Wittéric

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Wittéric
Wittéric
Wittéric
Titre
Roi des Wisigoths d'Hispanie
603610
Prédécesseur Liuva II
Successeur Gundomar
Biographie
Titre complet Roi des Wisigoths
Date de décès 610
Lieu de décès Tolède
Nature du décès assassinat
Sépulture fosse commune
Enfant(s) Ermenberge reine de Burgondie
Religion arianisme
Résidence Tolède

Wittéric (ou Witéric, Witterich, Vitéric) est roi des Wisigoths d'Hispanie et de Septimanie de 603 à 610.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wittéric est mentionné une première fois au début du règne du roi Récarède (586-601), premier roi wisigoth catholique. Vers 587, Wittéric, jeune noble wisigoth, avait participé à une conspiration arienne orchestrée notamment par l'évêque Sunna de Mérida et quelques autres nobles dont Segga, qui s'opposaient vraisemblablement au roi Récarède, tout juste converti au catholicisme ou sur le point de le faire.

Pièce d'or frappée à Tarraco durant son règne.

Au printemps 602, Wittéric reçoit du jeune roi Liuva II, fils et successeur de Récarède, le commandement de l'armée avec comme tâche de repousser les Byzantins qui possédaient encore des territoires dans le sud et l'est de la péninsule Ibérique. À partir de cette position forte à la tête de l'armée, il s'entoure de gens à lui. Quand vient le moment d'expulser les Byzantins, Wittéric préfère utiliser ses troupes contre le roi (printemps 603). Il entre dans la capitale wisigothe, Tolède, envahit le palais royal et renverse le jeune monarque, comptant probablement sur le soutien d'une partie de la noblesse opposée à la dynastie des descendants de Léovigild, au caractère devenu héréditaire de la royauté[1], et à l'influence croissante des évêques. Il pouvait espérer l'appui d'une grande partie du peuple wisigoth pour s'opposer à la dynastie régnante. L'historien Franz Gorres souligne le caractère anticlérical et aristocratique de la révolution déclenchée par Wittéric, la « réaction des Grands laïcs contre l'épiscopat [devenu] tout-puissant [dans le royaume wisigoth] et son roi des prêtres »[2].

Wittéric fait couper la main droite du roi et, plus tard, le fait exécuter (été 603).

Au cours de son règne il passe tout de même du temps à lutter contre les Byzantins, et ses généraux occupèrent Sagonte, en 605 probablement. Selon certains historiens[3], il s'agirait plutôt de Sagontia, l'actuelle Gisgonza dans le détroit de Gadès. C'est sans doute sous son règne, également, qu'est prise Bigastrum (près de Carthagène), car son évêque apparaît dans un concile tenu à Tolède en 610.

Concernant la politique extérieure, Wittéric cherche, comme ses prédécesseurs, à nouer des liens avec les Francs. En 606, sa fille Ermenberge fait route vers le nord pour épouser le [[Royaume de Bourgogne|roi mérovingien de Ermenberge]], Thierry II. Elle arrive à Chalon, mais la régente Brunehilde, grand-mère du roi, et Thidilane, sa petite-fille et sœur de Thierry, le montèrent contre son épouse. Thierry alors la répudia et la renvoya en Hispanie l'année suivante (607), tout en conservant sa dot. Selon la chronique de Frédégaire, Ermenberge, par les intrigues de Brunehaut, ne partagea jamais le lit de Thierry, à qui les discours de Brunehilde et de sa sœur Theudilane la rendirent odieuse. Au bout d’un an, Thierry renvoya dans le royaume wisigoth Ermenberge, dépouillée de ses trésors.

Indigné, Wittéric conclut contre le monarque franc une quadruple alliance à laquelle adhérèrent les rois francs Thibert II d'Austrasie et Clotaire II de Neustrie, et le roi des Lombards d'Italie Agilulf. Cette alliance ne semble pas avoir réussi. On ne sait rien de précis sur la bataille, sauf qu'elle eut lieu vraisemblablement en Septimanie, aux alentours de Narbonne, dans la Gaule gothique (Gothie). Isidore de Séville n'en fait pas mention. Frédégaire dit que, « par la volonté divine, le projet de ces rois ne fut pas accompli » et que Thierry, « ayant été informé, ne considéra ces desseins qu’avec un grand mépris ».

Au printemps 610, une faction de la noblesse catholique assassine le roi Wittéric au cours d'un banquet. Son corps est traîné ignominieusement à travers les rues de Tolède et les nobles proclament roi Gundomar, duc de Septimanie. Le cadavre de Wittéric est enseveli sans honneur dans une fosse commune réservée aux criminels[4].


Selon la chronique des rois wisigoths (Chronica regum wisigotthorum), Wittéric règna 6 ans et 10 mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'aristocratie wisigothique voulait rester fidèle à la monarchie élective, c'est-à-dire l'élection d'un roi parmi les nobles, selon la coutume germanique. Tout au long du VIIe siècle, et jusqu'à la chute du royaume wisigoth, les rois wisigoths tenteront d'imposer leur dynastie, suscitant de nombreux troubles dans le royaume.
  2. Franz Gorres, t. 41 (1898), p. 104.
  3. Voir Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711) de Paul Goubert (1944), note 271.
  4. Olivier Guyotjeannin Archives de l'Occident Fayard Paris 1992 (ISBN 2213029911), Tome I : Isidore de Séville « Historia Gothorum » An 641 de l'ère p. 134.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rafael Altamira, La Spagna sotto i Visigoti, dans « Storia del mondo medievale », vol. I, 1999, pp. 743-779.
  • Roger Collins, Visigothic Spain, 409–711. Blackwell Publishing, 2004.
  • Edward Arthur Thompson, The Goths in Spain. Oxford: Clarendon Press, 1969.

Liens externes[modifier | modifier le code]