Jacob Fossi

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Jacob Fossi
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Biographie
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BafoussamVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nationalité
Activité
Militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique

Jacob Fossi est un des prisonniers nationalistes du mouvement politique camerounais UPC, mort jeté dans la rivière Métché pendant les luttes de la période du Maquis au Cameroun.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Jacob Fossi est né en 1917 à Bafoussam au quartier Banengo, dans l'Ouest du Cameroun. Issu d’une famille polygamique, il fonde sa propre famille avec ses 10 épouses et les 7 épouses qu'il hérite de son père. Six de ses épouses lui donneront des enfants.

Jacob Fossi réside à Tamdja, un quartier de Bafoussam, et possède une autre résidence à Bamendzi 1. Il a participé à la construction d'une école à Bafoussam au début des années 1950. Étant une des rares personnes sachant lire, Il était scribe pour le service des eaux et forêts à Dschang et à Bafoussam.

Fossi est un homme pieux et sa copie de la Bible est soulignée et porte ses annotations et marques de lecture. Propriétaire d'un cheval, il se rendait au travail avec et offrit l'une des premières machines à moudre le maïs aux femmes de Bafoussam.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

En raison de son mode de vie et de ses idées modernistes, Jacob Fossi fait l'objet de la méfiance du chef traditionnel, qui le considérait comme un suppôt des colons blancs. De l'autre côté, les colons de Bafoussam se méfiaient de lui, le voyant comme trop patriote. En effet, Fossi était devenu, entre-temps, un membre important parmi les nationalistes de Bafoussam, appartenance politique qu'il ne cachait pas. Comme plusieurs upécistes, il utilisait différents pseudonymes : Methusela, Jedidja, Fokouinse, Fomnouhe ou encore Nicodème en fonction des circonstances.

Prison de Dschang[modifier | modifier le code]

Jacob Fossi est arrêté un matin de juin 1956 devant sa famille pour être emprisonné à la prison de Dschang où il est détenu seul dans la cellule 6, afin d’éviter qu’il radicalise les autres prisonniers.

Il observe alors que la nuit, des détenus sont emmenés et ne reviennent plus. Il apprend d'un geôlier que ces prisonniers ne sont en fait pas transférés, mais éliminés. En effet, les départs se faisant la nuit, il était peu probable qu’il s’agisse de simples transferts de détenus. L’absence de corps laissait toutefois planer le doute quant à l'élimination réelle des prisonniers quittant la prison la nuit. Fossi finit par apprendre que deux Blancs, dont un seul est armé, et six geôliers accompagnent le groupe à chaque fois, et que les prisonniers sont poussés pieds et poings liés dans les chutes de la Métché[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Connaissant le sort qui lui est réservé, Jacob Fossi prépare un plan pour emporter l'un de ses bourreaux dans sa chute[2]. Lors de son exécution, il propose de livrer d'autres noms de nationalistes au chef des gendarmes et attire ainsi à lui le gendarme André Houtarde auquel il s'accroche pour l’entraîner dans sa chute[3].

Ce récit est confirmé par le petit Michel, fils du gendarme Jean Clerget, alors âgé de 12 ans qui révèle que son père et d'autres gendarmes ont l'habitude de jeter des gens dans la rivière, du haut d'une chute d'eau. Et qu'une fois, un prisonnier s'est accroché à la mitraillette d'un gendarme appelé Houtarde et l'a entraîné dans sa chute[3].

Le 9 mai 1957, le journal de la gendarmerie du Cameroun annonce la mort du gendarme André Houtarde « disparu dans la rivière Métché à 0 h 30 au cours des services de nuit ». Le compte-rendu des renseignements décrit lui : « Nuit du 8 au 9 mai 1957 : à Bafoussam, un gendarme européen est noyé accidentellement »[réf. nécessaire].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Sa fille raconte que le député camerounais Jacob Fossi reçoit son nom en hommage au nationaliste Jacob Fossi qui avait pris la place de son père pour être jeté à la place de celui-ci[1]. Son fils Abraham Sighoko Fossi, auteur de « Papa s'appelait Fossi Jacob: Itinéraire d'un martyr de l'indépendance du Cameroun », dira que la mort de Houtarde entraînera l'arrêt de l'exécution des prisonniers dans la Métché[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fanny Borius, « Louise Mekah, fille de l'indépendance camerounaise - flatilla », flatilla,‎ (lire en ligne)
  2. Louis Kamga Kamga, Arrestations et Assassinats: Monseigneur Ndongmo- Felix Roland Moumie- Ernest Ouandie, Books on Demand, (ISBN 9783746083070, lire en ligne)
  3. a et b Jacky Moiffo, « CAMEROUN: Témoignage d'une "Victime Directe" du Génocide Bamiléké », (consulté le 16 juillet 2017)
  4. « Chutes de la Métché: Un lieu de rituel traditionnel - tonfack.over-blog.com », tonfack.over-blog.com,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]