Énergie aux Émirats arabes unis

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Le secteur de l'énergie aux Émirats arabes unis est central dans l'économie du pays. Le pays est le sixième producteur mondial de pétrole (4 % du total mondial) et quinzième producteur de gaz naturel (1,6 % du total mondial) et est membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

L'électricité est produite en 2019 à 97 % par des centrales fonctionnant au gaz naturel et à 3 % par les centrales solaires.

La centrale nucléaire de Barakah, dont le premier des quatre réacteurs a été mis en service en 2020, devrait fournir un quart de l'électricité du pays. Le pays a également mis en place un programme de plusieurs milliards de dollars pour développer les énergies renouvelables, avec pour objectif de produire 50 % de son électricité à partir de sources propres d'ici 2050.

Les émissions de CO2 liées à l'énergie aux Émirats arabes unis s'élevaient en 2017 à 20,91 t CO2 par habitant, soit 4,8 fois la moyenne mondiale et 43 % de plus qu'aux États-Unis.

Secteur amont[modifier | modifier le code]

Pétrole[modifier | modifier le code]

Selon les estimations de BP, les réserves de pétrole du pays s'élèvent fin 2019 à 97,8 milliards de barils (13,0 milliards de tonnes), au 8e rang mondial avec 5,6 % du total mondial. Cette estimation n'a pas changé depuis 20 ans ; elle représente 67 années de production au rythme de 2019[1]. Néanmoins, de même que pour les autres producteurs du golfe persique, des critiques comme le géologue Colin Campbell contestent la réalité de l'étendue des réserves, argumentant principalement sur les augmentations brutales du chiffre dans les années 1980, non justifiées par de nouvelles découvertes, et leur stabilité pendant de nombreuses années, sans diminution correspondant aux volumes extraits chaque année[2].

Le principal gisement du pays est upper Zakum, souvent considéré comme le 4e gisement de pétrole conventionnel du monde après Ghawar, Burgan et Safaniyah. Ce gisement offshore a été découvert en 1965, sa production est toujours en croissance, elle devrait attendre un million de barils/jours en 2024[3].

La production de pétrole s'est élevée en 2019 à 180,2 millions de tonnes, en progression de 39 % par rapport à 2009, au 6e rang mondial avec 4 % du total mondial[1].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Selon les estimations de BP, les réserves de gaz naturel du pays s'élèvent fin 2019 à 5 900 milliards de m3, au 9e rang mondial avec 3 % du total mondial ; elles représentent 95 années de production au rythme de 2019[1].

La production de gaz naturel s'est élevée en 2019 à 62,5 milliards de m3, en progression de 31 % par rapport à 2009, au 15e rang mondial avec 1,6 % du total mondial[1].

Secteur aval[modifier | modifier le code]

Raffinage[modifier | modifier le code]

Il existe quatre raffineries dans le pays, pour une capacité totale de 1,1 million de barils par jour. La plus importante est celle de Ruwais, avec 817000 b/j à elle seule. Le pays doit néanmoins importer du fioul lourd et de l'essence[4].

Exportations de pétrole[modifier | modifier le code]

Le pays est largement exportateur

Le pays était en 2019 exportateur de brut à hauteur de 139,4 Mt (millions de tonnes), soit 2,8 millions de barils par jour, à destination du Japon (31 %), de l'Inde (14 %), de la Chine (11 %) et d'autres pays d'Asie. De plus, il a exporté 77,0 Mt de produits pétroliers, à destination des mêmes pays ainsi que de l'Europe et de l'Afrique[1].

Les pétroliers partaient historiquement des ports du golfe Persique, cependant, un nouvel oléoduc permet depuis 2012 d'envoyer l'essentiel des exportations du port de Fujaïrah situé sur le golfe d'Oman, ainsi les exportations de pétrole du pays sont beaucoup moins assujetties à la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz[5].

Pétrochimie[modifier | modifier le code]

Import/Export de gaz[modifier | modifier le code]

Les émirats exportent du gaz naturel liquéfié (GNL) via le terminal de liquéfaction situé sur l'île de Das. Ce port méthanier assez ancien (1977) a une capacité de 5.8 millions de tonnes par an (correspondant à 8 milliards de mètres cubes de gaz). Le pays possède aussi deux terminaux flottants de regazéification, à Jebel Ali et Ruwais[6]. En 2019, les exportations de GNL se sont élevées à 7,7 milliards de m3, dont 3,6 milliards de m3 à destination de l'Inde et 3,0 milliards de m3 du Japon. Les importations de GNL s'élèvent à 1,6 milliard de m3. Par ailleurs, Dubaï importe du gaz qatari par le gazoduc Dolphin : 19,5 milliards de m3 en 2019[1].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

La production d'électricité des émirats était en 2019 de 138,1 TWh, en progression de 61 % par rapport à 2009. Cette électricité est produite à 97 % par des centrales fonctionnant au gaz naturel et à 3 % par les centrales solaires[1].

Nucléaire[modifier | modifier le code]

La construction de la centrale nucléaire de Barakah a été lancée en 2011 à l'ouest de Ruwais ; constituée de quatre réacteurs de 1 400 MW d'origine sud-coréenne, elle devrait fournir un quart de l'électricité du pays en 2020[7].

En , le coréen Kepco remporte l’appel d’offres concernant la construction de 4 réacteurs nucléaires[8].

En , le français EDF remporte un contrat relatif à l’exploitation et à la maintenance de la future centrale[9].

En , l'Autorité fédérale de régulation nucléaire (FANR) a octroyé pour une durée de 60 ans, la licence d'exploitation du réacteur 1 de la centrale à l'entreprise Nawah, fondée en 2016, qui exploitera et entretiendra la centrale de Barakah.

Le premier , Barakah-1, est le premier réacteur commercial du monde arabe à effectuer sa première criticité. Lorsque les quatre réacteurs seront pleinement opérationnels, la centrale produira 5,6 GW d'électricité, soit environ 25 % des besoins du pays, en évitant, chaque année, le rejet de plus de 21 millions de tonnes de CO2 qui auraient été produites en utilisant des combustibles fossiles[10],[11],[12],[13].

Le 6 avril 2021, le réacteur Barakah-1 a effectué sa mise en service commerciale[14].

Solaire[modifier | modifier le code]

Le pays a mis en place un programme de plusieurs milliards de dollars pour développer les énergies renouvelables, avec pour objectif de produire 50 % de son énergie à partir de sources propres d'ici 2050[15].

En , la plus grande centrale solaire photovoltaïque du monde, Noor Abu Dhab (1 177 MWc) a été mise en service dans l'émirat d'Abu Dhabi ; le prix contractuel de vente de sa production est le plus compétitif au monde : 24,2 $/MWh[16].

En 2019, les Émirats arabes unis ont mis en service 2 GWc de projets photovoltaïques sélectionnés lors d'appels d'offres des années précédentes[17].

Le , EDF Renouvelables et de Jinko Power annoncent avoir remporté, avec leurs partenaires émiratis TAQA et Masdar, l'appel d'offres lancé en 2019 par Emirates Water and Electricity Company, pour la construction à 35 kilomètres d'Abu Dhabi d'une centrale solaire présentée comme « la plus puissante au monde » avec 2 000 MWc. Le coût moyen de production d'électricité record de 13,5 $/MWh (11,6 ) offert sur 30 ans est inférieur de moitié au coût actualisé de l'énergie (LCOE) moyen des projets photovoltaïques les moins coûteux financés au cours des six mois précédents selon BloombergNEF[18].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie aux Émirats arabes unis s'élevaient en 2017 à 196,5 Mt de CO2, soit 20,91 t CO2 par habitant, soit 4,8 fois la moyenne mondiale : 4,37 Mt/hab, et 43 % de plus qu'aux États-Unis : 14,61 Mt/hab[19].

Le 8 octobre 2021, les Émirats arabes unis annoncent viser la neutralité carbone d'ici à 2050[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g (en) BP Statistical Review of World Energy 2020 - 69th edition, BP, [PDF].
  2. « How Much Oil in the Middle East? », sur GEO ExPro (consulté le )
  3. Reuters Editorial, « Abu Dhabi to boost capacity of giant Upper Zakum, Bab oil fields », sur U.S. (consulté le )
  4. « United Arab Emirates - International - Analysis - U.S. Energy Information Administration (EIA) » (consulté le )
  5. Shehab Al Makahleh, Staff Reporter, « Habshan-Fujairah pipeline starts pumping crude oil », sur GulfNews (consulté le )
  6. Rapport annuel 2017 GIIGNL
  7. « Quarter of UAE's power from nuclear energy by 2020 », sur Emirates 24/7, Dubai Media, (consulté le )
  8. Nucléaire : la Corée du Sud décroche un contrat de 20 milliards de dollars aux Emirats arabes unis LesÉchos, 28 décembre 2009
  9. (en) « Le nouveau contrat d’EDF aux Émirats arabes unis », sur portail-ie.fr (consulté le )
  10. « Les Emirats arabes unis démarrent la première centrale nucléaire du monde arabe », sur Le Monde,
  11. (en) « UAE completes construction of Barakah 2 », sur World Nuclear News (consulté le )
  12. (en) « UAE's first power reactor achieves criticality », sur World nuclear news,
  13. « Sortie des fossiles : pour les Émirats arabes unis, le nucléaire incontournable », sur L'EnerGeek, (consulté le )
  14. Barakah : questions sur la « première centrale nucléaire du monde arabe », Connaissance des énergies, 26 avril 2021.
  15. « La première centrale nucléaire du monde arabe autorisée à démarrer », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. (en) Photovoltaic barometer 2020 (page 8), EurObserv'ER, avril 2020.
  17. (en) 2020 Snapshot of Global PV Markets, Agence internationale de l'énergie-PVPS, 29 avril 2020.
  18. EDF et le chinois Jinko vont construire la centrale solaire la plus puissante au monde à Abu Dhabi, Les Échos, 27 juillet 2020.
  19. (en) Agence internationale de l'énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Key World Energy Statistics 2019, [PDF].
  20. COP 26 : l'Arabie saoudite vise la neutralité carbone d'ici à 2060, Les Échos, 25 octobre 2021.