Méry Laurent

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Méry Laurent
Stéphane Mallarmé 1896.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Anne Rose Suzanne LouviotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Demi-mondaine, inspiratrice, salonnièreVoir et modifier les données sur Wikidata

Méry Laurent, née Anne Rose Suzanne Louviot (NancyParis (à 51 ans)) est une demi-mondaine, muse de plusieurs artistes parisiens. Elle tient salon, et y accueille Stéphane Mallarmé, Émile Zola,Marcel Proust, François Coppée, ou encore Henri Gervex, James Whistler ou Édouard Manet[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Anne Rose Suzanne Louviot naît en 1849 à Nancy ; elle est la fille d'une lingère chez le maréchal François Certain de Canrobert, et d'un père inconnu. La mère blanchisseuse vend la virginité de sa fille de 15 ans à Canrobert pour qu'elle devienne sa maîtresse et reçoive une rente à vie de 500 fois par mois[3]. Cette rente lui permet de monter à l'âge de 16 ans sur Paris où elle commence alors une brève carrière d'actrice[1]. Elle est comédienne légère aux Variétés (le rôle de sa vie y est Vénus anadyomène, nue dans sa coquille) et au Châtelet (elle y joue des fééries d'Offenbach)[4].

En 1874, devenue cocotte, elle rencontre Thomas W. Evans, chirurgien-dentiste de la famille impériale, qui installe sa maîtresse au 52, rue de Rome, où elle reçoit dans son salon toute l'avant-garde artistique parisienne[5]. C'est à cette occasion qu'elle devient la maîtresse de Francois Coppee, Stéphane Mallarmé, Antonin Proust mais aussi la maîtresse et le modèle d'Édouard Manet[6].

À sa mort, elle lègue sa fortune à son dernier coup de cœur et protégé, Victor Margueritte, à l'exception de son portrait allégorique de l'Automne (tableau de Manet commencé en 1882) offert au musée des beaux-arts de Nancy[7].

Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (56e division).

Son salon[modifier | modifier le code]

Le salon que tient Méry Laurent est un lieu d'échanges qui favorise les démarches créatrices de ceux qui le fréquentent : on y rencontre des peintres, tels qu’Édouard Manet ou Henri Gervex, des poètes et des écrivains comme Mallarmé, Coppée, Huysmans, Proust (l'auteur brosse son portrait en la personne d'Odette de Crécy, le plus grand amour de Swann[8]) ou Zola (qui s'inspire d'elle pour Nana), des sculpteurs, des artistes lyriques et des musiciens, tels qu'Hortense Schneider ou Reynaldo Hahn[4]. Celui-ci sera d'ailleurs son exécuteur testamentaire[4].

Ses portraits par Édouard Manet[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mery Laurent dans son temps, sur Libération, 4 avril 2005. Consulté le 13 juin 2013.
  2. (en) Mery Laurent
  3. Méry Laurent, Manet, Mallarmé et les autres, ArtLys, , p. 11
  4. a, b et c Méry Laurent, Manet, Mallarmé et les autres : Musée des beaux-arts de Nancy, Cabinet d'art graphique, 4 mars-9 mai 2005, ArtLys, 2005
  5. Méry Laurent, Manet, Mallarmé et les autres, ArtLys, , p. 70
  6. Sylvie Thorel-Cailleteau, Splendeurs de la Médiocrité : Une idée du roman, Librairie Droz, 2008, p. 207.
  7. Adolphe Tabarant, Manet et ses œuvres, Gallimard, , p. 445
  8. En 1880, Méry Laurent se fait offrir par son protecteur Thomas W. Evans une maison au 9 boulevard de Lannes, les Talus. Proust s'inspire du décor de cette maison pour décrire l'intérieur de l'appartement des Swann.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Cachat, Manet, 1832-1883. The Metropolitan Museum of Art, New York 1983, (ISBN 0-87099-349-6)
  • Blandine Chavanne, Méry Laurent, Manet, Mallarmé et les autres... Art Lys Éditions, Versailles 2005, (ISBN 2-85495-221-9)
  • Stéphane Mallarmé, Lettres à Méry Laurent, Gallimard, Paris, 1986, (ISBN 2-07-074438-8)
  • (de) George Moore, Pariser Geschichten. Fischer, Berlin, 1926
  • Méry Laurent, Manet, Mallarmé et les autres…, Musée des beaux-arts de Nancy, Cabinet d'art graphique, 4 mars-9 mai 2005, ArtLys, 2005, 71 p.