Soviet de Petrograd

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Une assemblée du soviet de Petrograd en 1917.

Le soviet de Petrograd, plus exactement le soviet des députés ouvriers et des délégués des soldats de Petrograd, a été créé en Russie le 12 mars (27 février) 1917, lors de la révolution de Février. Il se voulait l'organe représentatif direct des travailleurs, et des soldats, de Petrograd. Il a pris de l'importance au cours de la Révolution russe comme un centre de pouvoir rival du gouvernement provisoire.

Avant 1917[modifier | modifier le code]

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Un premier soviet des travailleurs avait déjà été créé à Saint-Pétersbourg lors de la Révolution de 1905. Mais le précurseur direct du soviet de Petrograd de 1917 est le « Groupe central des travailleurs » (russe : Центральная Рабочая Група), fondé en novembre 1915 par les mencheviks pour prendre place entre les travailleurs et le nouveau Comité industrialo-militaire central de Petrograd. Le groupe s'est radicalisé au fur et à mesure que la situation militaire de la Russie lors de la Première Guerre mondiale empirait et que la situation économique s'aggravait, en encourageant des manifestations de rue et en délivrant des messages révolutionnaires.

Fondation du soviet[modifier | modifier le code]

Le 9 février (27 janvier) 1917[1], les dirigeants du Groupe central des travailleurs sont arrêtés et emmenés sur les ordres du ministre de l'Intérieur, Alexandre Protopopov. Le 10 mars (25 février) 1917, lors d'une réunion interne, des mencheviks discutent pour la première fois de la restauration du Soviet de Petrograd[2].

Nicolas Tchkhéidzé, président du Comité exécutif du Soviet de Petrograd

Les ouvriers arrêtés par Protopov sont libérés par une foule de soldats mécontents dans la matinée du 12 mars (27 février) 1917, au tout début[3] de la révolution de Février. Le même jour, une réunion est convoquée à l'initiative de deux mencheviks, K. A. Gvozdev et B. O. Bogdanov, pour organiser un soviet. La réunion est convoquée au nom d'un « Comité exécutif provisoire du Soviet des députés ouvriers » au palais de Tauride, qui avait abrité jusqu'alors les réunion de la Douma d'État de l'Empire russe. Malgré le délai très court, l'assemble constituante a lieu, dans le plus complet désordre[4]. Selon certaines sources 250 sont présentes, selon d'autres la plupart sont de simples curieux, quarante-cinq personnes seulement sont habilitées à voter. Un comité exécutif provisoire (Ispolkom) de huit ou neuf personnes est élu (aucune trace écrite de la réunion n'a été conservée)[5].

Nicolas Tchkhéidzé[6] (Nicolas Tchéidzé) prend la tête de ce Comité exécutif provisoire. Il est secondé par Alexandre Kerenski et M. I. Skobelev (vice-présidents)[7]. Irakli Tsereteli[8] participe au comité jusqu'à ce qu'il rejoigne le Gouvernement provisoire). Le journal Izvestia est choisi comme organe officiel du groupe. Comité décident d'accepter les soldats au soviet.

Le 13 mars (28 février) 1917, des usines et certaines unités militaires élisent des délégués. Les élus sont plutôt des socialistes modérés : bolcheviks et socialistes-révolutionnaires obtiennent moins de 10% des voix. La procédure d'élection est cependant chaotique. Quinze jours plus tard, le soviet de Petrograd compte 3000 députés, dont 2000 soldats, bien que la ville compte beaucoup plus d'ouvriers que de soldats[9]. Les assemblées plénières sont mal organisées, il n'y a aucun ordre du jour, chacun est libre de prendre la parole[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Ferro (préf. Marc Ferro), 1917. Les hommes de la révolution : Témoignages et documents, Paris, Omnibus,‎ 2011, 1120 p. (ISBN 978-2-258-08560-2)
  • Richard Pipes (trad. de l'anglais par Jean-Marie Luccioni), La Révolution russe, Paris, P.U.F., coll. « Connaissance de l'Est »,‎ 1993, 866 p. (ISBN 978-2-130453734), chap. 8 (« La révolution de Février »)

Sources[modifier | modifier le code]