Paul Biya

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Paul Biya
Paul Biya en août 2014.
Paul Biya en août 2014.
Fonctions
Président de la République du Cameroun
En fonction depuis le
(34 ans 2 mois et 15 jours)
Réélection

Premier ministre Bello Bouba Maigari
Luc Ayang
Sadou Hayatou
Simon Achidi Achu
Peter Mafany Musonge
Ephraim Inoni
Philémon Yang
Prédécesseur Ahmadou Ahidjo
Premier ministre camerounais

(7 ans 4 mois et 7 jours)
Président Ahmadou Ahidjo
Prédécesseur Simon Pierre Tchoungui (indirectement)
Successeur Bello Bouba Maigari
Biographie
Nom de naissance Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo
Date de naissance (83 ans)
Lieu de naissance Mvomeka’a (Cameroun)
Nationalité Camerounaise
Parti politique Rassemblement démocratique du peuple camerounais
Conjoint Jeanne-Irène Biya (décédée)
Chantal Vigouroux
Enfants Premier mariage :
Franck Emmanuel Biya
Deuxième mariage :
Paul Junior Biya
Anasthasia Brenda Biya
Diplômé de Université de la Sorbonne (Paris)
Institut d’études politiques de Paris
Institut des hautes études d’outre-mer

Paul Biya
Premiers ministres camerounais
Présidents de la République du Cameroun

Paul Biya, né le à Mvomeka’a (Cameroun) sous le nom de Paul Barthelemy Biya’a Bi Mvondo, est le second président de la République du Cameroun. Il est en fonction depuis le  ; il est président de la République unie du Cameroun de 1972 à 1984 et Premier ministre dans un même temps de 1975 à 1984, soit en fonction de chef de l'État depuis plus de 44 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Lorsque naît Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo, le sud du pays est sous contrôle français, le Cameroun étant alors un « territoire sous mandat de la Société des Nations ». Il est fils d’un catéchiste, ancien séminariste, destiné à la prêtrise.

De son premier mariage avec Jeanne-Irène Biya, morte en 1992, est né Franck Emmanuel Biya.

Pau Biya épouse en secondes noces Chantal Vigouroux dont il adopte ses deux enfants, issus d'une précédente relation. De ce mariage naissent Paul Junior Biya et Anasthasia Brenda Eyenga.

Deux hommes ont déclaré être fils de Paul Biya : Gilbert Baongla en 2012 (Paul Biya ne s'est pas prononcé à ce sujet de manière officielle[1]) et Akameyong Saint Thomas en 2013[2].

Formation[modifier | modifier le code]

Après ses études secondaires au lycée Général-Leclerc à Yaoundé, il passe successivement, à Paris, par le lycée Louis-le-Grand, l’université de la Sorbonne, l’Institut d’études politiques, où il obtient une licence en droit public en 1961, et l’Institut des hautes études d’outre-mer.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Dès 1962, il est chargé de mission à la présidence de la République dans le gouvernement du président Ahmadou Ahidjo. En 1968, il est nommé ministre secrétaire général à la Présidence, puis, en 1975, Premier ministre d’Ahidjo. Il devient président de la République le après l’annonce radiodiffusée par le président Ahidjo de sa démission le [3].

Présidence[modifier | modifier le code]

Le , une tentative de coup d’État, fomentée, selon certains, par Ahmadou Ahidjo réfugié en France[réf. nécessaire], vise à assassiner Paul Biya. Pendant près d’une semaine des combats opposent l’armée, restée fidèle, à la garde présidentielle, composée d’hommes du Nord. Les mutins de la garde présidentielle sont exécutés. À la suite de ces événements, Paul Biya change d’orientation politique alors qu’il est encore entouré des anciens caciques de l’ex-président, souvent originaires du nord du pays.

En mars et avril 1991, les opérations de désobéissance civile « Villes mortes » et les émeutes le poussent à accélérer la mise en œuvre de sa promesse de libéralisation politique.

En 1992, lors des premières élections multipartites, il gagne face à John Fru Ndi grâce à une courte majorité obtenue de haute lutte. En 1990, Michel Lévêque, directeur d'Afrique au Quai d'Orsay, rédigeait un rapport confidentiel intitulé Les Relations de la France avec les pays en développement, rapport qui met en évidence le pluralisme de façade dans certains pays africains dont le Cameroun[4]. À cette époque, on lui reproche un absentéisme néfaste au fonctionnement de l'État, n'ayant organisé que 4 conseils des ministres en 1993, et se montrant constamment injoignable. Le Cameroun constitue cependant 60 % du PNB de l'ancienne Afrique-Équatoriale française, ce qui peut expliquer la tolérance de la France face aux faiblesses affichées du président Biya[5],[6].

Depuis lors, il a successivement remporté l’élection présidentielle en 1997, en 2004 puis en 2011. L'opposition et la communauté internationale ont émis de nombreux doutes sur la validité des résultats de chacune de ses élections. Les doutes ont notamment portés sur la transparence de chacune des élections.

Paul Biya et le secrétaire d’État américain Colin Powell, le à New York.

Le , il est reconduit pour un nouveau septennat après vingt-deux ans passés à la tête du pays, face à une opposition divisée, à l’issue d’un scrutin sujet à caution.

En , lors de son discours de fin d’année à la nation, il annonce son intention de modifier la Constitution qui limite alors le mandat présidentiel à deux exercices. Pour ce faire, il doit changer la loi 6.2 de la constitution en vigueur qui limite les mandats présidentiels. Il compte sur la majorité absolue que son parti possède à l’Assemblée nationale. Cette déclaration soulève beaucoup de remous au sein des populations et des partis politiques.

En , le rapport de CCFD-Terre Solidaire Biens mal acquis, à qui profite le crime ? revient sur les dépenses pharaoniques du président camerounais, et sur sa fortune familiale[7]. Le 25 novembre 2010, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « recel de détournements de fonds publics » sur Paul Biya, à la suite d'un dépôt de plainte par l’association Union pour une diaspora active (UDA) 23 jours plus tôt[8]. Selon Issa Tchirouma, porte-parole du gouvernement camerounais, « le président de la République du Cameroun n’est comptable que devant son peuple… Il n’a pas à répondre à ces accusations en France », et dénonce une tentative de manipulation médiatique par des partis de l'opposition pour décrédibiliser le président à l'aube des élections présidentielles de 2011[9],[10].

De nombreuses organisations, telle qu'Amnesty International, ont critiqué le régime de Paul Biya, accusé de restreindre les libertés fondamentales des Camerounais et de commettre des violations des droits de l’homme[11]. L'affaire de l'emprisonnement en 2010 et de la torture de l'avocate franco-camerounaise Lydienne Yen-Eyoum fait notamment polémique, mais Biya y met un terme en 2016 en la faisant libérer[12].

Le gouvernement camerounais réfute ces accusations[réf. nécessaire]. Il met tour à tour[Quand ?] plusieurs de ses collaborateurs directs (secrétaires généraux à la présidence de la République) en prison, pour avoir eu des ambitions présidentielles[réf. nécessaire], sous le couvert d’une opération baptisée « Épervier[13] ».

Louis-Tobie Mbida séquestré à Mvolyé alors qu’il tente d’organiser une réunion politique le .

Le , ses services de sécurité se font remarquer en séquestrant Louis-Tobie Mbida, son probable adversaire aux élections présidentielles d’, dans un bâtiment appartenant à l’Église catholique[14].

Il est officiellement réélu le , avec 77,9 % des voix (3 772 527, avec un taux de participation de 65,82 %). Sept candidats ont contesté le scrutin du , considérant qu’il y avait eu des fraudes, mais la Cour suprême a rejeté le un appel destiné à l’annuler[15]. L'ambassadeur des États-Unis au Cameroun Robert Jackson a également dénoncé des « irrégularités à tous les niveaux »[16].

Séjours privés de Paul Biya[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Séjours privés de Paul Biya.

Les nombreux « séjours privés » de Paul Biya en Europe, notamment en Suisse, sont l'objet de polémiques récurrentes.

Décorations et titres honorifiques[modifier | modifier le code]

  • Drapeau du Cameroun Cameroun : grand maître des ordres nationaux.
  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : commandeur de l'ordre national, de classe exceptionnelle
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie : commandeur de l'ordre national
  • Drapeau du Sénégal Sénégal : grand croix de l'ordre national du Mérite sénégalais
  • Drapeau de la France France : grand officier de la Légion d'honneur
  • Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni : Great Commander of the Medal of St-George
  • Drapeau du Maroc Maroc : grand collier de l'ordre du Ouissam Mohammadi
  • Drapeau du Nigeria Nigeria : Great Commander of the Order of Nigeria
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : Docteur honoris causa de l'université du Maryland
  • Drapeau de la République populaire de Chine Chine : professeur honoraire de l'université de Pékin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Amougou, La pensée politique de Paul Biya, Paris/Yaoundé, L'Harmattan Cameroun, , 148 p. (ISBN 9782336000381).
  • Thierry Amougou, Le biyaïsme : le Cameroun au piège de la médiocrité politique, de la libido accumulative et de la (dé)civilisation des mœurs, Paris, L'Harmattan, , 391 p. (ISBN 978-2-296-56199-1).
  • Pierre Kamé Bouopda, Cameroun, les crises majeures de la présidence Paul Biya, L'Harmattan, , 235 p. (ISBN 978-2-296-03083-1).
  • Michel Roger Emvana, Paul Biya : les secrets du pouvoir, Paris, Karthala, , 290 p. (ISBN 2-8458-6684-4).
  • François Mattei, Le code Biya, Paris, Balland, , 365 p. (ISBN 978-2-35315-060-1).
  • (en) John Mukum Mbaku et Joseph Takougang, The leadership challenge in Africa : Cameroon under Paul Biya, Trenton, NJ, Africa World Press, , 563 p. (ISBN 1-59221-179-8).
  • Fanny Pigeaud, Au Cameroun de Paul Biya, Paris, Karthala, , 266 p. (ISBN 978-2-8111-0526-6).
  • Tim Harford, L'économie est un jeu d'enfant, Paris, PUF, , 586 p. (ISBN 978-2-13-072993-8).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Darysh Nedhi, « Georges Gilbert Baongla : « je suis le fils aîné et biologique du président Paul Biya… » », sur le site culturebene.com,‎ (consulté le 27 décembre 2016).
  2. Déclaration in le magazine Camerounais Notre Voiedaté du .
  3. (es) Domingo del Pino, « Paul Biya, nuevo presidente de Camerún tras la inesperada dimisión de Ahmadu Ahiyo », sur Elpais.com,‎ .
  4. Jacques Girardon, « Le pluralisme est mal parti », sur Lexpress.fr,‎ .
  5. Stephen Smith, « Un vacancier au pouvoir à Yaoundé »,‎ .
  6. Philippe Leymarie, « L’Angola, nouvelle puissance régionale », sur monde-diplomatique.com,‎ .
  7. « Biens mal acquis » : Paul Biya visé par le nouveau rapport du CCFD, sur Nouvelobs.com,‎ .
  8. « Biens mal acquis » : une enquête vise le président du Cameroun, sur lemonde.fr,‎ .
  9. Lauranne Provenzano, « Biens mal acquis : Paul Biya rejette en bloc les accusations », sur Jeuneafrique.com,‎ .
  10. « Biens mal acquis : l'entourage du président dénonce une manipulation », sur France24.com,‎ .
  11. (en) « Cameroon: Blatant disregard for human rights » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Amnesty International.
  12. Mathieu Olivier, « Cameroun : l’avocate Lydienne Yen Eyoum a été libérée », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).
  13. « Cameroun : Opération épervier est le nom donné par les médias à une vaste opération judiciaire dans le cadre de la lutte anti-corruption au Cameroun » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 5 septembre 2010, sur AfricaPresse.com.
  14. Pélagie Ng’onana, « Répression : une réunion du PDC interdite à Yaoundé », sur camroon-info.net, La Nouvelle Expression,‎ .
  15. « Paul Biya officiellement réélu président du Cameroun », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 22 octobre 2011).
  16. « Les États-Unis notent des « irrégularités » lors du scrutin présidentiel du 9 octobre », sur France24.com,‎ .