Turkish Stream

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Turkish Stream
Informations géographiques
Pays Drapeau de la Russie Russie - Drapeau de la Turquie Turquie
Tracé Anapa - Lüleburgaz
Image illustrative de l’article Turkish Stream
Tracé du gazoduc
Informations générales
Type de produits Gaz
Longueur 1 090 km

Turkish Stream ou TurkStream est un gazoduc allant de la Russie à la Turquie à travers la mer Noire. Le gazoduc est prévu pour faire transiter 31,5 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe. Il a été annoncé par le président russe Vladimir Poutine le durant une visite en Turquie.

Il remplace avec sa prolongation par le Tesla Pipeline[1], le projet annulé du South Stream[2],[3],[4] qui entrait en concurrence avec Nabucco. Ce dernier, moins ambitieux, disposant de moins de moyens et de rivalités inter-étatiques, n’avait pas pu faire le poids face au projet mené par la Fédération de Russie et Gazprom[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 2007, le projet South Stream a été signé à Rome, entre les différents pays.

Fin 2014, le point d'arrivée en Turquie n'avait pas encore été négocié, Gazprom annonçant que les travaux commenceraient immédiatement quand il aura été déterminé[6]. Deux navires poseurs de canalisations furent stationnés en mer Noire à cet effet[7]. Fin , il est annoncé que le gazoduc arrivera en Turquie d'Europe[8] et que le premier gaz à être livré en Turquie se fera en . Le , à l'occasion d'un entretien entre le président russe et le premier ministre grec, Alexis Tsipras, il a été évoqué une coopération entre les deux pays sur les secteurs des investissements et des énergies au travers notamment un tracé qui passerait par la Grèce[9],[10]. L'entreprise italienne Saipem, avec qui avait été signé le contrat pour la pose des conduites du South stream, n'a pas vu son contrat renouvelé[11].

Le projet a été gelé le à la suite de la destruction d'un chasseur russe par l'aviation turque qui avait fortement détérioré les relations entre la Russie et la Turquie[12], mais suite aux améliorations des relations bilatérales russo-turques, le projet reprend à partir d'[13].

En , Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan annoncent leur volonté de réaliser TurkStream le plus vite possible mais en réalisant seulement un des quatre tubes prévus à l'origine[14].

L'accord de réalisation du projet TurkStream est signé à Istanbul, le , par les présidents russe et turc Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan[15].

En , la construction du projet Turkish Stream est lancée, en présence de Vladimir Poutine[16] et prévoit deux tubes de capacité identique, l'un pour les consommateurs turcs, et l'autre pour l'Europe du Sud..

En , la Serbie, la Grèce, et la Bulgarie s'accordent sur la construction du Tesla Pipeline sur leur territoire, en direction de l'Autriche et de la Hongrie[17].

La partie immergée de ce gazoduc (tube n°1), longue de 930 kilomètres sous la mer Noire, est achevée le . Elle relie le port russe d'Anapa au village turc côtier de Kiyiköy, non loin d'Istanbul[18]. La partie terrestre du tube, un tronçon de 65 kilomètres entre Kiyiköy et Lüleburgaz, non loin de la frontière turco-bulgare, est terminé en 2019.

Description[modifier | modifier le code]

Tracé du Tesla Pipeline et du Turkish Stream avec les pays fournisseurs et clients.

Le pipeline débute à la station de compression de Russkaya près d'Anapa. La capacité du pipeline est de 31,5 milliards de mètres cubes par an de gaz naturel[16] dont le marché turc absorbera environ 14 milliards, le reste du gaz étant exporté en Europe[7]. La Turquie doit devenir un lieu de transit afin de contourner les sanctions imposées par l'Union européenne à la Russie. A sa sortie de Turquie, il devient le Tesla Pipeline lors de sa traversée des Balkans. À terme, la Russie souhaiterait que le gazoduc arrive jusqu’au hub autrichien de Baumgarten[4]. Un hub gazier à la frontière turco-grecque est discuté.

Le tronçon de Tesla en Serbie d'une longueur de 400 km est inauguré le .[19].

Il complétera l'offre apportée par le gazoduc Blue Stream en 2005. Il pourrait être complémentaire ou concurrent du projet de Gazoduc transadriatique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « New Europe »
  2. « Putin : Russia Cannot Continue South Stream Construction in Current Situation », RIA Novosti,‎ (lire en ligne, consulté le 1er décembre 2014)
  3. « Russia drops South Stream gas pipeline plan », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 1er décembre 2014)
  4. a et b Alexandre Moustafa date=2014-06-03, « Turkish Stream : le nouveau gazoduc russe pour atteindre le cœur de l’Europe », sur Stratpol (consulté le 30 septembre 2015)
  5. « Stratpol », sur Stratpol (consulté le 2 octobre 2015)
  6. « Launch date of Turkish Stream not to differ much from South Stream schedule - Gazprom », ITAR-TASS,‎ (lire en ligne, consulté le 25 janvier 2015)
  7. a et b Amanda Paul, « Game on for 'Turkish Stream' », Today's Zaman,‎ (lire en ligne[archive du ], consulté le 25 janvier 2015)
  8. http://www.thetoc.gr/eng/news/article/russia-turkey-announce-new-gas-route-with-hub-in-greece-borders
  9. "A Moscou, Alexis Tsipras se félicite du « printemps » des relations gréco-russes" Le Monde
  10. "Russia and Greece to ink Turkish Stream gas pipeline deal within days - Greek minister" RT (chaîne de télévision)
  11. sputnik (agence de presse), Gazprom Seeks New Contractor to Start Turkish Stream Construction, 9.7.2015
  12. « Turkish Stream Falls Under Russia's Restrictive Measures Against Turkey », sur sputniknews.com (consulté le 26 novembre 2015)
  13. Sputnik, « La Turquie confirme la reprise du projet Turkish Stream », sur fr.sputniknews.com (consulté le 9 août 2016)
  14. Ludovic Lamant, « La crise turque relance la bataille du gaz en Europe », sur Mediapart, (consulté le 22 août 2016).
  15. RFI, « La Russie et la Turquie signent le projet de gazoduc Turkish Stream », sur rfi.fr, (consulté le 10 octobre 2016).
  16. a et b Russie: lancement des travaux de pose du gazoduc Turkish Stream, Céline Bayou, Regard vers l'Est, 24 juin 2017
  17. (en) « Tesla Pipeline », sur Nouvelle Europe
  18. Jego, « La Turquie renforce sa dépendance au gaz russe », Le Monde,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  19. https://mainichi.jp/english/articles/20210102/p2g/00m/0in/050000c