Réservoir Manicouagan

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Manicouagan
Réservoir Manicouagan et l'île René-Levasseur au centre. Les taches plus claires en haut à droite sont les monts Groulx (NASA).
Réservoir Manicouagan et l'île René-Levasseur au centre. Les taches plus claires en haut à droite sont les monts Groulx (NASA).
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Subdivision Drapeau : Québec Québec
Géographie
Coordonnées 51° 24′ N 68° 42′ O / 51.4, -68.7 ()51° 24′ Nord 68° 42′ Ouest / 51.4, -68.7 ()  
Type Lac de cratère, lac de barrage
Superficie 1 942 km2
Altitude 342 à 359 m (1980 à 2005)
Profondeur
 · Moyenne
 
73 m
Hydrographie
Émissaire(s) Manicouagan
Îles
Île(s) principale(s) Île René-Levasseur

Géolocalisation sur la carte : Canada

(Voir situation sur carte : Canada)
Manicouagan

Géolocalisation sur la carte : Québec

(Voir situation sur carte : Québec)
Manicouagan

Le réservoir Manicouagan, aussi appelé lac Manicouagan, est un cratère météoritique qui a été inondé par l'édification du barrage Daniel-Johnson sur la rivière Manicouagan. Situé dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec le réservoir, d'une superficie de 2 000 km2 et d'une profondeur moyenne de 73 mètres, est un des plus gros réservoirs du monde en volume et en profondeur. Il alimente les centrales hydroélectriques de Manic-5 et Manic 5-PA.

L'Île René-Levasseur, au centre, est née lors du remplissage du réservoir et l'ensemble, île plus réservoir, est parfois appelé l'« œil du Québec »[1].

Le lac est géographiquement proche des villes Baie-Comeau et de Gagnon longé à l'est par la route 389.

Cratère d'impact de la Manicouagan[modifier | modifier le code]

Le cratère aurait été formé suivant l'impact d'un astéroïde d'environ 5 km de diamètre[2]. Le diamètre du cratère transitoire est évalué à 85 km[3] (le diamètre crête à crête est de 100 km)[4], mais suite à l'érosion et au dépôt de sédiments, sa taille apparente aujourd'hui est réduite à 72 km. Parmi les cratères d'impact reconnus scientifiquement, il s'agit actuellement du 5e plus grand répertorié sur Terre[3],[4]. Comme pour le mont des Éboulements au centre de l'astroblème de Charlevoix, le mont Babel au centre du réservoir est interprété comme le vestige du pic central du cratère.

L'âge estimé de l'impact est de 214 ± 1 million d'années, donc durant le Trias. Cette date n'étant antérieure à l'extinction du Trias-Jurassique que de 12 millions d'années, les scientifiques s'interrogent encore sur le rôle de l'impact sur la crise Trias-Jurassique. Malgré ce laps de temps conséquent, la lithologie du terrain laisse penser que cet impact a eu un effet à long terme sur la crise.

Un emblème[modifier | modifier le code]

Le cratère Manicouagan, surnommé l'œil des ténebres du Québec, est l'emblème de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka.

La catena Rochechouart-Manicouagan-Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Après avoir daté l'impact de Rochechouart-Chassenon, en France, à 214 millions d'années, Spray, Kelley et Rowley[5] ont remarqué que d'autres impacts avaient eu lieu à la même époque que celui de la Manicouagan (aux intervalles d'erreur près) :

En reportant ces impacts sur une carte représentant le globe terrestre à cette époque, ils ont constaté qu'ils se trouvaient alignés sur la même paléolatitude de 22°8' dans l'hémisphère nord.

Ils pourraient avoir été formés en même temps par la chute d'un ensemble d'astéroïdes, dont les blocs seraient tombés les uns derrière les autres en formant une chaîne, ou une catena, un peu comme les fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 sur Jupiter en juillet 1994.

En 2006, Carporzen et Gilder[6] effectuent une comparaison de la localisation du pôle Nord géomagnétique au moment des impacts de Manicouagan et de Rochechouart. Aux intervalles d'erreur près, les deux pôles sont superposés, ce qui renforce l'hypothèse de la simultanéité de ces deux impacts.

D'autres cratères seraient peut être liés à cette catena[7] :

  • Red-Wing, É.-U. (200 ± 25 Ma, Ø 9 km)
  • Obolon, Ukraine (215 ± 25 Ma, Ø& 15 km)
  • Puchezh-Katunki, Russie (220 ± 10 Ma, Ø 80 km)
  • Koursk, Russie (250 ± 80 Ma, Ø 6 km)
  • Wells-Creek, É.-U. (200 ± 100 Ma, Ø 14 km)

Toutefois, l'incertitude sur la datation des trois derniers listés permet de douter de leur participation dans la catena.

Images[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bergeron, Jacques Bouffard, « Réserve écologique Louis-Babel », sur Radio-Canada, Radio-Canada,‎ 21 juillet 2002 (consulté le 6 mai 2014)
  2. Pierre Thomas, « La plus grosse météorite tombée sur Terre »,‎ 2 février 2002 (consulté le 6 mai 2014)
  3. a et b (en) « Earth Impact Database: Manicouagan », sur Planetary and Space Science Centre (consulté le 6 mai 2014) : « This revised diameter is the best estimate for the collapsed transient crater diameter (rim-to-rim dimension). Our previous diameters cited maximum damage diameter estimates. There is considerable confusion in the literature regarding the definition of "diameter". In the Earth Impact Database, we are striving to cite the collapsed transient crater value where possible. This can affect the order of size: for example, Sudbury's maximum damage diameter is ~260 km (as defined by the outermost ring diameter), while that of Chicxulub is ~240 km. However, the rim-to-rim diameter of Sudbury is less than that of Chicxulub's (130 versus 150 km, respectively). »
  4. a et b (en) Brett Line, « Asteroid Impacts: 10 Biggest Known Hits », sur National Geographic Channel,‎ 14 février 2013 (consulté le 6 mai 2014)
  5. (en) J.G. Spray, S.P. Kelley, D. Rowley, Evidence for a Late Triassic Multiple Impact Event on Earth, 1998, 29th Annual Lunar and Planetary Science Conference, March 16-20, Houston, TX, abstract no. 1806.
  6. (en) L. Carporzen, S.A. Gilder, Evidence for coeval Late Triassic terrestrial impacts from the Rochechouart (France) meteorite crater, 2006, Geophysical Research Letters, Vol. 33
  7. Certains auteurs annoncent même qu'on ne voit plus aujourd'hui à Rochechouart-Chassenon que le fond d'un cratère bien plus grand, de 200 km (ce qui en aurait fait le troisième plus grand cratère terrestre connu à ce jour). C'est l'hypothèse avancée en 1998 par R. Blanke dans son mémoire de DEUG, soutenu en cela par G. Tamain, à partir de l'observation de photos prises par un satellite Landsat. Ils auraient aussi relevé les traces d'un astroblème encore plus grand, 300 kilomètres de diamètre, centré sur la commune de Bizeneuille dans l'Allier. Les centres de ces deux cratères sont alignés selon le même axe que les chutes associées à la catena. Ils justifient, par la taille de ces impacts, l'origine des quartz clivés que l'on trouve à Saint-Paul-la-Roche en Dordogne. Faute de moyens scientifiques et financiers, ils n'ont pas pu poursuivre cette étude (entre autres par des analyses de géochimie, des observations au microscope électronique...), et les études se sont arrêtées là (Communication de R. Blanke, les 2 et 6 décembre 2002.). L'étude n'a pas fait l'objet de publication scientifique, même si elle fit l'objet d'un article à sensation dans le périodique Sciences et Avenir (C. Idoux, Découverte en France, dans le Limousin : La plus grande météorite du monde, Sciences & Avenir, no 628, 01/06/1999. Cet article a valu un droit de réponse très virulent de la communauté scientifique, représentée par le professeur Ann Therriault de la Commission géologique du Canada, Science & Avenir, no 629, juillet 1999). Toutefois, les traces encore visibles dans le Limousin (extension des quartz choqués, anomalies gravimétriques, extension des cataclases, arrangement des brèches, géologie des alentours) conduisent toutes à dire que le cratère faisait environ 20 km de diamètre, mais pas 10 fois plus.