Thomas Deltombe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Deltombe.
image illustrant un journaliste image illustrant français
Cet article est une ébauche concernant un journaliste français.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Thomas Deltombe, 11 octobre 2005

Thomas Deltombe est journaliste et essayiste français. Il collabore avec Le Monde diplomatique et les éditions La Découverte. Ses récentes interventions et articles portent sur les médias et l'islam, l'Afrique, l'histoire coloniale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de Sciences Po (2002) et titulaire d'un DEA d'histoire contemporaine (2003)[1].

Islamophobie[modifier | modifier le code]

Il a écrit L'islam imaginaire : la construction médiatique de l'islamophobie en France (1975-2005) (2005)[2]. Dans ce livre, il explique, à travers une étude détaillée des discours médiatiques et politiques hexagonaux, comment l'islamophobie est devenue un instrument de « régénération du racisme » en France. Le journaliste Daniel Schneidermann qualifie L'islam imaginaire de « livre de référence »[3]. Thomas Deltombe poursuit ses réflexions sur l'islamophobie médiatique dans Au nom du 11 septembre... Les démocraties à l'épreuve de l'antiterrorisme, publié avec Didier Bigo et Laurent Bonelli (2008)[4].

Dans leur ouvrage Islamophobie, la contre-enquête, Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau contredisent les recherches de Thomas Deltombe, affirmant qu'il n'existe pas d'« amalgame entre islam, islamisme et terrorisme entretenu par les médias »[5]. Constatant qu'ils le « critiquent vertement », le journaliste Alain Gresh remarque que Kersimon et Moreau s'appuient sur certains exemples tirés du livre de Deltombe[6]. Ayant également été critiqué par Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau, le sociologue Abdellali Hajjat avance que ces deux auteurs « n'ont pas pris la peine de [...] lire » l'ouvrage de Deltombe[7].

Caroline Fourest écrit à propos de l'islam imaginaire :« Thomas Deltombe accuserait presque les médias d'avoir fantasmé l'intégrisme[8] ».

Kamerun ![modifier | modifier le code]

Le livre Kamerun ! Une guerre cachée auxorigines de la Françafrique (1948-1971) (2011) offre, selon Jean-Pierre Bat, la synthèse la plus complète sur l'histoire de la décolonisation du Cameroun [9]. Les auteurs montrent comment la France a écrasé le mouvement indépendantiste camerounais, porté par l'Union des populations du Cameroun (UPC), pour garder la mainmise sur ce pays stratégique que Paris administrait sous la forme d'une "tutelle" de l'ONU. Selon diverses sources citées par Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, ce conflit oublié, qui a débuté au milieu des années 1950 et s'est poursuivi après l'indépendance formelle du pays le 1er janvier 1960, aurait fait plusieurs dizaines de milliers de morts [10]. Depuis lors, le Cameroun est considéré comme un pays clé de la « Françafrique » [11]. Selon la revue engagée à gauche New Left Review, Kamerun ! offre « le portrait le plus détaillé réalisé à ce jour sur les origines et la formation de la Françafrique »[12].

Activité militante[modifier | modifier le code]

En 2011, il fait partie des signataires d'un manifeste refusant de soutenir Charlie Hebdo au lendemain d'un attentat au cocktail molotov ayant détruit les locaux du journal satirique[13].

Jean-Christophe Moreau note dans le huffingtonpost que Thomas Deltombe et Alain Gresh ont mené une campagne de dénigrement contre le journaliste Mohamed Sifaoui[14].

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'islam imaginaire : la construction médiatique de l'islamophobie en France (1975-2005), Paris, La Découverte, "Cahiers libres", 2005. (ISBN 2-7071-4672-2)
  • Au nom du 11 septembre… Les démocraties à l'épreuve de l'antiterrorisme, avec Didier Bigo et Laurent Bonelli, La Découverte, Paris, 2008 (ISBN 9782707153296)
  • Mosquées : immersion parisienne dans des lieux ordinaires, Éd. le Passager clandestin, Paris, 2008, 91 p. (ISBN 978-2-916952-13-0)
  • Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, avec Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, La Découverte, "Cahiers libres", Paris, 2011 (ISBN 9782707159137)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sciences-po.asso.fr/profil/thomas.deltombe02.
  2. "Un « islamisme » télégénique, À propos de l’islamophobie refoulée des chaînes de télévision françaises"
  3. [1] Extraits de presse
  4. "L'anti-terrorisme et ses experts. Armer les esprits", septembre 2011
  5. L'islamophobie partout ?, Entretien avec Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau, conspiracywatch.info, 6 décembre 2014
  6. Islamophobie : vous avez dit contre-enquête ?, blog.mondediplo.net, 6 janvier 2015
  7. Statistiques de l'islamophobie: misère du journalisme mensonger, Abdellali Hajjat, blogs.mediapart.fr, 26 février 2015
  8. Caroline Fourest, «Le choc des préjugés: l'impasse des postures sécuritaires et victimaires», Calmann-Lévy, 2007, page 156
  9. Jean-Pierre Bat, "Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)", Note de lecture, Afrique contemporaine, no 237, novembre 2011
  10. "La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu", Le Monde, 14 octobre 2011
  11. Philippe Bernard et Christophe Châtelot, "Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique. 1948-1971" et "Au Cameroun de Paul Biya" : une sale guerre oubliée, Le Monde, 10 octobre 2011
  12. (en) Augusta Conchiglia, "Ghosts of Kamerun", New Left Review, no 77, septembre 2012
  13. Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo !, Les mots sont importants, 5 novembre 2011.
  14. http://www.huffingtonpost.fr/jean-christophe-moreau/lislamophobie-selon-alain-gresh/