Ursmer de Lobbes

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Statue de saint Ursmer dans l'église d'Ormeignies

Saint Ursmer ou Ursmar ou Ursmarus en néerlandais, né vers 644 à Floyon près d'Avesnes-sur-Helpe, France - mort le 18 avril 713 à Lobbes en Belgique, était un moine, évangélisateur de la Flandre et du Hainaut, il fut évêque-abbé de l'abbaye de Lobbes.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire romain, des premières tentatives d'évangélisation ont lieu aux (IIe siècle-IIIe siècle) dans la région du Rhin.

Après les invasions germaniques, puis la conversion de Clovis, une seconde vague d'évangélisation aux (VIe siècle-VIIe siècle) assure l'établissement définitif du Christianisme dans l'ensemble des Pays-bas du sud, du Rhin à la mer. Les premières traces de monachisme en Belgique remontent à 625. On parle parfois de cette époque comme du Siècle des saints. En effet, on ne compte pas moins de 80 saints ou saintes pendant l'époque mérovingienne sur le territoire de la Belgique actuelle. Parmi eux: saint Amand, saint Ghislain, saint Vincent, sainte Waudru, sainte Gertrude de Nivelles ... et saint Ursmer !

Biographie[modifier | modifier le code]

La tradition veut que dès avant sa naissance, des prodiges annoncent la venue au monde d'un être exceptionnel. Sa mère a la vision de la grandeur future de son fils. L'hagiographie populaire est coutumière de ce genre de merveilleux. Les nombreuses biographies de saint Ursmer résistent mal à la critique historique et ne donnent d'ailleurs que peu d'éléments précis sur sa vie et son œuvre.

C'est donc vers le milieu du VIIe siècle (644 ?) qu'Ursmer[1]est né près d'Avesnes-sur-Helpe, à Fontenelle, commune de l'Aisne autrefois rattachée à Floyon (Nord). Un de ses biographes, G. Waulde, le décrit ainsi : l'enfant estoit très agréable à tout le monde, pour la facilité de son esprit et la candeur et intégrité de son âme, y jointe la forme parfaite de son corps doué d'une rare beauté. Il était en outre plein de vraye charité sans feinte et constant en espérance. Cette description, faite un millier d'années après la naissance d'Ursmer doit être évidemment reçue avec prudence et critique.

À l'initiative de ses parents et de sa marraine il reçoit une solide instruction de base et, à l'adolescence, il est initié aux sciences profanes et à l'Écriture sainte. Saint Amand, dont le rôle est primordial lors de la seconde évangélisation, l'ordonne prêtre vers 670. Ursmer diffuse le message des Évangiles parmi les païens de la Fagne[2] et de la Thiérache.

Le maire du palais Pépin de Herstal désire la conversion au Christianisme des peuples barbares païens, espérant par là les dompter plus facilement et les rendre fidèles sujets des rois francs. Aussi envoie-t-il Ursmer en pèlerinage à Rome, muni de lettres patentes adressées au pape Serge 1er, pour y recevoir la dignité épiscopale. Saisissant l'opportunité d'évangéliser des peuples païens au nord de la Gaule, le pape lui confère l'autorité apostolique d'évêque pour prêcher, ordonner des prêtres et des diacres, consacrer des temples et des autels. Il lui cède aussi une relique de saint Pierre, pieusement conservée à l'abbaye jusqu'en 1794, puis sauvegardée à la collégiale Saint-Ursmer de Binche.

Vers 680, à l'instance de Pépin de Herstal (dont le palais des Estinnes est proche du monastère) et par l'entremise d'Hydulphe, seigneur de Lobbes, Ursmer devient le premier abbé de l'abbaye de Lobbes qui tombait en décadence.

Le 26 août 697, il consacre l'église abbatiale de Lobbes érigée à l'emplacement de l'oratoire fondé par saint Landelin en 654. C'est au départ de Lobbes qu'il entreprend d'autres voyages missionnaires, prêchant l'Évangile parmi les peuplades païennes du Hainaut et de Flandre et fondant ici et là des monastères[3],[4].

En 711, Ursmer désigne comme successeur son disciple Ermin (saint Erme) et lui cède volontairement son titre d'abbé de Lobbes. Il meurt à l'abbaye de Lobbes en 713, probablement le 18 avril[5].

Développement du culte[modifier | modifier le code]

De 819 à 823, on édifie une nouvelle église qui sert de sépulture à Ursmer et autour de laquelle un culte populaire se développe. Des miracles lui sont attribués. Ursmer est canonisé le 26 mars 823. C'est de cette époque que date l'actuelle Collégiale Saint-Ursmer de Lobbes : elle est la plus ancienne de Belgique et contient toujours les sarcophages de saint Ursmer et de saint Ermin.

Les reliques de saint Ursmer sont transférées à Binche en 1409, au moment du déménagement du chapitre. On peut voir aujourd'hui en la Collégiale Saint-Ursmer de Binche son buste reliquaire datant de la première moitié du XVIIIe siècle.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, saint Ursmer (ou Ursmar ou Ursmarus) est le patron des paroisses :

La ville de Binche, gardienne de ses reliques, consacre une procession à saint Ursmer le 18 avril, jour anniversaire de son décès.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Claude Demoulin, Aulne et son domaine, Landelies, Claude Demoulin,‎ 1980, 430 p.
  • Gustave Boulmont, Les fastes de l'abbaye d'Aulne la riche de l'ordre de Cîteaux, Gand+Namur, Vanderpoorten+Delvaux,‎ 1907, 259 p. (lire en ligne)
  • Joachim Vos, Lobbes. Son abbaye et son chapitre : Histoire complète du monastère de Saint-Pierre à Lobbes et du chapître de Saint-Ursmer à Lobbes et à Binche, t. I, Louvain, Ch.Peeters,‎ 1865, 446 p.
  • Joachim Vos, Lobbes. Son abbaye et son chapitre : Histoire complète du monastère de Saint-Pierre à Lobbes et du chapître de Saint-Ursmer à Lobbes et à Binche, t. II, Louvain, Ch.Peeters,‎ 1865, 611 p.
  • Alain Dierkens, Abbayes et chapitres entre Sambre et Meuse (VIIeXIe siècles) : Contribution à l'histoire religieuse des campagnes du Haut Moyen Âge, Sigmaringen, Jan Thorbecke,‎ 1985, 375 p. (ISBN 3-7995-7314-3, lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son prénom contient le radical latin Ursus = Ours.
  2. Sud des provinces belges de Hainaut et de Namur + Avesnois en France.
  3. Demoulin 1980, p. 29
  4. Joachim Vos (T.1) 1865, p. 67-77/81-85
  5. Boulmont 1907, p. 85