Édouard Louis

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Édouard Louis
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Édouard Louis à l'université Columbia en 2014.
Nom de naissance Eddy Bellegueule
Naissance (25 ans)
Picardie, France
Activité principale
Formation
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Édouard Louis, pseudonyme littéraire d'Eddy Bellegueule, devenu par modification d'état civil Édouard Bellegueule, est un écrivain français né le [1] à Amiens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Édouard Louis, né Eddy Bellegueule[2], grandit à Hallencourt (Somme), il est scolarisé au collège des Cygnes à Longpré-les-Corps-Saints[3] puis rentre, en internat, en classe de seconde au lycée Madeleine-Michelis d'Amiens, où il fait partie de la section théâtre. C’est au lycée que ses camarades commenceront à l’appeler Édouard, « Eddy » ne pouvant être pour eux qu’un diminutif[4]. De 2008 à 2010, il est délégué de l'académie d'Amiens au Conseil national de la vie lycéenne, puis étudie l'histoire à l'université de Picardie, où il est remarqué par le philosophe Didier Eribon.

Il poursuit à partir de 2011 son parcours comme "étudiant normalien"[1] à l'ENS de la rue d'Ulm[5], après admission sur dossier[6], dont il est diplômé en 2014[7]. Il poursuit également ses études en sciences sociales à l'École des hautes études en sciences sociales[8]. En 2013, il obtient de changer de nom et devient Édouard Louis[9], en prenant comme prénom le surnom qu’on lui donne depuis le lycée, et comme nom le prénom du héros de la pièce de théâtre Juste la fin du monde, également second prénom d’un ami[4]. La même année, il dirige l’ouvrage collectif Pierre Bourdieu. L'insoumission en héritage aux PUF, ouvrage dans lequel l'influence de Bourdieu sur la pensée critique et sur les politiques de l'émancipation est analysée[10]. En mars 2014, il annonce qu'il dirigera une collection, « Des mots », consacrée à des retranscriptions de conférences, des entretiens et des courts textes, pour cet éditeur[11], dont le premier volume sur Michel Foucault paraît au mois de juin de la même année, avec notamment des contributions de Georges Didi-Huberman, Leo Bersani, et Arlette Farge[12].

En janvier 2014, il publie En finir avec Eddy Bellegueule, un roman à forte dimension autobiographique. Très commenté dans les médias, traduit dans une vingtaine de langues[13] et largement salué pour ses qualités[14], le livre donne lieu aussi à plusieurs polémiques[15], notamment sur la manière dont il dépeint sa famille et son milieu social d'origine.

En juillet 2014, Édouard Louis signe avec Geoffroy de Lagasnerie dans le quotidien Libération un appel contre la participation de Marcel Gauchet invité à faire la conférence inaugurale des Rendez-vous de l'Histoire de Blois[16]. L'appel suscite de vives critiques et commentaires ironiques[17],[18],[19],[20],[21],[22] , mais reçoit le soutien de plusieurs intellectuels et artistes dans un manifeste rendu public peu après[23].

En septembre 2014, il intègre le CURAPP (Centre universitaire de recherches sur l’action publique et le politique) de l'UPJV d'Amiens[24] pour y effectuer une thèse de doctorat portant sur « les trajectoires des transfuges de classe »[25].

Dans Le Monde daté du 27-28 septembre 2015, il signe toujours avec Geoffroy de Lagasnerie un manifeste intitulé « Intellectuels de gauche, réengagez-vous ! »[26],[27]. Volontairement polémique, le texte condamne le silence voire la fascination de la gauche face à la montée de l'extrême droite, et fustige le champ médiatique laissé libre aux intellectuels jugés réactionnaires.

De manière générale, Édouard Louis intervient régulièrement dans le champ politique avec Geoffroy de Lagasnerie. En 2016, ils adressent une lettre ouverte à Manuel Valls, dans laquelle ils l'accusent de ne pas essayer de comprendre les causes du terrorisme[28]. Il était également signataire en octobre 2015 de l'« appel des 800 » en faveur d'un accueil des migrants plus respectueux des droits humains et il participe à la conférence de presse organisée à cette occasion au Louxor, à Paris, aux côtés de Laurent CantetArnaud Desplechin, Catherine CorsiniRachida Brakni et de plusieurs autres cinéastes, artistes et intellectuels[29]. En 2015, il est classé par le magazine Les Inrockuptibles parmi les cent créateurs qui, dans tous les domaines, « réinventent la culture »[30].

Dans Histoire de la violence (2016), Édouard Louis raconte le viol dont il a lui-même été victime un soir de Noël pour analyser les origines et les causes de la violence[31]. En revenant sur le passé de son agresseur, Reda, son enfance, la pauvreté dans laquelle il a vécu, mais aussi sur le passé colonial de la France, Édouard Louis cherche à comprendre, et même à excuser la violence à l'œuvre dans son livre. ll déclare : « si excuser veut dire mettre les gens hors de cause, montrer que les causes sont ailleurs que dans les individus, [...] dans des forces historiques plus grandes qu’eux, alors je n’ai pas de problème avec ça oui, et j’excuse »[32]. Qualifié de « maîtrisé et bouleversant »[33] par Le Monde, « encore plus fort » que son premier roman selon Les Inrocks, le livre est aussi sévèrement attaqué, notamment par Marianne qui note la complaisance de l'auteur à l'égard de la violence[34]. Slate.fr voit pour sa part dans le roman un chantage à la sociologie[35].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Autre activité[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice autorité BnF
  2. « En finir avec Eddy Bellegueule: chronique de la haine populaire », sur Marianne, (consulté le 8 mai 2015)
  3. « Qui est vraiment Eddy Bellegueule? » (consulté le 25 mars 2016)
  4. a et b Catherine Vincent, « Édouard Louis : « Trump et le FN sont le produit de l’exclusion » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  5. [PDF]Procès-verbal des résultats d'admission
  6. Les "étudiants normaliens" n'ont pas le statut d'élèves. Ce statut correspond à l'ancien "auditeur libre" qui était déjà sélectionné sur dossier.
  7. A-Ulm, Annuaire des archicubes de l'ENS
  8. « Savoir/agir en homophobe. A propos d’un sinistre canular qui n’a pas été perçu comme tel et d’un problème plus général. »
  9. Portrait dans Le Monde des Livres
  10. a et b Présentation de l'ouvrage sur le Site de l'éditeur.
  11. Annonce sur le Site d'Édouard Louis, publié et consulté le 12/03/2014.
  12. « « Foucault contre lui-même » sur le site des PUF », sur http://www.puf.com/Autres_Collections:Foucault_contre_lui-même
  13. « J'ai deux langages en moi, celui de mon enfance et celui de la culture », sur http://www.telerama.fr/livre/edouard-louis-j-ai-deux-langages-en-moi-celui-de-mon-enfance-et-celui-de-la-culture,114836.php
  14. Par exemple dans L'Express, Marianne, Télérama, sur France Culture, France 2 (à partir de 39'), etc.
  15. Article de l'auteur sur la réception de son livre ; David Caviglioli, « Qui est vraiment Eddy Bellegueule ? », sur nouvelobs.com, (consulté le 30 juillet 2014)
  16. « Pourquoi nous appelons à boycotter les Rendez-vous de l’histoire de Blois », .
  17. « Marcel Gauchet serait trop réactionnaire pour parler des rebelles », sur larepubliquedeslivres.com
  18. Régis Soubrouillard, « Édouard Louis : Plus rebelle que moi, tu meurs ! », sur marianne.net, 5 août 2014
  19. Laurent Cantamessi, « En finir avec le débat d’idées. Édouard Louis rappelle à l’ordre Marcel Gauchet », sur causeur.fr, 4 août 2014
  20. Joseph Macé-Scaron, « Débattre en France », sur marianne.net, 9 août 2014
  21. Jean-Paul Brighelli, « Brighelli : les néo-rebelles ou l'extrême gauche en délire », sur lepoint.fr, 21 août 2014
  22. Jean-François Kahn, « Derrière la charge contre Marcel Gauchet, l’aveu d’une gauche qui compense sa défaite idéologique par une chasse aux sorcières ? », sur atlantico.fr, 18 août 2014
  23. « Appel collectif : Pourquoi il faut boycotter les Rendez-vous de l’histoire », sur liberation.fr,
  24. « Édouard Louis, de retour à Amiens », sur Le Courrier picard, (consulté le 16 septembre 2014).
  25. « Cap sur la «réussite étudiante» à l’UPJV », sur Le Courrier picard, (consulté le 16 septembre 2014).
  26. « Intellectuels de gauche, réengagez-vous! », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
    Lien derrière abonnement vers le texte tel qu'il est paru dans Le Monde.
  27. « Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique [Texte original publié sur le blog de Geoffroy de Lagasnerie] » (consulté le 26 octobre 2015)
  28. « Manuel Valls, vous n’avez rien fait contre le terrorisme », sur liberation.fr, .
  29. « Jungle de Calais : l'appel des 800 », sur liberation.fr, .
  30. « Les 100 qui réinventent la culture : l’édito », Les Inrockuptibles, 23 juin 2015.
  31. Editions Seuil, « Histoire de la violence, Édouard Louis, Littérature française - Seuil », sur www.seuil.com (consulté le 2 juillet 2017)
  32. Johan Faerber, « Édouard Louis : « La littérature est un grand art de la cause » (Le grand entretien) », sur DIACRITIK, (consulté le 2 juillet 2017)
  33. « Roman autobiographique : Édouard Louis et le mauvais garçon », sur lemonde.fr, .
  34. « Édouard Louis, en toute complaisance », Marianne,‎ (lire en ligne)
  35. Jérémy Collado, « Édouard Louis ou le déterminisme extrême », slate.fr, 14 février 2017.
  36. « Édouard Louis et Sébastien Lifshitz lauréats du prix Pierre Guénin 2014 », article site Yagg.com, du 19/03/2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]