Vol 961 Ethiopian Airlines

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Vol 961 Ethiopian Airlines
Reconstitution informatique de l'instant où l'appareil (Vol 961 Ethiopian Airlines) entre en contact avec l'eau.
Reconstitution informatique de l'instant où l'appareil (Vol 961 Ethiopian Airlines) entre en contact avec l'eau.
Caractéristiques de l'accident
Date 23 novembre 1996
Type Après le détournement par des pirates, l'avion tombe en panne sèche entrainant un amerrissage forcé
Site Au large des Comores
Passagers 163
Membres d'équipage 12
Morts 123
Blessés 50
Survivants 50
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Boeing 767 ER-260
Compagnie Ethiopian Airlines
Localisation
Coordonnées 11° 21′ 31″ S 43° 21′ 13″ E / -11.358707, 43.353596 ()11° 21′ 31″ Sud 43° 21′ 13″ Est / -11.358707, 43.353596 ()  

Géolocalisation sur la carte : Comores (administrative)

(Voir situation sur carte : Comores (administrative))
Vol 961 Ethiopian Airlines

Le vol 961 d'Ethiopan Airlines est un vol qui assurait la liaison Addis-Abeba-Nairobi-Brazzaville-Lagos-Abidjan le 23 novembre 1996. Suite à un détournement par des pirates de l'air, le Boeing 767 d'Ethiopian Airlines se retrouva à court de carburant et ne put atteindre l'aéroport de Moroni aux Comores. Il tenta un amerrissage d'urgence à moins de 500 mètres de la côte. 123 des 175 passagers et membres d'équipage trouvèrent la mort. Tous les pirates de l'air sont présumés morts.

L'avion[modifier | modifier le code]

L'avion impliqué dans l'accident était un Boeing 767-260ER (ER = extended range : long rayon d'action), immatriculé ET-AIZ, c/n 23916, ayant fait son premier vol le 17 septembre 1987. Propulsé par deux moteurs Pratt & Whitney JT9D-7R4E, il avait été livré à Ethiopian Airlines le 22 octobre 1987. Hormis une courte période allant de mai 1991 à février 1992, il a toujours appartenu à la flotte d'Ethiopian Airlines. Il avait 9 ans au moment de l'accident.

Le détournement[modifier | modifier le code]

Quand le Boeing 767-200ER entra dans l'espace aérien kenyan, trois Éthiopiens forcèrent l'entrée du cockpit et détournèrent l'avion. Les trois hommes menacèrent de faire exploser l'avion avec une bombe et annoncèrent qu'ils étaient des opposants au gouvernement éthiopien cherchant l'asile politique, ayant récemment été relâchés de prison. Les autorités s'aperçurent par la suite que la « bombe » n'était qu'une bouteille de spiritueux camouflée. Les pirates semblaient n'avoir pas plus d'une vingtaine d'années.

Les preneurs d'otages demandèrent que l'avion vole vers l'Australie. Le pilote essaya de leur expliquer que l'avion avait du carburant pour seulement faire le quart de ce trajet, mais ils ne le crurent pas. Au lieu de voler vers l'Australie, le capitaine vola parallèlement à la côte africaine. Mais les pirates remarquèrent que la terre était toujours visible et forcèrent le pilote à voler vers l'est. Le pilote prit alors secrètement la direction des Comores, qui se trouvent à mi-chemin entre Madagascar et le continent africain.

Le crash[modifier | modifier le code]

L'avion était presque à court de kérosène quand il s'approcha de l'archipel, mais les pirates continuaient d'ignorer les avertissements du commandant de bord. Sans autres options, celui-ci commença à faire des cercles au-dessus de la zone, espérant poser son avion sur le principal aéroport des Comores. Quand l'avion arriva à court de carburant, les 2 moteurs s'arrêtèrent. L'équipage utilisa alors une ram air turbine, un système de secours composé d'une hélice rétractable couplé à un générateur, pour maintenir les fonctions vitales de l'avion mais, même avec cette turbine de secours, certains systèmes hydrauliques comme les volets sont inopérants. Cela forçait le pilote à atterrir à plus de 175 nœuds soit environ 320 km/h.

Le pilote essaya de faire un atterrissage d'urgence sur l'aéroport international Prince Said Ibrahim, en Grande Comore, mais une bagarre éclata avec les pirates à la dernière minute provoquant la perte du point visuel de référence par le pilote, l'empêchant de localiser l'aéroport. Alors que la bagarre continuait avec les pirates, il tenta alors un amerrissage dans des eaux peu profondes, à 500 mètres de la plage face au Galawa Beach Hotel près de Mitsamiouli, au nord de l'ile de Grande Comore. Le moteur gauche et le bout de l'aile heurtèrent l'eau en premier, entrainant le retournement et la dislocation de l'avion. Des habitants de l'île et des touristes dont un groupe de plongeurs en tuba et des médecins français en vacances sur place portèrent tout de suite secours aux survivants.

123 des 175 passagers et de l'équipage furent tués, dont les 3 pirates. Le commandant de bord, Leul Abate et son copilote, Yonas Mekuria furent parmi les survivants. Mohamed Amin, un célèbre photo-reporter fut parmi les victimes.

Médias[modifier | modifier le code]

C'est sans doute l'un des détournements d'avions commerciaux les plus connus car un couple en vacances filma le crash avec une caméra vidéo[1]. Cette vidéo allait servir plus tard d'outil pour améliorer les procédures d'amerrissage d'urgence[réf. nécessaire].

C'est l'un des rares amerrissages d'avions de ligne. Le commandant de bord et son second furent récompensés[2] par la Flight Safety Foundation, et continuèrent à piloter pour Ethiopian Airlines.

Ce crash est raconté dans un des épisodes de la série télévisée Mayday : Alerte maximum ou Dangers dans le ciel dans sa traduction française.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vidéo sur youtube
  2. (en) Award Citation : Professionalism Award in Flight Safety by Flight Safety Foundation, presented to Capt. Leul Abate ; Ethiopian Airlines.

Liens externes[modifier | modifier le code]