Château de la Bâtie (Savoie)

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Château de la Bâtie
Image illustrative de l’article Château de la Bâtie (Savoie)
Nom local La Bâtie-Seyssel
Période ou style Médiéval
Type Bâtie
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Famille de Seyssel
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Personne privée
Protection  Inscrit MH (1972, partiellement)[1]
Coordonnées 45° 34′ 46″ nord, 5° 59′ 04″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Savoie Propre
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune Barby

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de la Bâtie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de la Bâtie

Le château de la Bâtie ou Bâtie-Seyssel, olim la Bâtie d'Arvey, est un ancien château fort ou bâtie du XIIIe siècle, restauré au XVIe siècle, centre de la seigneurie, puis châtellenie de La Bâtie, qui se dresse sur la commune de Barby dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le château fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du [1]. Seuls les façades et toitures, la grande terrasse, la salle basse (actuellement grand salon) avec son décor, et la grande cheminée de la salle des gardes (y compris la mosaïque gallo-romaine qui y a été rapportée) sont inscrits.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de la Bâtie est situé dans le département français de la Savoie sur la commune de Barby. Il est installé sur un éperon rocheux au-dessus du bourg, dominant un coude formée par la Leysse et au pied du mont Peney[3],[4],[5].

Le château permettait de contrôler l'antique voie romaine[3], reliant la combe de Savoie à Seyssel, en passant par Chambéry, le val du Bourget et la cité d'Aix. Les seigneurs de Seyssel possèdaient notamment deux autres châteaux contrôlant cette route , celui de Saint-Cassin et celui d'Aix[4].

Une maison forte, dite de la Colombière, était associée à la défense du site[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention du château est fait à la fin du XIIIe siècle, dans une « reconnaissance » faite à Hugues de Seyssel pour la « la Bâtie d'Arvey »[5], nom stipulé dans des reconnaissances féodales, de la fin du XIIIe siècle et du début du XIVe siècle. Hugues de Seyssel est le fils cadet d'Humbert III de Seyssel et hérite de son père le fief de la Bâtie, tandis que son frère aîné obtient le domaine principal d'Aix[3],[4]. Il donne ainsi naissance à la branche cadette des seigneurs de Seyssel La Bâtie[6].

Il s'agit donc d'une forteresse féodale probablement édifiée sur un édifice antérieur[5].

Le fief de La Bâtie s'étendait alors un peu au-delà des paroisses de Barby et de Curienne[3],[4].

En 1343[7], Aymard de Seyssel en a l'investiture.

Plusieurs membres de cette branche ont des démêlés judiciaires avec les comtes de Savoie[4]. Avant la fin du siècle, La Bâtie revient à la branche aînée à la suite de la mort du dernier membre des Seyssel La Bâtie[3],[4].

En 1517[7], Françoise, veuve de Gabriel de Seyssel, baron d'Aix, en est investie ; plus tard, Charles-Emmanuel de Seyssel, marquis d'Aix, le vend à sa mère Isabeau de La Roche-Andry.

Au décès de Maurice de Seyssel, marquis d'Aix et de La Chambre, le 14 mai 1660, par procès le fief de La Bâtie est attribué à Jacques d'Allinges, marquis de Coudrée.

Ce dernier le vend, en 1679[7],[8], à François d'Oncieu, président de Chambre à la Cour des comptes, baron de Saint-Denis, de Chaffardon (Saint-Jean-d'Arvey), seigneur de Génissia (Injoux-Génissiat), sénateur au Sénat de Savoie. La seigneurie de la Bâtie est érigée par lettres patentes du 25 mars 1699 (et non 1783 comme il est indiqué parfois[9]) en marquisat à la faveur de Guillaume d'Oncieu, par le roi de Sardaigne Victor-Amédée III[7],.

Description[modifier | modifier le code]

Le château est une bâtie composée d'une enceinte fortifiée oblongue, suivant les limites de l'éperon sur lequel elle est installée[5], formant fausse braie avec boulevard. Elle épouse au plus près le contour du rocher sur lequel le château est établi. Elle abritait une seconde enceinte, que flanquait une tour maîtresse circulaire, peut-être de la fin du XIIe siècle ou du début XIIIe siècle[10] et une tour semi-circulaire datée de 1472[7], enserrant un corps de logis qui a été reconstruit au début du XVIe siècle[11] que flanquent une tour carrée et une chapelle du XIIIe siècle[10], restaurée au XVe siècle.

L'entrée, à l'ouest, précédée par un bastion à plusieurs niveaux et percée de nombreuses bouches à feu, se fait par une porte ogivale, dont on peut encore voir la rainure de la herse. Elle est flanquée, au sud, par une haute tour semi-cylindrique, la tour des Orgues, dressée en hauteur sur un glacis, sa plate forme sommitale est ceinte d'un parapet crénelé sur mâchicoulis sur consoles, et au nord, par la chapelle castrale du XVe siècle élevée sur la courtine percée d'archères.

La chapelle renferme des mosaïques romaines du IVe siècle découvertes à Arbin, dans la villa gallo-romaine de Mérande. Dans la tour, Pierre de Seyssel, fit graver sur une pierre l'inscription suivante : « conseiller et chambellan de son redouté seigneur de Savoie, il avait fait construire la tour des orgues en l'an 1472 ».

L'accès principal, flanqué d'une tour carrée à archères-canonnières et d'une tour circulaire, se faisait à l'est, par trois portes successives. La première, la porte « Saint-Antoine » que surmonte une statue en bois polychrome du saint, a conservé son arcade ogivale et la voûte qui supportait un corps de garde. La seconde a été refaite en plein cintre au XVIIe siècle[7] et une courtine la relie à la première. Accolée au donjon, la troisième porte, étroite, a été transformée en une fenêtre située au-dessus du sol.

Le logis s'éclaire par des fenêtres à croisées et s'ouvre par des portes Renaissance à linteaux à accolade. Au centre de la façade on peut voir un blason aux armes de Janus d'Oncieu. Une galerie extérieure en bois, remplacée par une galerie couverte, qui courait du donjon à la tour polygonale, desservait les chambres situées au premier étage. Il n'en subsiste qu'un pilier surmonté d'une statue du XVe siècle de la Vierge.

À l'intérieur, la cheminée de la cuisine est remarquable avec une ouverture en arc surbaissé de près de 8 mètres.

Flanque cet ensemble, la tour du nord-ouest, rectangulaire du XVe siècle, accostée d'une tourelle d'escalier, haute de trois étages voûtés sur rez-de-chaussée, faite de murs épais de 2 mètres et qui arbore à l'un de ses angles les armoiries de Pierre de Seyssel ; et à l'opposé, une tour ronde, le donjon ou tour maîtresse, du XIIIe siècle (?)[12] haut de trois étages voûtés sur rez-de-chaussée, découronné en 1793 est couvert en pavillon. Ce dernier a des murs en pierre de taille de 2,50 mètres d'épaisseur.

Châtellenie de La Bâtie-Seyssel[modifier | modifier le code]

Le château de La Bâtie-Seyssel est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum)[13]. Dans le comté de Savoie, le châtelain est un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[14],[15]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[16]. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »[17].

Les comptes de châtellenie de Jean de La Fontaine, châtelain ainsi que receveur, sont conservés aux Archives départementales de la Savoie, pour la période du au [18].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Chambéry et ses environs. Le Petit Bugey (vol. 1), Roanne, Éditions Horvath, , 475 p. (ISBN 978-2-7171-0229-1, lire en ligne), p. 209-211. (lire en ligne).
  • Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages », , 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 48-49.
  • Georges Chapier, Châteaux savoyards - Faucigny et Chablais, vol. 5, Grenoble, Éditions Revue Les Alpes, , 410 p..
  • Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti », , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 201-202.
  • Jean Mesqui, Châteaux forts et fortification en France, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Tout l'art. Patrimoine », , 493 p. (ISBN 978-2-08012-271-1), p. 475.

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de la Bâtie », notice no PA00118193, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a b c d et e Gabriel Pérouse, Les environs de Chambéry : Guide historique et archéologique, La Fontaine de Siloé, coll. « Le Champ régional », , 389 p. (ISBN 978-2-9086-9747-6, lire en ligne), p. 55-59.
  4. a b c d e et f Georges Chapier 1961, p. 36.
  5. a b c d et e Histoire des communes savoyardes, 1981, p. 209-211, « Lae Château de la Bathie ».
  6. Marc de Seyssel-Cressieu, La maison de Seyssel : ses origines, sa généalogie, son histoire d'après les documents originaux, t. 2, Grenoble, Allier frères, , 569 p. (lire en ligne), p. 309-313.
  7. a b c d e et f Michèle Brocard 1995, p. 48-49.
  8. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 51.
  9. « Rapport sur les travaux », Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, vol. 4, no 9,‎ , CXV, note de bas de page (lire en ligne).
  10. a et b Charles-Laurent Salch - Joseph-Frédéric Fino, Atlas des châteaux forts en France, Strasbourg, Éditions Publitotal, 1988, p. 696.
  11. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 104.
  12. Jean Mesqui 1997, p. 475.
  13. Payraud 2009, p. Annexe 8 : liste des ensembles fortifiés intégrés au corpus.
  14. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  15. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  16. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  17. Nicolas Carrier, « A travers les archives médiévales de la principauté savoyarde - Les comptes de châtellenies », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté en mars 2018).
  18. AD 1.