Philippe Ier de Hesse

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Philippe Ier de Hesse
Portrait anonyme de Philippe le Magnanime.
Portrait anonyme de Philippe le Magnanime.
Titre
Landgrave de Hesse
1509 – 1567
Prédécesseur Guillaume II de Hesse
Successeur Guillaume IV de Hesse-Cassel
Louis IV de Hesse-Marbourg
Philippe II de Hesse-Rheinfels
Georges Ier de Hesse-Darmstadt
Biographie
Dynastie Maison de Hesse
Date de naissance
Lieu de naissance Marbourg
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Cassel
Conjoint Christine de Saxe
Marguerite von der Saale
Religion Luthéranisme

Philippe Ier de Hesse

Philippe Ier, dit « le Magnanime » (der Großmütige), est né le à Marbourg et mort le à Cassel. Landgrave de Hesse de 1518 à sa mort, il est l’un des principaux chefs protestants de la ligue de Smalkalde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Ier de Hesse.

Fils de Guillaume II de Hesse et de Anne de Mecklembourg-Schwerin (en).

Il fut décrit par ses contemporains comme un homme doué et doté d’une grande intelligence, mais d’une nature hautaine et égoïste.

Il fut l’un des acteurs majeurs de la Réforme et un artisan actif de la Renaissance en Allemagne.

Il succéda à son père en 1509, n’étant âgé que de cinq ans, sa mère assura la régence et il fut proclamé majeur à 14 ans. Son éducation fut imparfaite, sa formation morale et religieuse furent négligées. Malgré cela, il se révéla rapidement un véritable homme d’État, il commença à prendre certaines mesures afin d’augmenter son autorité.

Sa première rencontre avec Martin Luther eut lieu en 1521, le landgrave adolescent fut tout de suite attiré par la personnalité du réformateur, malgré son peu d’intérêts pour les questions religieuses. En 1524, il se convertit au protestantisme après une alliance personnelle avec le théologien et professeur Philippe Melanchthon.

Le 15 mai 1525, il remporta la bataille de Frankenhausen sur Thomas Münzer. Il refusa d’adhérer à la ligue anti-luthérienne de Georges de Saxe en 1525. À Gotha, il signa un pacte d’alliance avec l’électeur Jean Ier de Saxe (1468-1532) protégeant tous les princes protestants. Il joint la politique à la religion, dès 1526 il empêcha l’élection en tant que roi des Romains de l’archiduc Ferdinand de Habsbourg (futur Ferdinand Ier du Saint-Empire). À la réunion de Spire en 1526, Philippe Ier de Hesse soutint ouvertement la cause protestante rendant possible les prédications.

Philippe Ier de Hesse détermina l’organisation de l’Église luthérienne selon les principes protestants. En cela, il fut aidé par son chancelier Feige de Lichtenau et son aumônier Adam Krafft, mais également par l’ex-franciscain François Lambert d’Avignon.

Les activités contre la progression de la Réforme des évêques de Wurtzbourg et des archevêques-électeurs de Mayence, la combinaison de plusieurs circonstances, y compris les rumeurs de guerre, ont convaincu Philippe Ier de Hesse de l’existence d’une ligue secrète parmi les princes catholiques. Il fut conforté dans ses soupçons par un aventurier employé dans diverses missions importantes par Georges de Saxe, ce conspirateur allemand se nommait Otto von Parck. Martin Luther et le chancelier, convaincus de l’existence de cette ligue, conseillèrent à Philippe Ier de Hesse, l’action.

Philippe Ier de Hesse, gravure de Merian.

L’autorité impériale réunie à Spire interdit toute infraction à la paix et, après de longues négociations, Philippe Ier de Hesse réussit à extorquer des fonds couvrant les dépenses pour l’armement des diocèses de Wurtzbourg, de Bamberg et de Mayence. Malgré tout, pour Philippe Ier de Hesse, les affaires se présentaient mal, au printemps de 1529 lors de la seconde Diète de Spire, il fut totalement ignoré par l’empereur Charles Quint. Néanmoins il prit une part active dans l’union des représentants protestants, dans la préparation de la protestation présentée à Spire.

Avant de quitter la ville de Spire, Philippe Ier de Hesse réussit le 22 avril 1529 à trouver un arrangement secret entre la Saxe, la Hesse, Nuremberg, Strasbourg et Ulm.

Philippe Ier de Hesse fit venir en Allemagne le chef de la Réforme suisse Ulrich Zwingli.

Il repoussa plusieurs invasions étrangères, réprima les Anabaptistes en 1525, et signa en 1530 la confession d’Augsbourg : il fut depuis aussi un des chefs de la ligue des princes protestants de Smalkalde. Il créa la première université protestante en 1527 à Marbourg, cette université était destinée à l’enseignement de la théologie protestante.

Il fut vaincu par Charles Quint à Mühlberg en 1547, fut quatre ans retenu prisonnier par l'empereur et mourut en 1567. À sa mort, le landgraviat de Hesse fut partagé entre ses quatre fils :

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Philippe Ier se marie le 11 décembre 1523 à Dresde avec Christine (en) (1506-1549), fille de Georges de Saxe. Dix enfants sont nés de cette union :

Bien qu'il soit toujours marié à Christine de Saxe, Philippe Ier épouse morganatiquement avec l'accord de Martin Luther Marguerite von der Saale (1522-1566) le 4 mars 1540. Neuf enfants sont nés de cette union :

  • Philippe (1541-1564) ;
  • Hermann (1542-1568) ;
  • Christophe-Ernest (1543-1603) ;
  • Marguerite (1544-1608), épouse en 1567 Hans Bernard d’Eberstein, puis en 1577 Étienne-Henri d’Everstein ;
  • Albert (1546-1569) ;
  • Philippe-Conrad (1547-1569), comte ;
  • Maurice (1553-1575) ;
  • Ernest (1554-1570) ;
  • Anne (1558-1558).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Mariotte, Philippe de Hesse (1504-1567). Le premier prince protestant, Paris, Honoré Champion, collection « Bibliothèque histoire moderne et contemporaine », 2009, 320 p.

Source[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Philippe Ier de Hesse » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

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