Astroblème de Charlevoix

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Astroblème de Charlevoix
Localisation
Coordonnées 47° 32′ 00″ N 70° 18′ 00″ O / 47.533333, -70.3 ()47° 32′ 00″ N 70° 18′ 00″ O / 47.533333, -70.3 () [1]
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Géologie
Âge 360 ± 25 millions d'années[1]
Type de cratère Météoritique
Impacteur
Nature Rocheux
Diamètre 2 km
Vitesse 10 à 20 km.s-1
Angle  ?°
Densité ? kg/m3
Cible
Nature Gneiss (Métamorphique)
Densité 2 8 kg/m3
Dimensions
Diamètre 56 km
Découverte
Découvreur Jehan Rondot (1965)

Géolocalisation sur la carte : Québec

(Voir situation sur carte : Québec)
Astroblème de Charlevoix

L'astroblème de Charlevoix, souvent injustement appelé cratère de Charlevoix, est une structure d'impact météoritique complexe située dans la région de Charlevoix, au Québec (Canada).

Localisation et caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Situé à 105 km au nord-est de la ville de Québec, environ 60% de cet astroblème de 56 km de diamètre s'étend sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, l'autre 40% étant situé sous l'eau du fleuve. La partie de l'astroblème située au nord du fleuve est bien conservée alors que la partie sous le fleuve est fortement érodée. La partie de l'astroblème située au nord du fleuve constitue un excellent site d'étude car l'ensemble des couches géologiques perturbées ou créées par l'impact sont d'accès aisé.

Au centre de l'astroblème, à mi-chemin entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie, culmine le mont des Éboulements, à 768 mètres d'altitude. Ce pointement central est le résultat du rehaussement (ou « rebond ») du fond du cratère immédiatement après l'impact, caractéristiques des cratères complexes.

Origine[modifier | modifier le code]

Petit cercle : ancienne estimation du diamètre du cratère. Grand cercle : sa dimension réelle.

La météorite à l'origine de la formation de l'astroblème de Charlevoix était probablement un astéroïde d'environ 2 kilomètres de diamètre, d'une masse de 15 milliards de tonnes arrivant à une vitesse de 10 à 20 km/s (soit environ 60 000 km/h). L'énergie dégagée au moment de l'impact représente 20 millions de mégatonnes de TNT (ce qui est équivalent à environ 25 000 000 de fois l'énergie dégagée par la bombe larguée sur Hiroshima).

L'impact a eu lieu il y a 360 millions d'années plus ou moins 25 millions d'années[1]. Avec un diamètre de 56 km, il est, en 2009, le treizième astroblème le plus grand identifié sur Terre[2] et le troisième plus grand au Canada.

Découverte[modifier | modifier le code]

L'origine météoritique du relief charlevoisien a été reconnue en 1968 par la Commission Géologique du Canada après les investigations menées depuis 1966 par Jehan Rondot, alors géologue au Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec[3],[4],[5]. Après son investigation menée en 1966, Rondot montre des échantillons de roches présentant des cônes de percussion (shatter cones) à J. Murtaugh, un collègue américain de l'Université de l'État de l'Ohio, qui conclut à une origine météoritique. Il ne restait à Rondot qu'à compléter ses investigations pour évaluer la taille de l'astroblème, ce qu'il fait entre 1967 et 1968.

Bien que la structure circulaire de l'astroblème dans le relief soit bien visible sur les cartes topographiques et les photographies satellitaires, l'origine météoritique du relief n'a été confirmée que lors de la découvertes de cônes de percussion par Jehan Rondot en 1966. L'astroblème Charlevoix est le premier dont l'origine météoritique a été confirmée grâce à la découverte de cônes de percussion[5].

L'astroblème aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'astroblème est situé en bordure du Bouclier canadien. Dans la région de l'astroblème, le Bouclier canadien est une structure montagneuse de six cents à mille mètres d'altitude peu propice à des établissements humains. En réduisant la hauteur du sol au niveau du fleuve ou à quelques centaines de mètres, l'astroblème a créé des vallées et un plateau central accueillants où habite 90 % de la population de la région de Charlevoix.

L'astroblème a aussi créé un environnement où se côtoient des rivières, des vallées, des plateaux de faible altitude et le haut plateau du Bouclier canadien, ce qui a permis l'apparition d'une faune et d'une flore des plus diversifiées. L'UNESCO a reconnu le caractère exceptionnel de la région en lui attribuant le statut international de réserve de biosphère en 1989[6].

Visite guidée[modifier | modifier le code]

En juillet et en août, à partir de Baie-Saint-Paul, il est possible de participer quotidiennement à des visites commentées du cratère organisées par un organisme scientifique à but non lucratif. Ces visites permettent de découvrir la géologie de la région, l'origine de l'astroblème, les aménagements humains qui sont rendus possibles grâce à l'astroblème ainsi que la flore diversifiée de la région qui est aussi la conséquence de sa présence.

Durant le reste de l'année, les mêmes visites sont organisées sur demande.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jehan Rondot (1995). Les impacts météoritiques à l'exemple de ceux du Québec. Éditions MNH inc. p. 43.
  2. (en) Impact Structures listed by Diameter (Decreasing) sur Earth Impact Database.
  3. Jehan Rondot « Rapport préliminaire sur la région de La Malbaie », Ministère des richesses naturelles du Québec, 1966.
  4. Jehan Rondot « Nouvel impact météoritique fossile ? La structure semi-circulaire de Charlevoix », Canadian Journal of Earth Science, 1968.
  5. a et b (en) P.B. Robertson « La Malbaie Structure, Quebec - A paleozoic meteorite impact site », Meteoritics, vol. 4, n. 2, octobre 1968, pages 89-112
  6. L'article Réserve mondiale de la biosphère de Charlevoix

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]