Nicotiana tabacum

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Nicotiana tabacum, le tabac ou tabac cultivé, est une espèce de plante dicotylédone annuelle de la famille des Solanacées, originaire d'Amérique centrale, largement cultivée pour ses feuilles séchées, riches en nicotine, qui servent à la préparation du tabac manufacturé. Il est parfois appelé grand tabac et plus rarement herbe à Nicot.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom générique Nicotiana fait référence à Jean Nicot, ambassadeur de France à Lisbonne qui a introduit le tabac à la cour du roi de France afin de soigner les migraines du fils de Catherine de Médicis.

L'adjectif spécifique tabacum, vient d'un mot arawak qui désignait les feuilles roulées que les habitants de Haïti et Cuba fumaient lorsque Christophe Colomb découvrit l'Amérique. Il a donné « tabac » en français par l'intermédiaire de l'espagnol tabaco.

Description[modifier | modifier le code]

Nicotiana tabacum est une plante herbacée annuelle, robuste, de 50 cm à 1,5 mètre de haut (voire 2,5 mètres pour certaines variétés).

La racine, du type pivotant, est longue et fibreuse.

La tige dressée, de section circulaire, pubescente et visqueuse au toucher, se ramifie surtout près de son extrémité supérieure.

Les feuilles nombreuses, entières, grandes (de 30 à 60 cm de long sur 10 à 20 cm de large), fragiles, sont alternes, sessiles, un peu décurrentes, de forme ovale à lancéolée, à pointe aigüe et de couleur vert pâle. Au toucher, elles sont visqueuses comme la tige. Elles exhalent une odeur légèrement âcre et narcotique, due à la nicotine, un alcaloïde volatil de saveur agressive et d'odeur intense.

Les fleurs sont vert-jaunâtre, blanches ou rosées selon la variété, avec un calice réduit de 1 à 2 cm et une corolle pubescente, à cinq lobes ovales, atteignant 5 cm de long. C'est l'extrémité de la corolle qui est coloré, le tube restant toujours verdâtre. Elles sont groupées en panicules lâches.

L'ovaire est glabre.

La plante est hermaphrodite, chaque pied portant des fleurs des deux sexes. La pollinisation, entomophile, est assurée principalement par des hyménoptères et des lépidoptères. Elles apparaissent au début de l'été.

Le fruit, qui se forme jusqu'en octobre, est une capsule ovoïde à déhiscence septicide, de 1,5 cm de long. Il renferme de nombreuses petites graines.

Propriétés[modifier | modifier le code]

La plante contient un alcaloïde très toxique : la nicotine (dose mortelle entre 30 et 60 mg ) qui est un insecticide très puissant (50 fois plus toxique que le DDT).

Les récolteurs de feuilles de tabac sont parfois intoxiqués car la nicotine passe à travers la peau (maladie du tabac vert). Il y a rarement intoxication par consommation directe de la plante.

En campagne, il faut protéger les animaux des plantations car ils supportent généralement mal de manger des feuilles de tabac.

De très nombreuses études démontrent régulièrement que le tabac est cancérigène.

Culture en France[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1970, la réglementation de la culture du tabac reposait sur la loi du 28 avril 1816 qui proclamait que « nul ne pourra se livrer à la culture du tabac sans avoir fait préalablement la déclaration, et sans en avoir obtenu l'autorisation »[1].

Depuis 1970, ce régime administratif a fait place à un régime négocié de contrats de culture, devenus aujourd'hui plans pluriannuels d'approvisionnement. Hors de ce cadre, il est interdit de « se livrer à la culture du tabac sans avoir fait préalablement la déclaration, et sans en avoir obtenu l'autorisation », et les contrevenants sont passibles de poursuites pénales en cas d'infraction constatée.

En France, 1 177 planteurs, répartis en petites exploitations familiales, cultivaient environ 4 000 hectares de tabac en 2014[2]. La profession est encadrée par les préfectures de département et l'Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer, et organisée autour de sept coopératives régionales[3].

Cultivars[modifier | modifier le code]

Il existe différentes variétés de tabac qui sont souvent utilisées en mélange dans les cigarettes. Les plus connues sont :

  • le tabac blond ou tabac de Virginie, également appelé flue-cured (séché à l'air chaud), qui représente environ 40 % de la production mondiale de tabac. Variété américaine à feuilles brillantes (Nicotiana tabacum Brightleaf), tabac robuste grâce à son pourcentage élevé de sucre et d’azote. Le tabac blond produit une fumée « acide » (pH environ 5,6) qui demande une inhalation plus profonde pour absorber la même quantité de nicotine. L’inhalation de monoxyde de carbone (CO) est donc plus importante avec le tabac blond. Les cigarettes « goût anglais » sont élaborées à partir de tabacs de Virginie purs, en général sans additif.
  • le tabac brun produit à partir des variétés Maryland (brun léger) et Kentucky (brun fort souvent utilisé dans le tabac à pipe et les cigarettes brunes). Les tabacs bruns sont séchés à l’air libre (air-cured en anglais), ce qui leur donne une couleur plutôt foncée. Les feuilles de tabac brun sont ensuite fermentées pour faire baisser la teneur en alcaloïdes (nicotine) qui est par nature plus élevée dans les tabacs bruns. Cette fermentation va entraîner lors de la combustion du tabac brun, une fumée alcaline avec un pH de 8. Plus le pH est alcalin, plus le taux de nicotine sous forme libre est important et plus le passage dans le sang est facilité.
  • le Burley (ou White Burley, 10 % de la production mondiale de tabac) à feuilles jaunissantes contient moins de sucre que le tabac de Virginie (ce qui donne parfois lieu à un sucrage des récoltes).
  • le tabac d'Orient ou tabac turc à petites feuilles (16 % de la production mondiale), plus léger et contenant moins de nicotine (en raison de sa culture sur sols moins riches).

Les cigarettes « goût américain » sont élaborées à partir d’un mélange de tabac de Virginie, de tabac Burley, et de tabac d’Orient, en proportions variables selon les marques. Non fermentés, ces tabacs sont riches en sucres et produisent une fumée acide d’un pH proche de 6,5.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francis Caballero, Yves Bisiou, Droit de la drogue, Paris, Dalloz-Sirey, coll. « Précis - Droit privé », (réimpr. 2000), 827 p. (ISBN 978-2247038060)
  2. « Raw Tobacco – Production statistics – 2014-2003 harvests », sur Commission européenne (consulté le 26 avril 2016)
  3. « Les coopératives » (consulté le 26 avril 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]