspond à la zone d'embouchure de la rivière de l'Ostriconi et est composée principalement d'une grande plage à végétation éparse traversée par l'embouchure de l'Ostriconi, d'un petit étang communicant avec l'embouchure de l'Ostriconi et d'un vaste complexe dunaire et de terrasses sableuses. Le site fait l'objet de la fiche ZNIEFF 940004143 - Dunes, plage et zone humide de l'Ostriconi[27].

Bois de pins d'Alep de Punta di Curza

Cette zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de 2e génération couvrant 150 ha, est située sur le littoral des Agriates. Elle est composée de dunes à genévrier et de dunes boisées de pins (Saleccia) hautes de 4 à 5 mètres, d'un matorral (formation végétale méditerranéenne moins épaisse que le maquis) arborescent à olivier sauvage et d'un maquis bas à cistes. Elle porte l'appellation ZNIEFF940004072 - Bois de pins d'Alep de Punta di Curza[28].

Embouchures du Fium'Santo et du Valdolese

La zone concerne les embouchures de deux petits fleuves à faible débit, serpentant entre deux massifs rocheux et formant de petits plans d'eau en arrière des plages littorales. Le milieu aquatique offre une richesse biologique de plus en plus rare dans ce type de zone humide de petite étendue[29].

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Sites d'Intérêt Communautaire (Dir. Habitat)
Agriates

Le massif des Agriates, aujourd'hui improprement nommé "désert des Agriates" en raison de l'abandon de ses terres agricoles, abrite une importante diversité d'habitats littoraux d'intérêt communautaire et de nombreux sites d'intérêt floristique majeur. Ce SIC de la directive "Habitats, faune, flore", d'une superficie de 29 670 ha, est inscrit à l'Inventaire national du patrimoine naturel sous la fiche FR9400570 - Agriates[30]. Son sommet le monte Genova, inselberg formé de gneiss granitique, surplombe la plaine de l'est ; il est entouré par le maquis et domine les plages de Saleccia et du Loto. Il est visible depuis la route de l'Agriate et des sommets du Cap Corse. L'ascension, à partir d'une piste passant à son pied, est sauvage mais sans difficultés sauf sur la partie supérieure[31]. Outre des taffoni, une arche méconnue, avec un trou de 5 à 6 m de haut est visible côté sud.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Tour de la Mortella[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tour de la Mortella.

La tour a été édifiée en 1553 et fortifiée en 1554, pendant la guerre de Corse, par l'amiral Andrea Doria. Cette tour est la seule de l'ensemble du littoral des Agriates existant, non seulement de nos jours mais également aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est inscrite monument historique[32].

Tour de l'Ostriconi[modifier | modifier le code]

Tour de Fornali

La tour de l'Ostriconi (ou de Paraghjola, ou de Vana), est une tour génoise rectangulaire (6 m x (7 m) située au nord des ruines de i magazini, et de la plage de l'Ostriconi, dominant la punta di Paraghjola. Cette tour génoise faisait partie d'un dispositif de défense des Agriates et de Saint-Florent, mis en place par les Génois dès le XVIe siècle.

Autres tours[modifier | modifier le code]

Au total, une dizaine de tours devaient être édifiées le long des côtes des Agriates et du golfe de Saint-Florent depuis la Punta di Paraghiola à l'ouest jusqu'à la Calanca di a Torre sous la Punta Vecchiaia (Patrimonio) à l'est[33]. Certaines ont été érigées (Ostriconi, Mortella, Fornali, Vecchiaia) ; pour d'autres, seule la construction de la base avait débuté[34].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Dolmens du Mont-Revincu[modifier | modifier le code]

Les deux dolmens du Monte-Revincu[35] datent du Néolithique. Ils se situent à près d'un kilomètre au sud-ouest de ce sommet de 356 m, au milieu du terrain militaire et champ de tir de Casta-nord. Ils sont protégés ( classés monument historique par liste de 1889[23]).

Trois images d'avant 1905 du photographe A. de Mortillet sont dans la base Mémoire du ministère de la Culture[36],[37],[38].

Sentier des douaniers[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin du siècle dernier, la côte faisait l'objet de surveillance maritime par des escouades, terme utilisé par les douaniers, qui sont paramilitaires, pour désigner des équipes de deux à trois agents en uniforme, qui partaient à pied depuis la brigade des douanes à Saint-Florent. D'où le nom de « sentier des douaniers ». Deux à trois jours sont nécessaires pour parcourir tout le littoral des Agriates.

Un poste abri douanier en pierre existait à mi-chemin, proche de la Punta Mignola. Aujourd'hui il est effacé des cartes, tout comme il n'existe plus de brigade des douanes à Saint-Florent.

De nos jours, dénommé « Sentier du littoral », l'itinéraire est emprunté par nombre de randonneurs, certains trouvant à se reposer dans les paillers (les refuges de Ghignu )[39] aménagés à Alga Putrica et au camping de Saleccia.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le romancier Pierre Benoit (L'Atlantide, Kœnigsmark) contribua à faire connaître cette région par son roman Les Agriates paru en 1950.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commune de Palasca.
  2. Communes de Saint-Florent, San-Gavino-di-Tenda et Santo-Pietro-di-Tenda.
  3. ZNIEFF 940004071 Désert des Agriate sur le site de l'INPN
  4. Aussi appelée Tour de Vana ou tour de Paraghjola.
  5. A Malfalcu, Mignola, Saleccia, Curza et Vecchiaia.
  6. C'est Pascal Paoli qui fit reconstruire cette tour en 1762.
  7. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Valdolèse (Y7511080) » (consulté le 16 août 2014)
  8. Sandre, « Fiche cours d'eau - Fiume Buggiu (Y7510500) » (consulté le 16 août 2014)
  9. Sandre, « Fiche cours d'eau - Fiume Santu (Y7510520) » (consulté le 13 mai 2012)
  10. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Panecalellu (Y7511220) » (consulté le 16 août 2014)
  11. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Niolincu (Y7511240) » (consulté le 16 août 2014)
  12. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Scalavita (Y7521360) » (consulté le 16 août 2014)
  13. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Toccone (Y7520540) » (consulté le 16 août 2014)
  14. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Scruchiella (Y7521460) » (consulté le 16 août 2014)
  15. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de l'Alga (Y7521600) » (consulté le 13 mai 2012)
  16. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Tettu (Y7520560) » (consulté le 13 mai 2012)
  17. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Sualelli (Y7520580) » (consulté le 16 août 2014)
  18. Sandre, « Fiche cours d'eau - ruisseau de Tafonatu (Y7521720) » (consulté le 16 août 2014)
  19. Accessibles à pied ou VTT sinon en 4x4.
  20. Notice no du Mont-Rivinco, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. Abbé Letteron in Histoire de la Corse Tome III, Chronique d'Anton Pietro Filippini - Bastia Imprimerie et librairie Ollagnier - 1890 p. 343
  22. Jean-Marc Régnault, « La France à la recherche de sites nucléaires (1957-1963) », Cahier du Centre d'études d'histoire de la défense, no 12 « Science, technologie et Défense. Stratégies autour de l’atome et de l’espace (1945-1998) »,‎ , p. 24-47 (ISBN 2-9515024-0-0, lire en ligne)
  23. a et b Notice no PA00099247, base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. « Agriate », sur Conservatoire du littoral (consulté le 3 décembre 2011)
  25. Agriate sur le site de l'INPN
  26. Bulletin du Conservatoire Agriate E nove Quoi de neuf ? - Décembre 2009
  27. ZNIEFF 940004143 - Dunes, plage et zone humide de l'Ostriconi sur le site de l’INPN.
  28. ZNIEFF 940004072 - Bois de pins d'Alep de Punta di Curza sur le site de l’INPN.
  29. ZNIEFF 940004074 - Embouchures du Fium'Santo et du Valdolese sur le site de l’INPN.
  30. FR9400570 .html Fiche FR9400570  - Agriates sur le réseau Natura 2000 (consulté le )
  31. Les randonneurs qui atteignent le sommet peuvent inscrire leurs impressions dans un carnet placé à l'intérieur d'une boîte métallique
  32. Notice no PA00099279, base Mérimée, ministère français de la Culture
  33. Ostriconi, Malfalcu, Mignola, Saleccia, Curza, Mortella, Fornali, Vecchiaia.
  34. La base de la tour de Malfalcu sur la pointe éponyme (Punta di Malfalcu) est visible.
  35. Casa di l'Orca et casa di l'Orcu.
  36. Notice no APMH00012308, base Mémoire, ministère français de la Culture
  37. Notice no APMH00012303, base Mémoire, ministère français de la Culture
  38. Notice no APMH00012304, base Mémoire, ministère français de la Culture
  39. http://www.agriate.org/fr/Contacts-07.html