Richard Wallace (collectionneur)

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Sir Richard Wallace

Richard Wallace, né à Londres ou à Brighton le et mort à Neuilly-sur-Seine le , 1er baronnet, est un célèbre collectionneur et philanthrope britannique.

« Oublié le nom des Seymour, des Conway et des Hertford. Seul celui de Wallace survit à l'histoire (et) restera dans les mémoires, et c'est là son plus grand succès personnel, et sa plus grande revanche sur un destin qui l'avait privé de ce que tout homme est en droit de posséder tout au long de sa vie : un nom et une identité propre »

— Roland Montebianco, Sir Richard Wallace, cet illustre inconnu, 2007, p. 76.

La version officielle le dit fils naturel de Richard Seymour-Conway (en), 4e marquis de Hertford, puissant aristocrate anglais, petit-fils de Francis Ingram-Seymour-Conway (en), surnommé Red herring (le hareng rouge[1]) ou Bloater (le hareng saur) –  et d'Agnès Jackson, prétendument issue de la famille Wallace of Craigie, d'origine écossaise et française, et provisoire épouse d'un certain Samuel Biekler ; la jeune femme suivait le 10e régiment de Hussards, où servait lord Hertford, d'où la filiation présumée. Enfant naturel, il prend le nom de jeune fille de sa mère.

Un nom attaché à une prestigieuse collection constituée par d'autres[modifier | modifier le code]

En 1798 Francis-Charles Seymour (1772-1842), lord Yarmouth puis 3e marquis, qui passa pour le plus grand débauché de la Régence, épousa à 20 ans Maria, dite « Mie-Mie », 19 ans, fille putative du mystérieux marquis Fagnani, exilé politique italien, qui fut surnommée « la fille aux trois papas », puisque étant un enfant naturel revendiqué officiellement par deux amis très intimes de sa mère, le duc de Queensberry et le libertin Georges August Selwyn, ami de Horace Walpole… quant au Prince-Régent et futur roi « il riait de leurs prétentions et (la) traita toujours fort paternellement[2] »

Selon Jo Hedley (op. cit.) le couple, "qui ne fut jamais reçu par les parents de lord Yarmouth voulant échapper à la froideur de la société londonienne, mit à profit de la paix d'Amiens (1802) pour se rendre à Paris avec leurs deux enfants; à la reprise des hostilités (1803) Seymour, sujet d'un pays ennemi, fut interné durant deux ans à Verdun, mais lady Yarmouth se refusa à rentrer en Angleterre"".

Afin de contribuer aux frais des noces, Queensberry, dit « the Old Q. » fit abattre les bois centenaires entourant de ses châteaux de Drumlanrig et de Neidpath et laissa 150 000 livres aux jeunes époux déjà séparés, et à sa fille supposée sa villa de Richmond, ses maisons de Picadilly et tous ses objets d'art ; quant à Seylwyn, il lui légua sa fortune. Dès 1802, Mie-Mie avait quitté son époux pour s'installer à Paris avec leur fils de deux ans (version des faits contradictoire avec celle donnée par Hedley - op.cit), où elle aurait eu comme amants Junot, duc d'Abrantès, puis Casimir de Montrond, ami de Talleyrand, père naturel de son second fils en 1805.

Disposant ainsi de moyens financiers considérables Seymour, devenu l'ami intime et le conseiller artistique du Prince-Régent, futur George IV, qui lui-même l'incita à acheter du mobilier français et des porcelaines de Sèvres du XVIIIe, choix prophétique puisque la Collection Wallace serait la première au monde en ce domaine ; s'intéressant surtout aux tableaux hollandais, il acquit trois portraits de Rembrandt, et fit entrer dans la collection royale, entre autres œuvres, deux autres œuvres de ce peintre; en 1815, il acheta Persée et Andromède du Titien, puis des œuvres de Reynolds, Gainsborough, van Dyck et ter Borch.


Il inspira à - Balzac le personnage de Lord Dudley, "aristocrate anglais dissolu qui eut un enfant de l'amour avec la marquise de Vordac, à l'allure méditerranéenne, dans La fille aux yeux d'or. Le 4e marquis tenta à plusieurs reprises de rencontrer l'auteur, allant même jusqu'à lui proposer de lui régler ses dettes" (Jo Hedley, "Le 4e marquis d'Hertford (1800-1870), Paris et le docteur Louis La Caze (1798-1869)" note 7 ds La Collection La Caze, chefs-d'œuvre des peintures des XVIIe et XVIIIe siècles, Hazan et Musée du Louvre Éditions, 2007, p. 105. L'auteur le qualifie de libertin et le dit père dès 18 ans du futur Richard Wallace, qui aurait été conduit à six ans (soit vers 1824) à Paris pour y être confié à sa grand'mère):

- à Disraeli celui de lord Monmouth;

- à Thackeray celui du lord ou marquis de Steyne (la Foire aux vanités).

Le 3e marquis d'Herford mort en 1842 dans une maison close dit-on, laissant comme héritier son fils Richard Seymour-Conway (1800-1870) qui vivant depuis 40 ans avec sa mère à Paris, avait loué en 1829 un appartement en entresol au 2, rue Laffitte à Paris que, menacé de devoir quitter en 1844, préféra acquérir l'immeuble entier, où il put déployer sa collection.

Avec le titre de marquis il hérita d'un revenu annuel de 100 000 francs-or et du domaine de Bagatelle, célèbre « folie » néo-classique dans le bois de Boulogne à Neuilly, acquis par son père en 1835 et bâti par Bélanger pour honorer le pari du comte d'Artois, le futur roi Charles X avec sa belle-sœur Marie-Antoinette, qui devint sa résidence préférée ; principal amateur d'art de sa famille, il devint le premier collectionneur d'Europe de l'époque.

Son demi-frère cadet Henry Seymour-Conway (1805-1859), dit lord Seymour, né à Paris, était le fils naturel de Casimir de Montrond ; dandy et facétieux, il aurait été surnommé « Milord l'Arsouille », qui signifie homme douteux, dévoyé, ou francisation de l'anglais Arsehole[3] ; comme d'autres auteurs, Montebianco dit que ce sobriquet désignait en réalité le « noceur invétéré » Charles de La Battut. Collectionneur mineur, Seymour fonda le Jockey Club de Paris ; il mourut d'une crise cardiaque.

Richard Seymour, resté célibataire, connut vers 1855 le grand collectionneur Louis La Caze et put fréquenter ses relations, dont la princesse Mathilde Bonaparte (dont il posséda une aquarelle), son amant le comte de Nieuwerkerke; il fut proche de Napoléon III et d'Eugénie, qui l'invitèrent souvent aux « séries » de Compiègne et mit le manège de son domaine de Bagatelle à la disposition du prince impérial, qui vint y monter assidûment.

C'est là que le 18 juillet 1870, Napoléon III rejoignant sa famille, informa son entourage qu'il allait déclarer la guerre à la Prusse ; l'attitude de l'impératrice dansant de joie avec son fils, aurait alors inspiré à leur ami - qui allait y mourir peu après - ces mots prémonitoires : "Cette femme nous mènera à la ruine !".

À a mort de Richard Seymour-Conway, son testament laissé dans sa chambre lègue l'intégralité de ses biens (60 millions de francs) à son secrétaire Richard Wallace.

Le plus beau choix d'art français du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

« Des Anglais acquirent à vil prix les plus beaux chefs-d’œuvre de l'art français qui aujourd'hui piètent dans les couloirs et les demeures britanniques. Mais que seraient-ils devenus ces meubles de Versailles et de Saint-Cloud, si des hommes ne s'étaient pas portés acquéreurs, préservant ainsi ces beautés de destructions inéluctables ? »

— Maurice Rheims, préface de La France à l'encan par Michel Beurdeley, librairie Jules Tallandier, 1981, p. 9.

« Le début du XIXe siècle fut une période de stagnation pour les œuvres du XVIIIe siècle ; ceci permit à de nombreux collectionneurs, même les plus modestes, de faire de bonnes affaires. Le rétablissement du commerce de ces objets vers les années 1860 coïncida presque avec l'achèvement de la plus belle des collections anglaises, celle de lord Hertford. »

— Anthony Burton, L'Art européen au Victoria and Albert Museum, Scala/Philip Wilson, 1983, p. 6.

Négligeant la vogue grandissante de la Renaissance italienne mais passionné par un mobilier XVIIIe passé de mode, voire dédaigné, il parvint grâce à sa fortune à mettre la main, souvent anonymement, en ventes aux enchères publiques, par l'intermédiaire de son agent Samuel Mawson, sur les créations des plus grands ébénistes français de l'époque, comme la commode de Charles Cressent, dite aux Dragons (1730) qu'il réalisa, bronzes compris, sur un dessin attribué à Nicolas Pineau - souvent copiée au XIXe. pour de riches amateurs - et celle, faite pour Louis XV par Antoine Gaudreau sur le dessin d'un des frères Slodtz, ornée de bronzes par Caffieri (1739), qui orna jusqu'à sa mort la chambre du Roi à Versailles[4].

« Il vivait une existence retirée, semblait toujours souffrant, ne recevait jamais, n'ouvrait sa porte qu'à de rares intimes. Absolument indifférent à tout mouvement et à toute vie, il n'aurait même pas entr'ouvert ses rideaux pour voir passer une révolution dans la rue… »

— Charles Yriarte, critique d'art et collectionneur d'armes, puis inspecteur général des Beaux-Arts[5].

Personnage jugé névrosé, voire hypocondriaque, Hertford consentit néanmoins à prêter des meubles de Boulle, Riesener, Gaudreau, parfois issus des ventes révolutionnaires, des bronzes de Caffieri, vases, pendules, cartels, statuettes ou services en Sèvres à l'exposition des Arts Décoratifs de Manchester de 1857, et en 1865, des pièces d'art byzantin au Musée Rétrospectif de Paris.

« Économe au regard de son immense fortune il traitait ses achats en direct pour ne pas avoir à payer de commissions et achetait plutôt bon marché du fait de la « disgrâce » dans laquelle était tombé l'art français depuis 1789 (…) Un Fragonard acheté 385 francs en 1841 fut revendu 300 000 francs en 1865 ! Seuls les Sèvres cotaient toujours un prix appréciable »

— Montebianco, op. cit. p. 16.

Ayant renchéri sans état d'âme lors d'une vente contre la National Gallery qui possédait le pendant du Paysage à l'arc en ciel de Rubens (vers 1638), il se le fit livrer… sans jamais plus le regarder. De même, souvent il ne prenait pas la peine de déballer ses achats, et visitait que rarement ses domaines anglais et irlandais. Si les Rothschild étaient par leur puissance d'achat ses seuls réels challengers, il l'a souvent remporté sur eux, par exemple en payant six fois sa valeur d'estimation le Chevalier souriant de Hals (1624) contre le baron James.

Il avait accumulé dans ses deux principales résidences londonienne et françaises, une énorme collection d'œuvres d'art, ainsi à Paris en 1867, W. Burger dénombre 250 tableaux, dont « 17 Descamps, 10 Meissonier, 25 Horace Vernet, 8 ou 10 Greuze, 8 Pater, 10 Boucher, Delaroche, Bonheur, Couture, Scheffer, Roqueplan, côtoyant Largilliere, Watteau, Fragonard, Prud'hon, 10 peintures et 25 aquarelles de Bonington », estimés à quatre ou cinq millions de francs.

En 1862, il acquit le portrait de l'épouse du banquier suisse Jean-Frédéric Perregaux (1744-1808) – qui avait eu comme client lord Yarmouth – par Élisabeth Vigée Le Brun ; celle-ci, vivant en 1802 à Portman Square à Londres, y avait connu ses grands-parents et fréquenté leur salon, comme elle le rapporte dans ses Mémoires ; cette œuvre datant de 1789 a été restaurée en 2004.

Employé d'une famille de richissimes anglais francophiles[modifier | modifier le code]

Jackson-Wallace fréquenta un temps un groupe de bohèmes dont quelques-uns devinrent de grands écrivains et artistes : Flaubert, Théophile Gautier Delacroix, Roger de Beauvoir, Fernand Boissard ou encore Baudelaire qui se réunissait à l'ex-hôtel Pimodan, aux plafonds peints par Le Brun, dans l'île Saint-Louis, sous l'égide de la célèbre Aglaé Savatier, dite Apollonie Sabatier, fille naturelle d'une lingère et d'un préfet, plus tard surnommée par ses amis « la Présidente Sabatier » lors de ses dîners rue Frochot, qui inspira plusieurs poèmes des Fleurs du Mal et serait le modèle de la statue Femme piquée par un serpent par Clésinger[6].

Avant d'être sa maîtresse, elle fut celle de l'industriel belge Alfred Mosselman, amateur de chevaux et de peintures, frère de la comtesse Fanny Mosselman, maîtresse en titre de Charles de Morny et épouse de l'ambassadeur de Belgique à Paris, Charles Le Hon.

Il eut longtemps comme compagne la Française Julie, Amélie, Charlotte Castelnau (1819-1897), qu'il épousa seulement début 1871, alors mère d'un fils de trente ans, d'abord à l'ambassade d'Angleterre à Paris, mais le second de l'ambassade, Lionel Sackville-West (1827-1908) – par coïncidence le père de l'héritière, 45 ans plus tard, du secrétaire des Wallace – à son retour de Bordeaux, arracha la page pour cause d'incompétence à unir des citoyens anglais du banquier Edward Blount, nommé consul temporaire suite à la désertion de son poste de lord Layons… puis, le 15 février suivant, par le maire du 9e arrondissement, rue Drouot.

« N'aurons-nous jamais fini avec tous ces bâtards ! »

— Richard Wallace, cité par Montebianco, op. cit., p. 69.

Wallace aurait connu Julie-Amélie, fille naturelle de Sophie Knoth, lingère, et de Bernard Castelnau, homme de confiance, vivant pauvrement rue des Mathurins à Paris, alors qu'elle était vendeuse dans une boutique de parfums Passage des Saumons; une photographie prise avant 1870 la montre sur la terrasse de Bagatelle[7] ; entrant en possession en 1890, comme légataire universelle de son époux, de l'immense patrimoine foncier et artistique reçu des Hertford, elle devint une des femmes les plus riches d'Angleterre, sans pour autant être admise par la gentry.

Wallace avait reconnu comme fils Edmond-George, qui devint capitaine et qu'il demanda à la reine de naturaliser, mais qui ne s'intégra pas en Angleterre et préféra rejoindre en France sa compagne Amélie Suzanne Gall, « personne de théâtre » et leurs quatre enfants naturels nés depuis 1872; il se brouilla avec lui et mourut brutalement à 46 ans en 1887. Marie Georges Richard, Richard Henry, Edmond Georges et Georgette Wallace ne furent pas reconnus par leurs grands-parents; Wallace n'avait légué à ses descendants que l'immeuble de rapport édifié par lui 29, boulevard des Italiens, et sa veuve leur servit ensuite une modeste rente viagère…[8]

Une fabuleuse collection démembrée en trente ans[modifier | modifier le code]

Une petite fille de la gentry découvre vers 1898 l'ex-hôtel Hertford.

"J'avais alors six ou sept ans. Seery (sir John Murray Scott) était l'homme le plus facile à vivre qui fut et le plus généreux que l'on puisse imaginer (...). Secrétaire et fils adoptif d'un collectionneur célèbre, il avait hérité à sa mort de toute sa fortune, de la plupart de ses collections et d'une quantité de maisons (...) Dès que j'eus huit ans, nous habitâmes chaque année l'une de ces maisons avec lui (2, rue Lafitte). Nous occupions un appartement au premier étage (...). On pouvait se tenir à l'une des extrémités et regarder une longue enfilade de salles qui s'ouvraient l'une sur l'autre, des parquets étincelants à perte de vue. Les murs étaient recouverts de boiseries crème et or, ou bien tendus de soie anciennes d'un vert fané. Tous les meubles étaient français, avec de riches moulures d'or; chaque salle s'ornait de lustres et d'appliques; dans la grande galerie, on pouvait admirer des tapisseries de Boucher sans prix (...). Seery menait là un train de maison fantastique, mais cela n'avait rien d'ostentatoire et semblait aller de soi. J'adorais l'appartement, où je pouvais rouler de salle en salle dans un vieux fauteuil d'invalide".

Victoria-Mary Sackville-West (récit d'après les manuscrits publiés par son fils Nigel Nicolson dans "Portrait d'un mariage", Plon, 1974, p. 30 et suiv.).

La disparition entre 1939 et 1945 des archives du grand antiquaire parisien Jacques Seligmann empêche de savoir dans quelles conditions exactes le mobilier et les œuvres d'art de cet appartement-musée ont quitté la France en 1914; sont encore visibles à Paris deux tableaux de Guardi, deux paravents en bois sculpté (vers 1750-1760) et un mobilier de salon en bois sculpté et doré, certains éléments estampillés par Georges Jacob vers 1780-1785, acquis pour 900 000 francs par le comte Moise de Camondo (Musée Nissim de Camondo), et le buste en terre cuite de la comédienne Sophie Arnould par Houdon (1775), qui fit partie de la collection d'Edgar Stern (+ 1931), acquis par le Musée du Louvre en 1947.

Du 24 au 26 juin 1913 à Londres les frères et sœurs de Scott, fils d'un médecin écossais installé à Boulogne-sur-Mer ayant soigné vers 1869 l'asthme de lord Hertford, et que celui-ci avait recruté comme secrétaire pour seconder Wallace, devenu son infirmier, firent vendre aux enchères publiques par Christie's « plus de 150 tableaux, dessins, meubles tapisseries et porcelaines provenant de lord Hertford » récupérés par leur frère dans la résidence londonienne du 5, Connaught Place. Firent partie de cette vacation un guéridon en marqueterie et bronze "déniché par lord Hertford dans une chambre d'hôtel versaillais et acquis par lui pour 25 francs, qui fut vendue 2 573 guinées" ( vers 65 000 francs - cf. Montebianco, op.cit.), et une suite de quatre importants fauteuils dits "à la Reine" en bois doré attribués à Jean-Baptiste Claude Sené, portant les marques des châteaux royaux des Tuileries, de Fontainebleau et du Garde-Meuble sous Louis-Philippe[9].

Les Wallace avaient fait de Scott leur secrétaire et finalement leur héritier (cf. son portrait photographique en pied et de profil avec lady Wallace - et les trustees de la Collection ? - devant l'entrée de Hertford House reprod. ds Montebianco, p. 23, et un autre sur le site de la Wallace Collection).

Un autre élément qui n'a pas intégré la Collection est la paire de flambeaux « en carquois » (bronze doré, vers 1780), au fût et à la base similaires à ceux d'Étienne Martincourt (Wallace coll.), qui achetée par Seligmann, fut envoyée à sa galerie new-yorkaise avant d'intégrer la collection de George Blumenthal, vendue à la galerie Georges Petit à Paris les 1er et 2 décembre 1932… puis une nouvelle fois à Paris trente ans plus tard[10].

Un bienfaiteur honoré par deux pays[modifier | modifier le code]

En 1871, Wallace soulagea la misère des populations et les difficultés des résidents anglais, ce qui valut d'être fait baronnet par la reine Victoria, et commandeur de la Légion d'Honneur par Thiers avant de recevoir la médaille d'honneur de la mairie du 9e arrondissement de Paris.

En 1873, il entre à la Chambre des communes ; député de Lisburn, dans le comté d'Antrim, sans s'y faire remarquer ; il y aurait fait construire la réplique exacte de Herford House.

Deux fontaines Wallace à Paris

En France, il consacre une partie de sa fortune à l'assistance aux Parisiens assiégés par les Prussiens. En hommage, ceux-ci donneront son nom à l'avant-dernier ballon monté à quitter Paris, mais cela ne lui porta pas chance, car il disparut en mer.

En 1871, ayant accepté de parrainer la fille de Seymourina, la pupille et filleule de lord Hertford, il offrit en cadeau au pasteur Rives la reconstruction du temple protestant de Neuilly, détruit par la guerre.

Devenu un personnage public philanthrope, il est resté célèbre pour avoir doté la capitale, multipliant ainsi, selon L. Perreau, le geste de lord Hertford sur le port de Boulogne-sur-Mer, de 40 « fontaines à boire » sur un modèle original du nantais Charles Auguste Lebourg, élève de Rude, pour désaltérer les promeneurs, réparties à raison de deux par arrondissement, sur les places ou avenues de la capitale, qui portent son nom ; la première fut inaugurée en août ou septembre 1872.

Avant de quitter la France pour s'installer dans une maison de Picadilly avant Manchester Square, il fit édifier un hôpital destiné à la colonie britannique résidant en France.

Il racheta pour 400 000 livres à Hamilton Seymour, cousin au second degré de Hertford, qui lui avait laissé le titre de marquis d'Hertford et la pairie, le giboyeux domaine de Sudbourne Hall, dans le Suffolk, surpayé « en guise de compensation à la famille privée de l'héritage » selon Montebianco (p. 70), qu'il fit réaménager luxueusement – pour son fils ? – et où il conviait le prince de Galles et autres notabilités à chasser.

« L'inquiétude suscitée par les récents évènements, ajoutée aux deux révolutions de 1830 et de 1848, acheva de (le) convaincre que la collection ne se trouvait pas en sûreté en France (…) Il entreprit donc de la faire transporter à Londres, après avoir longuement hésité en faveur d'un legs à l'État français (…) ne laissant dans l'appartement que les meubles « meublants » et dans les galeries dont les parois étaient vides, un grand nombre d'objets d'art les moins importants, qui faisaient encore de cette résidence un véritable musée[11]. »

En avril-mai, afin d'accroître sa notoriété auprès des Pairs et d'être introduit dans la gentry, il fit transporter des œuvres de Paris à Londres pour les prêter à l'exposition d'une annexe du musée de South Kensington, à côté des tableaux royaux et des grandes familles, où il fit aménager pour le prince et la princesse de Galles un salon de repos aux murs ornés de toiles de Fragonard.

Pendant les travaux d'agrandissement de Hertford House il prêta la collection au nouveau musée de Bethnal End, dans le quartier pauvre de Londres où, à la surprise générale, pas moins de cinq millions de personnes vinrent la visiter.

Le 24 août 1877, fut posée la première pierre du Hertford British Hospital à Levallois-Perret (existant encore en 2007) en présence du prince de Galles, avec lequel Wallace fut ami pendant que la reine Victoria séjournait à Bagatelle[12].

Une mort solitaire[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 1890, Wallace, revenu vivre seul en France à la mort de son fils, mourut à 72 ans à Bagatelle « dans le lit de son père[13] » et fut inhumé en présence de Hugh de Grey, 6e marquis de Hertford, au cimetière du Père-Lachaise (division 28) dans la chapelle funéraire des Hertford, qui porte aussi le nom de Wallace, et dont la porte murée a été gravée d'une croix[14].

Sa veuve et légataire universelle devenue, à 72 ans, une des femmes les plus riches d'Angleterre, sans famille et isolée, ne parlant pas anglais, vécut sept ans à Manchester Square avec la seule compagnie de Scott, qui contrôlait son courrier et ses visites avec l'aide de ses deux sœurs et ses trois frères, qui en assuraient « une véritable garde[15] », et qui contestèrent sans succès les droits de Victoria Sackville-West sur la succession de leur frère.

Un testament attendu[modifier | modifier le code]

En 1894, sur les recommandations de son secrétaire-homme de confiance, qui l'aurait dissuadée de faire de lui son légataire universel « pour éviter des soupçons[16] », après avoir fait quelques présents à des amis, elle légua par testament à la nation britannique Herford House et ses quelque 5 500 objets contenus dans 25 galeries, ayant stipulé « que rien ne devait être ajouté ni vendu[17] » et que l'ensemble prenne le nom de son défunt mari.

Scott héritera d'un million de livres pour entretenir les domaines de Sudbourn Hall et Lisburn (Irlande) , et des biens français, le domaine de Bagatelle et l'immeuble du 2, rue Laffitte, qui abritaient encore les très nombreux meubles et objets d'art laissés par Wallace en 1872.

Ouverte au public en 1900, la Wallace Collection est depuis un musée national.

Certains auteurs ont dit que le gouvernement français refusa le don de la collection par Wallace lui-même, thèse qui à ce jour n'a pu être étayée par des archives.


Une fortune à nouveau très convoitée[modifier | modifier le code]

En 1899, Scott, nommé baronnet par la reine Victoria et devenu curateur du conseil d'administration qui installa les œuvres au musée devenu propriété de l'État, en aurait cependant retiré des tableaux et des œuvres qui étaient censés en faire partie.

Richissime célibataire de 52 ans, il rencontra lors d'une visite de la collection, une célèbre beauté de 36 ans, Victoria Sackville-West (1862-1936), fille naturelle de Lionel, 2e lord Sackville et diplomate, épouse de son neveu Lionel, châtelains désargentés de l'immense Knole House, considérée, avec ses 365 pièces et ses 52 cheminées, comme la plus grande demeure privée d'Angleterre, « où ils furent très pauvres », selon leur fille Victoria-Mary dite Vita, épouse du diplomate Harold Nicolson.

Lady Sackville - elle-même enfant naturelle - eut comme admirateurs avant et après son mariage, les milliardaires John Pierpont Morgan, William Waldorf Astor, lord Kitchener, devint sa compagne...avant de le remplacer après sa mort par sir Edwin Lutyens :

"(...) c'était un couple aristocrate de conservateurs de musées (elle de Knole, lui de la moitié de la collection Wallace), et ils achetaient, vendaient, spéculaient, arrangeaient, estimaient - toujours conscients d'avoir assez d'argent, son argent à lui, pour acheter ce que chacun d'eux souhaitait réellement. Ils partageaient la bourse de Seery : acheter pour elle, acheter pour lui revenait au même (...) Sa fortune lui conférait une certaine grandeur - et quel pied-à-terre représentait la rue Lafitte ! Quel cottage campagnard, Bagatelle ! (...). Il promit à Victoria de faire en sorte que son testament la libère de tout souci financier (...). De son vivant, il leur donna, à elle et à Lionel, 84 000 livres."

(Nigel Nicolson, op.cit, p. 82 et 83) [18]

L'héritier des Wallace vida le cher Bagatelle de lord Hertford, le négligea, puis en 1904, après avoir vendu les statues et ornements du parc, décida de lotir ses 80 hectares, mais ce projet fut bloqué par la ville de Paris qui le lui acheta pour 6 000 000 francs[19], ou 6 500 000, selon d'autres sources. Une série de six vases en provenant fut donnée vers 1930 par lady Sackville-West, à sa fille unique et à son gendre, pour un de leurs jardins de Sissinghurst Castle (Kent).

Scott mourut d'une crise cardiaque à Hertford House le 17 janvier 1912.

Découverte de la mythique Maison-Mystère[modifier | modifier le code]

Sortie triomphante d'un périlleux procès de succession intenté par les Scott, réduits par la volonté de leur frère à la « portion congrue », lady Sackville (photographiée avec son mari à cette époque, reprod. ds Montebianco, p. 81) entra en possession de 150 000 livres et du contenu du 2, rue Laffitte –l'immeuble, échu aux Scott, fut mis en vente pour 5,5 millions de francs-or – qui, estimé 350 000 livres, fut acheté, sans l'avoir vu selon la légende, pour 270 000 livres (ou 5 millions de francs) à l'antiquaire parisien Jacques Seligmann.

Celui-ci l'exposa dans l'ex-hôtel de Sagan, rue Saint-Dominique à Paris, acquis en 1909, où défilèrent alors tous les amateurs du monde entier du moment… et s'employa à disperser cet ensemble devenu mythique.

Tombe

Dans son numéro du 27 juin 1914 – il est curieux de voir comme depuis 1815, les révolutions et les guerres ont rythmé l'histoire d'une des plus grandes collections d'art décoratif du XVIIIe siècle – le journal l'Illustration publia, grâce à cet antiquaire, des photographies de son contenu : meubles XVIIIe estampillés, porcelaines de Sèvres, bronzes, marbres, tableaux de Fragonard, Boucher, Lancret, Nattier, Drouais, Bonington, Guardi, Reynolds, Gainsborough, les bustes par Houdon Cagliostro et de Sophie Arnould dans Phèdre et la maquette de son Voltaire assis, le carnet de Marie-Antoinette orné de son portrait et de ceux de ses enfants…« ce qui restait des collections que lady Sackville n'avait pas emporté à Knole[20] »

« Ce fut la seule chose honteuse de cette affaire, car Seery avait espéré qu'elle emploierait ses « jolies choses » à enrichir la collection de Knole et non à les vendre pour se faire de l'argent de poche. »

— Nicolson, op. cit.

Une voie dans le Bois de Boulogne, le boulevard de Madrid, où il résida, devint de son vivant le boulevard Richard-Wallace, en son honneur, et bien plus tard un poème de Louis Aragon, chanté par Jean Ferrat, immortalise les fontaines Wallace.

La collection Hertford en absorbe d'autres et devient « La Wallace »[modifier | modifier le code]

« On aurait dit qu'il voulait rattraper le temps, comme s'il n'avait pu agir selon ses désirs les plus impérieux (…) À la différence de lord Hertford, qui sélectionnait ses achats avec rigueur, Wallace n'hésitait pas à acheter des collections entières (…) pour finir par constituer celle que nous connaissons aujourd'hui »

— Montebianco, op. cit., p. 67.

« (…) Wallace accepta de payer la somme de 600 000 francs pour l'ensemble de la collection (du comte Émilien de Nieuwerkerke, soit plus de 800 objets). La vente fut conclue en août 1871 (…) Faisant de cette acquisition son point de départ (il) agrandit considérablement sa propre collection d'armes, d'armures, et d'œuvres d'art de la Renaissance (jusqu'en) mai 1872, il dépensa plusieurs centaines de milliers de francs pour acquérir la plus belle partie de la collection d'armes et d'armures de Meyrick, la collection Tauzia de peintures et d'objets d'art du début de la Renaissance, et de nombreux objets d'art lors de la vente Allègre. On prétend aussi qu'il offrit deux millions de francs à l'impératrice pour la magnifique armurerie de son époux (…) Après cette activité fébrile, les acquisitions diminuèrent considérablement, mais il continua à acheter de l'argenterie, des bijoux, de la majolique de la Renaissance et d'autre œuvres d'art jusque dans les années 1880. Dès le printemps 1872, Wallace avait décidé de s'établir à Londres et d'y transporter la majeure partie de sa collection. Il acquit le bail de Hertford House qu'il agrandit considérablement pour y placer ses objets d'art (et) se donna beaucoup de mal pour présenter les armures, et en retira une grande fierté. Il entreprit ensuite d'y installer sa magnifique collection (que) cet Anglais affable aimait à montrer. »

Le 19 septembre 1873, il paya 620 livres « pour l'arrangement de la collection » à l'antiquaire français E. Juste qui avait vendu nombre de ces objets à Nieuverkerke. ( Robert Wenley, catalogue de l'expo. Le Comte de Nieuwerkerke - Art et Pouvoir sous Napoléon III, château de Compiègne, 6 octobre 2000-8 janvier 2001, p. 135).

Ce catalogue indique que le peintre et lithographe Édouard de Beaumont (1821-1888), un des premiers collectionneurs d'armes anciennes – 45 pièces issues de son legs au musée de Cluny sont depuis au musée national de la Renaissance d'Écouen – fut chargé par le comte de rédiger le catalogue de sa collection d'armes, et lorsque celui-ci quitta Paris, il en abrita une partie chez lui. Il en dessina les planches qui furent gravées par Jacquemart, mais l'ouvrage ne fut pas publié, et il n'existe pas de liste ou de catalogue complet de la collection, mais celui de l'exposition précitée reproduit ces objets d'art :

  • une plaque d'émail représentant Marguerite de France par Jean de Court (Limoges, 1555) ;
  • une « mise au tombeau » d'un évêque, relief en cuivre doré (Limoges, début du XIIIe s.) ;
  • une statuette d'Hercule en ivoire (Augsbourg, vers 1650) ;
  • un pendentif avec Saint-Michel (France, début du XVIIe s.) ;
  • une lampe de mosquée en verre émaillé (Le Caire, vers 1350-1365).

44 objets parmi ceux représentés dans les tableaux intitulés Curiosités par Antoine Vollon (Paris, musée d'Orsay) et Objets d'art ancien de la collection de Sir Richard Wallace à Londres par Blaise-Alexandre Desgoffe, 1880 (anc. coll. Wallace à Londres et à Paris, vendu à Seligmann, depuis 1993 au Staatliche Kunsthalle), œuvres présentés sous les numéros 86 et 87 de l'exposition, sont identifiés comme provenant de cette collection.

8 autres pièces de celle-ci sont visibles dans un autre tableau de Desgoffe, Armes et armures anciennes de la collection W[21].

En 1882, Wallace acquit à la vente des ducs d'Hamilton un cabinet surmonté d'une pendule « meuble à deux corps orné de porcelaine de Sèvres attribué à Jean-François Leleu et à Martin Carlin ? – et un bureau à cylindre attribué à Riesener, « semblable à celui acquis jadis par lord Hertford », qui visiblement demeura toujours son modèle, qui furent placés en vis-à-vis dans une galerie de la Collection (photo reproduite par Montebianco).

Selon L. Perreau c'est lord Hertford qui, en 1861, passant devant la Bibliothèque Royale en travaux, apercevant sur le trottoir, au milieu de gravats, une longue pièce de ferronnerie, reconnut, coupée en trois morceaux, la rampe de l'escalier Louis XV menant au cabinet des Médailles et l'acheta à la place d'un ferrailleur au prix du poids, pour son musée[22]. »

Iconographie[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs portraits de Wallace (archives de Herford House- Wallace Collection) :

  • une photographie de lui jeune, assis (reproduit plus haut et en pleine page par Montebianco, op. cit. p. 43) ;
  • une photographie assis, chapeauté, face à lord Herford et à Suzanne Louise Bréart, dite Mme Oger, sur une terrasse de Bagatelle[23] ;
  • photographié debout derrière Seymourina et Mme Bréart / Oger (s.d. reprod. par Montebianco, op. cit., p. 71) ;
  • deux photos le montre assis, le regard triste, sur une « borne » capitonnée à Hertford House[24] ? ;
  • au même âge, par John Thomson (1837-1921), photographe officiel de la reine Victoria depuis 1881; il montre un homme en veste d'intérieur en flanelle et coiffé d'un béret de fumeur en peau, au regard apparemment inquiet, tenant un flagelleur en bronze de Duquesnoy[25] ;
  • un portrait peint « debout, fumant un cigare, etc… », par W. R Symonds[26] ;
  • un buste posthume en marbre blanc par Hannaux[27] ;

La collection conserve aussi un buste en marbre de lord Hertford et un de lady Wallace par Lebourg, auteur des fontaines à boire.

Témoignage littéraire sur la collection[modifier | modifier le code]

« Lady Sackville, à Londres au 24 Hill Street. Quel curieux bric-à-brac que sa maison (…) et oubliés, relégués dans l'obscurité des couloirs, d'admirables meubles français du XVIIIe s., reliquats de la collection Wallace (…) Mon père me dit qu'une bonne partie des armures de la collection Wallace a été forgée par un vieil antiquaire de ses amis, M. Leys, qui faisait des faux admirables, pour le plaisir »

— Paul Morand, Journal d'un attaché d'ambassade, 8 novembre 1916, Gallimard, 1963, p. 60.

Cette appréciation sur l'authenticité de certaines armes de la collection est à rapprocher de ce que dit L. Perreau : « il s'était persuadé qu'il continuerait à enrichir ses collections (…) Au cours des années suivantes, il acheta de belles armures et une quarantaine d'œuvres, parfois médiocres[28] ».

À noter que Wallace fut ami du comte Louis d'Armaillé (vers 1822-1882), grand collectionneur de meubles et d'objets d'art anciens mais aussi habile "truqueur", selon sa petite-fille Pauline de Broglie, plus tard comtesse de Pange ("Comment j'ai vu 1900", Grasset, 1968).

Contestation historique[modifier | modifier le code]

Dans son roman écrit après une enquête de plus de trois ans, La Fortune de Richard Wallace, Lydie Perreau prétend que Jakcson-Wallace ne serait pas le fils naturel de lord Hertford, présumé stérile, comme le laisse entendre une de ses lettres et des propos rapportés par plusieurs témoins contemporains.

Elle descend de Seymourina (Suzanne, Vincente) née le 29/12/1846, selon Montebianco qui la présume fille naturelle de lord Hertford et de Suzanne Louise Bréart / Mme Oger et donc selon lui - et la version officielle - la demi-sœur de Jackson-Wallace…) ; selon Montebianco lors de son baptême à l'église évangélique de la Rédemption, Jean Vincent, propriétaire natif du Nord de la France, fut déclaré son père… Hertford lui attribua ensuite le patronyme de Cuthbert, alors que Perreau la dit fille d'Henry Seymour-Conway et de Clémence-Amélie Barjonnet, camériste de lady Hertford, dont il fit sa pupille et filleule.

Seymourina épousa Paul Poirson et en eut deux enfants, en 1871, une fille prénommée… Richardine, et en 1873, un fils.

Selon cette hypothèse Richard Jackson, enfant confié puis abandonné par sa mère à une concierge de Belleville, aurait été trouvé par le colonel Curwood, ami des Hertford, et lady Hertford, née Marie Fagnani (1771-1856), elle-même fille naturelle de Costanza, marquise Fagnani, et de William Douglas, comte de March, s'attacha à lui et en fit son « garçon de compagnie ». Employé personnel puis infirmier de la marquise jusqu'à sa mort (1856), mais sans réel métier, il en devint ensuite le secrétaire puis le garde-malade, et enfin celui de son fils, le grand collectionneur.

Selon L. Perreau, le testament faisant hériter Richard Wallace de la fortune du marquis serait une falsification[29].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Illustration du 27 juin 1914 ;
  • Nora Seni et Sophie Le Tarnec, Les Camondo ou l'éclipse d'une fortune, Paris, Actes Sud, 1977, p. 219 ;
  • Pierre Cabanne, Les Grands Collectionneurs, Paris, Les Éditions de l'Art, 2003, p. 191-198) ;
  • Lydie Perreau, La Fortune de Richard Wallace ( éditions JC Lattès, 08.04.2009, 300 p.(ISBN 978-2709630733) ;
  • Roland Montebianco, Sir Richard Wallace, cet illustre inconnu - reproduit plusieurs photographies anciennes, portraits de lord Hertford, des Wallace, de Scott, des Sackville-West, des vues extérieures et intérieures de Bagatelle, de pièces de l'hôtel de la rue Lafitte et du Musée londonien (éditions Didier Carpentier, 2007 (ISBN 978-2841674886);
  • Peter Howard, Sir Richard Wallace, le millionnaire anglais de Paris & The Hertford British Hospital, Paris, Édition Grimsay Press, 2009 (ISBN 1-84530-065-3)
  • Portrait de Mme Perregaux, fiche 386 A, L' Estampille l'Objet d'Art, no 386, décembre 2003 ;
  • James Stourton, « Petits Musées, grandes collections », Paris, éditions Scala, 2003, p. 248-259, ill.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Expression anglaise désignant une fausse piste, une idée prometteuse de solution, mais qui finit par s'avérer erronée.
  2. Montebianco, op. cit., p. 12.
  3. Dictionnaire de l'argot, Larousse, 1990, p. 17
  4. Le Guide des styles du Mobilier, Grange-Batelière SA, 1974, p. 22 et 23, reproduit plusieurs meubles de la collection
  5. Cité par Stourton, op. cit., p. 249.
  6. Musée d'Orsay.
  7. P. Cabanne, op. cit.
  8. L. Perreau, op. cit.
  9. Vente Paris, espace Tajan, 14 décembre 2005, La Gazette de l'Hôtel Drouot, décembre 2005, p. 23 ; le motif du dossier de ces sièges orne un écran de cheminée livré pour la chambre de Marie-Antoinette à Versailles et un canapé également en bois doré (vente coll. Rothschild et Patino à Paris-Galliera des 9 et 10 juin 1976.
  10. La Gazette de l'Hôtel Drouot, décembre 2005, p.  26.
  11. Montebianco, op. cit., p. 67.
  12. Montebianco, op. cit. p. 71
  13. Stourton, op. cit., p. 259.
  14. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 781
  15. Perreau, op. cit., p. 380.
  16. Perreau, op. cit., p. 381.
  17. Stourton, p. 259.
  18. qui ajoute que Scott « menaça lady S. de laisser tous ses biens à la Wallace collection »…
  19. Cabanne, op. cit., p. 198.
  20. Cabanne, op. cit., p. 197 et 198.
  21. 1883, Salon de 1886, collection Wallace à Paris jusqu'en 1914 - non localisé en 2000.
  22. Op. cit. p. 281 et 282 ; P. Cabane, op. cit. p. 196, attribue ce sauvetage à Wallace et avance le nom de Nicolas Pineau comme dessinateur de cette rampe.
  23. Reprod. par Stourton et Montebianco
  24. Cliché de profil reprod. par Stourton et cliché de face par Montebianco, p.
  25. 1888, reprod. par Montebianco, op. cit., p. 120 et no 103 de l'expo. sur le comte de Nieuwerkerke de 2000-2001, reproduit p. 153 du cat.) ; Perrerau, qui en donne une reproduction partielle, le dit de Richard Digthon.
  26. 1885, même fonds, reprod. partielle par Montebianco, p. 76
  27. Reprod. op cit., p. 77.
  28. Op. cit. p. 339.
  29. Les origines de la collection Wallace sont remises en question Article sur le site Artclair

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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