Paul Soppo Priso

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Paul Soppo Priso
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Biographie
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Paul Soppo Priso, né le à Bonadoumbé (Douala) est le second fils de Mouelle Priso et de Jeanne Dina[1]. Il est mort le à Neuilly-sur-Seine, est un industriel et homme d'affaires camerounais – « le premier millionnaire camerounais[2] » –, qui fut aussi le premier président de l'Assemblée territoriale du Cameroun (1953-1957)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un ancien esclave.

Il suit une formation de topographe. Ce qui influencera sa carrière et changera la morphologie de la ville de Douala aux alentours des années d"indépendance.

Carrière[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Il est d'abord l'un des animateurs de la Jeucafra et de l'Unicafra, organisations destinées à contrecarrer l'influence pro-allemande au sein de la population indigène du Cameroun.

Brillant et populaire rival d’Ahmadou Ahidjo avant l’indépendance entré en politique dès 1938. il est conseiller de l’Union française dans les années 1950. Il avait tissé de solides liens à la fois en France avec le soutien d’Antoine Pinay[4], ministre français des Affaires étrangères puis des Finances sous de Gaulle et au Cameroun. Malgré ses bons rapports avec l'administration coloniale, celle-ci le surveille constamment. Ses correspondances sont lues et ses rencontres avec des agents de l'ONU espionnées par la sureté[5]. Son nom est utilisé comme « promesse » aux meneurs nationalistes qui abandonneraient leur combat politique. Des membres de l'administration viennent trouver Marthe Ekemeyong Moumié, l'épouse du président de l'UPC Félix-Roland Moumié, lui expliquant : « Vous serez riche, lui promet-on en lui proposant une liasse de billets, à l'exemple de Soppo Priso[5]. »

Homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Au sujet de l'origine de sa fortune, son ami André Bovar, le premier président de l'Assemblée camerounaise, explique :« Au départ, pour animer la Jeucafra, Soppo Priso était largement subventionné par les fonds secrets. A la fin de la guerre, l'administration lui a dit : "Après tout, vous avez rendu service, gardez le fric". » Avec cet argent, il devient entrepreneur et ses relations avec l'administration lui permettent d'obtenir facilement des contrats dans le secteur du BTP.

Dans le Cameroun des années 1950 et 1960, il investit lourdement dans la pierre. Il acquiert un nombre impressionnant de terrains entre 1950 et 1970, essentiellement à Douala. Bonapriso, le quartier chic de Douala, fut un temps constitué de nombreuses villas lui appartenant. Paul Soppo Priso construit pour une clientèle aisée, presque exclusivement occidentale. Il crée plusieurs sociétés civiles immobilières à Douala, dont l’Union générale immobilière du Cameroun et l’Union générale immobilière de Douala.

Il possède aussi un nombre important de biens achetés en France, dans l’immobilier parisien. Des appartements dans les Hauts-de-Seine (à Neuilly et à Boulogne-Billancourt) et dans le Var (à Nice). Il aurait également possédé des actions dans de grandes entreprises occidentales : Total, CFAO, Schlumberger et Axa[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Kouosseu, Noumbissie M. Tchouaké, Figures de l'Histoire du Cameroun, Paris, L'Harmattan, , 380 p. (ISBN 978-2-296-99044-9), p. 243
  2. (en) Mark W. DeLancey et Mark Dike DeLancey, Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Lanham (Maryland), The Scarecrow Press, , p. 348
  3. Notice BnF [1]
  4. a et b « Cameroun : le secret de Paul Soppo Priso, du flair et le sens des affaires – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2017)
  5. a et b Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsita, KAMERUN !, La Découverte,

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ralph A. Austen et Jonathan Derrick, « Middleman nationalism: the politics of Paul Soppo Priso », in Middlemen of the Cameroons Rivers: the Duala and their Hinterland, c. 1600-c. 1960, Cambridge University Press, Cambridge, 1999, p. 181-184 (ISBN 0-521-56664-9)
  • (en) Mark W. DeLancey et Mark Dike DeLancey, Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Lanham (Maryland), The Scarecrow Press, , p. 348

Liens externes[modifier | modifier le code]