Michel Marie Pacthod

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Michel Marie Pacthod
Image illustrative de l'article Michel Marie Pacthod

Naissance
Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie)
Décès (à 66 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade général de brigade: 26 mai 1795
général de division: 16 novembre 1808
Années de service 17861827
Distinctions comte de l'Empire: 20 mai 1813
grand officier de la Légion d'honneur: 22 juillet 1813
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile: 26ème colonne

Michel Marie Pacthod, né le à Saint-Julien-en-Genevois, ville détachée du département du Mont-Blanc lors de la formation du département du Léman, et naturalisé français le , est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il exerçait, dès 1786, la charge de commissaire-auditeur des guerres à Carouge, lorsqu'il fut admis au service militaire en Piémont. Le , il fut nommé, par le représentant du peuple Hérault de Séchelles, capitaine d'une compagnie franche du Mont-Blanc à l'armée des Alpes, et devint chef du 2e bataillon des volontaires nationaux du même département le .

Il se fit remarquer au siège de Toulon. En récompense de la bravoure et de l'intelligence que Pacthod montra dans toutes les actions qui eurent lieu contre cette ville, et dans l'une desquelles il fut blessé d'un coup de canon, les représentants du peuple, en mission à Toulon, le firent adjudant-général chef de brigade, et lui confièrent le commandement temporaire de Marseille. 5 000 Toulonnais ayant marché contre cette dernière ville, Pacthod se mit à la tête de la garnison, composée de 900 hommes, les repoussa et les poursuivit jusque sous les murs de Toulon, où il entra quelques jours après et rétablit l'ordre. Il revint à Marseille au moment où les égorgeurs s'étaient emparés du fort Jean et massacraient les prisonniers ; il se transporta dans ce fort, arrêta les massacres et fit saisir les principaux assassins. Les représentants du peuple le nommèrent général de brigade le 7 prairial an III(26 mai 1795).

Dans le mois de vendémiaire an IV, le représentant Fréron lui ôta son commandement et l'envoya à l'armée des Alpes[1].

En l'an V, le général Kellermann certifia qu'il avait servi sous ses ordres, à l'armée des Alpes, avec beaucoup de zèle et d'activité. En l'an VI, le général Augereau demanda qu'il fût employé et lui confia le commandement de la place de Strasbourg ; réformé par le Directoire, le 5 prairial[2] Mis de nouveau en activité le 15 fructidor an VII, il servit à l'armée de Hollande. Nommé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, électeur du département du Léman, et commandant de l'Ordre le 25 prairial, il passa au 1er corps de la Grande Armée en fructidor an XIII.

Pacthod fit les campagnes des ans XII et XIII à l'armée de Hanovre et celles de la Grande Armée jusqu'au milieu de 1808. Le , au combat de Crevismulen, Pacthod culbuta l'arrière-garde des Prussiens, et se distingua, les 6 et 7 du même mois, à la prise de Lubeck. Le prince de Ponte-Corvo, à la suite de ces glorieuses journée demanda pour Pacthod le grade de général de division.

Il se couvrit de gloire et contribua puissamment au gain de la bataille de Mohrungen, le , où il reçut un coup de biscaïen à la hanche gauche. À la bataille de Friedland, le 14 juin, le 1er corps, dont le général Pacthod faisait partie, ayant fortement secondé le succès de cette journée, le duc de Bellune demanda de nouveau de l'avancement pour cet officier général, mais l'Empereur ajourna de faire droit à cette demande jusqu'à la première victoire remportée sur les armées espagnoles. Cette occasion se présenta bientôt.

En , ayant passé au 1er corps de l'armée d'Espagne, il enleva, le 16 novembre, la position de l'ennemi à Espinosa, et l'issue de cette glorieuse bataille décida cette promotion méritée et promise. Créé général de division sur le champ de bataille, Pacthod se distingua d'une manière plus brillante encore le 2 décembre suivant, à l'attaque de Madrid, et à Uclès, en , où toute l'infanterie espagnole fut faite prisonnière de guerre.

Le 24 mars, il prit le commandement d'une division à l'armée d'Italie. À l'attaque du fort de Malborghetto, il sauta le premier dans les retranchements et s'en empara le 17 mai suivant. Il cueillit de nouveaux lauriers, le 14 juin, à la bataille de Raab et à la bataille de Wagram, où il reçut une blessure grave. Le , Pacthod passa à l'armée de Naples ; mis en disponibilité le , il reçut, le , l'ordre de se rendre à l'armée d'Illyrie.

En , il commanda la division du corps de l'armée d'observation d'Italie, et, le 17 mars suivant, la 2e division du même corps. Passé au 42e corps de la Grande Armée le 24 avril, il fit la campagne de Saxe. Ce général prit une part très active à la bataille de Bautzen, le 20 mai, et reçut de Napoléon Ier le titre de comte de l'Empire. Le 28 du même mois, Pacthod obligea 8 000 Prussiens à mettre bas les armes à Hoyerswerda, et versa de nouveau son sang pour la patrie à la bataille de Hanau. L'Empereur le créa grand officier de la Légion d'honneur le 22 juillet suivant.

Le 31 octobre de la même année, à l'attaque du pont de Saxe-Hausen, à Francfort-sur-le-Main, il commandait en chef un corps d'armée de deux divisions de la jeune garde, en remplacement du maréchal Oudinot, duc de Reggio, couvert de blessures, lorsqu'il fut lui-même grièvement atteint d'un coup de feu à l'épaule gauche. Dans la campagne de France, le général Pacthod se trouvait placé, à la tête d'un corps de 4 000 gardes nationaux de Sens et Montereau-Fault-Yonne. Il soutint pendant six heures un combat sanglant à Fère-Champenoise, le 25 mars. Ses six carrés de soldats en sabots et chapeaux furent accablés par les charges répétées de 20 000 cavaliers et les tirs d'artillerie de 100 canons des armées russe et prussienne. Les deux souverains alliés, témoins de cette défense héroïque, convainquirent Pacthod, blessé au bras, et les 1 400 soldats survivants de se rendre. Pacthod fut libéré en avril, après la chute de l'Empire.

À la suite des événements du , Pacthod ayant reçu du gouvernement impérial l'ordre de se rendre à l'armée des Alpes pour y prendre le commandement de la 13e division militaire, n'obéit pas à cette injonction, fut remplacé le et mis en disponibilité.

Le , Louis XVIII le nomma inspecteur général d'infanterie dans les 8e et 9e divisions militaires. Le 30 décembre suivant, compris comme inspecteur général d'infanterie dans le cadre d'organisation de l'état-major général, et mis en disponibilité le , le général Pacthod comparut devant le 1er conseil de guerre permanent, séant à Paris, le , comme accusé de s'être porté à des voies de fait envers un adjudant de la ville de Paris, de service au jardin Beaujon. Le conseil de guerre acquitta le comte Pacthod à l'unanimité, le déclarant non coupable d'injures et de voies de fait envers le dit adjudant, et le déchargeant de toute espèce de blâme et de culpabilité dans l'action portée contre lui.

Membre de la commission de révision du Code de justice militaire le 15 juin 1822, et remis en disponibilité le , le général Pacthod obtint sa retraite en 1827. Il mourut à Paris le . Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (40e division)[3]. Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté sud.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason famille fr Michel Marie Pacthod (baron).svg
Armes du baron Michel Marie Pacthod et de l'Empire

Coupé : au 1, d'or, à une tour de sable, maçonnée et ouverte du champ; au 2, d'azur, à trois croissants d'or ; au canton des barons militaires brochant.[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le général Pacthod attribua cette mesure arbitraire à une dénonciation adressée à la Convention sur sa conduite contre les révoltés toulonnais, en prairial. À cette occasion, les représentants du peuple dans le département du Mont-Blanc firent le plus grand éloge des qualités morales et des talents de cet officier, noté comme paraissant avoir reçu une éducation distinguée.
  2. Par suite des préventions qu'avaient fait naître contre lui les friponneries de son secrétaire qui avait fait de faux bons, le général Pacthod s'en justifia, en faisant observer que le délit avait été commis dans la partie administrative, absolument étrangère à sa surveillance et à sa responsabilité. Les représentants du peuple du Bas-Rhin et l'administration centrale du département certifièrent que personne ne s'était plaint de lui pendant qu'il avait commandé à Strasbourg, et qu'il était généralement aimé et estimé dans cette ville.
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 616-617
  4. Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy

Sources[modifier | modifier le code]