Landelin
Landelin (Landelinus)[1] (env. 613-686) originaire de la région de Bapaume (Pas-de-Calais, France) est un brigand converti, devenu ermite promoteur et fondateur, successivement, des abbayes de Lobbes, Aulne, Wallers-en-Fagne (monastère) et Crespin.
| Landelin | |
Saint Landelin, abbé d'Aulne |
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| Décès | 15 juin 686 Abbaye de Crespin |
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| Fête | 15 juin |
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C'est un saint chrétien fêté localement le 15 juin[2] [3].
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Jeunesse [modifier]
Issu d'une famille noble franque[4], Landelin est baptisé à l'âge de dix ans et reçoit de son parrain Aubert, futur évêque de Cambrai, une bonne éducation chrétienne. L'élève étant à la mesure du maître, il fait de tels progrès dans les sciences et la vertu qu'Aubert envisage très tôt de lui conférer la tonsure[5].
Pourtant il préfère le quitter pour s'adonner au brigandage en bande et mener cette vie durant deux années sous le nom de Maurosus (Maurose). Traumatisé par la mort violente d'un compagnon et la vision onirique de l'enfer qui s'ensuit, il se convertit et retourne auprès de son maître qui lui impose en pénitence de vivre dans un monastère sous la dure règle de saint Colomban.
Sa vie de moine [modifier]
Aubert de Cambrai lui fait suivre les exercices des clercs et il est admis à la cléricature. Il se rend une première fois à Rome pour y visiter le tombeau des saints apôtres Pierre et Paul; après ce premier pèlerinage, il se voit conférer le diaconat par Aubert de Cambrai; après le deuxième, il est ordonné prêtre et il prend comme nom religieux 'Landelin'[6].
Claude Demoulin pointe les acteurs de l'époque et leurs objectifs : [7]
« Landelin est moins un pèlerin ordinaire qu'un chargé de mission envoyé par Aubert et la cour franque, voyant dans l'organisation monastique un puissant moyen d'ordre social. Il est probable que le Saint-Siège lui donna des directives visant à créer dans notre région un certain nombre de monastères (…). L'œuvre de Landelin sera prolongée par des membres de l'aristocratie, ainsi sainte Waudru et sainte Aldegonde et d'autres couvents seront créés, Maubeuge, Hautmont, Maroilles. L'implantation des abbayes n'était pas le fait du hasard. Même au VIIe siècle, on ne fondait pas une abbaye n'importe où ; il fallait l'assentiment du spirituel et du temporel, assentiment pour le choix du lieu s'entend puisque les fondations étaient souhaitées par les seigneurs. »
Ses différentes expériences de vie en communauté - parmi les brigands ou en monastère - lui apprennent les devoirs et exigences de la vie communautaire. Au cours de ses voyages, il visite bon nombre de maisons princières et d'abbayes, dont Saint-Denis près de Paris, Luxeuil dans les Vosges dont la vie monastique communautaire est guidée par la règle de saint Colomban et enfin le Mont-Cassin, berceau de la règle de saint Benoît.
De passage à Cambrai en 635, il obtient l'assentiment d'Aubert pour s'installer en bordure de la Sambre, lieu de ses brigandages de jeunesse. Avec ses disciples Adelin et Domitien, il érige un oratoire au confluent de la Sambre et du ruisseau Laubacus (Laubach) ; des jeunes gens - souvent issus de milieux aisés - viennent grossir la communauté de ce qui deviendra, après l'érection d'un oratoire vers 654, l'abbaye de Lobbes (Hainaut en Belgique).
Mais Landelin souhaite vivre en ermite sous la dure règle de saint Colomban, c'est pourquoi il quitte Lobbes en 637 et s'installe à Aulne (à 10 km en aval sur la Sambre, maintenant commune de Thuin en Hainaut - Belgique) sur un terrain qu'il possède par donation. Son charisme attire – comme à Lobbes – les candidats à la vie religieuse, qui viennent gonfler le noyau de départ de ce qui évoluera vers l'abbaye d'Aulne. Mais peu de novices sont pourvus de la résistance physique de Landelin, qui est contraint de remplacer la règle de saint Colomban par la règle de saint Benoît, moins rigoureuse.
Il entreprend un troisième voyage à Rome en compagnie de ses disciples Adelin et Domitien, au cours duquel Martin Ier, pape en place de mi-649 à mi-653, lui remet – en plus de sa bénédiction – des reliques de saint Pierre ; il lui confie la mission d'évangéliser nos régions, que Landelin traduit rapidement en fondation d'abbayes.
Quand la communauté d'Aulne atteint le seuil de l'autonomie, vers 657, Landelin la place sous la dépendance de Lobbes et part s'établir à Wallers (département du Nord - France) où il fonde un monastère sur des terres offertes en 640[8] à sa famille par le roi Dagobert Ier et dédiées à saint Pierre et saint Paul. Il y applique la règle de saint Benoît et en confie la direction à saint Dodon. Contrairement aux établissements de Lobbes, Aulne et Crespin, ce monastère ne deviendra pas une abbaye.
En 670, accompagné de ses disciples Adelin et Domitien, il s'installe sur un coin de terre dans la forêt d'Amblise, entre Mons et Valenciennes, cédée par un seigneur local, mais qu'il quitte pour un site non marécageux – futur Crespin – à un mille, où il érige en 673 une église consacrée par Aubert de Cambrai. Il fonde à cet endroit l'abbaye de Crespin (département du Nord en France)[9] où il applique la règle bénédictine. Cette abbaye est située sur le Hogneau, affluent de l'Escaut.
Il meurt le 15 juin 686 et est inhumé dans l'abbaye de Crespin. Son disciple Adelin lui succède comme abbé.
Ses reliques [modifier]
Mâchoire et bras de saint Landelin sont vénérés dans l'église de Crespin. Cependant, en 836, la plupart des reliques furent transférées à Boke (ancienne commune aujourd'hui quartier de Delbrück en Allemagne) pour les préserver des pillages normands.
Homonymie [modifier]
Porte aussi le nom de "Landelin" et a été canonisé : un moine irlandais qui vint en Alsace, franchit le Rhin et vécut en ermite, aussi au VIe siècle, dans la région de Fribourg-en-Brisgau.
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Audrey MOREAUX, La Vie de saint Landelin, fondateur de l'abbaye de Lobbes, Louvain-la-Neuve, mémoire UCL, 2007.
- Claude Demoulin, Aulne et son domaine, Landelies, édit. C. Demoulin, 1980, 430 p.
Liens externes [modifier]
- Schützenbruderschaft de saint Landelin à Boke
- La fontaine de saint Landelin à Crespin
- Photos des reliques entreposées à Crespin
Notes et références [modifier]
- Demoulin 1980, p. 22
- Nominis : Saint Landelin
- Forum orthodoxe.com : saints pour le 15 juin du calendrier ecclésiastique
- La tradition veut que sa famille soit issue de la descendance du roi Mérovée
- Demoulin 1980, p. 22-25
- Demoulin 1980, p. 22-28
- Demoulin 1980, p. 25
- Annuaire statistique-Annuaire du département du Nord. Novembre 1838 - Page 71, Les terres offertes par le roi en 640 étaient conditionnées à la construction d'un édifice religieux
- Dictionnaire des abbayes et monastères, page 230, Augustin Calmet, 1896, édition Aux ateliers catholiques