Université Toulouse-Jean-Jaurès

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Université Toulouse-Jean-Jaurès
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Logo de l'université Toulouse-Jean-Jaurès.
Histoire et statut
Fondation
1229 (ancienne université)
1969 (UT2)
Type
Fondateur
Président
Daniel Lacroix (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Campus
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Chiffres-clés
Étudiants
26 562 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Enseignants
1 239
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L’université Toulouse-Jean-Jaurès (UT2 ou UT2J[2]), qui s'appelait jusqu'en 2014 université de Toulouse-II-Le Mirail, est l'une des trois universités de Toulouse. Son campus principal se situe dans le quartier du Mirail, à Toulouse.

Elle a été constituée en 1969, à la suite de la loi Faure, par le regroupement des facultés de sciences et les facultés médicales de l'ancienne université de Toulouse, elle-même fondée en 1229. Depuis 2015, elle fait partie des membres initiaux de la COMUE « université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées »[3].

Cette université est spécialisée dans trois grands domaines : arts, lettres et langues ; sciences humaines et sociales ; sciences, technologies et santé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Montage photographique de l'arche et du pigeonier de l'université.

L'université de Toulouse avant le Mirail[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Université de Toulouse.

L’ancienne université de Toulouse fut créée en 1229. Au XVIe siècle, elle connait une grande renommée, puisqu’elle accueille des humanistes prestigieux comme Michel Servet, Étienne Dolet[4], Michel de L'Hospital, François Rabelais et probablement Montaigne.

Elle a été supprimée, comme toutes les autres universités, par la Convention en 1793. L'année suivante, on institue à Toulouse un institut pluridisciplinaire d'enseignement supérieur, nommé Institut Paganel. Cet institut devient, en 1795, l’école centrale de Toulouse.. Cette école centrale devient par la suite une université impériale regroupant une faculté de médecine en 1808, une faculté de théologie catholique en 1809, une faculté de lettres en 1809 et une faculté de sciences en 1810. En 1893, l'enseignement supérieur toulousain devient un corps de facultés, puis en 1896, l'université de Toulouse est recréée avec le regroupement des facultés.

Création du Mirail[modifier | modifier le code]

Ancien logo jusqu'en 2014.

Les locaux de l'université ont été conçus et construits par l'équipe d’architectes Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrach Woods. En effet, de 1961 et 1966, ils ont réalisé la conception de la zone à urbaniser en priorité le Mirail. La création de l'université a par la suite été ajoutée au projet, et sa construction s'est déroulée de 1967 à 1975.

L'université du Mirail connaît une naissance précipitée à la suite de la saturation de l'ancienne faculté du centre ville et au mouvement de mai 1968. Suite à la loi Faure de novembre 1968, l'université de Toulouse se scinde en trois en 1969 : la faculté de droit devient l’université de Toulouse-I dite « Capitole » et reprend les anciens bâtiments de l'université, la faculté de lettres devient l'université de Toulouse-II, appelée « Le Mirail » après son déménagement, et les facultés de médecine et de sciences deviennent l'Université de Toulouse-III, dite « Paul Sabatier »[5],[6]. Est également créée une quatrième université toulousaine, l'institut national polytechnique de Toulouse, dite « Toulouse INP », une fédération d'écoles d'ingénieurs[7]. Après plusieurs ouvertures d'annexes (dont une située dans une caserne militaire) afin de désengorger l'université du centre ville, l'université du Mirail ouvre petit à petit ses portes dès 1971 et en 1973, le déménagement est quasiment effectué en totalité. Prévue pour 11 000 étudiants, le développement de l’université est allé au-delà des prévisions de l'époque, puisqu’elle accueille plus de 26 000 étudiants en 2016.

En 1974, l'université voit la création de l'institut universitaire de technologie Toulouse 'B'[8] qui se scinde en deux en 2001 : l'IUT de Blagnac et l'IUT de Figeac[9]. Puis en 2007, un institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) Midi-Pyrénées est créé[10]. Il devient une école supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE) Midi-Pyrénées suite à la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République[11],[12].

Les grands domaines de l'université sont « Arts, lettres et langues », « Sciences humaines et sociales », « Sciences, technologies et santé ».

Architecture du projet[modifier | modifier le code]

L'idée d'université du Mirail a émergé dès 1964, peu après la mise en place du projet initial d'urbanisation du quartier du Mirail porté par les architectes Georges Candilis, Josic et Woods. Les premiers plans datent de 1966. L'architecture de l'université repose sur un principe de base d'horizontalité. Les bâtiments ne font jamais plus d'un étage. L'organisation des bâtiments se structure autour de quatre principales voies de circulation piétonne qui forment une véritable ossature à l'université. Ces voies de circulation couvertes forment également un lien permanent entre les bâtiments créant une véritable unité structurelle entre les différentes disciplines enseignées. Ces voies de circulation reprennent l'idée de trame urbaine en formant des rues internes au quartier, permettant une circulation rapide et en créant des îlots de construction. Les bâtiments sont constitués de blocs modulables reproduisant la structure en piliers et poutres de béton des travées, avec un remplissage parfois de briques rappelant la couleur de la ville rose. Ces blocs sont parsemés de patios permettant un éclairage naturel et créant des espaces de repos pour les étudiants. Certains blocs ont un étage et permettent un accès aux toits-terrasse. L'université repose en partie sur une dalle recouvrant un parking.

Aujourd'hui, de nouveaux édifices de plusieurs étages ont été construits – comme la bibliothèque universitaire, la maison de la recherche, l'UFR d'histoire, l'Arche, la fabrique culturelle et l'UFR de langues – et sont des éléments de la restructuration en cours de l'université.

Développements récents[modifier | modifier le code]

L'université connait une vague de modernisation de ses infrastructures dans les années 2010.

Le projet initial a été marqué par plusieurs problèmes de construction qui ont affecté le fonctionnement de l'université[13]. L'un des principaux événements récents ayant affecté les bâtiments anciens fut l'explosion de l'usine AZF de Toulouse[14].

Plusieurs projets de changement de nom de l'université, qui fait référence au quartier défavorisé du même nom, voient le jour à partir des années 2000 sous les présidences de Pech, de Filâtre, puis de Minovez. Le nom de Jean Jaurès, ancien enseignant de l’université de Toulouse, est ainsi proposé en 2014 pour marquer le centenaire de sa mort[15], et cette appellation est adoptée par le conseil d'administration de l'établissement le 25 mars de la même année[16].

Composantes[modifier | modifier le code]

L'université est organisée en plusieurs composantes pédagogiques : des unités de formation et de recherche (UFR), des instituts universitaires et des écoles internes.

Les unités de formation et de recherche[modifier | modifier le code]

L'université est structurée autour de cinq composantes de formation et de recherche. Elles ont la charge de la formation des étudiants en premier et en second cycle universitaire, et délivre à ce titre des diplômes de licence et de master, mais aussi d'une partie des activités de recherche via des laboratoires de recherche et des instituts. Certains de ces derniers peuvent être communs à d'autres établissements d'enseignement et de recherche. L'accession en premier cycle se fait de droit pour tous les titulaires d'un baccalauréat ou d'un titre équivalent.

Les instituts[modifier | modifier le code]

Les écoles internes[modifier | modifier le code]

Les antennes[modifier | modifier le code]

  • Centre universitaire Maurice-Faure, situé à Montauban, antenne des UFR histoire, arts et archéologie et de l'ESPE,
  • Centre universitaire de l'Ariège Robert Naudi, à Foix, antenne de l'ISTHIA, de l'ESPE et du département géographie, aménagement, environnement.

Les écoles doctorales[modifier | modifier le code]

L'université comporte trois écoles doctorales (ED) à titre principal :

  • Comportement, langage, éducation, socialisation, cognition) (ED CLESCO),
  • Arts, lettres, langues, philosophie, communication (ED ALLPH@),
  • Temps, espaces, sociétés, cultures) (ED TESC).

Service d'enseignement à distance (SED)[modifier | modifier le code]

L'université Toulouse-Jean-Jaurès dispose du plus important service d'enseignement à distance[17] en France permettant, chaque année, à plus de 4000 étudiants, empêchés d'assister à certains cours ou à tout un cursus au sein de l'université (pour cause d'éloignement, de double cursus, de maladie, de raison familiale ou professionnelle) d'une part de recevoir à leur domicile des cours rédigés par les professeurs de l'université, d'autre part de disposer d'un dispositif pédagogique en ligne (documents, animations, forums...) permettant une formation complète.

Les équipes de recherche[modifier | modifier le code]

Plusieurs laboratoires de recherche sont également présents dans l'université.

Unités mixtes de recherche[modifier | modifier le code]

Équipes d'accueil[modifier | modifier le code]

  • Cultures anglo-saxonnes (CAS)
  • Centre de recherche et d'études germaniques (CREG, université Toulouse II et université Montpellier III)
  • Équipe de recherche sur les rationalités philosophiques et les savoirs (ERRAPHIS)
  • Il Laboratorio
  • Institut de recherche inter-site études culturelles (IRIEC, université Toulouse II et université Montpellier III)
  • Laboratoire de recherche en audiovisuel (LARA), rattaché à l'École nationale supérieure de l'audiovisuel
  • Laboratoire cliniques pathologiques et interculturelle (LCPI)
  • Lettres, langages et arts (LLA CREATIS)
  • Unité de recherche interdisciplinaire OCTOGONE
  • Patrimoine, littérature, histoire (PLH)
  • Psychologie du développement et processus de socialisation (PDPS)

École supérieure du professorat et de l'éducation - recherche[modifier | modifier le code]

  • Groupe de recherches en interactions didactiques pour la formation des enseignants (GRIDIFE)
  • Plateforme recherche formation, hypermédias et apprentissages (PReF)

Structures fédératives de recherche[modifier | modifier le code]

  • Maison des sciences de l'homme et de la société de Toulouse (MSHS-T, université Toulouse I et II), affiliée au Réseau national des MSH
  • Institut de recherche pluridisciplinaire en arts,lettres et langues (IRPALL)
  • Institut fédératif d'études et de recherches interdisciplinaires santé société (IFERISS)

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

Associations étudiantes[modifier | modifier le code]

L'université Toulouse-Jean-Jaurès accueille de nombreuses associations. Elle héberge cinq foyers de vie étudiante gérés par des associations d'étudiants elles-mêmes.

Mouvement sociaux[modifier | modifier le code]

Depuis la création de l'université après 1968, des mouvements sociaux d'étudiants ont fréquemment marqué l'histoire du campus. Ils ont souvent montré leur mécontentement par rapport aux réformes liées au système universitaire ou à l'emploi. La durée des mobilisations, qui peuvent se traduire par des blocages, sont variables mais peuvent parfois durer plusieurs mois. Parmi les mouvements récents ayant provoqué des blocages :

Début 2018, dans le contexte de l'opposition à la plateforme Parcoursup, certains étudiants d'extrême gauche bloquent l'université et empêchent la tenue des cours[18].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population universitaire

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
27 000[19]27 298[20]26 830[21]26 724[22]26 131[23]24 746[24]23 332[25]21 879[26]
2008 2009 2010 2011 - - - -
23 463[27]23 001[28]21 824[29]22 259[30]----

Personnalités[modifier | modifier le code]

Enseignants et anciens enseignants[modifier | modifier le code]

Anciens étudiants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Moyens de l'université en 2009 », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr.
  2. « Service central d'authentification université numérique en région Midi-Pyrénées »
  3. Décret no 2015-663 du portant approbation des statuts de la communauté d'universités et établissements « Université fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées ».
  4. Emile Vaisse-Cibiel, Étienne Dolet à l'Université de Toulouse. : 1531-1533, Toulouse, Imprimerie de A. Chauvin,
  5. Arrêté du 24 novembre 1969 CONSTITUTION DES UNIVERSITES DE TOULOUSE I, TOULOUSE II ET TOULOUSE III
  6. Arrêté du 4 décembre 1970 APPROBATION DES STATUTS DE L'UNIVERSITE DE TOULOUSE-LE MIRAIL (TOULOUSE II)
  7. Décret no 69-930 du 14 octobre 1969 portant application aux instituts de facultés ou d’universités préparant à un diplôme d’ingénieur de la loi no 68-978 du 12 novembre 1968
  8. Décret n°74-762 du 30 août 1974 PORTANT CREATION D'UN INSTITUT UNIVERSITAIRE DE TECHNOLOGIE A TOULOUSE (UNIVERSITE DE TOULOUSE-II)
  9. « IUT Toulouse 2 Figeac », sur univ-tlse2.fr (consulté le 14 septembre 2018)
  10. Décret n° 2007-1916 du 26 décembre 2007 portant création d'un institut universitaire de formation des maîtres dans l'université Toulouse-II et fixant des dispositions électorales particulières à cet institut
  11. Loi no 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République
  12. Arrêté du 11 mai 2016 portant renouvellement de l'accréditation de l'école supérieure du professorat et de l'éducation de l'académie de Toulouse au sein de l'université Toulouse-II
  13. « La reconstruction de l'Université », Correspondances, no 34,‎ (lire en ligne).
  14. Emmanuel Davidenkoff, « La fac du Mirail se remet au travail », sur liberation.fr, Libération, .
  15. « Toulouse : le changement de nom de l’université Le Mirail fait débat », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  16. « Toulouse: l'université rebaptisée "Jean Jaurès" », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  17. « Le Sed », sur univ-tlse2.fr.
  18. Gabrielle Périer, « À Toulouse, l’extrême gauche colonise et bloque l’université du "Mirail" », causeur.fr, 25 mars 2018.
  19. Jean-Richard Cytemann (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (ISBN 2-11-092136-6, lire en ligne), p. 161.
  20. Jean-Richard Cytemann (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (ISBN 2-11-092152-8, lire en ligne), p. 159.
  21. Claudine Peretti (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (ISBN 2-11-093455-7, lire en ligne), p. 155.
  22. Claudine Peretti (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (ISBN 2-11-094345-9, lire en ligne), p. 159.
  23. Claudine Peretti (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (ISBN 2-11-095390 X, lire en ligne), p. 175.
  24. Claudine Peretti (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 179.
  25. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 181.
  26. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 173.
  27. Daniel Vitry (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie moderne de l’Est, (ISBN 978-2-11-097805-9, lire en ligne), p. 175.
  28. Michel Quéré (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie moderne de l’Est, (ISBN 978-2-11-097819-6, lire en ligne), p. 173.
  29. Michel Quéré (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie moderne de l’Est, (ISBN 978-2-11-097810-3, lire en ligne), p. 175.
    L’url de cet ouvrage est identique à celui de l’année 2010, il s’agit donc probablement d’une erreur.
  30. Michel Quéré (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Imprimerie moderne de l’Est, (ISBN 978-2-11-099368-7, lire en ligne), p. 177.
  31. « Histoire du Concorde », Photographies,‎ , p. 32 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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