24e régiment de tirailleurs sénégalais

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24e Régiment de Tirailleurs Sénégalais
Image illustrative de l'article 24e régiment de tirailleurs sénégalais

Création Mai 1923
Dissolution Décembre 1955
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Régiment de Tirailleurs sénégalais
Rôle Infanterie
Devise Marche sempre mai morirem
Marchons toujours, nous ne mourons pas
Inscriptions
sur l’emblème
Maroc 1925-1927
Indochine 1949-1954
Fourragères Aux couleurs de la croix de guerre 1914-1918 non règlementaire car gagnée par le 24 RIC et non le 24 RTS. Cependant le 24 RTS garde drapeau du 24 RIC De ce fait il RTS portera cette fourragère de 1923 à 1940 et de 1947 à 1955
Décorations Croix de guerre 1939-1945
une palme, pour le 1er bataillon
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
une palme, pour la 2e compagnie du 1er Bataillon

Le 24e Régiment de Tirailleurs Sénégalais (ou 24e RTS) est un régiment français.

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

  • Mai 1923 : création du 24e régiment de tirailleurs sénégalais à partir du 24e régiment d’infanterie coloniale.
  • 1923 : renommé 24e régiment de tirailleurs coloniaux.
  • 1926 : redevient 24e régiment de tirailleurs sénégalais.
  • Juillet 1940 : dissous.
  • 1947 : 24e régiment de marche de tirailleurs sénégalais.
  • Décembre 1954 : dissolution.

Colonels/chef-de-brigade[modifier | modifier le code]

Historique des garnisons, combats et batailles du 24e RTS[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1926, sous l'appellation générique de tirailleurs sénégalais, sont créés plusieurs régiments. Ce sont les 4e, 8e, 12e, 14e, 16e, et 24e régiment de tirailleurs sénégalais (RTS), qui seront implantés dans des garnisons du sud de la France. Tout comme les unités nord-africaines, (Tirailleurs algériens, tunisiens, marocains), les RTS s'avèrent plus économiques et plus dociles, que les unités blanches. C'est ainsi que Perpignan récupère un régiment colonial, le 24e régiment de tirailleurs sénégalais, régiment qui malgré sa nouvelle appellation et sa composition, hérite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son prédécesseur.

Lors de la Guerre du Rif (1924-1927), le 24e, en tout ou partie, participe avec d'autres formations coloniales ou métropolitaines, aux opérations de pacification du Maroc (Afrique française du Nord), avant de retourner définitivement dans sa garnison d'origine. Il s'illustre à Bab-Taza, M'sila, El Hadar, et Fès el Bali, décrochant une nouvelle inscription au drapeau "Maroc 1925". Les inscriptions étant limitées à huit, cette neuvième inscription viendra compléter celle déjà existante "Maroc 1908-1913". En 1939 lors de la reconstitution en Syrie du 24e RIC sous l'appellation de 24e régiment de marche d'infanterie coloniale (RMIC), le 24e RTS recevra un nouveau drapeau où ne figurera que l'inscription "Maroc 1925-1927". Celle présente sur le drapeau du 24e RIC sera effacée.

Le 24e RTS est en garnison à Perpignan en janvier 1939, quand il est requis pour appliquer le plan de barrage dans les Pyrénées-Orientales. Ce plan vise à empêcher les militaires de l’armée populaire de la République espagnole, vaincue par les rebelles franquistes, en pleine Retirada, de passer en France. L’interdiction d’entrer est levée du 5 au 9 février[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Drôle de Guerre[modifier | modifier le code]

24e RTS.jpg
  • En février 1939 il est affecté a la garde de la frontière avec l'Espagne, puis à la garde des camps de réfugiés d'Argelès, de Saint-Cyprien et du Barcarés, des Forts de Bellegarde, Mont-Louis et Collioure.
  • Le 5 avril 1940, retour au front, le 24e RTS rejoint la 4e DIC en Alsace dans le secteur de la ligne Maginot, où il est employé à l'organisation des positions de combat, à la construction de blockhaus, et au creusement de fossés antichars.

Bataille de France (1940)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille d'Amiens.
  • Du 20 mai au 4 juin, les coloniaux contiendront l'avance allemande au-delà de la Somme, sans toutefois réduire les têtes de pont d'Abbeville et d'Amiens. Le 23 mai 1940, à la fin de la première phase de la campagne de France, les Allemands avaient constitué une tête de pont en rive gauche de la Somme à Aubigny et à Fouilloy. Le 24e Régiment de Tirailleurs sénégalais reprit le village après une contre-attaque violente. Mais le lendemain, la 13e division d'infanterie allemande reprit la localité. Une cinquantaine de tirailleurs, blessés, furent achevés par les troupes allemandes, alors qu'ils avaient été faits prisonniers. Cela constitue le premier massacre de tirailleurs sénégalais constaté lors de cette campagne. 315 soldats du 1er bataillon du 24e R.T.S. périrent pour la défense d'Aubigny[2].
  • Malgré les panzers, les bombardements incessants de l'aviation et de l'artillerie ennemie, le 24e RTS organisé en points d'appuis bien espacés, maintient ses positions jusqu'au 8 juin, notamment à Aubigny infligeant aux colonnes blindées de très lourdes pertes avec son artillerie régimentaire, 400 chars ennemis sont déclarés détruits sur le front de la Somme. Le 8 juin il amorce son repli, en arrière-garde de la 4e division d'infanterie coloniale dans le cadre de le retraite générale, qu'il remplit jusqu'à la destruction presque complète le 10 juin 1940. Entièrement isolé et débordé, victime de bombardement aériens, le régiment a pratiquement cessé d'exister à cette date.

Le 11 juin 1940, les Allemands massacrent la totalité des Africains de la 4e division d'infanterie coloniale et du 24e régiment de tirailleurs sénégalais fait prisonniers au bois d'Eraine à Cressonsacq.
Seulement trois cents isolés environ sept officiers purent rejoindre leur dépôt de Perpignan après l'Armistice ; le reste du régiment, soit 2 500 hommes, ayant été tués, blessés ou fait prisonniers.

Dissolution du régiment[modifier | modifier le code]

  • Le 25 juin 1940, en application des accords d'armistice, tous les régiments africains seront dissous, y compris ceux de la 9e DIC (27e RICMS au camp de Souge et 28e RICMS au camp de Rivesaltes) en cours de formation. Seuls subsisteront en métropole comme Troupes coloniales le 2e RIC à Perpignan et le 21e RIC à Fréjus. Pour Vichy, la présence des troupes noires dans l'armée métropolitaine d'armistice est absolument exclue, et ce malgré la présence d'un fort contingent de tirailleurs dans les Centres de transit des Troupes coloniales indigènes de Rivesaltes et Fréjus (CTTIC).

Combats du Levant (1941)[modifier | modifier le code]

Seule, l'Afrique noire, l'Afrique du Nord et le Levant (Syrie et Liban) accueillent les tirailleurs sénégalais. Hasard de l'organisation et de la numérotation des régiments, en 1939 le 24e Régiment de Marche d'Infanterie Coloniale du Levant (RMICL) est créé à Damas avec certains éléments du 2/24e RTS, tout droit issus du 24e RIC stationné à Perpignan de 1902 à 1923, dont il reprend les traditions et le drapeau.

Le 24e RTS prit part aux combats fratricides de Syrie en 1941 contre les britanniques et les Forces françaises libres. Le drapeau du 24e RMICL fut ramené à Perpignan, en 1941, rejoignant dans la salle d'honneur du 2eRIC (tour Charles Quint de la citadelle de Perpignan) celui du 24e RTS sauvé un an plus tôt. Le 24e aura ainsi combattu partout jusqu'au bout.

Forces françaises libres[modifier | modifier le code]

Un de ses bataillons stationné à Chypre, rejoignit, dès juin 1940 la France libre pour former le Bataillon d'Infanterie de marine qui s'illustra plus tard à Bir-Hakeim.

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Pour renforcer le corps expéditionnaire en Extrême-Orient, le 24e régiment de tirailleurs sénégalais est reconstitué à deux bataillons, le 1er mai 1948 à Carcassonne et Perpignan comme Régiment de marche de tirailleurs sénégalais (RMTS). Ce fut le seul régiment de tirailleurs créé après la guerre en Métropole et le seul régiment de tirailleurs sénégalais présent sur ce théâtre d'opérations extérieures aux côtés d’une dizaine d’autres bataillons venus de l’AOF et de l’AEF. Le régiment embarque à Marseille le 1er septembre 1948 et débarque à Haïphong, le 30 décembre pour être engagé immédiatement au Tonkin.

Les deux bataillons participent activement aux opérations de pacification des secteurs de Sontay, Hoa Binh, Haïduong, Hadong et Kie-Nan. En 1951 ils fournissent les garnisons des postes de béton dont le général de Lattre de Tassigny a ordonné la construction, véritable petite ligne Maginot élevée pour la protection du "Delta utile". La 2e compagnie fut citée à l'ordre de l'Armée en janvier 1951.

Ces deux bataillons furent dissous après l'évacuation du Tonkin, en décembre 1954, avant leur rapatriement sur la métropole.

Après le départ pour l'Indochine du 24e R.T.S. à deux bataillons, le 1er décembre 1948, le 3e bataillon resté en France constitua le noyau du nouveau 24e régiment d'infanterie coloniale reconstitué dans les mêmes garnisons que celui dont il était issu.

Drapeau du régiment[modifier | modifier le code]

Il porte dans ses plis les inscriptions suivantes[3]:

24e régiment de tirailleurs sénégalais.svg

De 1923 à décembre 1939 le 24e RTC puis 24e RTS se verra attribuer la garde du drapeau du 24e RIC et ce contre toutes les traditions militaires. Le millésime Maroc 1925 sera brodé aux côtés du millésime Maroc 1908-1913 du 24e RIC. En janvier 1940 le 24e RIC recréé au Levant reprend son emblème où l'on efface le millésime 1925. Le 24e RTS quant à lui se voit confier un nouvel emblème.

Insignes[modifier | modifier le code]

Ecu bleu à une caravelle noire blanche sur flots vert dégradé losange à une croix de Lorraine le tout sur ancre.
Dragon autour d’une ancre, brochée d’un écusson, à pals rouges.

Devise[modifier | modifier le code]

Marche sempre mai morirem
Marchons toujours, nous ne mourons pas.

Décorations[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Mouragues, Une histoire oubliée : Perpignan 1923-1940, Le 24e Régiment de Tirailleurs Sénégalais : marche sempre mai morirem, Perpignan, Cap Béar éditions, , 151 p. (ISBN 978-2-35066-111-7, notice BnF no FRBNF43710519)
  • Jean-François Mouragues, Soldats de la République, les tirailleurs sénégalais dans la tourmente. France mai-juin 1940, Éditions L'Harmattan, Paris, décembre 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. René Grando, Jacques Queralt, Xavier Febrés, Camps du mépris : des chemins de l’exil à ceux de la Résistance (1939-1945). 500 000 républicains d’Espagne indésirables en France, Llibres del Trabucaire, Perpignan, 1991, 2e édition. (ISBN 2-905828-32-3), p. 186
  2. Le Courrier picard du 1er juin 2015
  3. Décision n° 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n° 27, 9 novembre 2007