Période de la céramique Chulmun

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Poterie Chulmun trouvée à Busan, Musée national de Corée

La période de la céramique Chulmun (즐문, Jeulmun d'après la romanisation révisée, poterie au peigne) est une période de la préhistoire en Corée s'étendant approximativement de 8000 à 1500 av. J.C. Comme le reste de l'Asie du Nord-Est, c'est une des plus anciennes régions à avoir fabriqué des récipients en céramique. Elle est ainsi habituellement considérée comme le néolithique coréen mais diffère par l'absence d'une agriculture intensive car la société reste basée sur la chasse et la cueillette. Il n'y a pas de vraies preuves de domestication, que ce soit d'animaux ou de plantes[1]. L'étude de la préhistoire en Corée n'ayant commencé que tardivement, elle est encore relativement mal connue.

Le début de cette période est marqué par la hausse du niveau de la mer causée par la fin de l'ère glaciaire : de -8000 à -4000, la mer monte de 30 mètres pour atteindre son niveau actuel[2] et finit de faire de la Corée une péninsule, un phénomène qui a particulièrement touché les zones de plaine de la mer Jaune et du détroit de Corée.

Le Chulmun naissant[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une hutte sur le site d'Amsadong

Les plus anciens restes de poteries seraient âgés de 10 000 ans. Connus sous le nom de Yunggimun, ils ont été trouvés sur la côte est et dans le sud de la péninsule à Gosan-ni sur l'ile de Jeju et à Ubong-ni sur la côte d'Ulsan mais la datation est encore incertaine. Formés essentiellement par des bols à fond plat, ils sont décorés de motifs appliqués, repoussées et pincés[3]et rappellent les poteries de la période Jōmon du Japon.

Le Chulmun ancien[modifier | modifier le code]

Le Chulmun ancien recouvre la période allant de 6000 à 3500 av. J.C. Il est caractérisé par des petits villages semi-permanents situés près du littoral ou des cours d'eau et formés de huttes rondes semi-enterrées recouvertes par un toit fait de branchages qui offrent de la place pour quatre ou cinq personnes. La chasse et de la pêche en mer sont pratiqués et les fruits de mer sont aussi exploités. Dans l'ouest, la céramique est dès lors composée de bols profonds, avec un fond pointu ou arrondi, marqués au peigne pour un décor fait de lignes droites et de points[3]. Ce type de poterie est probablement originaire du nord-est de la Chine[3] mais se retrouve dans toute l'Eurasie (par exemple, la culture de la céramique à peigne). Du riz phytolithe datant de –4300 a été retrouvé dans des céramiques[1]. Les principaux sites connus sont Amsa-dong à Séoul, Sopohang (Rasŏn), Gado (Jeonbuk), Osan-ri (Gangwon), Sejuk-ri (Ulsan) et Dongsam-dong à Busan.

Le Chulmun moyen[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une hutte sur le site d'Amsadong

Cette période s'étend de – 3500 à -2000. Le régime reste basé sur la pêche en mer, la chasse et les fruits de mer comme le montre les nombreux amas coquilliers. Toutefois, l'agriculture avance et des outils pour l'agriculture en pierre ont été retrouvés ainsi que des restes de plantes carbonisées. La domestication du millet daterait de cette période. Il aurait été introduit vers -3400 sous deux variétés, le Setavia Italica et le Panicum miliaceum[1]. Les poteries sont décorées par des lignes courbes.

Le Chulmun tardif[modifier | modifier le code]

Le Chulmun tardif (-2000 à -1500) voit une baisse de l'importance de la consommation de fruits de mer et un renforcement des installations à l'intérieur des terres ce qui rend la population plus dépendante des plantes cultivées. Entre autres techniques, celle-ci se met à pratiquer une agriculture itinérante sur brûlis. Des indices laissent penser que la culture du riz commence à se répandre dans le bassin du fleuve Han[1].

Kim Jangsuk a suggéré que ces groupes de chasseurs-cueilleurs-cultivateurs ont été repoussé graduellement de leur territoire par une nouvelle population migrant vers le sud, pratiquant une agriculture itinérante plus efficace et porteuse de la civilisation de la poterie Mumun (non décorée) ce qui a eu pour effet de les couper de leurs terrains de chasse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sarah Milledge Nelson, « The Archeology of Korea », Cambridge World Archeology, 307 pages, 1993.
  • Sarah Milledge Nelson, « Korean social archaeology: early villages », Jimoondang, 200 pages, 2004.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c et d Olivier Van Ingelgem, « L'agriculture sud-coréenne », L'Harmattan, 202 pages, mai 2012.
  2. Keiji Imamura, « Prehistoric Japan: New Perspective on Insular East Asia », page 67, University of Hawaii Press, 1996, 246 pages.
  3. a, b et c Tadashi Nishitani, « La Corée », chapitre 15 du livre de l'Unesco, « Histoire de l'humanité », volume 2, pages 1028 à 1034, 2001.