Courgenay (Yonne)

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Courgenay
L'abbaye de Vauluisant.
L'abbaye de Vauluisant.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Brienon-sur-Armançon
Intercommunalité CC de la Vanne et du Pays d'Othe
Maire
Mandat
Daniel Pagnier
2014-2020
Code postal 89190
Code commune 89122
Démographie
Population
municipale
553 hab. (2015 en diminution de 1,6 % par rapport à 2010)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 14″ nord, 3° 32′ 56″ est
Altitude Min. 110 m
Max. 240 m
Superficie 29,87 km2
Localisation

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Courgenay

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Courgenay

Courgenay est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le finage de Courgenay est occupé par plusieurs fermes isolées.

La Singerie[modifier | modifier le code]

Primitivement, la ferme porte pour nom : la Pierre aux Singes. En principe, le singe est au Moyen Age un animal maléfique associé au démon (voir le vitrail de la vie de saint Étienne dans le transept de la cathédrale de Sens). Mais on connait à peu près à la même époque, une famille Cinget qui gère des fermes. Le domaine appartient à l'abbaye de Vauluisant.

Lors des braderies imposées par les Valois à l'Église pour lever des troupes et s'opposer à l'insurrection protestante, le domaine est "engagé" auprès d'un bourgeois de Sens nommé Guérard. La clause de réméré permettra le retour un demi siècle plus tard dans le domaine monastique, et ce jusqu'à la Révolution.

Livanne[modifier | modifier le code]

Un patronyme porte ce nom au Moyen Age. Par la suite, une ferme dépend de l'abbaye de Vauluisant. Un chemin devenu actif au plus tôt vers 1200 et conduisant de Nogent-sur-Seine à Villeneuve-l'Archevêque, passe sous ses murs. Elle est qualifiée de château au tout début du XVIe siècle, et une chapelle y est alors citée.

Le lieu a peut-être été abandonné au profit de la ferme-fief de la Verrière, sise sur le finage de Pouy.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes Bourdenay (Aube) Bercenay-le-Hayer
(Aube)
Rose des vents
N Pouy-sur-Vannes
(Aube)
O    Courgenay    E
S
Lailly Molinons Bagneaux
Villeneuve-l'Archevêque

Histoire[modifier | modifier le code]

Limites féodales et politiques[modifier | modifier le code]

Courgenay appartient au diocèse de Sens. De ce fait, on peut imaginer que le village relève aussi primitivement du comté de Sens. Ce comté perd sa frange oriental au profit du comté de Troyes dès 1110.

Des moines champenois, arrivés de Preuilly, sont installés à la lisière sud de la paroisse : à Vauluisant. La jeune abbaye est sur le tracé d'un grand chemin aujourd'hui disparu, reliant les deux villes de foires de Provins et de Troyes par La Motte-Tilly, Trainel, Villechat et Mauny (à Bagneaux). Ce parcours n'est pas le plus direct entre les deux villes. A l'évidence, Nogent-sur-Seine forme un obstacle et il faut supposer que ses seigneurs contrarient les intérêts champenois. L'accord conjoint des sires de Nogent et de Villemaure (ces derniers étant clairement au service des comtes de Troyes) sera nécessaire pour permettre cette fondation pieuse établie en limite de leurs domaines féodaux. Les moines reçoivent des dons de terres sur la partie sud du finage et Lailly. Ils évitent de se manifester au nord du monastère.

Le finage de Courgenay dépend de la seigneurie (puis châtellenie) de Nogent-sur-Seine. Nogent n'entrera dans le domaine comtal que vers 1190. Au même moment, des chevaliers assez rapidement titrés seigneurs, se manifestent à Courgenay[1]. Dès lors, on est assuré que le village est dans le comté de Champagne. Ces chevaliers disposeront d'un château près de l'Alain[2].

Changement et rétablissement des fondamentaux économiques du village[modifier | modifier le code]

Vers 1190, l'entrée de Nogent au sein du domaine des comtes de Champagne, change radicalement le réseau routier local. Le vieil axe de Trainel est abandonné au profit de celui passant directement par Nogent. Un chemin secondaire apparaît, reliant Nogent à Villeneuve-l'Archevêque, ville neuve au développement rapide. Le franchissement de l'Alain, entre Courgenay et Pouy, est marqué par l'établissement du château de Livanne. Ce château deviendra la propriété des moines de Vauluisant.

Au début du XIVe siècle, le dernier membre du lignage de Courgenay vend aux moines de Vauluisant ce château et ses biens concentrés sur la fraction nord du finage. Désormais, tout le finage est sous le contrôle de l'abbaye. Le bailli de Sens profite de ce que l'époux de la dernière comtesse de Champagne soit sur le trône de France pour s'imposer administrativement à Courgenay et dans les environs au détriment du bailli de Troyes désormais privé de chef [3]. Ce basculement administratif et judiciaire sera conservé en l'état jusqu'en 1789, et d'une certaine manière au travers la départementalisation, jusqu'à nos jours.

Vauluisant est au centre d'un réseau économique. L'abbaye dispose de maisons à Provins, Sens, Troyes et Villeneuve-l'Archevêque. Un chemin relie directement le monastère à Sens. Si le chemin de Provins à Troyes ne passe plus à ses portes, celui de Nogent à Villeneuve-l'Archevêque le remplace[4]. Les moines promeuvent la métallurgie et la verrerie dans la contrée.

Les moines disposent de plusieurs fermes pour exploiter le finage. Elles portent souvent un nom de famille d'exploitants : la Tournerie (famille Tourneur), la Picardie (famille Picard), etc. Courgenay se fortifie au frais de ses habitants. Les habitants profitent du voisinage du monastère. Le bourg connaît une belle prospérité. Il attire des familles de la région (les Hanoteau et les Pierre de Rigny-le-Ferron, les Clouan de Coulours), s'allie à des familles en pleine ascension (les Richer de Thorigny), envoie ses fils dans d'autres bourgs tenir des fonctions honorables (Blanchet et Pigeon à Thorigny, Blanchet à Rigny-le-Ferron). Cette expansion justifie la fortification du village sous François Ier[5].

Ruralisation de Courgenay[modifier | modifier le code]

Durant les guerres dites de Religion, les fermes monastiques seront mises à l'encan par le pouvoir royal à la barre du bailliage de Sens. La dynastie est incapable de financer une armée pour mettre au pas les révoltes protestantes et ponctionne sans vergogne l’Église. Ces ventes à réméré provoquent l'émergence de petites seigneuries, que les moines du début du XVIIe siècle parviendront à racheter les unes après les autres au grand dam de leurs détenteurs nobliaux[6]. Courgenay perd sa petite bourgeoisie. L'installation de Pigeon à Courtenay (Loiret) où ils se hisseront au sommet de la vie locale vers 1650 est le chant du cygne.

L'abbé Le Tellier, membre de la famille de Louvois, achève la remise à niveau de l'abbaye. Les titres patrimoniaux sont rangés et classés, des plans dressés. C'est donc une abbaye dans un état d'entretien impeccable qui va subir la tragédie révolutionnaire. L'abbatiale et les bâtiments conventuels sont détruits. Seul le logis abbatial et quelques granges sont épargnés. La mise au tombeau de l'abbatiale serait réfugiée à l'église paroissiale de Villeneuve-l'Archevêque. Des décombres subsistent encore de nos jours dans les environs, menacés par des prédateurs du patrimoine. Les fermes quittent le domaine dès les premiers mois des troubles.

Vauluisant devient la propriété de la famille Javal, domiciliée à Paris. Elle en fait le centre d'un domaine agricole qui se veut en pointe dans le modernisme (électricité, etc.). Le journalisme agricole le met à l'honneur. Vers 1980, les propriétaires orientent la notoriété des lieux vers le domaine culturel (festival de musique, visites guidées).

Le chemin de fer passe sur le finage au début du XXe siècle. Le village de Courgenay accueille des serres de belle superficie, fixant une petite population salariée.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 en cours Patricia Charpentier[7]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2015, la commune comptait 553 habitants[Note 1], en diminution de 1,6 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
615 639 656 673 679 713 743 773 777
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
816 806 774 755 725 682 658 657 599
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
574 553 551 521 520 549 521 513 473
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
428 472 455 408 463 446 526 538 549
2013 2015 - - - - - - -
548 553 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, découverte d'un souterrain partant de l'église direction nord, il est partiellement effondré, il passe au centre de la cour de l'ancienne école, taillé dans le calcaire. Il est à trois mètres de profondeur. Route de Saint-Maurice à 50 mètres à droite, tombe ancienne avec un pot à la tête de chaque sépulture. L'arbre de la liberté a été planté au lendemain de la guerre de 1870 à l’avènement de la République : le premier avait été coupé à la restauration. Il a donc 140 ans.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Antoine Pierre. Fils d'un marchand de Courgenay originaire de Rigny-le-Ferron, il devient moine de l'abbaye de Vauluisant. Il achève le rétablissement de la prospérité de l'abbaye, après les amples destructions de la guerre de Cent Ans. Il est élu abbé par ses frères. La signature du concordat de Bologne permet au roi François Ier d'imposer le système de la commande en France. Pressé par les politiques, l'abbé se démet de son abbatiat en faveur d'un archevêque de Sens attributaire de la commande abbatiale. En compensation, il devient évêque in partibus. Il a permis l'ascension sociale de la famille Pierre.
  • La famille de Léopold Javal depuis 1835, date de l'achat de la ferme de Vauluisant.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Étienne Meunier. Les chevaliers de la famille de Courgenay. CSGY, XIX, 2013
  2. Étienne Meunier. Les châteaux de Courgenay. Au courant de la Vanne, APVV, 9,2009
  3. Étienne Meunier. Le bailliage de Sens, 1194-1477. FACO, 1981
  4. Étienne Meunier. Villeneuve-aux-Riches-Hommes du XIIIe au XVe siècle. bulletin de l'Association des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, 24, 2010
  5. Étienne Meunier. Les églises et les bourgs fortifiés du Sénonais et des pays de l'Yonne. BSAS, 33, 1990 (1992)
  6. La Singerie
  7. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 17 décembre 2013.
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.