Bernadette Malgorn

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Bernadette Malgorn
Bernadette Malgorn en 2009.
Bernadette Malgorn en 2009.
Fonctions
Conseillère municipale de Brest
En fonction depuis le
Conseillère régionale de Bretagne
Présidente du groupe UMP
Secrétaire générale du ministère de l’Intérieur
Préfète d'Ille-et-Vilaine, Préfète de Bretagne
Préfète de la Moselle, Préfète de Lorraine
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Nantes (Loire-Atlantique, France)
Nationalité Française
Parti politique Non cartée[1]
Diplômé de Université Rennes-I
Université Rennes-II
ENA
Profession Conseillère maître à la Cour des comptes

Bernadette Malgorn, née le à Nantes (Loire-Atlantique, France), est une haute fonctionnaire et femme politique française, la première femme préfète de région en France, la première femme secrétaire générale du ministère de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, magistrate à la Cour des comptes et conseillère régionale de Bretagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Bernadette Malgorn est née à Nantes dans une famille originaire du Finistère.

Licenciée en sciences économiques en 1971 de l'université de Rennes 1, diplômée d’une maitrise d’histoiregéographie en 1972 de l'université Rennes 2 Haute Bretagne à Rennes, Bernadette Malgorn intègre ensuite l'École nationale d'administration (ENA) en 1973 (promotion « Léon Blum »)[2].

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Bernadette Malgorn débute la carrière préfectorale en tant que directrice de cabinet de Préfet, respectivement de Saône-et-Loire, de Val-de-Marne et de la région Bretagne.

Elle rejoint ensuite en 1980 la Cour des Comptes des Communautés Européennes qui venait d'être créée peu avant en octobre 1977 et elle y travaille en tant que chef de cabinet auprès de Pierre Lelong qui en devient président en 1981[3].

En 1982, elle est nommée au poste de secrétaire générale pour les affaires régionales de Lorraine, région faisant face à d'importantes mutations industrielles. Elle accompagne ces mutations en préparant et mettant en œuvre, avec Jacques Chérèque, le plan acier Fabius pour la Lorraine. Ce plan prévoyait la suppression de 30 000 emplois en trois ans[4]. Elle élabore également des programmes de formation et de reconversion dans la sidérurgie, les charbonnages, le textile et autres industries de main-d’œuvre, et participe à la création du Pôle Européen de Développement de Longwy, expérience pilote de coopération transfrontalière[5].

En 1986, elle est appelée auprès de Philippe Séguin, ministre des affaires sociales et de l’emploi, en qualité de directrice adjointe de cabinet (chef de cabinet Pascal Mailhos). Elle prépare de nombreux projets de loi, à l'instar de celui sur la réforme de l'apprentissage ou de celui sur l’emploi des travailleurs handicapés (loi no 87-517 du 10 juillet 1987 en faveur de l'emploi des personnes handicapées)[6]. Elle accompagne les négociations Unédic (union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce) de 1987 et s’implique dans les États généraux de la Sécurité sociale. Elle contribue à la réforme de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA).

En 1988, elle devient sous-préfet de Dieppe, première femme sous-préfète en région Normandie[7] et en 1990 secrétaire-générale de la préfecture de la Moselle[8]. Nommée préfète en 1991, elle sert en Tarn-et-Garonne, jusqu'à ce que Philippe Séguin, élu Président de l'Assemblée nationale, l’appelle à diriger son Cabinet du Président de l'Assemblée nationale et du Congrès en 1993.

Préfète de région[modifier | modifier le code]

Première femme préfète de région[9], et plus jeune à être nommée préfet de région[2], elle retrouve la Lorraine en 1996. Elle coordonne des dossiers de premier plan tels que le TGV Est[10] et la gestion de l’eau dans le Bassin Rhin-Meuse[11]. Elle agit pour l’aménagement du territoire lorrain notamment en faveur de transports multimodaux afin de soutenir la position géographique centrale de la Lorraine en Europe. Elle promeut le projet de Pôle Métropolitain Européen du Sillon Lorrain[12].

En 2002, Bernadette Malgorn revient en Bretagne en tant que préfet de région. Elle élabore le projet d'action stratégique de l'État en région (PASER)[13] qui fixe les grandes priorités d’action pour la Bretagne. C’est ainsi qu’elle coordonne le projet de TGV Bretagne Atlantique et œuvre en faveur de la reconquête de la qualité de l'eau et de la mise en valeur de la mer. Elle mène également une politique de prévention des risques menaçant la région: risques naturels, maritimes, de santé publique et économiques. Elle accompagne les mutations du tissu industriel et la formation de pôles de Compétitivité[14],[15], particulièrement dans le domaine des télécommunications, de l'agroalimentaire et des industries de défense. Elle prend l’initiative d’un observatoire régional de la parité[16]. Elle fait l'objet de critiques sur sa gestion du maintien de l'ordre du centre-ville rennais : elle est accusée par le maire de Rennes de l'époque, Edmond Hervé, d'avoir une politique « très sécuritaire, voire provocatrice[17] » et d'être la cause d'affrontements à la suite de sa décision d'interdire la rave party en marge du festival des transmusicales en 2005[18].

Secrétaire générale du ministère de l’Intérieur[modifier | modifier le code]

À partir de 2006, succédant à Daniel Canepa, Bernadette Malgorn est la première femme secrétaire générale du ministère de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire[19] auprès de successivement Nicolas Sarkozy, François Baroin et Michèle Alliot-Marie. Elle occupe ce poste pendant trois ans au cours desquels elle est rapporteur de la Révision générale des politiques publiques (RGPP)[20] pour l'administration territoriale de l'État et participe à la commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale[21]. Elle installe en mars 2007 un observatoire de la diversité et de la parité au ministère de l'Intérieur[22]. Elle a participé à la mise en place du Pôle emploi en 2008. Elle est nommée, en outre, en 2008 haut fonctionnaire de défense de ce même ministère, renommé entre temps ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales[23].

Magistrat à la Cour des comptes[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, Bernadette Malgorn est magistrat à la Cour des comptes[24], où elle se retrouve avec Philippe Séguin, premier président de la Cour des Comptes. Depuis 20 mai 2009 elle est membre titulaire du Conseil supérieur de la fonction publique de l'État, pour la Cour des Comptes[25].

Bernadette Malgorn a accompli d’autres missions en marge de ses fonctions : de 2004[26] à 2014[27], elle est présidente de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS) chargé d’évaluer l’évolution des quartiers de la politique de la ville[28], elle siège au Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) comme personnalité qualifiée et, depuis 2012, elle siège au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) comme personnalité qualifiée[29].

Politique[modifier | modifier le code]

Élections régionales de 2010[modifier | modifier le code]

Le député Jacques Le Guen avait début 2009 en seul candidate gagné les « primaires » organisées par l'UMP en vue des élections régionales de mars 2010 en Bretagne. C'est alors que sur la demande expresse de Nicolas Sarkozy[30], Bernadette Malgorn se porte après-coup candidate à la candidature de l'UMP[31]. Elle accède à cette place fin novembre 2009 et est par ailleurs tête de liste pour le Finistère[32]. La constitution de la liste provoque des tensions, notamment dans le Finistère, où le député Jacques Le Guen, présent en deuxième position (donc éligible), conteste plusieurs choix de Bernadette Malgorn qu'il accuse de réserver trop de places à ses proches[33],[34].

Le 21 mars 2010, la liste qu’elle menait est largement distancée par celle menée par Jean-Yves Le Drian : elle obtient 32,36 % des suffrages contre 50,27 % à la liste PS et 17,37 % pour la liste Europe Écologie menée par Guy Hascoët[35]. Tête de liste dans le Finistère, Bernadette Malgorn est élue conseillère régionale de Bretagne[36].

Élections municipales de 2014[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 2013, elle déclare être candidate aux élections municipales de 2014 à Brest[37]. Lors du second tour des élections municipales du 30 mars 2014, la liste de Bernadette Malgorn obtient 47,28 % des suffrages face à la liste de François Cuillandre qui obtient 52,71 %. Bernadette Malgorn préside actuellement le groupe d'opposition à la mairie de Brest, le Rassemblement pour Brest, en tant que conseillère municipale, et à Brest Métropole comme conseillère communautaire.

Élections départementales de 2015[modifier | modifier le code]

Candidate au Conseil départemental du Finistère en 2015, sur le Canton de Brest-2, elle est battue au deuxième tour.

Élections régionales de 2015[modifier | modifier le code]

Pour les Élections régionales de 2015 en Bretagne Bernadette Malgorn est candidate à la candidature de l'UMP, mais Marc Le Fur emporte la candidature et va conduire la liste UMP, dont il écarte Bernadette Malgorn[38].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1973 : La population d'Ouessant au XVIIIème siècle : étude démographique[39].
  • Ordre Public et pouvoirs territoriaux Actes du colloque L'ordre public du 17-18 septembre 2015, (à paraître).

Décorations[modifier | modifier le code]

Bernadette Malgorn reçoit le 25 janvier 1993 le titre d'Officier du Mérite agricole.

Le 18 octobre 2004, le titre d'Officier des Palmes académiques lui est attribué.

Bernadette Malgorn est promue Commandeur de l'Ordre national du Mérite[40] par décret du 14 novembre 2005 (Officier du 26 août 2000).

En janvier 2006, Bernadette Malgorn est nommée Chevalier de l'Ordre du Mérite Maritime[41].

Par décret du 20 avril 1997, elle est promu chevalier de la Légion d'honneur et par décret du 21 mars 2008 officier de la Légion d'honneur[42].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lors d'un débat organisé sur France 3 Bretagne pour les élections régionales de 2010, Bernadette Malgorn s'est réclamée de l'aile centriste de la majorité présidentielle.
  2. a et b Michel Foucault, op.cit.
  3. Pierre Lelong, Souvenirs d’un ancien Président, in: Cour des comptes européenne 35e anniversaire, Reflexions, European Court of Auditors, 2012
  4. 1984 - Laurent Fabius abandonne l'industrie sidérurgique, in: La Marmite du XXe siècle.
  5. Isabelle Mandraud, Trois entreprises annoncent leur fermeture. Longwy renoue avec les licenciements. Les sociétés qui débauchent aujourd'hui faisaient partie du plan de reconversion mis en place en 1985 pour limiter l'hémorragie dans l'ancienne capitale de la sidérurgie, in: Libération, 25 juillet 1997
  6. Résumé de la loi handicap 1987 sur handiplace.org
  7. Vidéo : JT Haute Normandie 22 décembre 1988
  8. Sa fiche sur Archives Livre blanc défense et securité, gouv.fr/2008
  9. Pour la première fois, une femme, Bernadette Malgorn est nommée préfet de région, La Croix, 27 septembre 1996
  10. Claire Lesegretain, op.cit.
  11. Comité de Bassin Rhin-Meuse, Communiqué de presse de juillet 2000
  12. Malick Dia, Le regard de Bernadette Malgorn sur la Lorraine, in: Le Républicain Lorrain, 27-11-2011
  13. Lien PASER Bretagne 2004-2006
  14. Un pôle de compétitivité en agro-alimentaire en Bretagne, La Gazette.fr, 21 février 2005
  15. Les quatre pôles de compétitivité bretons liés aux spécialisations industrielles de la région, INSEE, 2008
  16. Stasnislas du Guerny, La Bretagne veut doper la parité dans les sociétés, in les echos.fr, 10 février 2006
  17. « Régionales. Edmond Hervé allume Bernadette Malgorn », Le Télégramme, 28 octobre 2009.
  18. [1]
  19. Légifrance Décret du 20 juillet 2006 portant nomination de la secrétaire générale du ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire - Mme Malgorn (Bernadette).
  20. Site de la Révision Générale des Politiques Publiques
  21. Le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale
  22. L'Observatoire de la diversité et de la parité sur le site du ministère.
  23. Légifrance, Décret du 11 juillet 2008 portant nomination du haut fonctionnaire de défense du ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales - Mme Malgorn (Bernadette)
  24. Décret du 16 février 2009 publié au JORF du 17 février 2009.
  25. Légifrance Décret du 20 mai 2009 portant nomination au Conseil supérieur de la fonction publique de l'État
  26. Légifrance Arrêté du 25 octobre 2004 portant nomination au conseil d’orientation de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles.
  27. Légifrance Arrêté du 24 février 2014 portant cessation de fonctions de la présidente du conseil d’orientation de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles.
  28. Liste des rapports de l'ONZUS 2004-2013
  29. Maison de l'Europe de Brest, Présentation des intervenants.
  30. Soazig Quéméner, Le malaise des troupes UMP, in: Le Journal du Dimanche, dimanche 07 février 2010
  31. « Bernadette Malgorn. Candidate pour rassembler les Bretons », Le Télégramme, mardi 6 octobre 2009
  32. « Bretagne. Bernadette Malgorn tête de liste de la droite aux régionales  », Ouest-France, consulté le 26 novembre 2009
  33. « UMP. Un ultimatum fixé à Bernadette Malgorn », Le Télégramme, édition Bretagne, 31 janvier 2010.
  34. « Régionales/Bretagne: Le Guen proteste », Le Figaro, 30/01/2010
  35. « Bretagne. Jean-Yves Le Drian réélu avec 50,27 % des voix », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  36. « Bretagne. Zoom sur le nouveau conseil régional », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  37. [2]
  38. Didier Gourin, Les régionales selon Marc Le Fur, Ouest-France, 4 juin 2015
  39. Bernadette Malgorn, La population d'Ouessant au XVIIIème siècle : étude démographique, Annales de bretagne, 1973, volume 80, pages 289-315, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1973_num_80_2_2688
  40. Décret de nomination du 14 novembre 2005, parution au Journal officiel no 265 du 15 novembre 2005
  41. Décret de nomination du Mérite Maritime - Janvier 2006
  42. Sa fiche sur Société des membres de la Légion d'Honneur Finistère

Liens externes[modifier | modifier le code]