Shogun (roman)

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Shogun
Auteur James Clavell
Genre Roman historique
Version originale
Titre original Shogun
Éditeur original Delacorte Press (ÉU)
Hodder & Stoughton (RU)
Langue originale Anglais britannique
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Date de parution originale 1975
Version française
Chronologie
Taï-Pan Suivant

Shogun est un roman de James Clavell paru en 1975. C'est le premier roman (chronologiquement) de la saga asiatique de l'auteur. Commençant en 1600 au Japon féodal, quelques mois avant la Bataille de Sekigahara, le sujet de l'histoire est l'ascension du daimyo « Toranaga » (basé sur le vrai Ieyasu Tokugawa) du Shogunat, vu à travers les yeux d'un marin anglais dont le personnage est basé sur William Adams.

Résumé[modifier | modifier le code]

John Blackthorne (en), un marin anglais pilotant le navire marchand néerlandais Erasmus, échoue sur la côte du Japon. Lui et quelques survivants hollandais de son équipage sont pris en captivité par le samouraï local, Omi Kasigi, et confiné dans un puits pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que, aux yeux de leurs ravisseurs, ils commencent à agir en « hommes civilisés, » c'est-à-dire, quand ils cessent de se plaindre, d'exiger leur liberté, de crier, etc. Le daimyo de Omi, Yabu Kasigi, arrive et exécute un marin choisi au hasard en le faisant bouillir vivant. Sur les suggestions d'Omi, Yabu prevoit de s'emparer des armes de l'argent récupérés sur le bateau de Blackthorne pour augmenter sa propre puissance, mais il est trahi par un samouraï qui a informé Toranaga, suzerain de Yabu, de l'arrivée du bateau ; ainsi, Yabu est obligé de lui apporter Blackthorne, le bateau, et sa cargaison.

Blackthorne est surnommé Anjin (« pilote ») par les Japonais parce qu'ils ne peuvent pas prononcer son nom. Blackthorne insiste pour qu'Omi-san appliquent le suffixe honorifique - san comme s'il était un samouraï digne du respect, et ainsi, Blackthorne est dorénavant appelé Anjin-san (dans l'histoire réelle, William Adams était appelé Anjin-Sama, un grand honneur).

Blackthorne est interrogé par Toranaga, assisté d'un prêtre jésuite traducteur. Blackthorne, en tant qu'Anglais et protestant, essaye de retourner Toranaga contre les jésuites. De cette manière, il indique à un Toranaga étonné que la foi chrétienne est divisée et que d'autres pays européens prévoient d'atteindre les eaux asiatiques parce que l'armada espagnole a été défaite. L'interrogatoire finit quand le rival principal de Toranaga, Ishido, entre, curieux au sujet du « barbare » Blackthorne. Toranaga jête Blackthorne en prison pour piraterie pour le garder loin d'Ishido. En prison, Blackthorne rencontre un moine franciscain, qui lui révèle plus de détails sur les conquêtes des jésuites et le commerce des « navires noirs ». Le Japon a besoin de la soie de Chine, mais ne peut pas faire affaire directement avec les Chinois. Les Portugais agissent en tant qu'intermédiaires, embarquant les marchandises dans leur Navire Noir pour leur plus grand bénéfice.

Avec l'aide du prêtre, Blackthorne commence à apprendre les bases du japonais. Après quatre jours de captivité, Blackthorne est sorti de prison par les hommes d'Ishido, mais Toranaga intervient, et « capture » Blackthorne des hommes de son rival. Pendant leur prochaine entrevue, Toranaga a un traducteur différent, Madame Mariko, une convertie au christianisme qui est déchiré entre sa nouvelle foi et sa fidélité à être l'épouse d'un samouraï et à Toranaga.

L'entretien continuant, le régent Toranaga est menacé de seppuku par le Conseil des régents. Pour échapper à l'ordre, il doit sortir du château d'Osaka, ce qu'il fait en prenant la place de son épouse dans une civière, parti avec un train des voyageurs et laisse le château. Blackthorne repère par distraction l'échange et, quand Ishido apparaît à la porte du château et découvre presque Toranaga, Blackthorne le sauve en créant une diversion. De cette façon, il gagne progressivement la confiance et entre au service de Toranaga, un puissant chef de guerre féodal qui règne sur la plaine du « Kwanto » (la région réelle de Kantō), l'emplacement d'Edo et aujourd'hui de Tokyo.

Malgré des débuts difficiles, Blackthorne se construit lentement des compétences en japonais et gagne une compréhension du peuple japonais et de la culture, apprenant par la suite à le respecter profondément. Les Japonais, à leur tour, sont divisés au sujet de la présence de Blackthorne ; il est un étranger, un chef d'une cohue honteusement dégoûtante et grossière (son équipage) ; mais il est également un marin et un navigateur formidable. En tant que tel, il gagne à le fois leur mépris et une valeur incalculable. Un tournant dans cette perception est la tentative de Blackthorne de se faire seppuku pour réparer une insulte. Il démontre sa volonté de se suicider avec honneur, ce qui impressionne profondément les Japonais, mais est arrêté car il est bien plus utile vivant que mort. Les Japonais développent du respect pour le « barbare », et il lui est par la suite accordé le statut de samouraï et de hatamoto. Car ils passent beaucoup de temps ensemble, Blackthorne en vient à admirer profondément Mariko.

Blackthorne est déchiré entre son affection croissante pour Mariko (qui est marié à un samouraï puissant et dangereux, Buntaro), sa fidélité croissante à Toranaga, et son désir de retourner en mer à bord de l'Erasmus pour s'emparer du Navire Noir. Par la suite, il rend visite aux survivants de son équipage original, et est ainsi étonné à quel point il s'est éloigné du mode de vie européen standard (personnellement dégoûtant, sale, ignorant, carnivore) et est dégoûté par eux. Le plan de Blackthorne d'attaquer le Navire Noir sont compromis par son respect et amitié pour le pilote portugais de ce navire, Rodrigues.

Parallèlement à cette histoire, le roman détaille également la lutte de pouvoir intense entre Toranaga et Ishido, et les manœuvres politiques de l'église catholique romaine, en particuliers des jésuites. Il y a également conflit entre les daimyos chrétiens (qui sont motivés en partie par un désir de préserver et augmenter la puissance de leur église) et les daimyos qui s'opposent aux chrétiens en faveur du Shinto indigène, du bouddhiste, et d'autres foi.

Ishido tient de nombreux membres de la famille d'autres daimyos en otages à Osaka, se référant à eux comme invités. Tant qu'il a ces otages, les autres daimyos, y compris Toranaga, n'osent pas l'attaquer. Ishido espère attirer ou forcer Toranaga dans le château et, quand tous les régents sont présents, obtenir un ordre pour Toranaga pour se suicider. Pour dégager Toranaga de cette situation, Mariko va à ce qui sera sa mort probable au château d'Osaka pour faire face en bas à Ishido et pour obtenir la libération des otages. Dans le long voyage vers Osaka, Blackthorne et Mariko deviennent amoureux.

Au château, Mariko (en réponse à la demande de Toranaga pour elle de partir à sa rencontrer contre les souhaits d'Ishido) défie Ishido et lui-même au déshonneur en déshonorant Mariko, une dame de premier rang, ou à faire marche arrière. Quand Mariko essaye de partir du château, une bataille s'ensuit entre les samouraïs d'Ishido et son escorte jusqu'à ce qu'elle soit forcée d'abandonner. Cependant, elle déclare que puisqu'elle ne peut pas désobéir un ordre de son seigneur, Toranaga, elle est déshonoré et décide de se suicider. Quand elle est sur le point de le faire, Ishido lui donne l'ordre sur papier de quitter le château le jour suivant. De nuit, un groupe de ninjas d'Ishido se glisse dans la section du château de Toranaga pour enlever Mariko, avec l'aide du vassal de Toranaga, Yabu. Cependant, elle et Blackthorne (qui l'a accompagnée mais n'était pas au courant de l'histoire de Mariko) et les autres femmes de Toranaga s’enferment dans une pièce verrouillée. Comme les ninjas frappent la porte, Mariko se tient contre la porte et déclare que c'est son acte de suicide honorable, et implique Ishido « dans cet acte honteux. »

Mariko est tué et Blackthorne est blessé, mais Ishido est forcé de laisser Blackthorne et toutes les autres dames dans le château, réduisant sérieusement son influence. Blackthorne découvre que son bateau a été brûlé, ruinant ses possibilités d'attaquer le Navire noir, de gagner la richesse, et de rentrer en Angleterre. Cependant, Toranaga lui donne de l'argent et ses hommes du début construisent un nouveau bateau. Toranaga ordonne à Yabu de se suicider pour sa trahison.

Une anecdote récurrente dans le livre est Toranaga s'engageant dans la fauconnerie. Il compare ses divers oiseaux à ses vassaux et réfléchit sur sa gestion d'eux, les jetant sur des cibles, leur donnant des morceaux pour les ramener à son poing, et les recagouler. La dernière scène montre Toranaga laissant son précieux pèlerin voler librement pendant qu'il commence son monologue intérieur : il avait ordonné lui-même de brûler le bateau de Blackthorne comme manière pour calmer les daimyos chrétiens, sauver Blackthorne d'eux, et les apporter à ses côtés contre Ishido ; il encourage alors Blackthorne à en construire un autre. C'est le karma de Blackthorne de ne jamais quitter du Japon, le karma de Mariko est de mourir pour son seigneur, et son propre karma, son vrai but, est de devenir shogun, le daimyo régnant remplaçant l'héritier du Taiko. Dans le bref épilogue après la bataille finale de Sekigahara, Ishido est vivant honteusement capturé, et Toranaga l'a enterré jusqu'au cou dans le village des Intouchables. Dans l'accomplissement d'une prophétie vue plus tôt dans livre (où Ishido mourrait vieil homme avec ses pieds fermement posés, l'homme le plus célèbre du monde), des passants se voient offrir la possibilité de « scier le cou le plus fameux du royaume avec une scie en bambou », Ishido tint pendant trois jours et mourut.

Le livre est divisé en six partie, la troisième section étant la plus longue. Il contient des histoires et des contre-histoires complexes et chevauche entre drame historique (teinté de romance, de sexe, de courage, et de devoir) et le drame politique.

Repères historiques[modifier | modifier le code]

Comme dans d'autres romans de Clavell, l'intrigue et beaucoup de personnages sont basés sur des événements réels, qui ont constitué la base du roman. Les personnages principaux dans Shogun sont basés sur des personnages historiques :

Le nom du bateau, Erasmus, est probablement prit du nom original du bateau De Liefde, le bateau hollandais piloté par William Adams qui a fait le débarquement sur la côte du Japon en 1600. Vrai Erasmus a été retitré pour être dans la liste des quatre autres bateaux de l'expédition qui a quitté la Hollande en 1598.

Le livre contient plusieurs anachronismes. Pour une chose, le cri de charge « Banzai » a commencé à être employé après la fin de la période féodale, par les militaires japonais impériaux, dans la référence à l'empereur du Japon. De plus, dès le début du livre on dit qu'un personnage pratique le judo, qui avait été développé comme sport après la fin de l'ère féodale. Cependant, les arts martiaux japonais ont été désignés « manières douces » (柔道, jūdō) dès 1724, mais pas comme référence spécifique à un modèle ou à un sport, presque pendant deux siècles avant que Jigorō Kanō ne fonde l'art moderne du judo). Il n'est pas clair si ceci est mentionné ou si l'auteur était ignorant de l'histoire. Un autre est que la guerre japonaise avait inclus des mousquets dans les rangs depuis au moins 1575 à la bataille de Nagashino plutôt qu'après avoir été présenté par Adams.

Ieyasu Tokugawa n'a pas ordonné l'expulsion des commerçants européens. Plutôt il a limité le commerce avec les Européens à Nagasaki. L'expulsion des missionnaires chrétiens a été voulu par Hideyoshi, qui n'était pas shogun. Ieyasu Tokugawa a ordonné que les dépenses des commerçants soient mises à l'écrit pour lui livrer afin de déraciner les influences étrangères.

Dans d'autres romans de James Clavell, on indique que, comme dans la vraie histoire, Toranaga a par la suite assiégé Ochiba et Yaemon dans leur château, les incitant à se suicider.

L'Erasmus est dit orienté par une roue ; en fait la roue du bateau a été inventée presque un siècle plus tard, la méthode de direction à ce moment-là étant une barre.

Dans le roman, Vinck devient aliéné et meurt quand il se rend compte que comme Blackthorne il est emprisonné pour toujours au Japon ; Van Lodensteijn s'est adapté réellement à la vie au Japon et meurt noyé en 1623. De même, dans le roman, le capitaine de bateau Erasmus meurt peu après l'arrivée au Japon ; en fait Jacob Quaeckernaeck a survécu ; en outre dans le roman, l'équipage de Blackthorne n'a jamais été autorisé à quitter le Japon ; en fait on a permis à Quaeckernaeck et Melchior van Santvoort (en) de quitter le Japon en 1604 (Van Santvoort et un autre des compagnons de bord d'Adams habitaient à Nagasaki en 1629). Dans le livre, le bateau de Blackthorne est brûlé secrètement sur les ordres de Toranaga, alors qu'un second construit par Blackthorne est plus tard encore brûlé sur les ordres de Toranaga. En fait, le Der Liefe n'a pas été brûlé, mais a été décomposé au loin en 1607 ; Adams a construit deux bateaux pour les Tokugawa - tel que le navire de guerre japonais San Buena Ventura - qui ont été employés par Tokugawa pour attaquer les marins espagnols qui partaient du Japon. De même, voyez la section « Gracia Hosokawa dans la culture populaire » pour les différences entre la « Mariko » du roman et la vrai Gracia Hosokawa avec l'article. Dans le roman Izu où Blackthorne est prisonnier du clan Kasigi ; en fait la province d'Izu était déjà sous le contrôle de Ieyasu Tokugawa depuis 1590.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Le roman a été adapté en mini-série de télévision, en comédie-musical de Broadway, et en plusieurs jeux d'ordinateur.

La série télévisée Shogun a été diffusée en 1980 en dix épisodes de 55 minutes. Le premier rôle fut tenu par Richard Chamberlain, Toshirō Mifune, Yoko Shimada, et John Rhys-Davies. Il a été également édité en film de deux heures, et en 5 DVD en 2003.

Il y a eu trois jeux d'ordinateur basés sur le roman Shogun. Deux jeux d'aventure avec des graphiques clairsemés ont été produits pour l'Amiga et le PC, et commercialisés en James Clavell's Shōgun, par Infocom, et Shōgun (Mastertronic). Un jeu d'aventure de Virgin Entertainment, Shōgun, a été également produit pour le Commodore 64 par « Lee & Mathias » en 1986. Aucun de ces jeux ne demeure disponible neuf.

Notes et références[modifier | modifier le code]