Walkman

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Logo officiel des produits Walkmans de l’entreprise Sony depuis l’année 2000. Le slogan quelques fois apposé en dessous du logo est « Every moment has its music ».
Un des derniers baladeurs Walkman NW

Le nom Walkman est une marque déposée par l’entreprise Sony qui historiquement désignait les baladeurs cassette qu’elle a vendus depuis 1979. La présence de Sony sur ce marché était telle qu’au début des années 1990, le mot Walkman en français était le terme générique qui désignait les baladeurs. Ce dernier terme alors inexistant à l’époque a été proposé pour remplacer le terme Walkman (littéralement, ce terme anglais inventé au Japon a la signification suivante : le verbe to walk signifie marcher et le mot man signifie homme, ce terme exprimerait donc le fait que la personne peut l’utiliser tout en se déplaçant). Le vice-président de Sony Akio Morita détestait le nom « Walkman » et demanda à ce qu'on choisisse un autre nom, mais il céda après avoir appris par des cadres subalternes qu'une campagne de promotion avait déjà été lancée avec ce nom et qu'il serait trop coûteux de la changer[1].

Depuis quelques années (2006), le terme baladeur est devenu le terme générique et il est employé de façon générale pour désigner un appareil portatif conçu pour écouter de la musique (notamment avec le terme baladeur MP3, voir l’article baladeur pour plus de précision sur le terme général). Le terme Walkman devrait donc être employé uniquement au sujet d’un produit de marque Sony.

En 1962, dans la publicité du magazine français spécialisé en électronique Le Haut-parleur, un contributeur proposait un mini magnétophone peu onéreux, portable (alimentation par piles), sans amplificateur et sans haut-parleur. La cassette n’ayant pas encore été inventée par Philips, la bande magnétique était sur des bobines.

Sony avait d’ailleurs déposé plusieurs noms de marque dans les années 1990 finissant tous par le suffixe -man : Walkman, Pressman, Watchman (en), Scoopman (en), Discman, et Talkman (en). Ces noms désignaient plusieurs appareils qui formaient une gamme de produits de divertissement portatifs. Le terme Walkman étant celui qui a connu le plus de succès, la firme a choisi de l’utiliser désormais pour désigner tous ses différents produits audio portatifs (baladeur cassette, baladeur CD, baladeur numérique, et récemment également les téléphones portables de marque Sony Ericsson). Le terme Discman qui désignait notamment les baladeurs CD a été abandonné à la fin des années 1990.

L’article présente les différents produits nommés Walkman dans l’ordre chronologique de leur apparition sur le marché.

Les baladeurs cassette[modifier | modifier le code]

Plusieurs exemplaires de la marque Walkman

Historiquement, « walkman » est le mot créé par Akio Morita (cofondateur de l’entreprise Sony aujourd’hui défunt) en 1979 pour désigner l’appareil portatif prétendument inventé par l’entreprise (alors qu'il s'agit d'une invention de l'Allemand Andreas Pavel (en) en 1977[2]) qui permet d’écouter de la musique avec des cassettes audio.

Le premier modèle Walkman de Sony nommé plus exactement TPS-L2 était de couleur bleu et gris argenté. Sa commercialisation a débuté au Japon le 1er juillet 1979. Le modèle sorti au Royaume-Uni était un modèle stéréo avec deux prises jack, caractéristique qui a ensuite disparu dans les versions suivantes du Walkman.

Certains Walkmans étaient aussi capables d’enregistrer. C’était notamment le cas du WM-D6 (WM pour Walkman), modèle offrant la meilleure qualité audio de tous les Walkmans. Cette qualité audio était comparable avec celle des meilleures platines cassettes. Autre détail inhabituel de cet appareil, il possédait une DEL dont la luminosité variait en fonction de l’intensité sonore de l’enregistrement. Il proposait également de régler manuellement le niveau sonore de l’enregistrement. Cet appareil alimenté par piles de type AA (LR06) (au lieu des 2 piles habituellement nécessaires pour les autres modèles de Walkman) était majoritairement utilisé par les journalistes. Il a également rencontré un grand succès parmi les amateurs de son hi-fi et fait plus surprenant, ce modèle a été produit pendant environ 20 ans sans subir la moindre modification. (En fait le premier modèle sorti en 1982 sous le nom TC/WM-D6 ne comprenait que le réducteur de bruit Dolby B tandis qu'en 1984 sortait le TC/WM-D6C, qui ajoutait le réducteur de bruit Dolby C).

À la fin des années 1980, le Walkman n’est plus le seul baladeur cassette sur le marché : on retrouve désormais le Walky de Toshiba, le CassetteBoy d’Aiwa et Panasonic propose également son modèle. Dans ce contexte de concurrence féroce, Sony s’est une nouvelle fois démarqué du lot en lançant en 1989 son modèle WM-DD9 pour le 10e anniversaire du Walkman (cinq ans après le WM-D6C). Cet appareil proposant seulement la lecture des cassettes est devenu le Saint-Graal pour une petite clientèle ciblée de collectionneurs du Walkman. La particularité de ce modèle est d’être le seul modèle à double sens de lecture (autoreverse) de l’histoire des Walkmans à utiliser un système de lecture de cassette similaire aux platines cassettes, c’est-à-dire un système à quartz verrouillé et muni de deux moteurs permettant ainsi de défiler la bande magnétique avec une vitesse précise dans les deux sens de lecture. Cependant, seul un moteur tourne à la fois dépendamment du sens de lecture. La consommation électrique a également été améliorée, elle ne demande qu’une pile LR03 ou une pile rechargeable rectangulaire de type « gumstick », avec un adaptateur secteur en option. Il est également équipé d’une tête de lecture amorphe qui est capable de reproduire tout la bande des fréquences allant de 20 à 20 000 Hz, d’une prise jack en or plaqué, et d’un boîtier en aluminium de 2 mm d’épaisseur. Sony a conçu ce modèle en ne pensant qu’à la qualité audio, il ne contient donc pas de fonctionnalités futiles comme la télécommande à fil, la recherche de pistes, ou d’affichage à cristaux liquides. Ses seules fonctionnalités sont la réduction du bruit Dolby B/C, l’amplificateur de basses Mega Bass/DBB, la sélection du type de cassette, et deux modes auto-reverse.

À la fin des années 1990, les baladeurs cassettes ont été généralement abandonnés en faveur des technologies numériques émergentes que sont le CD, le DAT et le MiniDisc. Passé l’année 2000, les baladeurs cassettes ont commencé à devenir obsolètes car les cassettes audio ont commencé progressivement à être dépassées. Sony a ainsi annoncé, fin octobre 2010, la fin de la commercialisation au Japon de son baladeur cassette Walkman[3].

Tous les cinq ans depuis la naissance du Walkman en 1979 jusqu’en 1999, Sony aurait fêté l’événement en sortant un modèle anniversaire le 1er juillet avec des percées technologiques sans précédents. Chaque modèle anniversaire comporte un thème différent tout en conservant certaines caractéristiques des modèles anniversaires précédents :

  • en 1989, WM-7015, thème de l’amicalité avec un contrôle à distance et une coque argentée ;
  • en 1994, WM-EX1HG, orienté efficacité avec une longue autonomie et un boîtier qui éjecte les cassettes ;
  • en 1999, WM-WE01, modèle tourné vers la mobilité : télécommande et écouteurs sans fils ;
  • en 2004, le baladeur cassette commençant à toucher à sa fin, Sony a choisi de ne pas sortir de modèle édition spéciale pour le 25e anniversaire du Walkman. À la place, l’entreprise a inauguré son baladeur numérique NW-HD1 qui intègre un disque dur ;
  • fin 2010, Sony cesse la production et la commercialisation du Walkman cassette au Japon[4].

Les baladeurs CD (Discman)[modifier | modifier le code]

Le premier baladeur CD de Sony, le modèle D-50, a été lancé en 1984. Il était surnommé le Discman et ce nom est depuis employé pour les désigner.

Les derniers modèles intègrent une fonction appelée ESP (Electronic Skip Protection (en)) qui consiste pour le baladeur à lire la musique du CD en avance et la placer dans une mémoire tampon. Cela permet ainsi d’éviter d’éventuelles coupures de la musique à cause de chocs extérieurs. Cette technologie a depuis été renommée G-protection et fait usage d’une mémoire tampon plus importante, permettant ainsi de pouvoir continuer à diffuser la musique pendant une plus longue durée de perturbations.

Pendant quelques années, les Discmans et les Minidiscs ont rencontré un véritable succès au sein de leur marché. Cependant les baladeurs numériques utilisant les nouveaux support de stockage comme la mémoire flash et les disques dur miniaturisés sont devenus aujourd’hui plus populaires.

Sony continue encore de produire des baladeurs CD. Les modèles les plus récents peuvent lire sur les CD des fichiers de musique compressée grâce au format d’encodage MP3 et ATRAC3Plus. Physiquement ces modèles sont améliorés à chaque nouvelle version notamment au niveau de leur encombrement.

MiniDisc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : MiniDisc.

Initialement le MiniDisc était comparable à un CD miniaturisé, capable de stocker jusqu’à 74 minutes de musique en qualité CD sur un disque occupant approximativement deux tiers de la taille d’un CD. Les MiniDiscs étaient protégés à l’intérieur d’un boîtier en plastique, ce qui augmente leur durée de vie comparé aux CD. Les baladeurs MiniDisc de Sony étaient capables à la fois de lire et d’enregistrer à partir d’un microphone ou d’une source numérique. Ces baladeurs était à l’origine encombrants mais ils ont rapidement été réduits du fait de l’amélioration de la technologie.

Progressivement, des améliorations ont été apportées aux lecteurs-enregistreur de MiniDisc, dont l’ajout de la technologie MDLP (abréviation du terme anglais MiniDisc LongPlay), qui utilise la technologie ATRAC de Sony pour permettre de contenir jusqu’à 4 fois plus de musique sur un seul MiniDisc, aux dépens de la qualité du son.

La seule vraie innovation qu’ont apporté les baladeurs MiniDisc Walkman est apparue avec la sortie des enregistreurs NetMD (abréviation de NetworkMD). Ces derniers permettaient l’utilisation d’un ordinateur pour convertir de la musique à partir d’un CD ou de fichier MP3 vers le format ATRAC3, et ensuite d’utiliser un câble USB pour transférer la musique vers le MiniDisc à une vitesse bien plus rapide que ne le proposait le câble des précédents modèles.

Les téléphones portables Sony Ericsson[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sony Mobile Communications.
Un Sony Ericsson de la série W

Comme pour sa série photo C pour Cyber-shot, Sony a implémenté sa technologie musique Walkman à travers la série 'W des téléphones de Sony Ericsson. Avec le rachat total de cette dernière en 2012 et son changement en Sony Mobile, on peut se demander si l'entreprise nippone va implémenter toutes ses technologies dans ses smartphones sous Android.

Network Walkman[modifier | modifier le code]

La marque vend des baladeurs numériques sous le terme Network Walkman, et les noms de ses produits commencent tous par NW.

Ventes[modifier | modifier le code]

Les différentes versions du lecteur à cassette se sont vendues à 220 millions d’exemplaire[5].

Leur successeur, le Discman, se vend à 120 millions d’exemplaires[5].

Le lecteur qui aurait dû être leur successeur, le MiniDisc, ne se vend qu’à 22 millions d’exemplaires[5].

Et au total, les téléphones Walkman se sont vendus à 70 millions d’exemplaires[5].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Les baladeurs Walkman de Sony ont fait plusieurs apparitions dans différents films :

  • Dans le film Æon Flux sorti en 2005, un baladeur de marque Sony (le modèle NW-MS70D plus précisément) est retrouvé avec des enregistrements de voix.
  • Dans SOS Fantômes 2, la statue de la Liberté commence à marcher après que les héros ont mis de la musique à l’aide d’un baladeur Walkman.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Hormby, « The Story Behind the Sony Walkman », Low End Mac,‎ 15 septembre 2006 (consulté le 4 mars 2007)
  2. (fr) Vingt-cinq ans après, Sony concède ne pas être l'inventeur du Walkman
  3. Sony cesse la vente du légendaire Walkman à cassette au Japon, AFP sur TV5, le 25 octobre 2010.
  4. « Sony tourne la page du Walkman », Le Figaro, 26 octobre 2010.
  5. a, b, c et d « Le walkman a trente ans », Le Monde du 26 juin 2009, p. 22

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]