Ahmadou Ahidjo

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Ahmadou Ahidjo
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Fonctions
1er président de la République du Cameroun[Note 1]

(24 ans 8 mois et 17 jours)
Élection
Réélection
28 mars 1970
Premier ministre Charles Assalé
Vincent-de-Paul Ahanda
Simon Pierre Tchoungui
Paul Biya
Prédécesseur Lui-même (chef de l'État)
Successeur Paul Biya
Premier ministre de la République du Cameroun

(2 ans 2 mois et 17 jours)
Président Lui-même
Prédécesseur Lui-même
Successeur Charles Assalé
2e chef de l'État sous tutelle du Cameroun
2e Premier ministre camerounais

(État autonome du Cameroun)
Prédécesseur André-Marie Mbida
Successeur Lui-même
Biographie
Nom de naissance Ahmadou Babatoura Ahidjo
Date de naissance
Lieu de naissance Garoua (Cameroun)
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Dakar (Sénégal)
Nationalité camerounaise
Parti politique Union nationale camerounaise (ex-UC)Élection présidentielle camerounaise de 1965
Conjoint Germaine Ahidjo
Profession Opérateur radio
Religion Islam

Ahmadou Ahidjo
Premiers ministres camerounais
Présidents de la République du Cameroun

Ahmadou Babatoura Ahidjo (né le à Garoua, Cameroun français - mort le à Dakar, Sénégal) est le premier président de la République du Cameroun.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Fils d'un chef peul (foulbé) de religion musulmane, Ahidjo est un autodidacte qui a intégré l'administration française comme télégraphiste puis opérateur radio.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Élu à l'assemblée territoriale du Cameroun en 1947, il devient conseiller de l'Assemblée de l'Union française de 1953 à 1958 et président de celle-ci en 1957. Vice-Premier ministre chargé de l'intérieur après l'octroi de l'autonomie interne au Cameroun, puis ministre de l'Intérieur (mai 1957). Grâce à un passage en force sagement orchestré par Jean Ramadier, haut-commissaire français de l'État du Cameroun sous tutelle des Nations unies, il fait tomber le gouvernement André-Marie Mbida en démissionnant avec la totalité des ministres du Nord qui lui sont fidèles. Il remplace ainsi André-Marie Mbida à la tête du gouvernement en février 1958[1].

Chef de l’État[modifier | modifier le code]

Avènement[modifier | modifier le code]

Grâce à son parti l'Union camerounaise, à une constitution taillée sur mesure, à un tripatouillage électoral et l'aide active de l'armée française qui réduit les rébellions bamiléké et bassa (de l'Union des populations du Cameroun (UPC) proche des communistes de Ruben Um Nyobe), il est élu en mai 1960 président de la République. Proclamant l'amnistie des maquisards de l'UPC, il réussit à ramener une confiance couronnée par la réunification avec une partie du Cameroun britannique (qui refuse l'intégration au Nigeria après référendum). Le pays devient un État fédéral en octobre 1961.

Élections de 1964[modifier | modifier le code]

Ahidjo pense mener un développement économique qui favoriserait l'unification progressive du pays. En avril 1964, Mbida Marguerite, âgée de 36 ans, mère de quatre enfants et épouse du prisonnier politique Mbida condamné à trois ans de prison ferme, se présenta comme tête de liste du PDC aux élections législatives d’avril 1964. Le PDC fut le seul parti politique à avoir osé se présenter à ces élections législatives. Les leaders d’opinion camerounais de cette époque sont tous soit en exil soit en prison. Les résultats de ces élections selon des sources dignes de foi[2] donnent une victoire massive au PDC dans ce qui s’appelle alors le Nyong-et-Sanaga. Cette victoire électorale leur fut confisquée au nom de l’unité nationale et du parti unique en gestation. Les électeurs refusèrent que leur soit volée cette victoire électorale. Le gouvernement camerounais de 1964 fit descendre la gendarmerie dans les villages et les protestataires furent massivement déportés vers les camps de concentration tristement célèbres de Mantoum, Tcholliré et Mokolo. Il est réélu en 1965.

Affermissement du pouvoir[modifier | modifier le code]

Malgré l'opposition du Parti des démocrates camerounais et de l'aile dissidente de l'UPC, il fonde en 1966 un parti unique, l'Union nationale camerounaise (UNC), assigne André-Marie Mbida en résidence surveillée[3]. Au début des années 1970, il parvient à réduire substantiellement l'activité insurrectionnelle de l'UPC grâce à des succès militaires dont le plus grand est la reddition, le jugement et l'exécution capitale en 1970 d'Ernest Ouandié (voir l'affaire Ndongmo), dernier chef historique de l'UPC. Il est réélu en 1970. Un référendum approuve en mai 1972 une constitution qui fait du Cameroun un État unitaire. Si le président défend à l'extérieur les instances de l'OUA, il se retire cependant, en 1973, de l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM).

En 1972, il fait insérer dans le Code pénal un article qui punit de prison les actes homosexuels au Cameroun[4].

Retrait[modifier | modifier le code]

De façon inattendue, Ahidjo âgé de 58 ans, qui tient le pays d'une main de fer en ayant réduit à néant la contestation de son régime, si forte au début de son règne, décide, tout d’un coup, de se retirer du pouvoir et de céder sa place à son successeur constitutionnel, Paul Biya, le 4 novembre 1982, officiellement pour raisons de santé. Il quitte l'UNC l'année suivante à cause de conflits internes.

Putsch de 1984 et accusation[modifier | modifier le code]

Après une tentative avortée de coup d'État contre le gouvernement à laquelle il a toujours nié avoir participé le 6 avril 1984, il est accusé et condamné à mort l'année suivante par contumace.

Exil et mort[modifier | modifier le code]

Séjournant alors entre la France, l'Espagne et le Sénégal pendant ces événements, il ne rentra jamais au Cameroun et s'installe au Sénégal. Il y meurt le 30 novembre 1989 et y demeure enterré[5].

Il était l'époux de Germaine Ahidjo.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Notes[modifier | modifier le code]

  1. République du Cameroun (1960-1961), République fédérale du Cameroun (1961-1972) puis République unie du Cameroun (1972-1984).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Prévitali, Je me souviens de Ruben: mon témoignage sur les maquis du Cameroun, 1953-1970, Karthala (1999), Collection Tropiques, (ISBN 978-2-86537-807-4).
  2. Hebdomadaire l'Effort camerounais, avril 1964
  3. Daniel Abwa André-Marie Mbida, premier Premier ministre camerounais (1917-1980): autopsie d'une carrière politique Racines du présent, Éditions L'Harmattan, 1993, (ISBN 978-2-7384-1593-6).
  4. Cécile Andrzejewski, « Cameroun - Homo à mort », Paris Match, semaine du 28 avril au 3 mai 2016, pages 133-136.
  5. Le retour des restes D’AHMADOU AHIDJO sur AfricaPresse.com

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrages de Mongo Beti sur le Cameroun dont Main basse sur le Cameroun : autopsie d’une décolonisation, 1972 et Africains si vous parliez, 2005.
  • (en) Mark Dike DeLancey, Rebecca Mbuh et Mark W. Delancey, « Ahidjo, Ahmadou (1924-1989) », in Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Scarecrow Press, Lanham, Md, 2010 (4e éd.), p. 26-29 (ISBN 9780810873995)
  • Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa, Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971), La Découverte, Paris, 2011.
  • Samuel Eboua, Ahidjo et la logique du pouvoir, L'Harmattan, 1995, 236 p. (ISBN 9782296299962)
  • Philippe Gaillard, Ahmadou Ahidjo, 1922-1989, Jeune Afrique éd., Paris, 1994, 255 p. (ISBN 2-85258-404-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]