A Night at the Opera (album de Queen)

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A Night at the Opera

Album de Queen
Sortie
Enregistré Août-novembre 1975
Studios Sarm East, Olympic, Scorpio, Roundhouse et Lansdowne, Londres
Studios Rockfield, Rockfield
Durée 43:16
Genre hard rock, rock progressif, glam rock, heavy metal, pop
Producteur Queen, Roy Thomas Baker
Label Drapeau du Royaume-Uni EMI
Drapeau des États-Unis Elektra Records

Albums de Queen

Singles

A Night at the Opera est un album du groupe Queen, sorti en 1975. Plus de 9,5 millions de copies sont vendues à travers le monde dont 3,6 millions en Amérique (l'album gagne le rang de triple disque de platine le ). Le disque est le fruit du travail commun de production de Roy Thomas Baker et du groupe. Il est considéré, à l'époque de sa sortie, comme l'album de rock le plus coûteux à avoir jamais été produit. Il a été un grand succès commercial et est généralement considéré comme le meilleur album du groupe[1].

Genèse[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Queen est un groupe de rock créé à Londres en juin 1970 par le chanteur et pianiste Freddie Mercury, le guitariste Brian May et le batteur Roger Taylor[s 1]. Le bassiste John Deacon rejoint la formation en février 1971[b 1]. Les débuts sont difficiles et il s'écoule dix-huit mois entre la fin de l'enregistrement de leur premier album et sa sortie en juillet 1973[s 2]. L'album passe inaperçu auprès du grand public[b 2]. Dans l'intervalle, en novembre 1972, les membres du groupe signent un contrat avec Norman et Barry Sheffield, propriétaires des studios Trident, qui fait des deux frères à la fois leurs producteurs et leurs agents[s 3]. La formation perfectionne ses techniques d'enregistrement et ses harmonies vocales avec Queen II[s 4], album publié en mars 1974 qui leur apporte la notoriété au Royaume-Uni[b 3]. Sheer Heart Attack, le troisième album du groupe sorti en novembre 1974, est à la fois plus accessible et plus diversifié musicalement[s 5], et connaît un succès international[s 6].

Cependant, en mai 1975, au retour d'une tournée mondiale qui a vu les membres du groupe être accueillis en véritables stars, particulièrement au Japon, la réalité de leur condition précaire les rattrape[b 4]. En effet, ils sont lourdement endettés auprès des frères Sheffield, qui ont investi plus de 200 000 £ en termes d'équipement, de location de studios et de promotion[b 5], et qui ne leur octroient qu'un salaire de soixante £ par semaine, le reste de leurs gains servant à éponger leur dette[s 7]. Selon les mots de Brian May, ils prennent conscience que c'est « un gros handicap que notre manager soit notre maison de disques, on n'avait personne pour nous représenter »[b 5]. Ils engagent alors John Reid, déjà agent d'Elton John, pour défendre leurs intérêts[b 6]. John Reid et l'avocat Jim Beach négocient en août 1975 avec les Sheffield pour résilier le contrat du groupe. Les Sheffield demandant 100 000 £ et 1 % des royalties de leurs six prochains albums, Reid et Beach concluent un accord avec EMI, qui accepte d'avancer à Queen la somme nécessaire et détient désormais les droits de publication de leurs albums[s 8],[b 6].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Enfin libérés de leur contrat avec Trident, les musiciens retrouvent la créativité qui les fuyait depuis leur retour au Royaume-Uni[s 8] et décident « de ne se poser aucune limite »[s 9]. Désireux de sortir leur nouvel album au plus vite, ils écrivent leurs chansons séparément et se retrouvent régulièrement pour les retravailler ensemble[s 8]. Ce processus ne va pas sans mal, notamment pour Brian May qui regrette que le groupe ne soit pas plus lié émotionnellement[s 10]. Après trois semaines de répétitions dans le Herefordshire, les membres de Queen prennent le 24 août leurs quartiers aux studios Rockfield, isolés dans la campagne du pays de Galles, en compagnie de Roy Thomas Baker, leur réalisateur artistique depuis leurs débuts, qui vient lui aussi de quitter Trident pour produire leur nouvel album[b 7]. Le rôle principal de Roy Thomas Baker est de discipliner la créativité du groupe sans pour autant la brider[b 8].

Freddie Mercury prépare méticuleusement Bohemian Rhapsody, morceau que sa complexité rend difficile à appréhender par les trois autres membres de Queen, qui surnomment la chanson « le truc à Freddie »[o 1]. Le groupe enregistre d'abord les instruments des parties « ballade » et « hard rock » de la chanson, réservant de la place sur la bande magnétique pour la « section opératique »[b 9]. Les chœurs sont ensuite enregistrés, « une harmonie vocale à la fois », avant le chant principal, pratique peu courante mais rendue nécessaire par la structure du morceau[b 10]. Roy Thomas Baker finit par se retrouver avec environ 180 voix en overdubs sur la bande, Brian May affirmant plus tard que celle-ci était usée jusqu'à la corde à force de passer et « qu'en la tenant à la lumière, on pouvait voir au travers », ce qui nécessite un transfert des données[s 11].

Le groupe quitte Rockfield vers la fin septembre pour continuer ses sessions à Londres[b 11] afin de réaliser le mixage de Bohemian Rhapsody et d'enregistrer d'autres chansons. Ce n'est qu'une fois le mixage terminé que les membres du groupe, Freddie Mercury inclus, se rendent compte de l'ampleur de leur création[b 12]. Queen enregistre dans cinq différents studios londoniens : Sarm East, Olympic, Scorpio, Roundhouse et Lansdowne, et parfois dans trois simultanément[c 1],[b 13]. Pour Good Company, Brian May passe des journées entières à tenter de reproduire des sons de trompettes et de trombones avec sa guitare, ses trois comparses passant régulièrement le voir en lui disant à chaque fois que son travail n'avance pas beaucoup, ce qui exaspère le guitariste[s 8].

Les sessions d'enregistrement, qui s'étalent sur quatre mois, sont éprouvantes en raison du caractère perfectionniste du groupe et les quatre membres de la formation terminent celles-ci épuisés mentalement et physiquement[s 12]. Avec un coût d'enregistrement s'élevant à environ 40 000 £, l'album est considéré à l'époque comme le plus cher jamais produit[s 12].

Parution et accueil[modifier | modifier le code]

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

Freddie Mercury persuade, non sans difficulté, le reste du groupe que Bohemian Rhapsody doit être le premier single de l'album[b 14]. Cette décision cause de fortes réticences chez EMI, qui estime qu'aucune radio ne voudra passer une chanson aussi longue et suggère de l'écourter, proposition rejetée par le groupe[b 15]. Elle est mise à l'antenne pour la première fois par l'animateur radio Kenny Everett, un ami de Freddie Mercury qui adore ce morceau et qui brave l'interdiction faite par EMI de la diffuser en la passant quatorze fois en deux jours pour le plus grand plaisir de nombreux auditeurs conquis[s 12]. Convaincus par les réactions enthousiastes, les dirigeants d'EMI cèdent enfin à la demande du groupe et Bohemian Rhapsody sort en single le 31 octobre 1975[b 16]. La chanson entre à la 47e place du classement britannique[b 16] et entame une irrésistible ascension, atteignant la première place fin novembre[b 17]. Elle reste à la première place pendant neuf semaines consécutives[s 12]. Un clip, inspiré de la pochette de Queen II et novateur pour l'époque, est diffusé pour la première fois le 20 novembre lors de l'émission télévisée Top of the Pops[s 12].

Un peu avant la sortie de l'album, Queen le fait écouter à Roundhouse en avant-première à une cinquantaine de représentants de l'industrie musicale et de journalistes. Lors de la soirée, Norman Sheffield, qui s'estime visé par les propos virulents de la chanson Death on Two Legs, menace de faire interdire l'album de parution avant de se calmer grâce à une avance sur royalties versée par EMI[s 12]. L'album est publié le 21 novembre au Royaume-Uni et le 2 décembre aux États-Unis[s 13]. C'est le premier album de Queen à atteindre la première place de l'UK Albums Chart, ce qu'il fait trois semaines après sa sortie[b 18]. Le succès de l'album est un énorme soulagement pour le groupe qui avait le sentiment de jouer son va-tout avec lui, Roger Taylor affirmant par la suite : « Si on s'était plantés, on ne s'en serait sûrement pas relevés »[s 14]. Aux États-Unis, Bohemian Rhapsody se hisse à la 9e place et l'album jusqu'à la 4e pendant la tournée du groupe dans ce pays[s 15].

You're My Best Friend, deuxième et dernier single de l'album, sort le 18 mai 1976. C'est la première face A d'un single du groupe à ne pas avoir été écrite par Brian May ou Freddie Mercury[s 13]. Il atteint la 7e place au Royaume-Uni et la 16e aux États-Unis[s 16]. Avec le succès viennent aussi les premières querelles au sujet de l'argent car le groupe a décidé au début de sa carrière que les royalties des singles ne seront pas répartis entre ses quatre membres mais versés uniquement aux auteurs des faces A et B des 45 tours. Ainsi, les importantes rentrées d'argent de Bohemian Rhapsody bénéficient seulement à Freddie Mercury et à Roger Taylor, puisque celui-ci a écrit I'm in Love with My Car, face B du single, ce qui provoque l'amertume de Brian May et John Deacon[s 17].

Le , en hommage au 30e anniversaire de la sortie du disque, celui-ci est réédité, accompagné d'un disque DVD. En novembre 2013, l'album est réédité en disque Blu-ray Pure Audio par Universal.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

À l'époque de la sortie de l'album, Tony Stewart, du New Musical Express, considère que le groupe « fait l'étalage de ses talents de composition et de sa maestria » avec une créativité qui n'avait pas été atteinte depuis les Beatles et que « si c'est l'album le plus coûteux jamais réalisé dans un studio britannique, c'est aussi probablement le meilleur »[p 2]. Pour Harry Doherty, du Melody Maker, « l'auto-satisfaction » affichée par le groupe dans cet album peut être agaçante mais sa combinaison entre la créativité de Queen II et la maîtrise des techniques de production acquise avec Sheer Heart Attack ajoutées à la maturité croissante du groupe en fait l'un des deux meilleurs albums de l'année avec Siren de Roxy Music[p 1]. Ray Fox-Cumming, de Record Mirror, affirme que les effets orchestraux sont « éblouissants mais vont et viennent trop vite pour être appréciés en une seule écoute » et que les trois sommets de l'album sont Death on Two Legs, The Prophet's Song et Bohemian Rhapsody alors que la seule mauvaise chanson est Sweet Lady[p 4]. Kris Nicholson, de Rolling Stone, estime que le groupe présente quelques points faibles, particulièrement « une tendance à l'abstraction lyrique », mais que « sa volonté d'expérimenter le rend intéressant même dans l'échec », et que, d'un autre côté, il a « la capacité d'écrire des chansons pop rock de tout premier plan » et utilise à très bon escient « le canon, les chœurs et l'harmonie vocale »[6]. Robert Christgau écrit dans The Village Voice que l'album manque de cohérence mais parvient à aborder une demi-douzaine de styles différents sans les bâcler tout en « adoptant régulièrement un ton parodique »[3].

Par la suite, Christophe Caprin, de Hard Rock Magazine, affirme que cet album qui « respire la fraîcheur et possède en son sein quelques-uns des plus grands succès du groupe » est « incontestablement l'album-phare du quartette »[p 6]. Stephen Thomas Erlewine, du site AllMusic, évoque « un chef-d'œuvre du hard rock délibérément pompeux et ridicule » et un « rock progressif énergique et possédant le sens de l'humour, approche que Queen ne parviendra jamais plus à améliorer »[2]. Pour Paul Rees, du magazine Q, c'est un album « audacieux qui se réjouit de ses propres possibilités » et qui demeure « monumental », comme un symbole parfait du « rock britannique au sommet de son extravagance »[p 3]. Dominique Leone, de Pitchfork, estime que cet album multiplie les feux d'artifice musicaux sans aucune retenue et que le groupe est alors au sommet de son art[4]. AJ Ramirez, de PopMatters, évoque un « kaléidoscope de styles » qui parvient à ne pas déconcerter l'auditeur car « chaque chanson est parfaitement placée », ce qui en fait un album « époustouflant de créativité et sans équivoque le meilleur du groupe »[5]. David Cavanagh, du magazine Uncut, considère que l'album compte « deux épopées monumentales », Bohemian Rhapsody et The Prophet's Song, et qu'il s'est « immédiatement assuré le statut de classique avec son abondance de chansons grandioses »[p 5]. Pour le site Sputnikmusic, l'album, particulièrement intéressant par ses nombreuses variations de styles musicaux, marque « l'apogée du rock grandiloquent »[7].

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Classements hebdomadaires[modifier | modifier le code]

Pays Meilleure
position (1975-76)
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest (Media Control AG)[8] 5
Drapeau de l'Australie Australie (Kent Music Report)[s 15] 1
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[9] 9
Drapeau du Canada Canada (RPM Top Albums)[10] 2
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[s 15] 4
Drapeau du Japon Japon (Oricon)[o 3] 9
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[11] 4
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[12] 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[13] 1
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[14] 1
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[15] 10

Classements hebdomadaires suite aux rééditions[modifier | modifier le code]

Pays Meilleure
position
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop)[16] 96
Drapeau de la Belgique Belgique (Wallonie Ultratop)[17] 59
Drapeau de l'Espagne Espagne (Promusicae)[18] 55
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[19] 33
Drapeau du Japon Japon (Oricon)[20] 67
Drapeau du Portugal Portugal (AFP)[21] 23
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[22] 96
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[23] 69

Certifications[modifier | modifier le code]

Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (BVMI) 500 000 + Disque de platine Platine[24]
Drapeau de l'Argentine Argentine (CAPIF) 60 000 + Disque de platine Platine[25]
Drapeau de l'Autriche Autriche (IFPI) 25 000 + Disque d'or Or[26]
Drapeau du Canada Canada (Music Canada) 100 000 + Disque de platine Platine[27]
Drapeau des États-Unis États-Unis (RIAA) 3 000 000 + Disque de platine 3 × Platine[28]
Drapeau de la Finlande Finlande (IFPI) 20 000 + Disque d'or Or[29]
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI) 50 000 + Disque d'or Or[30]
Drapeau du Japon Japon (RIAJ) 150 000 + Disque d'or Or[o 3]
Drapeau de la Pologne Pologne (ZPAV) 40 000 + Disque de platine 2 × Platine[31]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (BPI) 300 000 + Disque de platine Platine[32]

Tournée[modifier | modifier le code]

La tournée promotionnelle de l'album se décompose en quatre phases distinctes. Le groupe joue d'abord une série de 26 concerts au Royaume-Uni qui commence le 14 novembre 1975 au Liverpool Empire Theatre et se termine le 24 décembre à l'Hammersmith Odeon de Londres par un concert retransmis sur la chaîne BBC2[s 18]. Le 26 novembre, au Free Trade Hall de Manchester, la formation interprète deux représentations le même jour[s 18]. Les jeux de lumière et autres effets de scène se font de plus en plus sophistiqués, tout comme les tenues portées par Freddie Mercury[b 19]. Les membres du groupe se rendent compte avant le début de leur tournée que Bohemian Rhapsody pose des problèmes insurmontables pour être jouée en intégralité en live. Après plusieurs tâtonnements, ils adoptent un compromis définitif en jouant le début du morceau, puis en passant un enregistrement de la partie opéra avant de revenir sur scène pour jouer la fin de la chanson[s 15].

Queen réalise ensuite une tournée de 33 concerts aux États-Unis du 27 janvier 1976 au 13 mars, se produisant notamment quatre soirs d'affilée au Beacon Theatre de New York et cinq fois en quatre jours au Civic Auditorium de Santa Monica[s 19].

Du 22 mars au 4 avril, le groupe joue onze concerts au Japon, où ils sont accueillis encore plus triomphalement que lors de leur premier passage dans ce pays, se produisant trois soirs au Nippon Budokan de Tokyo et assurant un double spectacle, après-midi et soir, à deux reprises à Fukuoka et au Festival Hall d'Osaka[c 2]. Lors de cette tournée, ils intègrent à leur setlist Father to Son, une chanson de leur deuxième album qu'ils n'interprètent plus en concert par la suite[c 2].

Queen termine cette tournée par huit dates en Australie du 11 au 22 avril[s 19]. Le 17 avril, alors que la formation se produit à Sydney, un incident se produit lorsque la limousine transportant Freddie Mercury à la salle de concert est obligée de rouler au pas pour traverser un champ de foire et qu'une foule hostile insulte copieusement le chanteur. Pour se calmer les nerfs après cette humiliation, celui-ci brise ensuite un miroir sur le crâne de son directeur de tournée[b 20].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Thèmes et compositions[modifier | modifier le code]

Ce quatrième 33 tours de Queen montre le groupe à l'apogée de son art, dominé par les extravagances vocales de Freddie Mercury soutenus par une musique baroque et pompeuse où les expériences instrumentales se conjuguent. Bohemian Rhapsody en est le titre emblématique, ce hit d'opéra-rock reste pendant neuf semaines à la tête des charts britanniques. Le morceau d'ouverture Death On Two Legs (Dedicaced to…) fut écrit pour exprimer toute la haine que vouaient les membres du groupe à leur ancien manager, Norman Sheffield. The Prophet's Song (de Brian May) est un morceau puissant et mystique par ses vocalises répétitives, Lazing on a Sunday Afternoon et Seaside Rendez-vous deux morceaux décalés de Mercury très jazz de La Nouvelle-Orléans, et la ballade Love of My Life, interprétée au piano par Mercury, sera jouée régulièrement dans toutes les tournées du groupe. John Deacon compose quant à lui le 2e 45 tours de l'album avec You're My Best Friend l'une des toutes premières chansons que John Deacon composa lorsqu'il débuta le piano. Il la dédicaça à sa femme Veronica, le titre se classe 7e au Royaume-Uni. Roger Taylor compose et chante I'm in Love With My Car, morceau de rock aux paroles humoristiques. L'album se clôt par l'hymne britannique God Save the Queen.

Titre et pochette[modifier | modifier le code]

Le nom de l'album, A Night at the Opera, est inspiré du titre original du film des Marx Brothers Une nuit à l'opéra (1935). C'est après une journée d'enregistrement à Rockfield que les membres du groupe sont invités par Roy Thomas Baker à regarder ce film[b 21]. Tous l'adorent et son titre leur semble « très approprié » pour leur album[b 21] car ils pensent que ses « accents lyriques » lui conviennent parfaitement[s 8].

La pochette est directement inspirée des Armoiries royales du Royaume-Uni et arbore en son centre le logo du groupe, un Q stylisé, autour duquel se trouvent deux fées (le signe zodiacal de Freddie Mercury est Vierge) et deux lions (signe zodiacal de Roger Taylor et de John Deacon) et surmonté d'un crabe (Brian May est Cancer) et d'un cygne, le tout sur un fond blanc. Freddie Mercury affirme au sujet de ce dessin de pochette qu'il le considère « comme une campagne publicitaire » pour l'image du groupe[b 13]. L'album suivant (A Day at the Races) arbore une composition similaire sur un fond noir.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'album figure dans le livre Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, publié en 2006, qui met particulièrement en avant « l'épique » Bohemian Rhapsody tout en soulignant que l'album contient aussi « des bijoux plus discrets » tels que You're My Best Friend, '39, The Prophet's Song et Love of My Life[o 4]. Gilles Verlant et Thomas Caussé, dans La Discothèque parfaite de l'odyssée du rock, publiée en 2009, le décrivent comme un album « hallucinant » dont la force réside « dans les talents de compositeur des quatre membres » du groupe, et affirment que The Prophet's Song « aurait été le sommet de l'album si celui-ci n'avait pas inclus Bohemian Rhapsody »[o 5]. Dans La Discothèque rock idéale 2 (2011), Philippe Manœuvre énonce que l'album présente « la palette de tout ce que peut offrir le groupe » et qu'il « établit les canons du rock épique »[o 1]. En 2012, le magazine Rolling Stone le fait figurer à la 231e place de sa liste des 500 plus grands albums de tous les temps[33].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Face A
No TitreAuteur Durée
1. Death on Two Legs (Dedicated to…)Freddie Mercury 3:43
2. Lazing on a Sunday AfternoonFreddie Mercury 1:08
3. I'm in Love with My CarRoger Taylor 3:05
4. You're My Best FriendJohn Deacon 2:50
5. '39Brian May 3:25
6. Sweet LadyBrian May 4:01
7. Seaside RendezvousFreddie Mercury 2:13
Face B
No TitreAuteur Durée
1. The Prophet's SongBrian May 8:17
2. Love of My LifeFreddie Mercury 3:38
3. Good CompanyBrian May 3:26
4. Bohemian RhapsodyFreddie Mercury 5:55
5. God Save the Queen (Instrumental)- 1:11

Crédits[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  1. Blake 2012, p. 161
  2. Blake 2012, p. 216
  3. Blake 2016, p. 249
  4. Blake 2012, p. 274
  5. a et b Blake 2012, p. 276
  6. a et b Blake 2012, p. 278
  7. Blake 2012, p. 282-283
  8. Blake 2012, p. 284
  9. Blake 2012, p. 285
  10. Blake 2012, p. 286-287
  11. Blake 2012, p. 287
  12. Blake 2012, p. 288-289
  13. a et b Blake 2012, p. 298
  14. Blake 2012, p. 290
  15. Blake 2012, p. 291
  16. a et b Blake 2012, p. 292
  17. Blake 2012, p. 302
  18. Blake 2012, p. 304
  19. Blake 2012, p. 294-295
  20. Blake 2012, p. 314
  21. a et b Blake 2012, p. 288
  1. Sutcliffe 2016, p. 23
  2. Sutcliffe 2016, p. 27
  3. Sutcliffe 2016, p. 27-28
  4. Sutcliffe 2016, p. 36
  5. Sutcliffe 2016, p. 40
  6. Sutcliffe 2016, p. 53
  7. Sutcliffe 2016, p. 56
  8. a b c d et e Sutcliffe 2016, p. 58
  9. Sutcliffe 2016, p. 74
  10. Sutcliffe 2016, p. 62
  11. Sutcliffe 2016, p. 62-63
  12. a b c d e et f Sutcliffe 2016, p. 63
  13. a et b Sutcliffe 2016, p. 275
  14. Sutcliffe 2016, p. 72
  15. a b c et d Sutcliffe 2016, p. 87
  16. Sutcliffe 2016, p. 282
  17. Sutcliffe 2016, p. 92
  18. a et b Sutcliffe 2016, p. 83
  19. a et b Sutcliffe 2016, p. 98
  • Marie Berginiat et Nick Braae, Queen la discographie : Une approche musicale, Camion blanc, , 231 p. (ISBN 978-2-35779-826-7)
  • (en) Georg Purvis, Queen : Complete Works, Titan Books, , 544 p. (ISBN 9781789090499)
  1. Purvis 2018, p. 40
  2. a et b Purvis 2018, p. 352
  • Autres ouvrages
  1. a et b Philippe Manœuvre, La Discothèque rock idéale 2, Albin Michel, (ISBN 978-2-226-20807-1), p. 124
  2. (en) Colin Larkin, Encyclopedia of Popular Music, Omnibus Press, (ISBN 0-85712-595-8)
  3. a et b (ja) Album Chart-Book Complete Edition 1970~2005, Orikonmāketingupuromōshon, (ISBN 4871310779)
  4. Robert Dimery, Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, Flammarion, (ISBN 2-0820-1539-4), p. 351
  5. Gilles Verlant et Thomas Caussé, La Discothèque parfaite de l'odyssée du rock, Presses de la Cité, (ISBN 2-2580-8007-X), p. 134

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Harry Doherty, « Queen's Crowning Glory », Melody Maker,‎
  2. a et b (en) Tony Stewart, « A Night at the Opera », New Musical Express,‎ , p. 21
  3. a et b (en) Paul Rees, « Royal Flush », Q, no 235,‎ , p. 108
  4. a et b (en) Ray Fox-Cumming, « Queen's Operatic Outing », Record Mirror,‎ , p. 40
  5. a et b (en) David Cavanagh, « QUEEN - THE FIRST FIVE ALBUMS - Uncut », Uncut,‎ , p. 91 (www.uncut.co.uk/reviews/album/queen-the-first-five-albums)
  6. Christophe Caprin, « A Night at the Opera », Hard Rock Magazine, no HS Queen,‎ , p. 26

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) « A Night at the Opera Review », sur BBC (consulté le 8 mai 2012)
  2. a et b (en) Stephen Thomas Erlewine, « A Night at the Opera - Queen », sur AllMusic (consulté le 26 avril 2019)
  3. a et b (en) Robert Christgau, « Robert Christgau: CG: queen », sur www.robertchristgau.com (consulté le 26 avril 2019)
  4. a et b (en) Dominique Leone, « Queen: Reissues Album Review », sur www.pitchfork.com (consulté le 26 avril 2019)
  5. a et b (en) AJ Ramirez, « In the Lap of the Gods: The First Five Queen Albums - PopMatters », sur www.popmatters.com (consulté le 26 avril 2019)
  6. a et b (en) Kris Nicholson, « A Night at the Opera », sur Rolling Stone, (consulté le 3 mai 2019)
  7. a et b (en) Necrotica, « Queen - A Night at the Opera (album review 3) », sur www.sputnikmusic.com (consulté le 26 avril 2019)
  8. (de) « Offizielle Deutsche Charts - Suchen Nach Queen », sur offiziellecharts.de (consulté le 4 mai 2019)
  9. (de) Austriancharts.at – Queen – A Night at the Opera. Ö3 Austria Top 40. Hung Medien.
  10. (en) « Top Albums/CDs - Volume 25, No. 5, May 01 1976 », sur collectionscanada.gc.ca (consulté le 4 mai 2019)
  11. (en) Norwegiancharts.com – Queen – A Night at the Opera. VG-lista. Hung Medien.
  12. (en) Charts.org.nz – Queen – A Night at the Opera. RIANZ. Hung Medien.
  13. (nl) Dutchcharts.nl – Queen – A Night at the Opera. Mega Album Top 100. Hung Medien.
  14. (en) Archive Chart. UK Albums Chart. The Official Charts Company.
  15. (en) Swedishcharts.com – Queen – A Night at the Opera. Sverigetopplistan. Hung Medien.
  16. (nl) Ultratop.be – Queen – A Night at the Opera. Ultratop 200 albums. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch.
  17. Ultratop.be – Queen – A Night at the Opera. Ultratop 200 albums. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch.
  18. (en) Spanishcharts.com – Queen – A Night at the Opera. Top 100 álbumes. Hung Medien.
  19. (en) Italiancharts.com – Queen – A Night at the Opera. FIMI. Hung Medien.
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