Énergie en Arabie saoudite

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Énergie en Arabie saoudite
Image illustrative de l'article Énergie en Arabie saoudite
Dammam n° 7, le premier puits de pétrole exploité en Arabie saoudite, le 4 mars 1938.
Bilan énergétique (2013)
Offre d'énergie primaire (TPES) 192,2 M tep
(8 046,2 PJ)
par agent énergétique pétrole : 65,2 %
gaz naturel : 34,8 %
bois : 0 %
Consommation totale (TFC) 107,1 M tep
(4 485 PJ)
par habitant 6,67 tep
par secteur ménages : 11,6 %
industrie : 43,1 %
transports : 38,9 %
services : 6,1 %
agriculture : 0,3 %
Électricité (2013)
Production 284,02 TWh
par filière thermique : 100 %
autres : 0 %
Combustibles (2013 - Mtep)
Production pétrole : 547,55
gaz naturel : 66,93
Commerce extérieur (2013 - Mtep)
Importations pétrole : 24,8
Exportations pétrole : 444,6
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

Le secteur de l'énergie en Arabie saoudite est dominant dans l'économie de l'Arabie saoudite : environ 75 % des recettes publiques et plus de 90 % des recettes d'exportation proviennent de l'industrie pétrolière et pétrochimique, ce qui représente environ 45 % du produit intérieur brut de l'Arabie saoudite.

Le pays est en 2014 au 1er rang mondial des producteurs de pétrole et au 1er rang des exportateurs de pétrole.

Les réserves prouvées de l'Arabie saoudite en 2014 représentaient 15,7 % du total mondial, au 2e rang mondial derrière le Venezuela, réparties sur plus de cent gisements de pétrole et de gaz naturel. Le pays produit près de 13 % de l'approvisionnement mondial en pétrole, dont l’usage dans le pays augmente rapidement, principalement pour produire de l'électricité.

Ses réserves de gaz naturel représentent 4,4 % du total mondial, au 6e rang mondial ; sa production de gaz se classe au 9e rang mondial avec 2,4 % de la production mondiale ; elle est entièrement consommée dans le pays.

La consommation d'énergie primaire du pays atteignait 6,67 tep par habitant en 2013, soit 3,5 fois la moyenne mondiale et 4 % de moins qu'aux États-Unis.

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie en Arabie saoudite ont atteint 16,39 tonnes de CO2 par habitant, niveau d'émissions parmi les plus élevés au monde (moyenne mondiale : 4,52 ; États-Unis : 16,18).

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Arabie saoudite[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2
1990 16,21 58,0 368,4 307,0 65,2 151,1
2000 20,15 97,9 475,8 373,9 117,1 234,6
2008 26,37 156,5 573,0 413,6 186,5 364,2
2009 26,80 166,6 519,3 354,0 199,1 379,4
2010 27,26 185,5 531,4 349,0 218,7 419,1
2011 27,76 178,1 592,7 403,2 226,6 434,6
2012 28,29 200,3 625,0 425,0 247,9 463,3
2013 28,83 192,2 614,5 419,8 264,0 472,4
variation
1990-2013
+78 % +231 % +67 % +37 % +305 % +213 %

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

L'Agence Internationale de l’Énergie classe l'Arabie saoudite aux tous premiers rangs pour de nombreux indicateurs du domaine de l'énergie:

Place de l'Arabie saoudite dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Pétrole brut[k 1] Production 1er 2014p 542 Mt 12,9 % 2e : Russie (529 Mt) ; 3e : États-Unis (509 Mt)
Exportation nette 1er 2013 377 Mt 19,5 % 2e : Russie (236 Mt)
Gaz naturel[k 2] Production 9e 2014p 84 Mds m³ 2,4 % 1er : États-Unis (730 Mds m³)
Produits pétroliers[k 3] Exportation nette 4e 2013 34 Mt 6,3 % 1er : Russie (115 Mt)
Raffinage[k 4] Capacité de raffinage 7e 2014p 2 506 kb/j 2,6 % 1er : États-Unis (17 726 kb/j)
Prod.élec.fossiles*[k 5] Pétrole 2e 2013 134 TWh 13,0 % 1er : Japon (150 TWh)
Gaz naturel 6e 2013 150 TWh 3,0 % 1er : États-Unis (1 158 TWh)
2014p : données provisoires 2014
* production d'électricité à partir de combustibles fossiles

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La production d'énergie primaire de l'Arabie saoudite se limite à deux produits : le pétrole (89 %) et le gaz naturel (11 %) : la part du gaz naturel a fortement progressé : de 5 % en 1990 à 11 % en 2013 ; en 23 ans, la production d'énergie a progressé de 67 % (57 % pour le pétrole et 243 % pour le gaz)[1].

Pétrole[modifier | modifier le code]

Réserves de pétrole[modifier | modifier le code]

Carte des champs de pétrole et de gaz naturel au Moyen-Orient.

Les réserves prouvées de pétrole[n 1] de l'Arabie saoudite étaient estimées par BP à 36,7 milliards de tonnes fin 2014 (267 milliards de barils), soit 63,6 années de production au rythme de 2014. Ces réserves classaient l'Arabie saoudite au 2e rang mondial avec 15,7 % du total mondial, derrière le Vénézuela (17,5 %)[b 1].

Selon le Conseil mondial de l'énergie (rapport 2013 sur les ressources mondiales), les réserves prouvées récupérables de l'Arabie saoudite à fin 2012 (source : Oil & Gas Journal) étaient de 36,2 milliards de tonnes (265 milliards de barils), au 1er rang mondial : 20 % du total mondial, et sa production 2011 de 525,8 Mt (3 854 Mbbl), au 1er rang mondial, ce qui laissait 69 ans de réserves. Le premier gisement de pétrole, celui de Dammam, fut découvert par Aramco en 1938, suivi par des gisements géants tels que Ghawar (1948), le plus grand du monde, et Safaniyah (1951), le plus grand gisement offshore au monde. Sur la centaine de gisements de pétrole et gaz du royaume, plus de la moitié des réserves sont contenues dans huit gisements, celui de Ghawar ayant à lui seul 70 milliards de barils de réserves restantes, soit plus du quart du total. La production a atteint 11,6 millions de barils par jour en 2012, dont 9,8 Mbbl/j de brut et 1,8 Mbbl/j d'autres hydrocarbures liquides[3].

Production de pétrole[modifier | modifier le code]

Production de pétrole de l'Arabie saoudite en millions de barils par jour, 1950-2012
source : OPEC.

En 2014, selon BP, l'Arabie saoudite a produit 543,4 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 11,51 Mb/j (millions de barils par jour), en hausse de 0,9 % (+8,6 % depuis 2004). Elle se classe au 1er rang mondial[n 2] avec 12,9 % de la production mondiale, devant la Russie (12,7 %) et les États-Unis (12,3 %)[b 2].

Selon les statistiques 2015 de l'Agence internationale de l'énergie, l’Arabie saoudite était le 1er producteur mondial de pétrole en 2014 : 542 Mt (12,9 % du total mondial)[k 1].

Consommation de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2014, l'Arabie saoudite a consommé 142 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 3,185 Mb/j (millions de barils par jour), en hausse de 7,3 % (+61 % depuis 2004). Elle se classe au 7e rang mondial avec 3,4 % de la consommation mondiale, loin derrière les États-Unis (1er avec 19,9 %). Sa production représente 3,8 fois sa consommation[b 3].

L'Arabie saoudite est le plus gros consommateur de pétrole du Moyen-Orient : 3 Mb/j en 2012, deux fois plus qu'en 2000, du fait de la forte croissance industrielle et des prix subventionnés ; la production d'électricité par combustion directe de pétrole brut est en forte progression : 1 Mb/j en été[3].

L'Arabie saoudite consomme plus d'un quart de sa production de pétrole et le subventionne lourdement, le vendant sur le marché intérieur à prix coûtant (5 $/baril environ) et non au prix de marché (50 $/baril en octobre 2015, 110 $/baril quinze mois auparavant)[4].

Pour réduire l'énorme déficit budgétaire résultant de l'effondrement des prix du pétrole (19 % du PIB en 2016 après 21 % en 2015), l'Arabie saoudite a du se résoudre à tailler dans les subventions à la consommation d'électricité, d'eau et de carburants ; ainsi, le prix de l'essence augmente de 40 % dès le 29 décembre 2015[5].

L’Arabie saoudite figurait en 2013 au 2e rang mondial pour la production d'électricité à partir de pétrole : 134 TWh (13 %), derrière le Japon[k 5].

Exportations de pétrole[modifier | modifier le code]

Représentation graphique des exportations de l'Arabie saoudite en 2010
source : Observatoire de la Complexité Économique du Center for International Development (CID), université Harvard.

Selon les statistiques 2015 de l'Agence internationale de l'énergie, l’Arabie saoudite était le 1er exportateur mondial de pétrole brut en 2013 : 377 Mt (19,5 % du total mondial)[k 1]. Elle était également le 4e exportateur mondial de produits pétroliers en 2013 : 34 Mt (6,3 % du total mondial)[k 3].

Le graphique de droite montre la place des hydrocarbures en 2010 dans les exportations de l'Arabie saoudite (en $) : 77 % de pétrole brut, 87 % avec les autres hydrocarbures, plus 9 % de produits de la pétrochimie[6].

Organisation du secteur pétrolier[modifier | modifier le code]

Siège social de Saudi Aramco à Dhahran.

Deux ministères se partagent la responsabilité du secteur de l'énergie : le ministère du Pétrole et le ministère de l'Eau et de l'Électricité. Le but déclaré de celui-ci est : « De préparer un plan global visant à établir un réseau pour la distribution d'eau et le retraitement des eaux usées dans tout le royaume, il permettra également d'élaborer la politique de l'eau du pays et de proposer de nouveaux règlements afin de la préserver. »[7].

Saudi Aramco (contraction d'Arabian American Oil Company), officiellement Saudi Arabian Oil Company, est la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures. Elle possède la quasi-intégralité des ressources en hydrocarbures du royaume et, du point de vue de ses réserves comme de celui de sa production, est la première compagnie pétrolière mondiale avec 295 milliards de barils de réserves[8].

L'Arabian American Oil Company, nationalisée progressivement de 1973 à 1980 et rebaptisée Saudi Aramco, a récupéré en 1988 la gestion opérationnelle de tous ses puits ; ses principaux gisements sont ceux de Safaniya, plus grand gisement offshore du monde, découvert en 1951, et de Ghawar, plus grand gisement terrestre au monde (1957), qui assure plus de la moitié de la production du royaume. Le coût de production du pétrole saoudien est de quelques dollars par barils[9].

Le prince Mohammed ben Salmane, fils du roi et homme fort du régime, a annoncé au début janvier 2016 qu'un projet de privatisation partielle de Saudi Aramco est à l'étude et qu'une décision sera prise dans les prochains mois. Saudi Aramco produisait 10,25 millions de barils par jour (Mb/j) en décembre 2015, soit deux fois plus que le numéro 2 mondial, le russe Rosneft, avec 5 Mb/j, suivi par l’américaine ExxonMobil, première major mondiale cotée en Bourse, avec 4 Mb/j. Ses réserves prouvées s’élèvent à 267 milliards de barils contre 40 pour Rosneft et 25 pour ExxonMobil. La valorisation du capital de Saudi Aramco pourrait atteindre 3 400 milliards de dollars[10].

Oléoducs[modifier | modifier le code]

Carte de l'oléoduc trans-arabe.
Carte des réseaux d'oléoducs et gazoducs du Moyen-Orient.

L'oléoduc trans-arabe (Tapline) transporte le pétrole saoudite sur 1 214 km de Qaisumah près de Hafar Al-Batin en Arabie saoudite à Sidon au Liban.

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Réserves de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de gaz naturel de l'Arabie saoudite étaient estimées par BP à 8 200 milliards de m³ fin 2014 (288,4 trillions US de pieds cubes), soit 75,4 années de production au rythme de 2014. Ces réserves classaient l'Arabie saoudite au 6e rang mondial avec 4,4 % du total mondial, contre 17,4 % pour le no 1 mondial, la Russie et 13,1 % pour le no 2, le Qatar[b 4].

Selon le Conseil mondial de l'énergie, les réserves prouvées récupérables de l'Arabie saoudite à fin 2012 (source : Oil & Gas Journal) étaient de 8 030 milliards de m³, au 5e rang mondial : 3,8 % du total mondial, et sa production 2011 de 99,2 Mds m³, ce qui laissait 81 ans de réserves ; au cours des dix dernières années, ces réserves ont été revues en hausse de 26 %. Les réserves et la production de gaz revêtent pour l'essentiel la forme de gaz associé extrait des gisements de pétrole, en particulier ceux de Ghawar, Safaniya et Zuluf (57 % des réserves de gaz)[11].

Production de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2014, l’Arabie saoudite a produit 108,2 milliards de m³ de gaz naturel, soit 97,4 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en hausse de 8,2 % (+65 % depuis 2004). Elle se classe au 8e rang mondial avec 3,1 % de la production mondiale, loin derrière le no 1 : les États-Unis (21,4 %)[b 5].

Selon les statistiques 2015 de l'Agence internationale de l'énergie, l’Arabie saoudite était le 9e producteur mondial de gaz naturel en 2014 : 84 84 milliards de m³, soit 2,4 % du total mondial[k 2].

Consommation de gaz[modifier | modifier le code]

En 2014, l’Arabie saoudite a consommé 108,2 milliards de m³ de gaz naturel, la totalité de sa production, en progression de 65 % depuis 2004. Elle se classe au 6e rang mondial avec 3,2 % de la consommation mondiale, loin derrière le no 1 : les États-Unis (22,7 %)[b 6].

La production de gaz revêt pour l'essentiel la forme de gaz associé extrait des gisements de pétrole ; l'utilisation de ce sous-produit, autrefois brûlé à la torche, a été impulsée par le Master Gas System, inauguré dans les années 1980, dont les usines traitent le gaz pour produire de l'éthane et du gaz de pétrole liquéfié, utilisé comme matières premières pétrochimiques ; une grande part du GPL est exportée ; le gaz naturel sec est utilisé surtout pour la production d'électricité, les usines de dessalement et la pétrochimie. L’Arabie saoudite consomme la totalité de sa production de gaz ; d'après les prévisions de Saudi Aramco, la consommation devrait doubler d'ici 2030[11].

Gaz de schiste[modifier | modifier le code]

Saudi Aramco a annoncé le 27 janvier 2015 son intention d'investir 7 milliards de dollars dans le gaz de schiste, s'ajoutant aux 3 milliards déjà dépensés ; le ministre du Pétrole, Ali Al Naimi, a estimé en 2013 les réserves de gaz de schiste du pays à 17 000 milliards de mètres cubes, deux fois les réserves prouvées de gaz conventionnel. Saudi Aramco a démarré des campagnes d’exploration dès 2011, avec des forages dans le nord du pays. Au début 2014, son PDG Khaled Al Faleh a annoncé que les découvertes réalisées dans le nord lui permettront d’alimenter une centrale électrique de 1 000 mégawatts à construire au sein d’un futur complexe de phosphates ; la compagnie devrait aussi réaliser en 2015 deux forages avec le russe Lukoil dans le désert Rub al-Khali, où elles ont découvert un réservoir de tight gas (gaz de réservoir compact, dont l'extraction utilise les mêmes technologies que celles du gaz de schite)[12].

Consommation intérieure[modifier | modifier le code]

La consommation d'énergie primaire du pays atteignait 6,67 tep par habitant en 2013[k 6], soit 3,5 fois la moyenne mondiale (1,90 tep/hab) et 4 % de moins qu'aux États-Unis[k 7].

L’Arabie saoudite répartit sa consommation d'énergie primaire (192,2 Mtep en 2013) entre les deux énergies qu'elle produit : le pétrole (65 %) et le gaz naturel (35 %). La progression de ces consommations est très rapide : entre 1990 et 2013, celle de pétrole a progressé de 225 %, celle de gaz de 243 % et le total de 231 %[1].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

Après raffinage du pétrole, transformation en électricité d'une partie des hydrocarbures produits et transport jusqu'aux consommateurs, la consommation finale d'énergie de l’Arabie saoudite atteignait 133,1 Mtep en 2013, en progression de 237 % depuis 1990 ; elle se répartissait en 64 % de produits pétroliers, 20 % de gaz naturel et 16 % d'électricité ; en 23 ans, la consommation d'électricité a progressé de 352 %, celle de gaz de 328 % et celle de pétrole de 198 %. Les principaux secteurs consommateurs sont l'industrie (35 %) et les transports (31 %) ; le secteur résidentiel n'a qu'une part de 9 % et le tertiaire de 5 % ; les usages non énergétiques (chimie) représentent 19 %[1].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

La production d'électricité (284 TWh en 2013) provient entièrement de centrales thermiques alimentées à 47 % par du pétrole et à 53 % par du gaz naturel ; la production à partir de pétrole a progressé de 296 % en 23 ans (1990-2013), celle à base de gaz naturel de 325 %, et la production totale de 310 %. La production renouvelable se limite à 1 GWh de solaire[13].

La capacité de production est d'environ 55 GW. En outre, la pénurie énergétique qui s'annonce explique que l'Arabie saoudite cherche à augmenter ses capacités, notamment en investissant dans le nucléaire civil.

Thermique fossile[modifier | modifier le code]

La puissance installée du parc thermique est de 55 GW en 2012. La SEC (Saudi Electric Company), compagnie holding d'état, est le principal producteur et contrôle les parts publiques des producteurs « indépendants » d'électricité. La SWCC (Saline Water Conversion Corporation), compagnie publique de dessalement d'eau de mer, est le second producteur d'électricité. Saudi Aramco construit des centrales de cogénération pour ses propres besoins et va être autorisée à vendre ses excédents à la SEC[14].

La centrale à cycle combiné de Qurayyah, en construction sur la côte du Golfe Persique, utilisera du fioul et du gaz naturel dans ses six groupes Siemens de 654,5 MW chacun (3 927 MW au total) ; chaque groupe est constitué de deux turbines à gaz, deux générateurs de vapeur et une turbine à vapeur. Sa mise en service est prévue en juin 2014. Elle sera le plus important producteur indépendant (IPP) du royaume, bien que la SEC ait 50 % du capital[15].

Nucléaire et renouvelables[modifier | modifier le code]

En 2010, le King Abdallah City for Atomic and Renewable Energy, en abrégé : K.A.CARE[16], a été créé pour diriger le programme de développement durable saoudien (nucléaire et énergies renouvelables), sous la direction de son président, Hashim bin Abdullah Yamani, qui a été investi de pouvoirs ministériels. Selon KAcare, en 2010 ont été dépensés 3,4 millions de barils par jour (Mbbl/j) d'équivalent pétrole pour la production d'électricité, et ce flux devrait plus que doubler d'ici 2028 à 8,3 Mbbl/j. Le programme nucléaire saoudien doté de 100 milliards de $ a pour objectif d'atteindre une capacité de production d'électricité nucléaire de 110 gigawatts en 2032, alors que la puissance totale des 79 centrales électriques saoudiennes était en 2009 de 52 GW. Le programme prévoit au moins 16 réacteurs nucléaires, d'un coût unitaire d'environ 7 milliards $, le premier devant commencer à produire en 2019 ; 40 à 60 réacteurs seraient nécessaires d'ici 2030, mais un mix énergétique combinant hydrocarbures, nucléaire et énergies renouvelables sera préféré[17].

K.A.CARE annonce sur son site le mix énergétique prévu pour 2032[18] :

  • hydrocarbures : 60 GW ;
  • nucléaire : 17,6 GW ;
  • solaire : 41 GW ;
  • autres renouvelables : 13 GW.

En août 2010, un accord a été signé avec le groupe américain Exelon, The Shaw Group et Toshiba, pour la construction et l'exploitation de réacteurs ABWR (Advanced Boiling Water Reactor) de Toshiba ; cet accord est conditionné par l'autorisation du gouvernement américain[19].

En février 2011, un accord de coopération a été signé avec la France pour permettre aux experts saoudiens d'étudier les choix technologiques de la France, les besoins de financements et les implications en ressources humaines qualifiées[20].

En décembre 2013, un protocole d'accord de coopération a été signé avec le Korean Research Institute for Atomic Energy, en particulier pour l'étude de petits réacteurs de 300 MW[21].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Dans le mix énergétique prévu pour 2032 par K.A.CARE[18], la part des énergies renouvelables est répartie en :

Mais les projets se font attendre. Début 2015, les objectifs solaires ont déjà été décalés à 2040[4].

K.A.CARE a lancé, en coopération avec les instituts américains National Renewable Energy Laboratory et Battelle Memorial Institute, l'élaboration d'un Atlas des ressources renouvelables du pays ; un réseau de 70 stations de mesures a été mis en place en 2013-2014[22].

En mai 2012, la capacité installée solaire n'était que de 3 MW, mais il était prévu d'installer 1 100 MW de photovoltaïque et 900 MW de solaire thermodynamique d'ici 2013[23].

La première usine photovoltaïque de taille commerciale dédiée à la désalinisation d'eau de mer au monde va être construite par Abengoa en Arabie Saoudite, alimentée par une centrale photovoltaïque de 15 MWc sur trackers. Elle devrait entrer en service en 2017 et fournira 60 000 m3 d'eau potable par jour à la ville de Al Khafji, dans le nord-est du pays[24].

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité du pays atteignait 9 157 kWh par habitant en 2013[k 6], soit 3,03 fois la moyenne mondiale (3 026 kWh/hab) mais 29 % de moins qu'aux États-Unis[k 7].

La consommation d'électricité en Arabie saoudite a fortement augmenté au cours de la période 1990-2013 : +352 %, en raison du développement économique rapide. Elle se répartit en 2013 entre 17 % pour l'industrie, 51 % pour le secteur résidentiel, 30 % pour le tertiaire et 2 % pour l'agriculture[13].

Conservation[modifier | modifier le code]

Fin 1998, le secteur de l'électricité a entamé sa restructuration. Un de ses objectifs était d'atteindre une performance durable notamment pour soutenir la forte croissance de la demande, l'utilisation inefficace de l'énergie et la nécessité d'effectuer de gros investissements pour financer l'expansion des réseaux.

Les politiques actuelles d'économie durable, en particulier, en encourageant les économies d'énergie, a conduit à des économies de plus de 871 MW en 2001, principalement en raison de la collaboration entre le ministère de l'Eau et de l'électricité et la Saudi Electricity Company.

Les politiques et les programmes sont en cours d'élaboration pour la sensibilisation du public, la réglementation de l'énergie, l'information sur l'énergie, et la programmation. Si la conservation de l'énergie est un succès, la demande peut être réduite de 5 à 10 %, soit de 3 à 6 GW ou 1,5 à 3 milliards de dollars sur 20 ans. En règle générale, l'investissement dans l'efficacité énergétique ne représente qu'un pourcent du chiffre d'affaires des services publics, qui, pour un pays comme l'Arabie saoudite pourrait atteindre 15 à 60 millions de dollars annuellement.

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie en Arabie saoudite ont atteint 472,38 Mt CO2 en 2013, soit 16,39 tonnes CO2 par habitant[k 6], niveau d'émissions parmi les plus élevés au monde : moyenne mondiale : 4,52 ; États-Unis : 16,18 ; France : 4,79[k 7].

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2013 var.
2013/1971
var.
2013/1990
var.UE
2013/1990
Émissions[h 1] (Mt CO2) 12,7 151,1 472,4 +3620 % + 213% -17,0 %
Émissions/habitant[h 2] (t CO2) 2,09 9,32 16,39 +684 % +76 % -22,0 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions mondiales ont progressé de 56 % entre 1990 et 2013, et les émissions par habitant de 15,8 %. La progression de celles de l'Arabie saoudite est donc quatre à cinq fois plus rapide.

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2013
Mt CO2
% var.
2013/1990
var.UE
2013/1990
Pétrole[h 3] 10,0 107,9 325,0 69 % +201 % -18,9 %
Gaz naturel[h 4] 2,7 43,2 147,3 31 % +241 % +35,3 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2013 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 28,1 6 % 0,98 0,41
Industrie et construction 150,1 32 % 5,21 1,67
Transport 124,5 26 % 4,32 1,74
dont transport routier 122,2 26 % 4,24 1,61
Résidentiel 105,1 22 % 3,65 1,58
Autres 64,6 14 % 2,24 1,17
Total 472,4 100 % 16,39 6,57
Source : Agence internationale de l'énergie[h 5]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite, comme les autres pays producteurs de pétrole, a compris que la transition énergétique est inéluctable, elle veut juste la ralentir, selon Célia Gautier, du Réseau Action Climat. A la COP21, « ils veulent empêcher qu’on inscrive une date pour l’arrêt de la consommation d’énergies fossiles ». Le royaume n’a pas non plus envie qu’on fixe une limite maximale de réchauffement à 2°C, qui supposerait l'arrêt du pétrole et du gaz. De plus, l’Arabie saoudite refuse de financer les pays pauvres, alors que la Chine leur promet plus de 3 milliards de dollars. Dans sa contribution à la COP21, le gouvernement saoudien reconnaît sa grande vulnérabilité au changement climatique, mais cela ne se reflète pas dans son plan, selon l'ONG Climate Action Tracker (CAT), et il a prévenu que, si le prix du pétrole continue à stagner, il repoussera son objectif de diversification vers le renouvelable, pourtant modeste. Pour Pierre Radanne, les Saoudiens sont partagés entre leurs intérêts financiers, leur mode de développement et ce que leur population subit à travers l’extension de la désertification ; ils doivent se méfier des déstabilisations qui peuvent en résulter[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. y compris condensats et liquides de gaz naturel.
  2. 1er en Mt et 2e en Mb/j derrière les États-Unis et devant la Russie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c p. 11
  2. a et b p. 13
  3. a et b p. 21
  4. p. 23
  5. a et b p. 25
  6. a, b et c p. 54-55
  7. a, b et c p. 48-57
  1. p. 6
  2. p. 8-10
  3. p. 9-11
  4. p. 20
  5. p. 22-24
  6. p. 23-25
  1. p.50
  2. p.98
  3. p.56
  4. p.59
  5. p.69
  • Autres
  1. a, b, c et d (en)Saudi Arabia : Balances for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  2. (en)Saudi Arabia : Indicators for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  3. a et b (en)World Energy Resources: 2013 Survey - chap.2 : Oil (voir p. 8, 10, 35), site du Conseil mondial de l'énergie consulté le 3 avril 2014.
  4. a et b L'Arabie saoudite mise sur le solaire, Les Échos du 16 octobre 2015.
  5. L’Arabie saoudite s’enfonce dans le déficit budgétaire, Les Échos du 28 décembre 2015.
  6. (en)The Atlas of Economic complexity, site The Atlas... consulté le 4 avril 2014.
  7. (en) Politique du ministère de l'eau et de l'électricité.
  8. (en)Oil and gas reserves by country or company, 2007 Crédit Suisse First Boston, site Data360 consulté le 4 avril 2014.
  9. Saudi Aramco, une société qui n’a rien à envier aux majors occidentales, Les Échos, 7 janvier 2016.
  10. L’Arabie saoudite pourrait mettre en Bourse le géant pétrolier Saudi Aramco, Les Échos, 7 janvier 2016.
  11. a et b (en)World Energy Resources: 2013 Survey - chap.3 : Natural gas (voir p. 24), site du Conseil mondial de l'énergie consulté le 3 avril 2014.
  12. L’Arabie saoudite mise gros sur le gaz de schiste, Les Échos, 28 janvier 2015.
  13. a et b (en)Saudi Arabia : Electricity for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  14. (en)Saudi Arabia, site EIA consulté le 4 avril 2014.
  15. (en)Saudi Arabia's Qurayyah power plant project gathers pace
  16. en Site web officiel de KACARE consulté le 4 avril 2014.
  17. (en)Saudis, Emirates push nuclear power plans, site UPI consulté le 4 avril 2014.
  18. a et b (en)The Vision : Energy Sustainability for Future Generations, site KACARE consulté le 4 avril 2014.
  19. (en)Saudi Arabia’s Nuclear Energy Ambitions, site "theenergycollective" consulté le 4 avril 2014.
  20. Accord franco-saoudien dans le nucléaire., site de L'Expansion consulté le 4 avril 2014.
  21. (en)K.A.CARE signed a Memorandum of Understanding with the Korean Research Institute for Atomic Energy, site KACARE consulté le 4 avril 2014.
  22. (en)Renewable Resource Atlas, site KACARE consulté le 4 avril 2014.
  23. (en)Saudi Arabia Plan $109 Billion Solar Energy Project to Reduce Oil Consumption, site OilPrice consulté le 4 avril 2014.
  24. Arabie Saoudite - La désalinisation solaire à grande échelle, Observ'ER, 11 février 2015.
  25. Les frileux de la lutte contre le réchauffement, Libération, 30 novembre 2015.

Référence de traduction[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]