Château de la Buzine

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Château de La Buzine
Image illustrative de l'article Château de la Buzine
Le château de La Buzine en mars 2010.
Type Bastide
Architecte Pierre-Hilaire Curtil
Début construction 1867
Propriétaire initial Henri de Buzens
Propriétaire actuel Ville de Marseille
Destination actuelle Musée - Cinéma - Salle d'expositions - Bibliothèque - Vidéothèque -
Protection  Inscrit MH (1997)
Coordonnées 43° 17′ 43″ nord, 5° 30′ 09″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Blason région fr Provence-Alpes-Côte d'Azur.svg Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département
Blason département fr Bouches-du-Rhône.svg
Bouches-du-Rhône (13)
Commune Blason ville fr Marseille (Bouches-du-Rhône).svg Marseille (11e)

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Château de La Buzine

Le château de La Buzine est un édifice du XIXe siècle situé dans le 11e arrondissement de Marseille. Il doit sa célébrité à Marcel Pagnol, qui l'évoqua dans ses Souvenirs d'enfance et en fut le propriétaire[1].

En 2001, la ville de Marseille lance un concours international de restauration remporté par Stern International. Le nouveau bâtiment est inauguré en , et compte notamment une salle de cinéma de 345 places avec balcon et orchestre, une exposition permanente autour d'un parcours sur le cinéma en Méditerranée ainsi que des espaces ouverts pour des expositions temporaires. Le château est aussi bordé par un parc de cinq hectares[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce domaine fut constitué dès la fin du XVe siècle par le laboureur Guillaume Cabofigue, et c'est au XVIIe siècle qu'Henry de Buzens, écuyer de la ville de Marseille, le dénomma « La Buzine ». Au XVIIIe siècle, c'était encore une bastide typique appartenant à la famille de Flotte. Mais Pierre-Hilaire Curtil, célèbre architecte-entrepreneur marseillais, qui achète le domaine en 1865, reconstruit le château dans un style que l'on peut qualifier d'éclectique, proche de celui d'Eugène Viollet-le-Duc (« Louis XIII mâtiné de romano-byzantin »). Grâce à l'eau du canal de Marseille, il est alors entouré d'un parc magnifique planté d'arbres rares qui comporte de nombreux bassins et fontaines, ainsi que de prés et de champs pour une superficie totale d'environ 40 hectares. Il est vendu en 1869 au négociant armateur Victor Régis (également propriétaire avec son frère Louis des deux autres extraordinaires demeures de Saint-Menet : le Château de la Reynarde et le Château Régis), qui le transmet ensuite, en 1883, à son fils naturel, l'industriel Joseph-Théodore Mante, beau-frère d'Edmond Rostand. Après, se succèdent Jean-Charles Camous (1889), la famille Pallez, qui ajoute en 1903 une aile au château (salon de musique en 1901), Giry Leboffe en 1919 et le Crédit de France en 1936.

En 1941, Marcel Pagnol achète le domaine pour en faire une « Cité du cinéma », mais il subit malheureusement plusieurs réquisitions et est squatté pendant de nombreuses années[4]. Abandonné et ruiné dès les années 1960, il est vendu en 1973 à un promoteur qui y fait construire 249 villas (le « Parc des Sept Collines »).

Depuis 1995, il est la propriété de la ville de Marseille, qui l'a restauré entre 2006 et 2013 et en a fait une « Maison des Cinématographies de la Méditerranée ». C'est l'architecte André Stern qui est l'auteur de la réhabilitation. Cet établissement comporte :

  • une salle de cinéma, réalisée à l'ancienne avec balcon et orchestre, qui peut accueillir 350 personnes ;
  • une salle d'expositions, dans l'ancien salon de musique, créé au début du XXe siècle et restauré ;
  • un espace bibliothèque-vidéothèque équipé d'écrans tactiles, qui possède des ouvrages spécialisés sur le cinéma, images d'archives, documents, etc.[5]

Il est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le [6].

Quelques vues du château[modifier | modifier le code]

  • Avant rénovation :
  • Après rénovation :

Le Château de ma mère[modifier | modifier le code]

À la toute fin du deuxième tome de ses Souvenirs d'enfance, Marcel Pagnol relate la manière dont il devint, un peu par hasard, propriétaire de ce château en 1941, et comment, en en prenant possession, il eut la surprise d'y reconnaître[7] l'une des propriétés qu'il avait tant de fois traversées quand, étant enfant, il se rendait en famille à la Bastide Neuve en suivant clandestinement le canal dont un ancien élève de son père (« Bouzigue ») leur avait donné la clef[8]. C'est auprès de ce château qu'avait eu lieu un incident qui avait particulièrement marqué sa mère lors de l'une de leurs « traversées », et qu'il relate dans un chapitre précédent de ses souvenirs[9]. Ce château était donc, pour Pagnol, « le château de [sa] mère ».

En réalité, le château n'a pas « au moins dix étages »[10], comme Pagnol enfant le voyait, ni non plus « trente balcons de pierre sculptée [sur] chaque façade »[11] que Pagnol propriétaire persiste à lui attribuer. D'autre part le canal de Marseille, que les Pagnol empruntaient après la traversée de l'Huveaune à La Barasse, ne traverse pas le domaine de La Buzine, aujourd'hui « Parc des Sept Collines », ni même ne s'en approche : il oblique vers l'ouest (La Valentine)[12], alors que La Treille est au nord-est. Il ne passe d'ailleurs pas non plus au carrefour des Quatre-Saisons[13], sur lequel, selon Pagnol, ouvrait la « porte du Père Humilié »[14].

Un doute subsiste donc. Diverses personnes ont tenté de reconstituer l'itinéraire des Pagnol, et il n'est pas avéré que les Pagnol aient effectivement traversé cette propriété[15].

Film[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le cinéma à Marseille », revue Marseille (revue culturelle trimestrielle de la ville de Marseille) no 228, mars 2010 (ISSN 0995-8703).
  2. « Château de La Buzine – Maison des cinématographies de la Méditerranée », sur labuzine.com (consulté le 3 août 2015).
  3. « Le Château de Marcel Pagnol est ouvert au public », sur frequence-sud.fr (consulté le 3 août 2015).
  4. Denise Dumas, La Clef du « château de ma mère », Charlieu, La Bartavelle, 1995 (ISBN 2-87744-253-5).
  5. Site de la Maison des cinématographies de la Méditerranée
  6. Notice no PA13000014, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Marcel Pagnol, Souvenirs d'enfance, t. II : Le Château de ma mère, 1957 (les références données correspondent à l'édition Presse Pocket de 1976 (ISBN 2-266-00032-2)), p. 277-280.
  8. Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, op. cit., p. 183 sqq.
  9. Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, op. cit., p. 234 sqq.
  10. Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, op. cit., p. 186.
  11. Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, op. cit., p. 278.
  12. Carte IGN TOP25 au 1/25000 no 3145ET, plis H4-G4.
  13. Carte IGN TOP25 au 1/25000 no 3245ET, pli E1.
  14. Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, op. cit., p. 279.
  15. Bruno Lizé, Histoires de Pagnolie, Paris, 2010 (ISBN 9-782746 617315), p. 41-100.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]