Antoine Argoud

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Antoine Argoud
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VittelVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le colonel Antoine Argoud, né le 26 juin 1914 à Darney (Vosges) et mort le 10 juin 2004 à Vittel (Vosges), est un officier supérieur français. Il fit partie de l'Armée d'Armistice en Afrique du Nord, puis combattit dans l'armée française de la Libération en Afrique et jusqu'en Allemagne.

Ardent partisan de l'Algérie française, il fut dirigeant de l'Organisation armée secrète. Enlevé le 25 février 1963 à Munich (Allemagne), le colonel Argoud reconnut formellement le gangster Georges Boucheseiche parmi ses ravisseurs. Il s'agit d'un des membres de l'équipe des truands de Joe Attia, qui a ensuite enlevé et assassiné Ben Barka. Certains auteurs, favorables au général De Gaulle, comme Jacques Delarue, affirment que l'opération a été menée par les services officiels, plus précisément des officiers du 11e choc(Matériaux pour l'histoire de notre temps, n° 26 de la BDIC de Nanterre, cité par Pascal Krop, Les secrets de l'espionnage français de 1870 à nos jours, JC Lattès, 1993). De même, Pierre Lemarchand, qui fut l'un des responsables des services secrets met l'enlèvement sur le compte de la Sécurité militaire ("Barbouze" du général, Le Cherche midi, 2005) en jouant sur l'actuelle polysémie du terme barbouzes : pour lui le colonel a été enlevé par des "Barbouzes", terme désignant alors selon lui des agents des services spéciaux. Mais tel n'était pas le cas, le terme "Barbouzes" était employé pour désigner les repris de justice au service desquels le pouvoir a eu recours notamment contre l'OAS (avant d'y avoir recours notamment contre Istiqlal) Dans ses mémoires, Pierre Messmer qui était à l'époque ministre des Armées, confirme que l'enlèvement a été ordonné par lui-même à la Sécurité militaire, dirigée à l'époque par le général Feuvrier (Après tant de batailles, Albin Michel, 1992). Il est notable que Mesmer omet de donner la moindre précisionssur les conditions de l'opération, dont on imagine qu'il en aurait réglé et suivi les moindres détails, si celle-ci avait été menée sous ses ordres comme il le dit, compte-tenu en particulier des risques diplomatiques encourus.

Il est certain, qu'actuellement on ne trouve aucune référence d'aucun acteur des services secrets, qui ait jamais revendiqué personnellement avoir participé à l'enlèvement. Au contraire, tous les anciens du 11ème chocs ont toujours nié la moindre participation à cette action. En particulier le colonel Buonfils, fervent gaulliste alors capitaine au 11ème choc et futur chef de corps de la 13ème DBLE, s'est toujours défendu de la moindre participation à cette action. Il est assez curieux de voir que le témoignage du colonel Argoud, qui a reconnu son agresseur lorsqu'il a vu sa photographie publiée dans les journaux à l'occasion de l'affaire Ben Barka soit mise en doute, alors que rien ne permet d'infirmer son affirmation. Au contraire, le déroulement de son enlèvement, l'attitude de ses ravisseurs et leur manque de professionnalisme, qui s'est révélé lorsque ceux-ci, immédiatement après avoir invité le colonel Argoud à monter dans leur voiture en se présentant comme des policier allemands "polizei", se sont mis à parler français révélant immédiatement la supercherie, et provoquant une tentative de fuite de la part de leur prisonnier. Celle-ci s'est soldée par un échec, le colonel Argoud a eu le nez brisé par un coup de poing de l'un des ravisseurs. Le colonel fut retrouvé le lendemain, ligoté dans une voiture stationnée à proximité de la préfecture de police de Paris. Il fut traduit en justice, condamné à la réclusion à perpétuité et libéré en juillet 1968. Cette arrestation illégale, qui est rapprochée dans les universités de droit de l'enlèvement par Napoléon du duc d'Enghien, a suscité un grave incident diplomatique entre la France et l'Allemagne. Le Bundestag a demandé officiellement que le colonel Argoud soit renvoyé en Allemagne. La chambre criminelle de la cour de cassation a rejeté tous les recours du colonel en lui opposant qu'il ne pouvait pas en sa qualité de particulier se prévaloir de la violation de règles de droit international qui ne s'appliquaient que dans les relations entre Etats. La France était (déjà) loin d'être à la pointe de La Défense des droits de l'homme. Il est intéressant de constater que la violation de la souveraineté de l'Allemagne commise à l'instigation du général De Gaule par la France est la même que celle commise avec la bénédiction d'Hassan II dans l'affaire Ben Barka que l'on compare à juste titre actuellement à celle qu'il est reproché à l'Arabie saoudite d'avoir commise en Turquie, pour éliminer un journaliste.


Biographie[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Sorti de l’École polytechnique en 1934, il entra comme officier d'active dans l'Arme Blindée Cavalerie (ABC).

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il profite du débarquement anglo-américain, du 8 novembre 1942 en Afrique française du Nord, pour prendre part au sein de la 1re Armée Française du général de Lattre à la campagne du Maroc, puis à la campagne de Tunisie où il est blessé.

En 1944-1945, le capitaine Argoud commande le 2e escadron du 3e régiment de chasseurs d'Afrique, au sein de la 1re division blindée, escadron de reconnaissance avec lequel il combat dans les Vosges, en Alsace, puis en Allemagne.

Après 1945, Antoine Argoud approfondit sa formation à l'École de Guerre ] et entre à l'état-major du général de Lattre de Tassigny, dont il est conseiller technique durant trois ans.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre d'Algérie, le , date de la Toussaint Rouge où des commandos indépendantistes du FLN commettent plusieurs attentats terroristes contre la population civile européenne et musulmane. Antoine Argoud était alors en Allemagne où il forme la brigade Javelot au sein de la 7e division blindée. À la suite de ces événements, Jacques Chevallier, secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement Pierre Mendès France, le nomme conseiller militaire aux Affaires algériennes.

En 1956, il prend, en Algérie, le commandement du 3e régiment de chasseurs d'Afrique. Il est ensuite chef d'état-major du corps d'armée d'Alger. Il est avec le colonel Broizat l'un des deux principaux organisateurs de la tentative de coup d'Eau qui a eu lieu le 22 avril 1961, connue sous le nom de putsch des généraux. Il. poursuit ensuite la lute dans la clandestinité en participant d'abord en Espagne à la création de l'organisation de l'armée secrète (OAS).

Georges Bidault, Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent constituent le comité exécutif du Conseil national de la Résistance (CNR) le 20 mai 1962 à Rome, désignant comme président Georges Bidault.

Après la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Après sa libération en 1968, Antoine Argoud s'installe définitivement à Darney où il écrit ses souvenirs avant de devenir graphologue. Ses compétences sont sollicitées durant l'affaire du petit Grégory Villemin[1].

Le 10 juin 2011, à l'occasion du 7e anniversaire de la disparition du colonel Argoud, une plaque portant l'inscription "Au Colonel Antoine Argoud, ses camarades de combat de l'Organisation Armée Secrète" est déposée sur sa sépulture, au cimetière de Darney, par l'ADIMAD (Association de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Décadence, l'imposture et la tragédie, Éditions Fayard, 1974, (ISBN 2-213-00148-0)
  • Les Deux Missions de Jeanne d'Arc, Éditions Résiac, 1991, (ISBN 978-2852681675)
  • http://www.colonel-argoud.com/
  • André Cocatre-Zilgien, L'affaire Argoud. Considérations sur les arrestations internationalement irrégulières, Pédone, 1965