Apogée (logiciel)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
 Ne doit pas être confondu avec Apogee Software.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Apogée (homonymie).
Apogée
Logo

Développeur Agence de mutualisation des universités et des établissements
Type Progiciel
Licence licence propriétaire
Site web Site de l'AMUE

Apogée (pour « Application pour l'organisation et la gestion des enseignements et des étudiants ») est un progiciel de gestion intégrée (PGI) développé par l'Agence de mutualisation des universités et des établissements (AMUE) depuis 1995[1]. Il est destiné à la gestion des inscriptions et des dossiers des étudiants dans les universités françaises.

Depuis 2011, des travaux sont engagés par l'AMUE pour remplacer Apogée par un nouveau « système d’information Formation et Vie de l’étudiant »[2] à moyen terme, mais l'AMUE n'est guère optimiste puisqu'elle prévoit la diminution du nombre d'universités clientes d'ici à 2015 (qui chuterait de 20 % et passerait, selon ses propres prévisions, de 92 en 2011 à 80 en 2015)[3].

Généralités[modifier | modifier le code]

Le logiciel est conçu pour la gestion des inscriptions administratives (frais d'inscription, sécurité sociale), inscriptions pédagogiques (rattachement à un diplôme, une année, à un ensemble de modules), des examens (planning, relevé de notes), pour l’aide aux jurys de semestre et d'année (aide à la délibération) et à la production des diplômes (procès-verbaux, annexe au diplôme, etc.).

Il équipe près de 90 établissements d'enseignement supérieur[4], ce qui représente environ 1,5 à 2 millions de dossiers d'étudiants gérés. Grâce aux accords de coopération franco-marocains, le logiciel Apogée est également implanté dans 12 des 14 universités marocaines[5]. À cette occasion, il a été traduit en arabe[6].

En France, il permet l’échange de données avec les établissements d’enseignement secondaire (par le biais des opérations préalables à l’inscription, OPI), avec les organismes de gestion de la Sécurité sociale étudiante, avec les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), ainsi qu'avec la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance statistiques du Ministère. La durée de conservation des données ne peut excéder dix ans à compter de la dernière inscription, selon l’arrêté de 1995 (art. 4).

Le projet Apogée a été lancé en 1992 par une poignée d'établissements (universités Rhône-Alpes, Auvergne et Bourgogne), qui ont défini un premier cahier des charges. En 1993, un groupement d’intérêt public GIGUE a vu le jour pour mener à bien le développement[7]. En 1995 a commencé l’implantation et l’exploitation du logiciel.

Le logiciel est une application fonctionnant sur une base Oracle. Dans chaque établissement, deux serveurs sont généralement utilisés (un serveur de base de données, un serveur d'application) sous Linux. Le temps moyen d’une inscription par le Web est estimé à 10 minutes (moyenne de 9 à 10 écrans d’une minute chacun)[8].

Le prix du logiciel comprend une licence ainsi qu’une redevance annuelle, dont le montant dépend des ressources de l'établissement[9]: de 35 000 à 80 000 € pour la licence, de 7 000 à 27 000 € pour la redevance.

Structure[modifier | modifier le code]

Apogée est structuré en « modules ».

  • Inscription administrative. – Création automatique des formulaires d’inscription remplis par les étudiants lors de leurs réinscriptions via Internet.
  • Dossier "Étudiant. – Données administratives des étudiants : cursus, situation comptable vis-à-vis de l’université, numéro de Sécurité sociale (en lien avec les organismes de gestion des étudiants type SMEREP ou LMDE), inscription pédagogique, adresse...
  • Stage. – Gestion des conventions de stage
  • Contrôle des connaissances. – Saisie des barèmes, coefficients et règles de calcul de notes et de résultat pour les UE ou pour la moyenne générale.
  • Résultat. — Saisies des notes, calcul automatique des notes, classement des étudiants, calcul des ECTS acquis, calcul des moyennes (compte tenu des "points de jury" attribués en fin de semestre (soit à une UE en particulier pour l’obtention d’ECTS, soit à la moyenne générale). Impression de documents: procès-verbaux de notes, attestations de réussite, relevés de notes, diplômes... Archivage des données concernant les diplômés de moins de 3 ans.
  • Inscription pédagogique. — Inscription des étudiants dans les cours, soit de manière individuelle (étudiant par étudiant), soit "en masse" (par les secrétariats, en particulier pour les cours obligatoires).
  • Référentiel. — Stockage des données techniques. Par exemple, les données "Utilisateur" (droits d’accès des utilisateurs) ou les données "Environnement" (statuts des différents partenaires institutionnels, liste des composantes de l’université, etc.)

Critiques et mérites[modifier | modifier le code]

Le coût du logiciel est un frein à son adoption[10]. L'AMUÉ évoque également à son propos les « difficultés à mettre en œuvre une véritable démarche de projet ».[11]

L'IGAÉNR relève également:

  • les erreurs de calculs sur les taux de réussite: « Le fait que le logiciel de scolarité (…) ne prenne pas en compte les étudiants effectivement présents aux examens mais rapporte les étudiants qui obtiennent leur diplôme aux inscrits administratifs conduit à la très faible fiabilité des taux de réussite établis par le seul recours à cette application. »[12]
  • les erreurs de saisie: « Les résultats sont saisis en général par du personnel administratifs, avec une saisie unique sur le logiciel "Apogée" : la mission a constaté que cette saisie n’offre pas toujours la sécurité requise, et par exemple les deux mentions "ajourné" et "défaillant" (c'est-à-dire "absent") étaient dans un département régulièrement utilisées l’une pour l’autre. »[13]

Les établissements en voient également les limites :

  • difficulté à calculer la charge d'enseignement[14],
  • mauvaise intégration des programmes de "formation permanente" et de formations à distance[14],
  • bidouillage autour des heures complémentaires issues du Plan Réussite en Licence[14],
  • difficulté à intégrer les cours mutualisés…[14]
  • « lourdeurs, problèmes de communication et d’interfaçage, absence de référentiel unique »; « La description de l’offre de formation dans Apogée est complexe et hétérogène. »[15]
  • « en matière d’authentification et de gestion des droits d’accès, (…) Apogée gère sa propre base de comptes, ce qui peut être considéré comme une anomalie et un handicap pour la sécurité globale des applications » (p. 24)[15]

Les usagers se plaignent également[16]:

  • « Apogée accroît le poids des tâches administratives et diminue la souplesse de gestion qu’on se permettait auparavant »; cela constitue une « dérive bureaucratique qui brime les initiatives individuelles et grève les marges de manœuvre locales »[17]
  • Apogée provoque un « lissage des singularités des différentes disciplines et porte ainsi atteinte à leurs qualités propres »[17]
  • Apogée est un « outil de flicage. Cela permet d’évaluer le coût de chaque formation dans la perspective d’une meilleure rentabilité et/ou performance des formations»[17]
  • Apogée est rigide au point de ne pas permettre de transdisciplinarité: «ça met les recommandations du ministère en face de ses contradictions car on nous demande d’installer des logiciels qui permettent de clarifier les choses au niveau des statistiques et des coûts de formation. À côté de ça, on nous exhorte à faire des transdisciplinarités pour étoffer les diplômes, tout en sachant que ça ne nous est pas possible.”»[17]

Seul le Comité national d'évaluation (ancêtre de l'AÉRES et du HCERES) remarque que « l’utilisation du logiciel Apogée a permis d’harmoniser les pratiques et l’accès à des données fiables, et de renforcer la rigueur des procédures, en particulier pour ce qui concerne la validation des modalités de contrôle des connaissances par le CÉVU et le respect des règlements d’examen. »[18]

Pour pallier les insuffisances du logiciel, les universités multiplient les modules qui s'y connectent, développés localement ou choisis parmi les produits concurrents EVE, Université de Lorraine[19], GASEL, Université de Lyon I[20], Helico et ADE (Université de Grenoble)[21], SAGHE à l'Université de Toulouse II[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 26 janvier 1995 portant création d'une application informatique nationale de gestion des enseignements et des étudiants
  2. http://blog.univ-provence.fr/blog/coordination-rgionale-paca/appel-doffres/2012/03/21/remplacement-d-apog-e-appel-candidatures-d-experts
  3. AMUE, p. 16. Contrat quinquennal de développement. 2011-2015
  4. École centrale Paris, École des hautes études en sciences sociales (EHESS), École nationale supérieure d'architecture de Grenoble, École nationale supérieure d'ingénieurs de Caen, École nationale supérieure de chimie de Clermont-Ferrand, École nationale supérieure de chimie de Montpellier, École nationale supérieure de chimie de Rennes, École pratique des hautes études (EPHE), Institut polytechnique de Grenoble, Institut d'études politiques de Bordeaux, Institut d'études politiques de Rennes, Institut national des langues et civilisations orientales, Institut national des sciences appliquées de Toulouse, Institut national polytechnique de Lorraine, Institut national polytechnique de Toulouse, Université d’Aix-Marseille I, Université d’Aix-Marseille 2, Université d’Aix-Marseille 3, Université d’Amiens, Université d’Angers, Université des Antilles et de la Guyane, Université d’Artois, Université de Besançon, Université de Bordeaux I, Université de Bordeaux II, Université de Bordeaux III, Université de Bordeaux 4, Université de Brest, Université de Bretagne Sud, Université de Caen, Université de Cergy-Pontoise, Université de Chambéry, Université de Clermont-Ferrand I, Université de Clermont-Ferrand II, Université de Corse, Université de Dijon, Université d'Évry-Val d'Essonne, Université de Grenoble 1, Université de Grenoble 2, Université de Grenoble III, Université de La Réunion, Université du Havre, Université du Mans, Université de Lille II, Université de Lille III, Université de Limoges, Université du Littoral, Université de Lyon I, Université de Lyon II, Université de Marne-la-Vallée, Université de Metz, Université de Montpellier 1, Université de Montpellier 2, Université de Montpellier 3, Université de Mulhouse, Université de Nancy I, Université de Nancy II, Université de Nice, Université d'Orléans, Université de Paris I, Université de Paris III, Université de Paris IV, Université de Paris V, Université de Paris VII, Université de Paris X, Université de Paris XI, Université de Paris XII, Université de Paris XIII, Université de Paris Dauphine, Université de Pau, Université de Perpignan, Université de Poitiers, Université de Reims, Université de Rennes 1, Université de Rennes 2, Université de Rouen, Université de Saint-Étienne, Université de Strasbourg I, Université de Strasbourg II, Université de Strasbourg III, Université de Toulon, Université de Toulouse I, Université de Toulouse II, Université de Toulouse III, Université de Tours, Université de Valenciennes, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines
  5. « Accueil > Formation - Vie de l'étudiant > Logiciels > APOGEE > Présentation > Liste des établissements équipés », sur www.amue.fr (consulté le 10 octobre 2010)
  6. http://www.terena.org/activities/development-support/eumedevent2/presentations/Tricha-EUMed2.pdf
  7. Gueissaz, Albert. "Informatisation et construction de systèmes d'information : quelques dilemmes de la modernisation des organisations universitaires". In: Réseaux, 1995, volume 13 no 69. p. 97-119. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reso_0751-7971_1995_num_13_69_2640
  8. [PDF]« Cahier des charges d’implantation d’Apogée », sur www.amue.fr (consulté le 10 octobre 2010), page 41
  9. [PDF]« Contributions des établissements au financement de l'Amue », sur www.amue.fr (consulté le 10 octobre 2010)
  10. http://www.univ-paris-diderot.fr/comm/Lettre3.html
  11. Marie-Pierre Dorville, "Quelle utilisation... jusqu’où ?" http://www.amue.fr/fileadmin/amue/documents-publications/amue/CR_GuidScol.pdf
  12. http://media.education.gouv.fr/file/38/4/6384.pdf
  13. http://media.education.gouv.fr/file/65/5/6655.pdf
  14. a, b, c et d http://eti.univ-bpclermont.fr/getfile.php/tap_boiteoutils/201/RAPESUP%207%20mai%202010.pdf
  15. a et b http://www.u-bordeaux1.fr/fileadmin/images-PDF/UNIVERSITE/Vie_institutionnelle/IGAENR-SIP-Bordeaux1.pdf
  16. Stéphanie Mignot-Gérard, « Échecs patents et effets latents des politiques d’établissement. Réflexions sur la rationalisation de l’université française ». http://www.iae.univ-lille1.fr/intranet/espacespersos/Profs/530/Cours/Institutions_et_gouvernance/papier_ustl.doc
  17. a, b, c et d Jimmy Saint-Louis, 5 décembre 2011. «Un logiciel qui n’atteint pas son…. Apogée». Bondy Blog
  18. Comité national d'évaluation, «SUIVI DES ÉVALUATIONS. L'UNIVERSITÉ DE PICARDIE - JULES-VERNE». Bulletin Nº44 - 2004 https://www.cne-evaluation.fr/WCNE_pdf/Bulletin44.pdf
  19. « Évaluation, Visualisation de l’Enseignement »
  20. Gestion automatisée des services des enseignants de Lyon 1
  21. [1]
  22. [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Site de l'AMUE
  • Scolarix, logiciel concurrent en open source édité par le consortium Cocktail (dit consortium de La Rochelle), adopté par 54 établissements
  • SIECLE, logiciel de gestion des élèves des établissements scolaires du second degré en France (anciennement "Gestion des élèves et des personnels (GÉP)" puis Sconet)
  • Geste ("Gestion des structures des établissements"), logiciel de gestion des élèves en Belgique