Argentinosaurus

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Argentinosaurus huinculensis

Argentinosaurus
Description de cette image, également commentée ci-après
Argentinosaurus (vue d'artiste).
Classification
Règne Animalia
Classe Reptilia
Ordre Saurischia
Sous-ordre  Sauropodomorpha
Super-famille  Sauropoda
Famille  Titanosauridae

Genre

 Argentinosaurus
Bonaparte & Coria, 1993

Espèce

 Argentinosaurus huinculensis
Bonaparte & Coria, 1993

Argentinosaurus, découvert en Argentine en 1989 par le paléontologue Guillermo Heredia, est un genre éteint de dinosaures sauropodes du groupe des Titanosauria. Il est, en tant que tel, l'un des plus grands dinosaures jamais découverts[1]. Les restes retrouvés se limitant à quelques rares ossements, morceaux de vertèbres et péroné, les estimations de sa taille sont cependant entachées d'une marge d'erreur importante. Les estimations actuelles font état d'une longueur de 35 mètres[2],[3] (basée en partie sur le taxon-soeur Patagotitan) et un poids d'environ 80 tonnes[4]. Ce dinosaure géant a vécu au Crétacé supérieur, plus précisément au Cénomanien, il y a entre 97 et 93,5 millions d'années, dans ce qui est maintenant l'Amérique du Sud.

Le genre Argentinosaurus ne comporte, en 2019, qu'une seule espèce, Argentinosaurus huinculensis. Le nom générique Argentinosaurus, que l'on peut traduire par « Lézard d'Argentine », fait référence au pays d'origine du fossile. Le nom spécifique fait lui, plus précisément référence au lieu de découverte, la ville de Plaza Huincul dans la province de Neuquén.

Découverte[modifier | modifier le code]

Les premiers fossiles d'Argentinosaurus ont été découverts en 1989 par Guillermo Heredia, un éleveur local. Son signalement a permis l'exhumation d'un os fossile, dans un premier temps identifié comme un tibia, par l'équipe du musée Carmen Funes de Plaza Huincul. Puis, à l'été 1989, une équipe du Musée argentin des sciences naturelles de Buenos Aires dirigé par José F. Bonaparte a procédé à la mise au jour d'autre matériel fossile. Ce matériel a également rejoint les collections du musée Carmen Funes[5].

Présenté une première fois lors de la VIe Conférence argentine de paléontologie des vertébrés, les fossiles d'Argentinosaurus sont étudiés décrit et publié en 1993 sous le nom spécifique A. huinculensis, par les paléontologues argentins José F. Bonaparte et Rodolfo Coria[5].

Description[modifier | modifier le code]

Silhouette d'Argentinosaurus avec, en blanc, les os retrouvés.

Le matériel attribué à Argentinosaurus est relativement peu conséquent. Le spécimen holotype, PVPH-1, ne comprend qu'une série de vertèbres ainsi que le sacrum, des côtes fragmentaires et le péroné droit[5]. Six vertèbres dorsales ont été décrites en détail, la plus grande atteignant une hauteur de 1,59 m de haut et 1,29 m de large. Le péroné, initialement pris pour un tibia, mesurait environ 1,55 mètre de long. Les côtes sont cylindriques, creuses et légèrement incurvées, avec l'articulation distale par laquelle elles se connectent à la colonne vertébrale, faisant saillie vers le bas à environ 45 °. Les corps vertébraux du sacrum sont érodés et endommagés, mais confirment la présence de cinq vertèbres soudées.

Outre ces vestiges, un fémur incomplet, le spécimen MLP-DP 46-VIII-21-3, retrouvé non loin de la zone de fouille, est également attribué au genre Argentinosaurus. Cet axe fémoral de 1,18 mètres est privé de ses extrémités, sa longueur est donc inconnue, cependant les spécialistes l'estiment à environ 2,5 m de long. En comparaison, il existe des fémurs complets conservés d'autres titanosaures géants, ainsi celui d'Antarctosaurus giganteus qui mesure 2,35 m ou celui de Patagotitan mayorum qui mesure 2,38 m. Les os de ce type jouent un rôle crucial dans le maintien du poids des organismes terrestres vertébrés. La circonférence épaisse du fémur suggère un animal d'un poids énorme, plusieurs études ont donc tenté d'estimer la masse corporelle du « Lézard argentin ».

Débat sur les caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Comparaison des plus grands sauropodes.

Comme pour beaucoup d'espèces de dinosaures de cette taille, les données de taille et de masse varient fortement d'une source à une autre. Concernant l'argentinosaure, les fourchettes d'estimation sont très larges. La plupart des sources indiquent une masse autour de 60-80 tonnes, pour une longueur estimée entre 30 et 40 mètres. Il est ainsi d'une taille comparable à celle de Patagotitan dont la découverte a été annoncée en 2014 et qui vivait lui aussi en Argentine à la même époque[9]

Systématique[modifier | modifier le code]

À ce jour, une seule espèce est connue : Argentinosaurus huinculensis (Bonaparte & Coria, 1993).

Argentinosaurus est un sauropode titanosaure. À sa description en 1993, José Bonaparte et Rodolfo Coria l'ont classé au sein des Andesauridae. En 1997, une équipe dirigée par Leonardo Salgado a réalisé son appartenance aux Titanosauridae, ils ont alors classé Argentinosaurus au sein d'un clade non nommé en compagnie des Opisthocoelicaudia et d'un titanosaure indéterminé[10].

En 2004, Paul Upchurch et son équipe ont suggéré l'existence d'un nouveau groupe, Lithostrotia, groupe qui comprenait tous les membres dérivés de Titanosauria. Argentinosaurus a alors été classé comme un titanosaure basal[11]. La position basale de Argentinosaurus au sein de Titanosauria a été confirmée ensuite par plusieurs études ultérieures[12].

Une étude réalisée en 2017 par José L. Carballido et son équipe a réintégré Argentinosaurus au sein des Lognkosauria et du taxon frère de Patagotitan[13]. En 2018, González Riga et ses collègues ont également découvert qu’il appartenait à Lognkosauria, qui, à son tour, s’avérait appartenir à Lithostrotia[14]. Une autre étude réalisée en 2018 par l'équipe de Hesham M. Sallam a suggéré deux positions phylogénétiques différentes pour Argentinosaurus, sur la base de deux ensembles de données différents. Ils l'ont considéré soit comme un titanosaure basal, soit comme le taxon frère de Epachthosaurus[15]. En 2019, une nouvelle étude de González Riga a réintégré Argentinosaurus au sein des Lognkosauria et indiqué que ce groupe formait un clade plus important avec Rinconsauria, clade qu'ils ont baptisé Colossosauria[16].

Le cladogramme suivant montre la position de Argentinosaurus au sein des Colossosauria, suivant la proposition de Bernardo González Riga et son équipe, en 2019.

Colossosauria
Rinconsauria

Rinconsaurus



Muyelensaurus



Lognkosauria

Mendozasaurus




Futalognkosaurus




Argentinosaurus




Notocolossus



Patagotitan



Puertasaurus







Étymologie[modifier | modifier le code]

Argentino : « argentin » et saurus : « lézard », soit, littéralement, « lézard d'Argentine ».

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

Comme les autres sauropodes géants, Argentinosaurus devait vivre en troupeau et migrer constamment en quête de nourriture. Herbivore, il se nourrissait de feuilles de conifères grâce à sa taille gigantesque et son long cou qui lui permettait d'atteindre la cime des arbres, mais aussi de balayer le sol pour y consommer des fougères et des prêles. Il ingurgitait avec cette végétation des cailloux, gastrolithes, qu'il gardait dans son estomac pour faciliter la digestion[17].

D'après Kristi Curry Rogers, la masse d'Argentinosaurus devait probablement croître d'environ 50 kilogrammes par jour à l'adolescence (le développement maximal des grands sauropodes est estimé à 56 kg/j)[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Documentaire Dinosaures géants de Patagonie
  2. (en) Kenneth Carpenter, Biggest of the big: a critical re-evaluation of the mega-sauropod Amphicoelias fragillimus Cope, 1878, Paleontology and Geology of the Upper Jurassic Morrison Formation, bulletin n°36, New Mexico Museum of Natural History, John R. Foster, Spencer G. Lucas (éd.), 2006. Lire en ligne.
  3. (en) Jorge Orlando Calvo, Ruben D. Juarez Valieri, Juan D. Porfiri, Re-sizing giants: estimation of body lenght of Futalognkosaurus dukei and implications for giant titanosaurian sauropods, IIIe Congrès latino-américain de paléontologie des vertébrés (Neuquén, Patagonie, Argentine, 2008). Lire en ligne
  4. (en) Gerardo V. Mazzetta, Per Christiansen, Richard A. Fariña, Giants and Bizarres: Body Size of Some Southern South American Cretaceous Dinosaurs, Historical Biology, 16, 2004. Lire en ligne
  5. a b et c (es) José F. Bonaparte et Rodolfo A. Coria, « Un nuevo y gigantesco sauropodo titanosaurio de la formacion Rio Limay (Albiano-Cenomaniano) de la provincia del Neuquen, Argentina », Ameghiniana, vol. 30, no 3,‎ , p. 271-282 (lire en ligne, consulté le 8 août 2019) voir aussi
  6. (en) Holtz, Thomas R. Jr. (2012) Dinosaurs: The Most Complete, Up-to-Date Encyclopedia for Dinosaur Lovers of All Ages, Winter 2011 Appendix
  7. (en) « Argentinosaurus », sur www.prehistoric-wildlife.com (consulté le 29 juillet 2019)
  8. (en) « Argentinosaurus huinculensis schematic », sur Deviantart.com,
  9. (en) J.L. Carballido, D., A. Otero, I.A. Cerda, L. Salgado, A.C. Garrido, J. Ramezani, N.R.Cúneo et J.M. Krause, « A new giant titanosaur sheds light on body mass evolution among sauropod dinosaurs », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 284, no 1860,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2017).
  10. Leonardo Salgado, Rodalpho Anibal Coria, Jorge Orlando Calvo, Evolution of titanosaurid sauropods I.: Phylogenetic analysis based on the postcranial evidence, Ameghiniana, 34 (1), p.3–32.
  11. Paul Upchurch, Paul M. Barret, Peter Dodson, Sauropoda, in : The Dinosauria (2e éd.), Berkeley : Presses de l'Université de Californie, p. 259–322, (2004). (ISBN 978-0-520-25408-4).
  12. Jeffrey A. Wilson, An overview of titanosaur evolution and phylogeny, Actus de las III Jornadas Sobre Dinosaurios y Su Entorno. Burgos: Salas de los Infantes, 169 : 169-190, 2006.
  13. José L. Carballido, Diego Pol, Alejandro Otero, Ignacio A. Cerda, Leonardo Salgado, Alberto C. Garrido, Jahandar Ramezani, Néstor R. Cúneo, Javier M. Krause, A new giant titanosaur sheds light on body mass evolution among sauropod dinosaurs, Proceedings biological sciences, Royal society Publishing, vol. 284, 2017.
  14. Bernardo J. Gonzalez Riga, Phillip D. Mannion, Stephen F. Poropat, Leonardo D. Ortiz David, Juan Pedro Coria, Osteology of the Late Cretaceous Argentinean sauropod dinosaur Mendozasaurus neguyelap: implications for basal titanosaur relationships, Zoological Journal of the Linnean Society, 184 (1), p.136-181, 2018. https://doi.org/10.1093/zoolinnean/zlx103
  15. Hesham M. Sallam, Eric Gorscak, Patrick M. O'Connor, Iman M. El-Dawoudi, Sanaa El-Sayed, Sara Saber, Mahmoud A. Kora, Joseph J.W. Sertich, Erik R. Seiffer, Matthew C. Lamanna, New Egyptian sauropod reveals Late Cretaceous dinosaur dispersal between Europe and Africa, Nature Ecologie & Evolution, 2 (3), p.445–451, 2018.
  16. Bernardo J. González Riga, Matthew C. Lamanna, Alejandro Otero, Leonardo D. Ortiz David, Alexander W.A. Kellner, Lucio M. Ibiricu, An overview of the appendicular skeletal anatomy of South American titanosaurian sauropods, with definition of a newly recognized clade. Anais da Academia Brasileira de Ciências, vol.91, supl.2, 2019.
  17. (en) T. Haines, P. Chambers, The Complete Guide to Prehistoric Life, Firefly Books Ltd, , p. 118–119
  18. (en) Kristi Curry Rogers, « Quelle poussée de croissance ! », sur La Recherche, , p. 39

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

(en) Référence Paleobiology Database : Argentinosaurus Bonaparte et Coria, 1993

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]